II. POLYDESMIDES (i
La famille des Monozonies de M. Brandt répond à l'ancien genre Polydesmus de Latreille, et paraît devoir comprendre aussi les Craspedosoma de Leach
et les Platydesmus de M. Lucas, quoique ceux-ci aient les segments du corps un peu plus nombreux et soient pourvus d'yeux, tandis que les Polydèmes en manquent. Nons y ajoutons le nouveau genre Oniscodesmus et celui des Cyrtodesmus. Gelui-ci diffère moins des vrais Polydèmes que le précédent. M. Brandt y place aussi les Pollyxènes, dont nous avons traité précédemment. Le principal caractère des Polydesmides est d’avoir les segments résistants, formés d’anneaux complets et non décomposables, comme ceux des lules et des Gloméris, en plusieurs parties élémentaires. Ces segments sont toujours plus ou moins carénés bilatéralement dans leur première moitié, ou bien ils sont moniliformes; rarement ils affectent la forme cylindrique ; leur nombre est moindre que celui des Iules, et plus considérable que chez les Gloméris. Les pieds sont, par conséquent, moins nombreux que chez les Tules : leur nombre le plus ordinaire est trente et une paires chez les femelles et trente chezles mâles, dont la première paire du septième segment est remplacée par une paire d’appendices copulateurs.Les yeux manquent presque constamment. l
Les genres que nous rapportons à cette famille sont les suivants :
(1) Mosozoni4, Brandt, Bull, nat. Moscou, t. IT, p.63.—Id., Recueil, p. 36.—Pozroesmnz, J. E. Gray, in Jones, Cyclop. of anat. and Phys, PA 1 La P- 546. — P. Gerv., Ann. sc. nat., 32 série, t. II, p-63.—Newport, Zraus. linn. soc., t. XIX, P. 277.
90 DIPLOPODES.
Oniscodesmus ,
Cyrtodesmus,
Polydesmus,
Craspedosoma.
Platydesmus
Les trois premiers pourraient former une tribu distincte des deux derniers qui ont aussi des caractères assez particuliers.
Grvre ONISCODESME. Oniscodesmus.
Corps de forme oniscoïde, c’est-à-dire convexe au dos , avec les carènes des anneaux tombantes en dehors, cachant les pattes et donnant aux côtés de l’animal une apparence serratiforme occasionnée par le prolongement angulaire postérieur de chaque an: eau. Auneau préanal petit, obtus, saillant faiblement entre les deux éminences postérieures , également obtuses de l'anneau pénultième; vingt segmenis ; vingt-huit paires de jrieds ; point d’yeux.
ONISCODESME ÉLOPORTÉ (Oniscodesinus oniscinus). (PI. 44 , fig. 4.)
Corps onisciforme ; bord inférieur des carènes en anglé aïgu , dentiforme; une série de tuberéules ponctiformes subparallélogrammiques à leär bord postérieur; couleur brun clair; longueur 0,015.
Onisc. onisc.; P.Gerv. et Goudot, Ann. soc. entom. de France, 2e sér., 1. IL, p. xxvinr. —P. Gerv., Ann. sc. nat., 3e série, t. I, p. 64, pl. 5, fig. 7-9.
Du sommet des Andes colômbiennes par M. Justin Goudot.
Cette espèce est de couleur brune, de forme oniscoïde, c'est-àdire convexe au dos; avec les carènes des anneaux tombantes en dehors, cachant les pattes, ét produisant üne disposition $erratiforme par le prolongement angulaire postérieur de chaque anneau. L'anneau préanal est petit, prolongé faiblement en ar-
POLXDESMIDES. 91
rière en une saillie médiane obtuse et aplatie située entre les éminences angulaires postérieures également obtuses de l'anneau pénultième ; les deux angles de l’aniépénultième sont au contraire aigus, et ils arrivent jusqu’au niveau de ceux du segment préanal ; le bord postérieur de chacun des anneaux montre une série unique de tubercules plus ou moins parallélogrammmiques dont les saillies donnent quelquefois à l'anneau lui-mème une apparence dentée, surtout en dessous. Les anneaux rappellent jusqu’à un certain point la disposition de ceux des Myriapodes pentazonés. On reconnait en effet à la face supérieure de ces anneaux, dépassée ici par la carène bilatérale comme elle l'est chez les Gloméris, deux paires de lames, l’une interne et l’autre externe, joignant celle-ci à la carène, l’externe plus considérable que l’interne ; mais les diverses parties ne sont pas séparées entre - elles comme elles le sont chez les Glomérides, et l’anneau reste, comme chez les Polydesmides, réellement monozoné.
