‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 94 sur 1156 · G. striolata , Koch, ibid . (Portugal · texte numérisé non relu

G. striolata , Koch, ibid . (Portugal

PHALANGIDES.

ORDRE V

PHALANG1DES (1).

Céphalothorax d une seule pièce en dessus , à deux ( ou quatre ?) yeux , toujours sur le vertex.

Abdomen contracté, multi-articulé , ses arceaux inférieurs souvent confondus, quelquefois aussi les supérieurs.

Maxilles en pinces didactyles.

Mandibules palpiforines , plus ou moins allongées , filiformes ou épineuses.

Huit pattes onguiculées, souvent fort grandes.

Respiration trachéenne.

Les nouvelles recherches des voyageurs ont fait connaître un nombre de faucheurs bien plus grand que celui qu’on possédait, ily a quelques années encore, et c’est de l’Amérique méridionale que nous sont venues les plus curieuses espèces. Ce sont en général des animaux inoffensifs, lucifuges , vivant de petits insectes. Il en est qui sont ornés de fort jolies couleurs. Leurs pattes habituellement fort grandes contribuent à la singularité de leur aspect. On en a rapporté de toutes les parties du monde , mais l’Amérique et l’Europe ont fourni la grande majorité des espèces observées.

(i) <bct\cLy%e! Aristote. — Piialangium, Pallas, Spicil. zooh , IX, 38.

Opiuo , Herbst , Naturgeschichte der ungeflugelten insekten • fasc. 2, 1793 , et fasc. 3, 1799; in-4°, av. pl. — Phalaivgium, Latreille, Mèm. pour servir à l'hist. des Ins. connus sous le nom de Faucheurs , in Hist. des Fourmis , p. 354? 1802. — Phaiangium, Hermann , Mèm . aptèrologique , p. 98; 180/f. — Phalangida , Perty, Delectus anim. articul. quœ in itinere per Brasiliam collegerunt Spix et Martius , p. 201 , in-4°; i83o-34- — Hahn et Koch, die Arachniden. — P. Geryais, Mag. zool cl. YIII; 1842.

PHALANGIDES.

Lister, de Géer, Geoffroy, Linnée, Pailas, Herbst, Hermann, etc., ne faisaient quun seul genre des insectes de la famille des Faucheurs , genre nommé Phalangium par plusieurs d'entre eux , et Opilio par d’autres qui laissèrent, à l’exemple de Herbst et Lichtenstein , le nom de Phalangium aux espèces aujourd'hui nommées Phrynes et Télyphones.

Outre les Galéodes d’Olivier, Latreille dans son Généra, donne trois genres à la famille des Phalangiens :

1° Phalangium , Linn.; comprenant les espèces ordinaires de Faucheurs.

2° Trogulus , pour le Ph . carinatum , déjà signalé ainsi que Y Opilio horridus , par M. Walckenaer (1), comme se rapportant à un autre genre que les Faucheurs.

3° Siro , pour une espèce (S. ruhens ) dont il donne la description dans le même ouvrage et pour Y Acarus crassipes d’Hermann. Celui-ci est cependant bien un Acarien du genre Gamasus, Latr., etle£. ruhens nous paraît différents des Phalangides.

Latreille a aussi publié un travail sur les espèces indigènes du genre Phalangium ainsi que sur les principaux traits de leur organisation et de leur histoire naturelle. Dans une note insérée au bas de la première page de ce mémoire , Fauteur nous avertit qu'il fut lu à l’Institut en 1796 et que Herbst qui a publié plus tard, c'est-à-dire en 1798 et 1799, une monographie des mêmes animaux ne peut y avoir été cité. Mais comme le volume dont ce mémoire fait partie n'a paru qu’en 1802, il semblera peut-être impossible de considérer

(1) Faune parisienne , II, 262; 1802.

PHALAJNGIDES.

Latreille comme ayant la priorité sur Herbst. On doit , dans tous les cas, regretter qu’il n’ait pas établi lui-même la concordance des noms dont il se sert, avec ceux du zoologiste prussien.

