‹ Histoire naturelle des insectesChapitre 213 sur 497 · BLANIULE À POINTS BRUNS. ( Blaniulus fusco-punetatus · texte numérisé non relu

BLANIULE À POINTS BRUNS. ( Blaniulus fusco-punetatus

Tête brun roussâtre, finement granuleuse, assez profondément échancrée en avant ; antennes grèles, testacées, garnies de quelques poils de même couleur ; corps brun roux, de 49 segments, striès et ponctués bilatéralement de brun; valves anales testacées, velues ; pieds fauves testacés, grêles, à poils blancs. Longueur 0,020.

Blan. fuscopunct., Lucas, Revue zool. de Guérin, 1846, p. 287.—14., Algérie, Anim. artic., 1"° part., p. 338, pl. 2, fig, 2.

D’Algérie , trouvé dans les ruines d’Hippone. Rare.

(1) Aun. and Mag. of nat. hist., t. XIII, p. 268, 1844. (2) fiecueil , p- 87.

POLYZONIDES. 203

Y. POLYZONIDES (1).

Cette famille est la dernière de la classe des Diplopodes ou CGhilognathes. Elle ne comprend encore qu'un très-petit nombre d'espèces dont l'aspect général rappelle celui des Iulides, mais avec cette différence que leur corps est déprimé. Aussi avions-nous d’abord nommé Platyule le principal genre des Polyzonides. Les anneaux du corps ou zoonites sont nombreux et formés, comme dans les familles que nous avons étudiées précédemment, de la réunion de deux segments, et portent pour la plupart deux paires de pieds. Leur composition se rapproche de celle des Lysiopétales, et jusqu'à un certain point de celle des Glomérides; leurs organes génitaux s’ouvrent sous les premiers anneaux du corps et les appendices copulateurs des mâles sont antérieurs comme chez les Polydesmides et les Iulides. Le caractère essentiel des Polyzonides, à part alné de la forme du corps, est d’avoir la tête plus ou moins allongée, et les pièces buccales disposées en sucoir.

Cette famille, dont M. Brandt fait, comme nous l'avons dit ailleurs, un groupe ayant une valeur égale à celle des autres Diplopodes et des Chilopodes réunis, a été divisée par ce naturaliste en trois genres, qui sont les suivants :

Pozxzonium.

SreHoNoTrUs.

SIPHONOPHORA.

(1) CozosoGnatus, Acad. Saint-Pétersb., Brandt, Jsis, 1834, p. 704. — SipHowizanTiA, Îd., 1836. — SucenriaA seu Sipaonopxor, id., ibid. , 1840; Recueil, p. 45.— Poryzonnx, P. Gervais, Ann. sc. nat., 3° série, t. IL, p.25. — Poryzoninx et Sipaonoraenpz, Newport , Trans. philos. Lond., t. XIX, P- 278.

204 DIPLOPODES.

Genre POLYZONIE. Polyzonium (1).

Corps déprimé, obtus en avant et en arrière; segments faiblement résistants, au nombre de cinquante environ; tête et sucoirs pet allongés ; articles des antennes subégaux. Yeux, entre les antennes, au nombre de trois? paires, très-rapprochés, occupant une petite surface ovalaire.

PoLYZONIE D'ALLEMAGNE. (Polyzonium germanicum.)

Aplati, assez peu résistant, secrétant par ses pores répugnatoires une humeur laiteuse; couleur jaunâtre, plus pâle en dessous et aux pieds ; plus foncée en dessus où les arceaux ont une ligne transversale brunâtre ; point de stries, ni de granulations. Longueur 0,015; largeur 0,002.

