Beamule guttulé. ( Blaniulus guttulatus
(Pl. 45, fig. 4.)
Cylindracé, un peu atténué en arrière, sans crochet anal;
(1) Stemmiulus, P. Gerv., Ann. soc . entom, de France, 2e série, t. I, p. 28.
(2) Blaniulus, P. Gervais, Bull. soc. philom . Paris, i836, p. 72. — Id. , Ann. sc. nat., 2e série, t. VII, p. A5.
ÎULIDES.
corps et appendices blanchâtres, hyalins ; une série bilatérale de petites taches virguliformes de couleur rouge vif, occasionnée par les poches sécrétrices ; les premiers et les derniers anneaux manquent de ces taches. Taille petite. Longueur totale 0,020.
Iulus gutiulatus , Bose., Bull . soc . philom. de Paris , 1792, p. 12. — Fabricius, Entom.syst ., suppl., p. 289. — Iulus pulchellus, Leach, Trans. linn. soc., T. XI , p. 379. — Iulus fragariarum , Lamarck , Ilist. nat. anim . s. vert., T. Y, p. 36 (2e édition, T. Y, p. 40). — Plan, gutt ., P. Gerv., Ann. sc. n., 2e série, T. VII , p. 45. — Lucas, Anim. artic., p. 527.
De France, principalement à Paris et aux environs (Bosc, etc.); d’Angleterre et d’Ècosse (Leach, sous le nom à’ I . pulchellus) ; de Belgique (M. Vanbeneden) ; de Pologne (M. Waga).
Cette jolie petite espèce est bien distincte des autres par l’absence d’yeux, et nous avons cru devoir en faire un genre à part. On la trouve dans certains fruits , à terre , sous les mousses ; principalement dans les jardins. Lamarck l’a décrite d’après des individus pris dans des fraises, et il arrive souvent en effet qu’on en trouve dans l’intérieur de ces fruits , principalement dans ceux des grosses variétés. Elle attaque aussi quelques plantes potagères.
M. Waga a publié quelques remarques sur ses habitudes.
Le Bîaniuîe guttuîé que nous voyons bien souvent manger des fruits gâtés, la sève et le suc sous l’écorce des arbres fruitiers, est en outre très-friand des lombrics morts. En cherchant, au commencement du printemps, des insectes sous une muraille de jardin, M.Waga aperçut un nœud formé deBlaniules. D’abord il attribua cet amas d’animaux à la proximité de leur nid, et voulant compter les individus qui composait ce nœud, il trouva parmi eux un Lombric dont le corps était ça et là percé de trous comme on l’observe souvent sur les chenilles abandonnées parles Ichneumons. Outre plusieurs qui tombèrent à terre, M. Waga compta dans le nœud 131 individus de différente grandeur. Depuis l’époque de ce fait, il a nourri avec des lombrics non-seulement des Blaniules, mais encore quelques autres Iules des jardins (1).
Nous avons considéré le Iulus pulchellus de Leach comme
(i) Revue zool. par la soc. cuvièrienne , t. II, p. 83.
DIPLOPODES.
la même espèce que îe Iulus guttu^atus de Bosc. M. Waga , applique néanmoins ces deux noms à deux espèces différentes, mais il ne décrit pas leurs caractères distinctifs. M. Koch donne aussi sous le nom de Iulus pulchellus , une espèce différente et pourvue d’yeux. C’est également cette manière de voir que M. Brandt adopte, mais ces naturalistes ont-ils bien appliqué la dénomination d ’ Iulus pulchellus au même Myriapode que 3e D. Leach ; c’est ce dont nous doutons.
En 1842 nous avons écrit dans nos notes à propos du Iulus pulchellus du British Muséum qui est un des exemplaires observés par Leach : «taille et apparence du Blaniulus. Je ne lui vois point d’yeux. » Depuis lors M. Newport a constaté le même fait et il appelle pulchellus le Myriapode observé par Leach. Voici ce que M. Newport ajoute : «quoique j’ai mis cette espèce dans un genre à part, d’après M. Gervais, il parait plus probable que ce n’est qu’une section des Iules dont, excepté l’absence d’yeux (except in the absence of eyesj , elle a tous les caractères (1). »
C’est la meilleure réponse que nous puissions faire au doute exprimé dans les termes suivants par M. Brandt :
« Vix tamen statuendum, Leachium qui secundum oculorum defectum divisiones genericas inter Myriapoda proposuit oculorum defectum non animadvertisse et speciem cæcam inter species oculis præditas enumerasse (2). »