Après Latreille et Herbst , Hermann , qui était professeur de zoologie à Strasbourg , s’occupa aussi des Phalangium , et , dans son ouvrage posthume (1) , on trouve les descriptions de plusieurs animaux de ce genre , ainsi que des détails sur leurs mœurs et leur organisation , mais sans que la synonymie y soit mieux réglée que dans ses devanciers; aussi devint-elle dès lors assez difficile.

En 1830, M. Perty publia sur la famille de ces animaux un grand travail inséré dans la partie entomologique du voyage de MM. Spix et Martius, travail dans lequel il propose six nouveaux genres de Phalangiens : Ostracidium , Goniosoma , Stygnus, Eusarchus, Cosmetus et Discosoma. Presque toutes les espèces de ces nouveaux genres sont exotiques , principalement du Brésil. Le nombre des genres appartenant réellement à l’ordre des Phalangides estainsi portéàneuf, car, outre ceux que nous venons de citer, il faut ajouter à ceux des Phalangium et des Trogules, les Gonyleptes de M. Kirby, animaux dont M. Perty fait également l’histoire.

Toutefois plusieurs genres établis entre la publication du Généra de Latreille et celle du livre de M. Perty, ne sont pas cités par ce dernier, tels sont les suivants :

Dolichoscelis , Hope; pour le D. Haworthii ou

(l) Mémoire aptèroiogique , par J. Fréd. Hermann , publié par Frèd, L. Hammerf in.fol. Strasb. i8o4*

PIIALANGIDES. 97

Mitobates , Sundeval , Conspectus arachnid., p. 3k, pour le M. triangulus , du Brésil.

Cœculus , L. Dufour, Ann. sc. nat., XXY, 289, pl. 9, f. 1-3, pour le C. echinipes qui paraît plutôt une espèce d’Oribate qu’un Phalangien.

Macrocheles, Latr., Regn anim., 2 édit., IV, 282, pour les Acarus testudinarius et marginatus d’Hermann ; ces deux espèces rentrent dans le genre Gaina se et ne sauraient trouver place ici.

Depuis l’intéressante révision des Phalangiens par M. Perty, M. Guérin a établi , en 1838 , sous le nom de Cryptostemma , un genre voisin des Trogules pour une espèce unique venant de Guinée , le Cr . PF es termanni , et no us-méme avons proposé pour un singulier Faucheur de la Nouvelle-Hollande, celui de Phalangodus (1) .

M. Perty et ses successeurs avaient, à l’exemple de Latreille, respecté l’ancien genre des Phalangium d’Europe, nommé quelquefois Opilio. M. Koch n’a pas eu la même réserve , et dans son livre sur les Arachnides , il indique plusieurs coupes génériques nouvelles : Phalangium , Opilio, N emasloma , etc.

Tréviranus avait observé depuis longtemps l’anatomie du Phalangium commun d’Europe (2). Savigny a donné dans l’ouvrage d’Egypte d’excellents détails de caractères extérieurs d’après des espèces égyptiennes 5 nous avons aussi reproduit avec soin , dans l’Atlas supplémentaire du Dictionnaire des sciences natu-

(i) Magas. de Zoologie pour 1842.

{2) Nous venons de recevoir un travail ou M. Alfred Tulk traite de l’anatomie du Phalangium opilio , Latr. Ann. and Mag. of nat. hist. XII , p. 1 53 et 243 , pl. 3 , 1843.

APTÈRES , TOME ITT. 7

PHÀLANGIDES.

relies, ceux d’un Faucheur très-fréquent dans les jardins à Paris ; Hermann avait anciennement publié quelques figures que nous devons également citer.

Dans l’espèce que nous avons vue , les maxilles se composent de trois articles seulement, un qui répond à bavant -bras et dont la base interne présente une petite dent, un autre à la main et le troisième à son doigt mobile ; le mâle et la femelle ne diffèrent pas pour les propôrtions de cette première paire d’appendices; mais, dans d’autres groupes dePhalangides, elle se renfle considérablement dans les mâles et prend un aspect bulleux , principalement dans la partie qui constitue la main; c’est ce que l’on voit très-bien dans les Cosmetus. Les maxilles de certains Phalangium et entre autres des Ph. cornutum d’Europe et Ph. Savignyi, d’Egypte , se relèvent à leur partie postéro-supérieure de manière à simuler une paire de cornes.