Polyz. germ., Brandt, Zsis, 1834, p. 704 (non décrit), — Id., Bull. acad. St-Péterb., 6 décembre 1836, p. 40. — 7d., (Recueil, p. 49. 1840. — Platyulus Audouinii, P. Gerv., Buil. soc. philom. de Paris, 1836, p. 71 et Journ. l'Institut (séance du 17 décembre). — PI. Audouinianus, Id., Ann. sc. nat., 2 série, t. VII, p. 48. — Zd., Atlas zoologique, pl. 55, fig. 3. — Plat. aud., Waga, Revue zool. par la soc. cuv. t. HE, p. 79 et 88. — Plat. Aud., Lucas, ist. anim. art., Aptères, p.533. — Polyz. germ., P. Gerv., Ann. sc. nat., 3° série, t. I, p. 72, pl. 5, fig. 12.— Zieosoma rosea, Motschulski, Pull. nat. Moscou , 1839, p. 4%, pl. 1 (d’après M. Brandt).

D'Europe, au Caucase (M. Motschulski), de Pologne (M. Waga), d'Allemagne (M. Brandt), et de France aux environs de Paris dans le bois de Meudon, la forêt de Fontainebleau, etc.

Voici la description détailiée que nous avons faite de cette curieuse espèce de Myriapode, nommée par M. Brandt avant : nous, mais dont il n’a point encore publié la caractéristique :

Le corps est subaplati, plus mince à ses bords latéraux ainsi qu’en avant et en arrière. Sa couleur est jaunâtre, plus pâle en dessous et aux pattes, plus foncée au contraire en dessus princi-

(1) Pozxzonium, Brandt, Zsis, 183/, p. 504 (non décrit). — 14. , Bull. Acad. Saint-Petersb., décembre 1836. — PLaryuzus, P.Gerv., Bull. soc. philom. de Paris, 1836, p. 71 (17 décembre).

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palement dans la bande transversale moyenne de chaque articulation. La longueur habituelle égale 0,015, et la largeur au milieu du corps 0,002.

Les segments, à l'exception des trois premiers, sont marqués en dessus d’une ligne transversale, d’abord presque antérieure et ensuite submédiane, qui indique la séparation des deux anneaux composant chaque articulation. On ne leur voit ni stries comme chez les Jules, ni granulations comme chez les Polydèmes; ils sont lisses comme ceux des Gloméris. Comme ils sont un peu plus étroits en avant qu’en arrière, la succession de leurs angles postérieurs donne aux bords du corps une apparence légèrement denticulée. Le dessous n’est pas convexe comme chez les Iules, et si le bord de chaque anneau est pincé comme en carène , cette disposition n’a rien de commun avec ce que présentent les polydèmes. On suit très-bien la continuation de la lamé inférieure externe avec celle dont se compose l’arceau supérieur, et cette lame est moins séparée que dans les Gloméris. Les lames Jatérales antérieure et postérieure de chaque articulation sont plus séparées inférieurement que les deux parties zonaires du dos, et c’est au milieu de leur jonction que l’on voit la petite poche secrétrice blanche, plus ou moins sphérique, que produit le liquide blanchâtre et laiteux que ces animaux rejettent par leurs répugnatoires (1). Aux cinq ou six anneaux antépénultièmes, ces poches sont bien plus considérables ; elles sont ovalaires transversalement, et, quand on presse l'animal, surtout à l’époque des amours, il en laisse sortir son fluide laiteux, qui est plus consistant et en filaments presque vermicellés. Les lames latérales inférieures cessent brusquement auprès de l'insertion des pattes, etcetteinsertion alieu sur deslames du même ordre que celles que M. Brandt nomme pétales ; aussi les Polyzonides sont-ils pour ce naturaliste des Myriapodes pentazonés, quoiqu'il les considère comme un ordre particulier de Myriapodes, à cause de la grande importance qu'il attache à la conformation tout à fait particulière de leur bouche. Les pattes sont cachées sous le corps

(:) M. Waga (loc. cit. 79) dit que les ouvertures défensives de ces Myriapodes, organes auxquels il a lui-même donné le nom de répugnatoires, sont situées sur le tranchant de ses côtés, que la liqueur qui en coule est blanche comme du lait, et qu'elle se manifeste par l'odeur la plus désagréable de bois pourri.

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pendant la marche de l’animal, et celui-ci, quand on l'inquiète ou qu'il repose, s'enroule sur un même plan où bien d’üme manière spirale. Il ne jouit pas d’une très-grande vivacité; mais ses antennes sont dans une agitation continuelle et Jui servent comme aux autres Diplopodes à palper.

