II. SCOLOPENDRIDES
Les Chilopodes qui rentrent dans la famille des Scolopendrides, telle qu’on la définit aujourd’hui, constituent une réunion fort nombreuse d’espèces en apparence très-semblables entre elles et dont les auteurs du dernier siècle et du commencement de celui-ci ont presque toujours parlé sous le nom de Scolopendra morsitans . Les Scoiopendrides mieux étudiées par les naturalistes modernes ont été partagés en plusieurs genres distincts. En général ces My riapodes ont vingt et une paires de pieds (2) et la dernière est plus longue que les autres, habituellement épineuse sur l’article fémoral, et disposée pour saisir; la hanche de cette paire de pieds est plus ou moins soudée aux plaques latérale et intérieure du segment anal, aussi le pied paraît-il formé de cinq articles seulement. Les pinces maxillaires et la première paire de pieds correspondent à l’arceau supérieur postcéphalique ; le second arceau est plus petit que les autres qui croissent faiblement en grandeur j usque vers le dernier cinquième du corps. La tête est scutiforme, les antennes ont habituellement dix -sept ou vingt articles sétacés ou moniliformes. Le plus souvent il existe des yeux et leur nombre est presque toujours de quatre paires. La lèvre forcipulaire, forte et soudée sur la ligne médiane, présente dans la majorité des espèces une double saillie médioantérieure dentifère ; les crochets des forcipules sont
(1) Scolopendra, parlim , Linné, De Geer, etc. — Scolopendridæ , partira. , Leach , Gerv., etc. — Scolopendridæ , Newport, Trans. linn. scc. London , t. XIX, p. 2"5 et 3"4*
(2) Rarement 23. Nous en citerons à 19 et à 3o, mais ces espèces ont besoin d’être confirmées.
SCOLOPENDRÏDES. 24l
forts; ils émettent une humeur vénéneuse. C’est aux Scolopend rides qu’appartiennent les plus grosses espèces de Chiîopodes et celles dont la morsure est le plus à craindre.
Certaines espèces de Scolopendrides offrent une particularité remarquable des organes respirateurs qui doit It s faire distinguer génériquement des autres. Au lieu d’ouvertures vulvilormes ou en boutonnière pour l’orifice des trachées elles présentent des plaques criblées et le nombre de ces stigmates est de dix paires. Ces Scolopen 1 ri les ont aussi les dents labiales plus fortes et autrement disposées. jNfous en ferons avec M. INewporl un gr oupe particulier que nous placerons en té e de toute la famille.
D autres Scolopendres, en bien plus grand nombre, ont les ordices respiratoires en boutonnière.
Dans une première ca tégorie ces stigmates en boutonnière s mt au nombre de neuf paires seulement et il n’existe comme chez la précé lente que vingt et une paires de p eds- de plus les <1 nls sont moins fortes et habituellement plus nombreuses que chez les Scolopendres er ibrifères.
Dans une se< onde catégorie, les anneaux pédigères sont au nombre de vingt-trois.
1. La première de ces trois grandes divisions ou celle des Scolopendrides cribi i /ères ( Heteros l omince, Newp.) comprend le gen e Heieuostoma de M. Newport, partagé par ce naturaliste en llelerostoma et Branchiostoma.
2. La deuxième ou celle des Scolopendrides tnorsi cailles (1) peut être divisée en plusieurs genres sui-
(i) Le nom de Scolopendra morsicans a été tour à tour appliqué à
Aptères, tome iv. 16
vant les caractères fournis par la considération du nombre des segments du corps et des pieds; par îa présence et le nombre des yeux ou par leur absence ainsi que par îa conformation des pieds de derrière.
Nous continuerons d’appeler Scolopendra les espèces à, vingt et une paires de pieds, à quatre paires d’yeux, et à pieds de derrière préhenseurs et plus ou moins épineux, qu’elles aient le segment céphalique arrondi, subcarré ou triangulaire, tronqué en arrière ou imbriquant, ce qui a donné lieu clans île dernier travail de M. Newport (2) à l’établissement des genres Scolopendra, Cormocephalus , Jihombocephalus et Thea tops.