Les mandibules palpiformes (mâchoire et son palpe, de notre planche 28 ) sont également variables, elles ont six articles et sont terminées par un crochet unciforme. On voit déjà dans notre Faucheur ordinaire, mais à un assez fort grossissement, de petits poils épineux qui sont le commencement des grandes épines, assez semblables à celles des Pbrynes , que présentent le bras et l’avant-bras de Gonyleptes et autres genres voisins dont les mandibules palpiformes sont fort longues. Chez d’autres, les mêmes appendices sont déprimés , quelquefois même un peu spatuliformes , c’est ce qui a lieu chez les Cosmetus. Leur ongle terminal est alors fort petit.

Le céphalothorax est toujours d’une seule pièce en dessus , mais plus ou moins grand. Chez les Trogules , il présente une avance perforée à son centre;

PHALANGIDESo

chez la plupart des autres Phalangides il est grand , souvent spinigère , et porte vers sa partie antérieure deux jeux lisses. On a indiqué quelque part une espèce qui en aurait quatre , mais nous ne Pavons pas vue. Le mode d’implantation des yeux et le nombre ainsi que la forme des grandes épines portées par le céphalothorax fournissent de bons caractères ; il en est de même de la forme du céphalothorax , de sa nature plus ou moins tuberculeuse , et de sa longueur par rapport à celle de l’abdomen que recouvre le plus souvent ce dernier dans les individus desséchés de nos collections. L’organe respirateur, que Latreille a sigoaié depuis fort longtemps, s’ouvre bilatéralement au bord infero-antérieur de l’abdomen , par une paire de Stigmates en arrière des organes génitaux; la respiration est trachéenne. Dans les Gonyieptes, ces stigmates sont sur le bord postérieur de la hanche très-élargie de ces animaux.

Dans sa concordance des différentes parties de la bouche des Entomozoaires apiropodes , Savigny prend pour exemple un Phalangium ; nous reproduisons en note ce qu’il en dit à son égard (1).

(i) a Le Phalangium ou Faucheur , n’a ni antennes ni yeux composés, ni aucune sorte de tête distincte. Ses yeux sont lisses et groupés sur le dos. On ne lui voit pas même de pharynx , mais on observe à sa place une sorte de langue dure et pointue , et aux deux côtés deux trous imperceptibles pour le passage des aliments. Aussi1 les mandibules et les palpes du Phalangium , ne sont-ils que des parties correspondantes à ces pattes de devant , auxquelles on a donné les mêmes noms dans le Nymphon.

* Le Phalangium a donc deux mandibules composées de trois articles, le second et le troisième faisant la pince, et deux mâchoires portant chacune un palpe de cinq articles , le dernier armé d’un ongle. On lui trouve ensuite , comme chacun sait , quatre paires de longues pattes.

» En examinant les palpes des Faucheurs et des autres Arachindes, et

PHALANGIDES.

Le canal intestinal du Faucheur commun se partage en deux parties : 1° l’estomac , qui est une poche rétrécie vers la bouche, dilatée dans son milieu, et rétrécie au pylore ; autour de lui sont des poches cœcales symétriquement placées à droite et à gauche , et que j'ai vues aussi dans les Gonyleptes. Suivant Ramdohr, ces poches du phalangium ne communiqueraient pas avec l’estomac (1). 2° L'intestin , qui est court , droit, d'une seule venue. L’anus est percé dans le dernier anneau de l’abdomen. Il y a un vaisseau dorsal (Tréviranus , pl. 3, fig. 18). Le système nerveux a été figuré par le même auteur (pl. IV, 24); mais est-il réellement comme il le croit ? sa disposition serait alors assez singulière pour mériter un nouvel examen. Un fait curieux et bien connu de la physiologie du système nerveux des Faucheurs ? c’est la persistance de vitalité dans leurs membres après qu’on les a détachés du corps. Il n’est personne qui n’ait vu les mouvements de flexion que chacun d’eux exécute encore pendant quelques minutes.

les comparant aux pattes proprement dites, on a bientôt des preuves multipliées qu’ils ne sont eux-mêmes que des pattes antérieures plus ou moins déguisées.

