S XXXVI
Genre PHOLQUE.
Pholcus phalangioïdes.
Ajoutez à la synonymie :
Lucas, £xplor. de l'Algérie , p. 236.
Très-commune à Alger, à Constantine, aux ruines d'Hippône, dans les lieux humides et abandonnés.
Ajoutez une troisième espèce de Pholque trouvée en Algérie par M. Lucas et bien décrite.
PHOLQUE BARBARE, ( Pholcus barbarus.) £
Voisin du dur “A ais différent. Corselet plus long que large , d’un brun jaunâtre ; abdomen allongé, étroit, jaunâtre, avec une bande longitudinale d’un brun rougcâtre foncé bordée de jaune clair, continue, formant de petits triangles ; pattes d’un jaune testacé. Le mâle ressemble à la femelle, mais il est plus grêle.
Lucas, Explor. de l'Algérie, p. 257, pl. 15, fig. 1.
Trouvée dans toute l'Algérie, dans les champs, sur les haies, les buissons, quelquefois dans les maisons.
Les yeux sont plus rapprochés entre eux que dans le Pholcus rivulatus ; les yeux intermédiaires de la première ligne sont
ovalaires et légèrement placés obliquement ; les latéraux de la même ligne sont aussi ovalaires, et la position qu'ils occupent sur le corselet est semi-transversale; les yeux intermédiaires de la ligne postérieure sont ronds, plus écartés que ceux du Pholcus rivulatus, et beaucoup plus rapprochés aussi des yeux latéroantérieurs et postérieurs que dans cette dernière espèce; les yeux latéraux postérieurs sont ovalaires et légèrement placés obliquement.
Espèce très-agile, et qui construit une toile dont la partie supérieure se compose de fils lâches entre-croisés placés çà et là ; au-dessous ces fils se rattachent à une espèce de tapis à tissu serré et ayant une forme plus ou moins carrée ; c’est à la partie inférieure de ce tapis que se tient ordinairement cette Aranéide, épiant les insectes qui viennent se prendre dans le réseau tendu au-dessus de sa toile en hamac. Les haies de Nopals d'Agaves, les buissons , recèlent un assez grand nombre de ces toiles, qui sont fort peu éloignées les unes des autres. Ce rapprochement, dit très-bien M. Lucas, prouve que cette espèce vit en bonne intelligence avec ses congénères.
Cette espèce rapproche fortement, par sa toile, les Pholques des Linyphies.
$ XXXVIL
T. 1,p. 270 à 275, p. 651 et 654; t. Il, p. #47, 496 à n98; t. IV, p. 379, 386 à 389.
Nouveau genre d'Araignées à six yeux.
Aux pages 379 et 386 de ce *olume je croyais avoir terminé ce qui concerne les Araignégs à six yeux “0nnues jusqu’à ce jour, mais je n'avais pas encore reçu la feuille de l’Exploration de l'Algérie, page 239, où M. Lucas nous apprend qu'il a pris le Pholcus à six yeux de Dugès, dont j'ai parlé tome Il, page 496 de cet ouvrage. Quoique M. Lucas n'ait pris qu'une seule fois cette petite Aranéide, il nots en donne une description si exacte qu'il n’est pas permis de supposer (comme je l’avais fait à tort pour Dugès) aucune erreur
INSECTES 4PTÈRES. 459 dans le travail de cet excellent observateur. En relisant tout ce que j'ai dit dans mes précédents volumes aux pages indiquées ci-dessus (et surtout aux pag.295et296 du tome IT), les naturalistescomprendront que le Pholcus à six yeux de Dugès etde M. Lucas constitue, dans ma méthode, un genre NOUVEAU qui tient par son abdomen globuleux à une des familles du genre Scytode, mais par ses yeux aux Pholques et par d’autres caractères aux ÆEcobes de M. Lucas. Nous nommerons, (d’après le nom de l’Araignée en langue franque) et nous caractériserons ce genre de la manière suivante :
Genre RACK (ARachus.)
Yeux au nombre de six, disposés en deux groupes latéraux triangulaires, écartés.
Lèvre courte, beaucoup plus large que longue.
Mâchoires allongées cylindroides, très-écartées à leur base et fortement inclinées sur la lèvre.
Mandibules courtes et larges.
Pattes allongées, fines.
Aranébes tendant des fils lâches et peu serrés dans l’intérieur des maisons et des grottes.
Rack quaDriPoncTué. (Rachus quadripunctatus.) Long. 2 mill. 1/4, larg. 1 mill.
Corselet et pattes d’un jaune de paille uniforme, Abdomen d'un jaune blanchâtre ; yeux d'un gris verdâtre foncé, bordés de noir. Le corselet est suborbiculaire, à partie antérieure gibbeuse et un peu prolongée en avant, luisant ; assez déprimé surtout sur ses côtés et relevé vers son milieu , qui offre une profonde fossule longitudinale , sur chaque côté latéral de laquelle est une petite tache oblongue roussâtre. Les palpes sont courts , grêles, d’un jaune testacé. Les mandibules, de même couleur que les palpes, sont plus courtes et plus larges que dansle Pholcus phalangioïdes, les mâchoires sont aussi moins larges à leur base, et jaunes, ainsi
que la lèvre qui est très-large. Le sternum cst d'un jaune testacé et entièrement orbiculaire, et ne présente ni tache ni éminence. Les pattes sont longues et fines, très-peu velues, légèrement teintées de roux aux articulations. L'abdomen.est globuleux, un peu plus long que le corselet et beaucoup plus large, il est d’un jaune très-pâle et revêtu de poils assez fins de la mème couleur ; une lache jaune peu apparente, terminée en pointe antérieure ment, occupe longitudinalement sa surface médiane. Sa moitié postérieure est occupée par quatre points bruns, disposés en quadrilatère ; en dessous, il est de mème couleur qu’en dessus, Les filières peu apparentes sont jaunes.
Pholcus sex-oculatus. Dugès, Observat. sur les Aranéides, Ann. des sc. nat., L. VI, 4836, p. 160. —Ibid., Atlas du règne animal de Cuvier, PI. 9, fig. 7.
Pholcus quadripunctatus. Lucas, Explor. de l'Algérie, p. 239, PI. 15, fig. 2.
M. Lucas, qui le premier a donné une description de cette espèce , ne l'a prise qu’une seule fois à la fin de juin, dans sa chambre à Constantine. Cette Aranéide avait tendu, dans l'encoignure de Ja muraille , quelques fils de soie sur lesquels elle se tenait en observation.
Affinités du genre Rachus. Ce genre tient bien fortement au genre Phoicus, puisque des observateurs comme MM. Dugès et Lucas avaient cru ne pouvoir en séparer l'espèce qui leur offrait, dans le nombre de ses yeux, le caractère générique le plus important, le plus décisif. Mais lorsque la petite Aranéide qui constitue le genre Æachus sera mieux connue, mieux observée, je ne doute pas qu'on ne trouve les moyens de caractériser ce genre d'une manière qui, en le différenciant plus qu'il ne l’est du genre
Pholcus, ne le rapproche en même temps des genres Scytode et Ecobe.