Le premier anneau du corps ne se compose, comme d’habitude, qüe de son arceau supérieur, qui est scutiforme, subellipsoïde, presque droit à son bord antérieur, un peu concave au postérieur et curviligne obtus bilatéralement. 1l y a, sans compter ce premier arceau qui rappelle le collier des Glomérides, dixneuf anneaux entre la tête et l'anus , et les pattes , qui ne sont pas Comprimées comme chez ces animaux , sont au nombre de vingt-huit paires.
La tête a son chaperon rectiligne ; elle manque d’yeux et de fossette auriforme.
Les antennes ont sept articles, dont les deuxième, troisième et qüatrième sont les plus longs et subégaux entre eux ; les autres, c'est-à-dire le cinquième et le sixième, étant plus courts et à peu près égaux entre eux, le septième, au contraire, plus petit et en bouton. Les derniers articles des antennes sont plus épais que les premiers, et la forme générale de ces appendices est en massue fusiforme. Leur longueur égale à peu près la largeur de la tête. Segmentis du corps sont marqués en dessus d’une série poslérieure de tubercules ponctiformes.
L'Oniscodesmus oniscinus ; ressemble d’une manière remar-‘ quable par son faciès aux Crustacés isopodes de la famille des Cloportes , et ceite analogie apparente lui a valu le nom sous lequel nous le décrivons.
Un autre exemplaire du genre Oniscodesmus, également dû
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à M. Goudot et maintenant déposé à la collection du Muséum, a les tubercules beaucoup plus aplatis et en fortes guillochures en forme de carrés longs sur la moitié postérieure des segments, qui est séparée de l’antérieure par uue ligne transversale. 11 a vingt segments, en comprenant le premier qui est plus petit que le second , comme dans les Gloméris, et le préanal qui est petit et dont la saillie postérieure se voit, comme nous l’avons dit plus haut , entre les deux carènes de l’antépénultième. La couleur est brun ferrugineux en dessus , pâle en dessous. C’est cet individu qui a été figuré entier à la fig. 4 de notre planche. Il est du sexe mâle. On voitune paire de forcipules copulatrices à la place de la première paire de pieds du cinquième segment, caractère qui rapproche cette espèce des Polydèmes avec lesquels nous le placons, et l’éloigne au contraire des Gloméris.
Gxnre CYRTODÈME. Cyrtodesmus (1).
Anneaux fortement carénés à carènes tombantes, coupées en lignes convexes en avant, échancrées en arrière près de leur insertion ; carène latérale du second article grande, arrondie et aliforme; anneau préanal en quart de sphère, entier à son bord postérieur, cachant, comme chez les Gloméris, les valves ou écailles anales. Corps assez allongé , un peu concave en dessous; pattes cachées par les carènes latérales. Apparence générale des Polydèmes, sauf une certaine analogie avec des Gloméris allongés ; point d’yeux.
Ce genre, dans lequel nous ne connaissons encore
que deux espèces, pourrait êlre considéré comme une
simple division des Polydèmes, avec lesquels il a une grande affinité ; mais nous avons cru devoir l'en distinguer, parce que sous certains rapports il tient encore des Gloméris. 'Felles sont la disposition des carènes la-
(1) Kupros, convexe; déouos, segment.
POLYDESMIDES. 93
térales et surtout la forme de l’anneau préanal, qui ressemble à celui de ces Myriapodes, quoiqu'il soit proportionnellement moins grand. Les Cyrtodèmes ont le corps plus allongé que celui des Gloméris, et, par l’ensemble de leurs caractères, ils appartiennent bien à la famille des Polydèmes. Ils mériteraient bien mieux le nom de P. gloméridiformes que ceux du groupe des Fontaria, auxquels nous l’avions appliqué avant qu'on les eût découverts.
1. CYRTODÈME vELOUTÉ. (Cyrtodesmus velutinus.) ( pl. #4, fig. 5)
Noir avec les pattes, les antennes et les jonctions articulaires d’un blond pâle; tout le dessus du corps couvert d’un petit velouté de poils courts de couleur blanchâtre et peu serrés. Longueur G,020.
Polyd. velut., P. Gerv. et Goudot, Ann. soc. entom. de France, 2° série, t. II, p. 28.
De Colombie , par M. Justin Goudot (Coll. Mus.)
2, CyRTODÈME GRENU. (Cyrlodesmus granosus.)
Assez semblable au précédent, mais non velu ; à corps un peu plus comprimé et marqué sur tous ses anneaux d’une rugosité brun noirâtre et brunâtre , composée de petits tubercules grenus irréguliers semblables à du galuchat. Taille et forme du C. granosus.
Polyd. granosus , P. Gerv. et Goudot, Ann. soc. entom. de France , 2: série, t. IL, p. 98.
