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I. GLOMÉRIDES

Les Glomérides sont des Myriapodes dont le facies rappelle assez bien celui des Cloportes et plus particulièrement celui des Armadilles, à côté desquels les entomologistes de la fin du dernier siècle les ont souvent placés. Ce sont des Diplopodes: broyeurs chez lesquels le corps est toujours convexe et dur en dessus, plan au contraire en dessous. excavé et moins résistant, et peut se rouler parfaitement en boule. Leurs sezments sont pentazonés, c’est-à-dire que la pièce dorsale qui forme la partie solide du corps n’est pas soudée aux pièces latérales et que celles-ci, libres ainsi que les inférieures ou pédigères, ont.la forme de lamelles mobiles. Leur premier sesment est plus petit quele second, qui paraît répondre au bouclier des Jules et qui dépasse les suivants en dimension ; le segment præanal est également grand, en quart de sphère, et disposé pour s'appliquer sur le second lorsque l’animal se roule en boule et renfermer ainsi la tête et le premier article. Les mâles ont, à la partie postérieure du corps , une paire de forcipules copulatrices qui simule une paire de pieds. Les organes mâles et femelles s'ouvrent sous l’article basilaire de la seconde paire de pattes par un petit appareil squamiforme. Le nombre des segments et celui des pieds varient suivant les genres. Les sligmates sont ouverts à la

(1) Gzomérines, Leach, Trans. sec. linn., t. XI, p. 356.— Omiscr- FORMES, Latreille, Famille nat. du Kiègne anim., p. 562.—Onwiscoinea, P. Gerv., Ann. sc. nat., 2° série, t. VIE, p. 42.— Penrazonia, Brandt, Bull. nat. Moscou,t. VI, p.194.— Gzomérires, Lucas, Hist nat., Crust., P- 519.

@LOHÉRIDES. 67 partie inférieure du corps près des pieds. Les pores excréteurs ou ppusnatoires sont sur la ligne médiodorsale.

Cette famille comprend les trois genres suivants : Gioméus.

ZEPHRONIA.

GLOMERIDESMUS.

Genre GLOMÉRIS. Glomeris (1).

Corps composé de douze segments sans la tête; le premier plus petit que le second qui est prolongé en ailes descendantes bilatéralement et plus grand que les suivants; le dernier en quart de sphère; yeux au nombre de huit en ligne longitudinale de chaque côté de la tête, l’avant-dernier doublé ; dix-sept paires de pieds , plus une paire d’appendices St près l’anus des mâles.

Toutes les espèces de Gloméris décrites jusque dans cesderniers temps étaient européennes, sauf le Glomeris Klugii qui est d'Égypte et de Syrie. M. H. Lucas (2) nous apprend qu’il a recueilli des Myriapodes du même genre dans l'Algérie, particulièrement aux environs de Philippeville et dans les grandes forêts de chênes-liéges du cercle de La Calle. Antérieurement MM. Brandt et Wagner (3)avaient signalé le Glomeris pustulata.

Les Gloméris européens sont ious du même genre ;

(1) Gromémis, Latreille, Hist. nat. des Crust. et des Ins., t. VIH, P- 63.—-Brandt, Bull. acad. Saint-Pétersbourg, 1840.— Id., Recueil,

P- 142, etc. — Gzomeris et Lamsca, J. E, Ciay in Jones, Cycloped. of Anat. and Physiol., t. II , p. 546.— Grove, id., ibid.

(2) Dict. univ. d'Hist. nat., par Ch. d'Ocbigny, T. V, p. 236, article Gzoménis.

(3) Reisen in der Regentschaft Algier; 1841.

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ils appartiennent même à une seule section , la section B de M. Brandt; le Gloméris de Klug, formant à lui seul la section istucnse par ce natulalisté (1). On en trouve depuis l’ dileneRe jusqu’en Espagne, en Italie et en Morée. Leurs espèces n’ont point encore été toutes caractérisées d'une manière complétement définitive, et le meilleur travail à suivre à cet égard est celui de M. Brandt.

Les couleurs varient suivant les pays et même suivant les sexes. Ainsi nous nous sommes assuré que les deux espèces (G. limbata et G. marmorea) qu'on avait admises aux environs de Paris, se réduisent à une seule dont les individus femelles ont servi à l’établissement du G. limbata et les mâles à celui du G. marmorea. Celui-ci présente toujours des forcipules copulatrices, et Le précédent des ovaires très-chargés d'œufs pendant tout le printemps.

En 1837 nous avions porté à seize le nombre des Gloméris européens dont il est question dans les auteurs. Risso, M. Brandt et M. Koch principalement. M. Brandt s’est occupé depuis lors de leur révision, et dans son second travail il a été conduit à n’en admettre que neuf.