» Les rapprochements sont si bien fondés , que , dans les Phalangium, les quatre longues pattes antérieures qui servent à la marche, aussi bien que les quatre postérieures, ont néanmoins leur première pièce ou leur hanche , convertie en mâchoire surnuméraire. En effet , le Phalangium a six mâchoires, dont deux seulement portent les palpes, et quatre autres les véritables pattes. Le Scorpion offre une conformation analogue. »

Et plus loin : « Il me paraît donc certain que les Arachnides ne possèdent ni vraies mandibules , ni vraies mâchoires. »

Savigny , Mèm. sur les anim. sans vertèbres , p. 67. Voyez dans nos planches 28 à 3o , la copie des jolies figures données par cet auteur, dans le grand ouvrage d’Egypte.

(i) Dans l’estomac du Faucheur des jardins de Paris, j’ai trouvé des Grégarines en assez grand nombre. J’en donne la figure dans la planche déjà citée du Dict. des sc. nat., Supplément.

PHALANG1DES.

La reproduction de ces animaux est ovipare , dans nos espèces du moins , et les organes par lesquels elle s’exécute sont tout à fait remarquables. Tréviranus en figure les parties intérieures. L’oviducte de la femelle aboutit à un long tube proboscidiforme , exertile par la pression de l’abdomen , annelé dans son dernier tiers , avec des verticilles de poils , comme écailleux près de sa fin , encore avec quelques poils, et présentant à son extrémité deux petits pinceaux latéraux. Le pénis en est moins long, mais il n’est pas moins curieux. Dans notre espèce (1), c’est un cylindre courbe, en manière de sonde, un peu plus large à sa base , s’élargissant de nouveau au sommet où il est ouvert en bec de plume tronqué pour l’écoulement du fluide séminal et portant à son extrémité un petit cuilleron spinigère et mobile.

Hermann donne dans sa planche VII plusieurs figures des parties génitales observées dans le Ph. parietinum. Tréviranus les figure aussi , et même avec leurs parties intérieures ( pl. IV, fig. 20-23) ; mais sa figure du pénis (fig. 22) n’est pas heureuse. Savigny, dans ses belles planches de l’ouvrage d’Egypte , a représenté le pénis du Ph. Savignyi (2) et celui du Ph. copticum (3) , qui paraît fort différent du précédent.

Latreille a communiqué anciennement à la Société philomatique et publié dans son Histoire des fourmis (4) des renseignements sur l’accouplement des Faucheurs. Dans le Ph. cornutum , dont le mâle est assez différent de la femelle pour qu’on ait pris d’a-

(1) Dict. sc. nat.% Suppl.

(2) Copié dans notre Atlas , pl. 29 , fig. I L.

(3) Ibid., pl. 3o, fig. 2 b.

(4) 38o, pl. ï2 , fig. 7.

rHALANGIDES.

bord celle-ci pour une espèce différente, les mâles se disputent entre eux la possession des femelles , et la lutte qui s’engage à ce sujet est quelquefois des plus vives. Lors de l’accouplement , «le corps du mâle est placé de telle façon que sa partie antérieure est contiguë avec celle de la femelle , et ses pinces saisissent les mandibules (maxilles) de celle-ci à leur naissance et à la partie supérieure près du corselet. Le plan inférieur des deux corps est dans la meme ligne; l’or^ gane du mâle peut donc atteindre l’organe respectif de la femelle. L’accouplement a lieu et dure trois ou quatre secondes. »

Les Phalangides ont été partagés en deux tribus , les Gonyleptes et les Phalangiés, qu’on devrait considérer comme les véritables genres de cette famille.

GONYLEPTES.

Palpes épineux ; pattes inégales , les postérieures très-éloignées des autres , les plus grandes , à cuisses très-développées ; abdomen plus ou moins contracté , et caché sous le céphalothorax, dans les mâles surtout.

Genre GONYLEPTE. ( Gonyleptes .)

Céphalothorax trigone , épineux en arrière , recouvrant l’abdomen ; hanches des pattes postérieures épaisses , épineuses , dans les mâles surtout, rarement mutiques.

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