De Colombie, par M. Justin Goudot.
Cette espèce et la précédente, quoique beaucoup plus allongées que les Gloméris, leur ressemblent néanmoins.
Gevre POLYDÈME. Polydesmus (1).
Segments monozonés, c’est-à-dire annulaires et non
(1) Porvoesmus, Latreille, Hisé. nut. des Ins. et des Crust., t VII, p. 77-—P. Gervais, Note surle genre Polydème, in Ann. soc. entom. de Fr ance, t. V,p.373.- Brandt, Recueil, p. 125 et 138 — Newport,
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évidemment décomposables en plusieurs pièces; au nombre de vingt, sans la tête; les deux articles qui les composent dissemblables, l’antérieur cylindrique et le second plus ou moins caréné; le premier clypéiforme, sans arcenu inférieur, les trois suivants unipédigères, les quatorze qui viennent ensuite bipédigères, les deux derniers a podes. Organes génitanx des mâles remplaçant la huitième paire de pieds, ce qui donne trente paires de pattes aux mâles et trente et une aux femelles ; organes génitaux femelles formant un double orifice entre la première et la seconde paire de pieds ; segments loujours plus ou moins carénés bilatéralement, à carènes en bourrelet, simples ou denticulées ; le segment préanal en pointe ou en palmette, ne cachant qu'imparfaitement les valves anales. Stigmates à la partie antéro-inférieure des segments, près de l'insertion des pieds. Point d’yeux.
Latreille a, le premier, dénommé le genre Polydème, mais les espèces qu'il lui rapportait étaient fort peu nombreuses. Aujourd’hui on en connaît un bien plus grand nombre, et il est devenu nécessaire de les partager en plusieurs sous-genres. M. Gray donne même à ces groupes une valeur générique.
La brièveté avec laquelle certaines espèces ont été décrites nous empêche de leur assigner une place dans la classification naturelle de ce genre; aussi devons-nous, pour n’en omettre aucune, avoir recours à l’ordre géographique. Cependant nous donnerons préalablement quelques remarques sur la manière dont
Ann. and Mag. of nat. hist., t. XEIT, p. 265. — Pozypesmus, Fox- TARIA, STENONIA, STOSATEA, Gray, in Jones, Cyclopcdia of anat. and Physiol., t. IIL, p. 546.
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ox
POLYDESMIDES. 9
les Polydèmes les mieux connus paraissent devoir être classés.
4° Certaines espèces à corps plus élargi, à segmegls pius rapprochés, dont les carènes sont continues ou subcontinues et dont la saillie du segment préanal est en pointe plus ou moins obtuse , ont une certaine analogie apparente avec les Gloméris. Ce sont les Polydèmes glomeridiformes (P. Gerv., Ann. sc. nal., 1827) et la Fonrari de M. Gray.
Tels sont les Polydesmus dasypus , scaber, sebratus, virginiensis, granulosus, etc.
2% D'autres sont plus allongées, quoique assez semblables aux précédentes par leur physionomie.
Exemple : Polydesmus Blainvillii, Mauritanicus, etc.
3° Chez d’autres, les carènes ne sont plus continues par suite du plus grand développement de la partie cylindrique des segments, et la partie saillante de l’anneau préanal est en palmette.
Ce sont les Polydesmus margaritiferus, Meyeni, Klugii.
4° Certaines espèces ont les caractères des précédentes , mais les carènes de leurs segments, au lieu d’être plus ou moins épaissies, sont au contraire minces et denticulées, et elles ont leurs pores répugnatvires à la face supérieure. Ce sont les STENONIA de M. Gray. 3
Polydesmus dentatus, Mexicanus , bilineatus, clathr atus, Dunalii, etc. j
5 Les carènes plus ou moins distinctes , non continues, et le segment préanal terminé en pointe.
On pourrait les distinguer, suivant que les carènes sont plus ou moins relevées et aliformes (Polydesmus rubescens , diadema) ;
A peu près droites, submarginées ou même un peu dentées, (Polydesmus complanatus, Canadensis , etc.);
Ou plus ou moins rudimentaires et un peu tombantes , ce qui établit le passage vers les Strongylosomes.
6° Enfin certains Polydèmes ont l'épine du segment préanal double. Ce sont les Polydèmes de la section B de M. Brandt (Polydesmus later alis, piceus).
M. Brandt a commencé la série des espèces de ce genre par le P.complanatus et celles qui s’en rapprochent le plus, et il a terminé par le P. Erichsonii; mais nous n’avons réellement pas encore la clef de la véritable classification de ces animaux.
Bi DIPLOPODES.
Polydèmes européens.