ORDRE IV
SOLPUGIDES.
P. 85. — Cet ordre a recu les dénominations suivantes : f
SozpuGines, Leach, Trans. linn. soc. London; 1812. — Gareones, Kirby et Spence , {ntrod. entom., t. IV, 1826. — Gazronines on Souiruez, Sundeval, Consp. Arachn., 1833.
Les Solpugides vivent dans presque toute l'Afrique, dans l’Asie chaude et dans l'Europe méridonale, ainsi qu'en Amérique , depuis le Mexique jusqu’au Ghili.
Ces animaux ont des affinités incontestables avec les Phalangides, mais ils forment néanmoins un groupe distinct de celui de ces derniers. L'étude que nous avons faite de plusieurs d’entre eux, conservés dans l’espritde-vin , nous permet de développer et de rectifier à plusieurs égards ce que nous avons dit sur leur organisation.
Latreille, et d’aprèslui M. Duvernoy que nous avons cité, place les stigmates des Solpuges ou Galéodes entre la première et la seconde paire «de pieds; ils sont, au contraire, entre la deuxième et la troisième. Le sexe mâle porte un flabellum sur ses forcipuies. Dans un exemplaire de l’Algérie qui offrait ce caractère, la plaque inférieure du premier segment abdominal était divisée sur la ligne médiane, et recouvrait une fente vulviforme longitudinale qui est l’orifice des organes génitaux. Une femelle de la même localité, c’est-àdire un individu sans flabellum aux forcipules, avait aussi sa première plaque sous-abdominale échantrée, mais il présentait au lieu d’orifice vulviforme un simpie organe stigmatiforme, On voyait très-distincte-
fe
ment sur le bord postéro-inférieur de ses deuxième et troisième arceaux abdominaux une petite plaque marginale en hausse-col, denticuléeou pectinée à son bord libre et cachant deux petits tubercules échinulés, entre lesquels est un petit orifice médian vulviforme dont nous ignorons la fonction. M.Milne Edwards a le premier signalé ces organes , d’après des Galéodes appartenant à la même espèce que celle dont nous venons de parler (Zconog. du Règne anim., Arach., pl. 20 bis. et il les regarde comme des orifices stigmatiques. La figure donnée par M. Edwards met aussi les stigmates thoraciques à leur véritable place.
Les oviductes de cette espèce renfermaient une grande quantité de petits œufs, remarquables par leur forme naviculaire.
Dans une Solpugedu Chili, que nous appelons G.morsicans, on voit sous l’abdomen une disposition qui rappelle celle dont il vient d’étre question , mais les petits tubercules échinulés sont virguliformes et adossés.
Dans une grande Solpuge de Natal que l’absence de flabellum à ses maxilles forcipulaires nous indique être une femelle (1), les deuxième et troisième segments abdominaux ne nous ont montré en dessous que des tubercules obsolètes. Sous le premier il y a une ample cavité marsupiforme , dans le fond de laquelle débouchent bilatéralement les oviductes, chacun par l'intermédiaire d'un vagin court, mais d’un calibre remarquablement plus gros que l'oviducte Jui-même. Cette grosse Solpuge est déposée dans les collections zoologiques de la Faculté des sciences de Montpellier.
(1) Latreille (Règne anim., t. IV, p. 254) dit qu'il ne croit pas que l'appendice flabeiliforme soit exclusivement pronre à l'uu des sexes.
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L'anus des diverses espèces que nous avons vues, forme une petite fente longitudinale à l'extrémité postérieure de l'abdomen.
Le système n+rveux de ces animaux rappelle celui des Arantides. Dans l’une les deux espèces al:ériennes (le G. barbara âe M. Lucas) le cerveau repose sur un ganglion unique plus grand qui ne laisse qu'un passage fort étroit au milieu du collier. Ce ganglion inférieur donne naissance bilatéralement eten arrière aux nerfs destinés aux pieds et à l'abdomen. Du cerveau susæsophagien partent antérieurement les nerfs des yeux el ceux des forcipuies maxillaires. M. Blanchard, qui a déjà signalé ce dernier fait (Comptes rendus de l’Acad. des sciences, décembre 1843 , p. 1383), le regarde comme une preuve suffisante pour admettre que ces forcipules sont des antennes et non des appendices ambulatoires modifié pour la préhension des aliments. Latreille avait autrefois nommé ces organes des Chélicères.