Nous avons dit que le corps était obtus en arrière et en avant. Le premier anneau, ou le bouclier, estscutiforme, ovalaire transverse, plus rectiligne en arrière qu’en avant. Il cache presque complétement la tête qui est petite, inclinée elle-mème en forme de petit écusson et pourvue d'un petit bec en suçoir. La tête porte les yeux et les antennes à sa face supérieure; celles-ci en dehors, et ceux-là près de leur base interne. Les antennes ont le mode de composition qui est caractéristique des Diplopodes, c'est-à-dire 7 articles; elles sont subfasiformes et près de trois fois aussi longues que la tète. Les yeux apparaissent comme une double tache noire, et l’on pourrait croire qu'il n’y a qu'une seule paire. Cependant, il nous a paru qu'il y en avait trois de chaque côté, et MM. Waga et Brandt semblent avoir confirmé ce fait. Les trois premiers anneaux sont unipédigères, les autres sont bipédigères bilatéralement, sauf les trois derniers qui sont apodes. Dans la femelle, toutes les pattes sont semblables ; mais dans le mâle, on voit à la base de la troisième paire un appendice articulé, paraissant être la seconde paire de cet anneau, styliforme et dirigée en arrière, et de plus après la huitième paire de pattes, une paire de mamelons qui remplace la seconde paire du septième anneau. Le sixième et le huitième ont leurs deux paires complètes. Ainsi, malgré quelques différences de dispositions dans ses organes, la copulation s'opère à peu près comme chez les Tules, et M. Waga à constaté que le mode de développement est le même que celui qui a été constaté à ces derniers.

M. Waga a publié les observations suivantes faites par lui à cet égard :

« Au commencementdu printemps de l'année 1838, j'apportai quelques individus de différente grosseur du Platyulus Audouinianus de M. Gervais, et je les mis avec du bois pourri dans un petit bocal que je recouvris de feuilles de coudrier. Je me proposais de leur procurer toutes les commodités possibles attendu que je m'étais déjà convaincu qu’ilest extrêmement dificile de les conserver vivants. Dans les premiers jours du mois de

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juin, je voulus voir s'ils se trouvaient en bon état; mais en soulevant avec des pincettes une feuille chargée d’une certaine quantité de bois pourri, je fus bien étonné d’apercevoir que le plus grand individu, qui était une femelle, entourait de son corps contourné en Spirale un paquet d'œufs récemment pondus, et se tenait dans cette position sans donner aucune marque de mouvement. Le paquet d'œufs, touché légèrement avec une petite baguette , se divisa en plusieurs parties dont l’une resta attachée sur la tète de l'animal, d'où je conclus que c’est là que sont situés les orifices de l’oviducte des femelles. Ces œufs étaient si petits qu’à peine pourrait-on leur assigner un tiers de la grosseur de ceux des lules. Leur couleur était jaune clair, à peu près la même que celle du dessus de l'animal. Ayant égard à la difficulté qu'on éprouve à élever ces animaux, je m’abstins d'examiner souvent la ponte de cette femelle, et lorsque je la revis une semaine plus tard, c’est-à-dire le 7 juin, elle se trouvait encore dans sa position primitive; mais les œufs étaient presque tous dispersés. J'en comptai environ 50. Un d'eux, observé au microscope, ne m'a rien offert, si ce n’est un certain obscurcissement plus étendu à l’un qu'à l’autre bout. Trois jours plus tard, on pouvait voir, même à l'œil nu, quelques œufs se fendre en deux. Entre les coques d'un de ces œufs fendus, j'aperçus un corps blanc, plat, arrondi presque en cercle, comme échancré en un point de sa circonférence, semblable à une petite graine qui commence à croître dans le germe des plantes légumineuses. Ce corps graniforme était analogue à l'embryon des Jules dont je viens de parler. Il se déplia bientôt en un être semblable à une pelite écaille, c’est-à-dire plat, presque aussi large que long, voûte, pourvu de six paltes et d’une paire d’antennes, à corps composé de segments et capable de se rouler en boule. L'animal à celte époque avait une couleur jaune blanchâtre ; il était à demi-transparent , couvert de petits poils en plusieurs endroits, et principalement au bord des segments et des articles. Les plus longs de ces poils étaient ceux qui garnissaient le dernier segment postérieur, mais ils n'étaient pas moins apparents sur les antennes. On pouvait voir très-distinctément les cinq articles de ces dernières diminuant toujours vers le bout. En dessus se laissaient voir les rudiments des yeux, deux points très-petits , très-rapprochés sur la tête et presque triangulaires. Le nombre difficile à discerner des segments du corps paraissait ne pas dé-

