‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 793 sur 1156 · I. SCUTIGÉRIDES · texte numérisé non relu

I. SCUTIGÉRIDES

La famille des Scutigérsdes, qui doit évidemment prendre place à la tête des Myriapodes Chilopodes, est facile à caractériser. Dans toutes les espèces qui la composent les segments du corps sont peu nombreux, et il en est de même des pieds. Les segments sont en outre remarquables par leur dissimilitude en dessus où ils paraissent n’être qu’au nombre de 8 , tandis qu’il y en a 15 apparents en dessous, sans compter ceux des forcipules et de l’anus, c’est-à-dire autant que de paires de pieds. Les pieds sont longs et inégaux, les postérieurs étant encore plus longs que les autres, et tous ont leurs tarses décomposés en un nombre considérable de petits articles. Les antennes des Scutigères sont également fort grandes, sétacées, composées d’une multitude de petits articles, mais cependant pas uniformes. Leurs deux premiers articles sont plus forts que les autres, et la partie filiforme est composée de trois séries jointes entre elles par deux articulations mobiles. Les veux de ces animaux affectent aussi un caractère distinctif; ils sont saillants, trèsnombreux et réunis comme les yeux composés des Insectes hexapodes, ce qui est un nouveau trait indicatif de la supériorité des Scutigères sur les autres Chilopodes. Les trachées s’ouvrent, assure-t-on, dans les orifices stigmatiformes qui sont placés sur la ligne médio-

(i) Cebmalidæ, Leach, Trans. linn. soc. London * t. XI, 1812. — Inæqüipedia, Latreille, Familles natur ., p. 327. — Scotigeridæ, P. Gervais, Ann. soc. nat., 2e série, t. VII, p. 48, et 3e série, t II, p. r5. — Scut igerites , Lucas, Crust, , Myr., p. 535. — Sciiizotarsia, Bran ilt, Recueil, p. 26.— Schizotarsia cermatidæ, Pïewport, Trans. linn. soc. London , t. XIX, p. 2^5 et 352.

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dorsale, près l’échancrure dubord postérieur des sentes, ce qui mériterait d’ètre confirmé par la dissection M. Newport, qui a décrit et figuré ces perforations postérieures des seules dorsales comme étant les stigmates, dans un de ces mémoires des Transactions lînnéennes , t. XIX, pl. 33, fig. 37, dit cependant, à la p. 351 du même volume, qu’il y a chez les Scutigères neuf paires de stigmates latéraux (1), ce que l’analogie rend beaucoup plus probable.

Il n’y a encore qu’un seul genre de Scutigérides connu.

Genre SCUTIGÈRE. Scutigera (2).

Tête convexe, assez grande ; un faible arceau supérieur pour le segment forcipulaire ; arceaux supérieurs des autres segments en moindre nombre que les segments et que les pieds, au nombre de 8 seulement, inégaux, imbriqués, échancrés à leur bord postérieur, sauf le dernier, et présentant près de cette échancrure un trou stigmatiforme allongé ; arceaux inférieurs distincts les uns des autres, trapézoïdes, 15 pédigères et un anal portant 2 paires de très-petits appendices, ou un appendice médian bifurqué -, anus et vulve rapprochés à l’extrémité postérieure du corps ; antennes fort longues, filiformes, sélacées, composées d’un très-grand nombre de petits articles formant trois séries jointes ensemble par deux articulations mobiles; les deux ou trois articles basilaires plus gros ; yeux saillants en arrière des antennes , composés ; palpes longs, pédi-

(1) a The sides of the body are furnished with nine pairs of spiracîes. » Nous n’avons pu les voir encore.

(2) Scotigeba, Lamarck , Système clés an. sans vertèbres , p. i?2j 1801 . — Cermatia , Illiger, in Rossi, F auna Etrusca, 2e édit. ; 1807. — Newp., Trans. linn. soc. Loud ., t. XIX, p. 352.

CHILOPODES.

forme?, à article terminal composé ; forci pules faibles, allongées, pointues, à lèvre inférieure ou hanche presque disjointe sur la ligne médiane et pourvue en avant de poils épineux ; pieds au nombre de 15 paires, inégaux, de plus en plus longs d’avant en arrière ; les articles des tarses composés d un nombre considérable de petits articles assez semblables à ceux des antennes et croissant en nombre d’avant en arrière.

Le genre curieux des Scutigères a été distingué en 1801 , par Lamarck, sous le nom que nous adoptons. Ses espèces, peu nombreuses alors, avaient été considérées par Pallas comme des Iules, et par d’autres comme des Scolopendres. On disait à tort à cette époque que les Scutigères ont deux paires de pattes à chaque anneau , erreur que Leach a reproduite en 1812, et qui tient à la fusion de certaines plaques supérieures entre elles, ou plutôt au grand développementque certaines de ces plaques ont pris aux dépens des autres, et qui les fait recouvrir plusieurs segments. Dans l’espèce ordinaire d’Europe, on voit manifestement que les seules ou plaques supérieures appartiennent aux premier, deuxième, quatrième, sixième, neuvième, onzième, treizième et quinzième segments ; elles croissent de la première à la quatrième et décroissent ensuite, mais faiblement , de la cinquième à la septième. La huitième est plus petite que les autres, et n’est pas échancrée en arrière comme elles. Je ne crois pas que l’on puisse comparer, avec M. Brandi (1), cette réunion de plusieurs plaques dorsales chez les Scutigères avec ce qui a lieu chez les Iules. C’est celte disposition scutiforme des arceaux supérieurs du corps

(i) Recueil , p. 23.

SCUTIGÉRIDES.

qui a suggéré à Lamarck la dénomitation de Scutigères. Latreille a voulu rappeler, par le nom de famille [In ce qui p edi a) qu’il leur a donné , l’inégalité de leurs pieds , et la décomposition des tarses en une multitude d’articles a fourni à M. Brandt la dénomination de Schizotarsia.

Pallas qui avait étudié les Scutigères (1) d’après une espèce qui est peut-être l’espèce ordinaire, les rapportait à tort au même groupe que les Iules.

L’organisation des Scutigères a été étudiée par M. Léon Dufour, mais on ne connaît pas encore leur mode de développement, ce que leur singulière organisation rendrait pourtant fort désirable. Ce sont des animaux essentiellement nocturnes ou crépusculaires, vivant dans nos pays auprès des habitations ou dans leur intérieur, et qui préfèrent surtout les endroits où il y a du vieux bois. Ils courent avec rapidité sur le sol, soit contre les parois des murs, et sont fort difficiles à conserver complets à cause de l’extrême fragilité de leurs longues pattes qui se cassent habituellement au-dessous de la hanche. On en a recueilli dans ces derniers temps sur presque tous les points du globe : en Afrique, en Asie, dans la Nouvelle-Zélande et dans les deux Amériques 5 aussi a-t-011 porté à une vingtaine le nombre de leurs espèces. Toutefois, il est à regretter qu’on ne lésait pas décrits d’une manière suffisamment comparative, et leur caractéristique laisse encore beaucoup à désirer. Nous n’avons observé par nous-méme qu’un très-petit nombre de ces espèces, et nous ne saurions établir leur diagnose ainsi que leur classification avec plus de sûreté que les naturalistes

(1) Spicil. zool fasc. 9, pl. 4> fig. 16.

CIIILOPODES.

qui s’en sont précédemment occupés. Nous suivrons dont; l’ordre géogra p allons en faire.

Scutigères d'Europe.

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