M. Owen (Lectures on the comp. anat. and phys. of the inverteb. anim., p. 234) rappelle l'opinion déjà émise par plusieurs auteurs qu'il existe chez les Galéodes des rudiments d'antennes. Il les dit attachés, daus certaines espèces, aux mandibules elles-mémes (1). Ce seraient donc les flabellum des mâles, dont il a été parlé plus baut. Dugès , dans son travail sur les Acarides, signalait aussi des antennes chez les Solpugides ; mais il les placait ailleurs, el sa théorie à leur égard est loin d’être plus acceptable (2).
(1) « Two rudiments of antennæ have been noticed attached to the randibles in certain species of this genus. »
(2) Voici ce que dit Dugés :
« L'absence des antennes est généralement admise. et presque
Quoique les Galéodes soient aussi voraces que crüelles, on ne peut douter qu’il n’y ait au moins hyperbole dans le fait que nous avons rapporté, p. 86, d'après M. Hutton, d’une Galéode qui mangea un Lézard en ne laissant de cet animal que les mâchoires et la peau. M. Lucas (Dict. univ. d'hist. nat., t. VI, P- 2) parle de lintrépidité de ces Arachnides qu’il a eu Poccasion de constater.
Genre GALEODES.
P. 91. — Æjoutez aux espèces citées :
15. Gazrones porsauis, Latreille. — Galeodes intrepida ; Léon Dufour, Ann. gén. des sc. phys.,t. V, p- 370, pl. 69, fig. 3 (d'Espagne).
16. Gazeoprs BargarA, Lucas, in Milne Elw., Zcon. règne anim., Arach., pl. 20 bis, fig. 2.— Id., Algérie, Anim, art.; 1" partie, p. 279, pl. 47, fig. 8 (Algérie).
Nous avons recu du Chot, près le Maroc, par M. De-
personne n'a adopté l'opinion de Latreille, qui voulait les voir dans les mandibules mêmes; le filet antenniforme des Galéodes porté par cette mandibule ne prouve rien en faveur de cette opinion, c'est tout au plus le représentant da palpe mandibulaire des Crustacés qui ont des antennes si développées. Les antennes rudimeutaires seraient plutôt soupconnées dans {es tubercules pilifères des Galéodes et de quelques Acariens (Hydrachnes, Oribates). La position de ces poils est à la fois la même que celle des antennes chez les Insectes, et de quelques-uns des ocelles chez les autres Arachnides. N'y aurait-il pas analogie complète entre les deux termes les plus éloignés de cette comparaison? Admettez que des huit ocelles des Araignées deux représentent les yeux à réseau d'une libeilule, quatre autres représentent les deux stemimates pairs et l'impair dédoublé , il en resterait deux pour figurer les antennes. C'est une analogie à étendre davantage et qui ramènerait peut-être à la règle bien des anomalies jusqu'ici inexplicables.s (un. se. nat., 19€ série, t. I: 1° mémoire sur les Acariens.)
SOLPUGIDES. 343 lahaye, chirurgien des zouaves, cette Galéode et une autre qui est fauve brunâtre, avec l'abdomen noirâtre, ainsi que le dessus du corselet et les pinces. Cette Galéoe a Ja partie terminale des tarses noire, ainsi que l’article penultième de sa première paire de pieds. Nous n’en avons vu qu’un mâle; nos G. barbara étaient au contraire des femelles.
17. GALEODES varieGaTA , P. Gervais, dans lÆstoire du Chili, publiée par M. Gay. La description de cette espèce et celle de Ja suivante seront accomyagnées d’une figure (Chili).