M. Brandt (2) caractérisait ainsi, dans son Pro-

(4) M.J.E. Gray, cité par M. Jones (Cyclopedia of anat. and Physiol. de Tood, art. Myriapones), réserve le nom de Gzomémis à la section a de M. Brandt, qui ne renferme encore, comme l'on voit, qu'une espèce nouvelle, et il donne le nouveau nom de La- MiscA à la section à du même auteur, qui conserve les espèces anciennement connues et types du genre Gloméris lui-même pour tous les auteurs. Peut-être M. Jones a-t-il voulu appeler au contraire Lamisca le genre qui comprendrait la section « de M. Brandt. Quoi qu'il en soit, la distinction d'un nouveau genre parmi ces animaux ne parait pas du tout nécessaire.

(2) Bull. nat. Moscou, VI, 195.

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drome de 1833, la section dans laquelle les Gloméris européens sont réunis :

Angle du premier segment dorsal marqué en arrière de deux ou trois stries.

GLOMÉRIS BORDÉ. (Glomeris limbata.) (PI. 43, fig. 1.)

Anneaux du corps luisants dans les femelles, avec un liséré blanchâtre ou jaunâtre, mais non orangé au bord supérieur ; marbrés de brun et de châtain dans les mâles; longueur 0,018.

Lulus limbatus, Olivier, Encycl. méth., Insect., VII, M4. — I. marmoreus, id., ibid. — Oniscus zonatus , Panzer, Fauna insect. germ. , IX, pl. 23. — Glom. marginata, Leach, Zool. misc., WI, pl. 132. — Gl. marginata, Brandt et Ratzeburg, Arzneithieren, WE, 98, pl. 13, fig. 7-11.— GI. limbata, Brandt, Recueil, p. 143.

C’est l'espèce commune du Nord et du centre de l’Europe.

M. Brandt en connaît plusieurs variélés qu'il caractérise ainsi :

a) dos brunâtre, à taches obsolètes brunâtres pâles subsériées.

à) dos roux brun noirâtre ou roux brun , quelquefois châtain, surtout dans les individus desséchés, berd postérieur des anneaux dorsaux blanchâtre. L

M. Brandt lui rapporte le Glomeris caslaneus, Risso, ainsi caractérisé dans l'Æist. nat. de l’Europe méridionale, t.V, p. 148:

« Son corps est très-lisse , luisant, châtain , avec les bords des segments beaucoup plus pâles et moins foncés. Long., 0,015. Séjourne sous les pierres ; apparaît toute l’année. »

€) Dos tacheté de noir et de fauve ou en partie de sub-orangé, bords postérieurs et inférieurs des anneaux souvent fauves sur une plus ou moins grande largeur.

Sous-variété a. — Dos marbré de fauve, bord postérieur des anneaux ayant une bordure fauve pâle, plus ou moins étroite. C'est, d'après M. Brandt, le vrai IULUS MARMOREUS.

Sous-variété b. — Dos marbré de fauve et d'orangé ou de ferrugineux-orangé, et en partie couvert de points noirs très-petits, avec le bord postérieur des anneaux plus ou moins marginé de fauve vif. C'est alors, suivant M. Brandt, le GLOMERIS NoBILIS,

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Koch, Deutschl. crust., myriap. und arachniden, t. IV, pl, 1.

Voici les descriptions données par Olivier, de ses Zulus limbatus et marmoreus des environs de Paris, que nous regardons comme les deux sexes d'une même espèce :

I. limbatus. « Le corps est d'un noir plombé, avec le bord des anneaux légèrement blanichâtre. » C'est, suivant nous, la femelle.

I. marmoreus. « Il ressemble au précédent : il en diffère en ge que le corps est d’un noir plombé , mélangé de jaune. » Nous le considérons comme le sexe mâle.

2, GLoMÉRIS PLOMBÉ. (Glomeris plumbea.)

Comme nous l’avons vu plus haut, M, Brandt fait du Zulus marmoreus d'Olivier une variété du limbatus, et il y rapporte encore le Zulus plumbeus du mème auteur, en disant : « Les individus conservés depuis quelque temps dans l’esprit de vin montrent , vraisemblablement par l’action de cette substance sur le pigment , au lieu du noir, une couleur plus ou moins grisâtre ou plombée ; ce qui peut bien avoir donné lieu à Olivier de fonder son Zulus plumbeus (Glomeris plumbea, Gerv.). Car c’est seulement la couleur plombée qui distingue son lule plombé de son lule bordé, » Recueil, p. 144.

Comme nous n'avons, pas plus que M. Brandt, étudié le Gloméris qu'Olivier avait cru devoir considérer comme appartenant à une espèce distincte de ses Z. marginatus et limbatus, nous reproduirons la description qu'il en donne dans l'Encyclopédie méthodique :

« Il est presque une fois plus grand que la cloporte armadille ; le corps est d’une couleur plombée claire, avec le bord des anneaux et tout le derrière plus pâle.

» Il se trouve dans le midi de la France , aux environs de Fréjus, dans les lieux ombragés et humides. »

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