208 DIPLOPODES.

passer quatre, outre la tête. Dans cette période de son âge, l’animal mouvait sans cesse et avec force ses antennes ; mais il ne pouvait pas encore se servir avec dextérité de ses pattes, dont la dernière paire était presque immobile. Ne pouvant pas même se tourner sur un verre poli, où je l’'observais, il tendait continuellement à se rouler en boule. Comme les individus isolés pour l'observation microscopique périssaient bientôt, et que ceux qui restaient dans le bocal souffraient évidemment à mesure que je les inquiélais, il m'a été impossible de vérifier exactement les époques de leur développement successif. Ce qui est remarquable et que je crois avoir été constaté tant sur les Jules quesur les Platyules, c'estqueles petits individus étantencore hexapodes ont déjà leur quatrième paire de pattes , mais qui ne se développe que peu de temps après. Lorsque j'observai cette progéniture, le 25 juin, je trouvai des œufs encore fermés, d’autres fendus, des individus hexapodes et enfin d’autres à huit pattes. Ces divers degrés de maturité, observés en même temps et dans le même nid, prouvent que les œufs n'avaient été pondus qu’à des époques bien différentes. L'exposition accidentelle et prolongée du bocal au soleil a causé le dépérissement de tout le nid, et m'a privé du moyen de continuer mes recherches (1). »

Nota. — Le Craspeposoma Saw, Costa (Pochi cenni intorno alla fauna del Gran sasso d'Italia, p. 7), nous a paru d’après la figure un animal voisin des Polyzonium.

Genre SIPHONOTE. Siphonotus (2).

Tête conique, déprimée; deux yeux sur le milieu de la partie frontale entre les antennes ; bec allongé, un peu obtus à sa pointe ; antennes à peu près droites, clavitormes, égalant presque la tête en longueur, à articles non étranglés à leur base; pied qui répond à la lèvre inférieure subconique.

(x) Revue zool. par La société cuviérienne, t. II, p, 88.

Cet exposé est accompagné de quelques figures, ibid,, pl x, fig. 10-14. »

(2) Sipmoxorus, Brandt, Bull. Acad. Saint-Pétersb,, 1836, — Id., Recueil, p. 50.

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SrpnonotE BRÉSILIEN. ! Siphonotus Brasiliensis.)

Siph. Brasil., Brandt, loco cit.

Du Brésil.

Cette espèce n'a pas été décrite. M. Brandt ajoute seulement àce qu'on vient de lire que les antennes du Siphonotus « rappellent en quelque sorte celle des Géophiles dont les articles sont égaux. »

Genre SIPHONOPHORE. Siphonophora (1).

Tête conique , petite , étroite; bec très-aigu , grêle, allongé, subulé, subrecourbé, égalant presque les antennes qui sont assez longues; antennes coudées, articles presque tous rétrécis à leur base; pièce qui répond à la lèvre inférieure conique allongée; yeux nuls.

M. Brandt fait avec les Siphonophora une deuxième section de ses Myriapodes suceurs qu'il appelle TypaLoGena. M. Newport élève cette section au rang de famille, et la nomme Sipnono- PHORIDÆ dans son tableau de la classification des Myriapodes inséré en 1844 dans les Transactions de la société linnéenne.

1. SipnoNoPHoRE DE Porto-Rico. ( Siphonophora Portoricensis. ) Siph. Port., Brandt, loco. cit.

De l'île de Porto-Rico. Cette espèce n’a pas encore été décrite.

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