Nous établirons le nouveau genre Monops pour le Cryptops nigra, Newo.qm n’a, comme les Henicops , qu’une seule paire d’ocelles. Le nom de Cryptops , Leach, restera aux Scolopendrides à vingt et une paires de pieds qui manquent entièrement d’yeux. Les genres S.colopend Pt a , Monops et Cryptops ïïolis paraissent devoir former une première catégorie de Scolopendrides
des Solopendres de ce groupe originaires de l'Europe méridionale , de l’Afrique , de l’Inde ou des deux Amériques. Aussi nous semblet-i! préférable de ne plus l’employer comme dénomination spécifique. L’usage que nous proposons d'en faire ici rappellera que des espèces de notre deuxième catégorie ont été , pour îa plupart, confondues dans les anciens ouvrages et dans les collections sous le nom imique de Scolopendra morsiians ou morsicans .
(i) Trans. linn. soc. London , t. XIX. Les genres Scolopendra , Scolopocryptops , Cryptops et Theatops, sont réunis par M. New port dans une sous-famille à part sous le nom de Scolopendrifa , p.377. Ceux de Cormocephalus et Rhombocephalus forment sa sous-famille des Cormoceph alinæ , ainsi caractérisée : Segments céphalique et basilaire tronqués; 17 articles aux antennes; lèvre étroite, à dents petites; stigmates valvulaires. Un des caractères des Seolopendriuœ consiste au contraire dans leur tête cordiforme et s’imbriquant sur le premier segment ou segment basilaire.
SCOLOPENBRFBE/S •
morsicantes , la seconde sera celle des Scolopendrides hètéropodes chez lesquelles le nombre des pieds est de vingt-trois. Tels sont les genres Scoeopendropsis, Brandt, caractérisé par des yeux ..semblables à ceux des Scolopendres, Scolopocryptops , Newport , qui comprend des espèces dépourvues d’yeux et Newportia, que nous établissons pour le Scolopocryptops lojigitarsis, Newp. qui a les pieds de derrière composés de quatorze articles mobiles. Nos Scolopendrides seront donc divisées de la manière suivante :
1° Scolopendrides cribrifères ou espèces à stigmates cribriformes et à vingt et une paires de pieds :
Heterostoma.
2° Scolopendrides morsicantes ou espèces à stigmates valvuliformes et à vingt et une paires de pieds :
SCOLOPENDRA.
Monops.
CaYPTors.
3e Scolopendrides hètéropodes ou pourvues de vingttrois paires de pieds :
ScOLOPENDROPSIS.
Scolopocryptops.,
Newportia.
Nous reléguons dans un groupe d Mncertœ sedis les Scolopendrides douteuses. Ge sont celles qui iront ni vingt et une ni vingt-trois paires de pieds, qu’elles en aient moins ou davantage.
CHILOPODES.
Scolopendrides cribrifères (1).
Genre HÉTÉROSTOME, Heterostoma (2).
Segments pédigères au nombre de vingt et un. Dix paires de stigmates grands, circulaires ou subcirculaires en plaques criblées de petites perforations. Segment céphalique tronqué en arrière. Denlicules de la lèvre inférieure peu nombreux, saillants, forts et séparés par des intervalles plus ou moins prolongés en rainure sur les saillies dentifères de la lèvre.
Les Scolopendrides de cette section sont fort remarquâmes par la disposition de leurs stigmates ; elles ont aussi un caractère facile à saisir dans la forme des denticules de leur lèvre forcipuîaire. M. Newport qui a le premier constaté ces particularités a cru devoir partager ses Hétéroslomes en deux genres. Ceux du second genre ou les Branchiostomes ayant les pieds de derrière moins forts et, ce qui établit leur principal caractère , une membrane branebi forme sous les sligmatts.
Hétérostomes proprement dits,
M. Newport en décrit huit espèces auxquelles il ajoute les Sc. spinulosa * elegans et / ulvipes , Br., dont nous parlerons en même temps que des vrais Scolopendres.
(1) ScOLOPENDRIDÆ HETEROSTOMÜVÆ , Newport, Tt'anS. lin. SOC.
London , t XIX, p 4'°.
(2) Scolopendræ LO N G l DENTATÆ , parlitn , Newp. , Ann. and Ma g. of nat. hist. , t. XIII , p 98. — Il ETEROSTOMA , Newp. , Tans. linn. soc. London , t. XIX, p. 2~5. — Heterostoma et Branchiostoma, id., bid p. 410.
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Nous ayons nous-même observé deux espèces nouvelles d’Hétérostomes.