CLASSE I
DIPLOPODES (.
Myriapodes vermiformes, à segments plus ou moins nombreux, composés de cinq pièces: une dorsale unique et deux latérales et inférieures doubles, complétetement soudées entre elles ou plus ou moins distinctes, d’où leur distinction en Monozonies, Trizonies et Pentazonies. Segments crustacés, pour la plupart réunis deux à deux en un seul anneau ou zoonite, supportant deux paires de pieds. Tête distincte portant les antennes quiont sept articles, les yeux, lorsqu'ils existent, et les appendices buccaux disposés pour broyer ou pour sucer, mais jamais en pinces. Corps composé de zoonites semblables entre eux, sauf le premier ou bouclier, ou le dernier qui est l’anal. Pieds formés de six articles et d'un ongle simple , insérés sous la ligne médio-ventrale sur la pièce inférieure des seoments, qui est mobile ou fixe. Une seule paire de stigmates par zoonite, inférieure, percée dans la pièce qui porte les pieds et en avant d'eux. Des poches sécrétoires déversant par une ouverture stigmatiforme, en
(1) Iuzes, de Geer, Mem. pour l'hist. des Insectes, t. VIE, p. 569: 778.—Crizocvaraa, Latreille, Aist. nat. des Insectes, t. VII, p. 61. — Cuizoczosses , Latreille, Familles nat., p. 354. — Sucenrra et GxatuoGEenA CaiLocnarua, Brandt, Bull. acad. de Saint-Pétersbourg, 1840. — Dipzopona, Blainville in Gervais, Ann. sc. nat., 3° série,
t. LI, p. 59.
CARACTÈRES. 59 général bilatérale; une paire au plus pour chaque zoonite. Organes génitaux internes mâles ou femelles doubles, débouchant par un double orifice sous un des segments antérieurs, près ou à la base des pieds ; des forcipules copulatrices sous un des premiers segments, et remplacant une ou deux paires de pieds (Polydèmes, lules, Polyzonies), ou à la partie postérieure du corps auprès de l'anus (Gloméris). Jeune âge différant surtout de l'adulte par le très-petit nombre des segments du corps, et n’ayant d’abord que trois segments pédigères , chacun à une seule paire de pieds.
DeGeer avait déjà donné à ce groupe de Myriapodes, que Latreille a nommé depuis Chilognathes, les limites qui lui conviennent. Les Gloméris, dont il n’a pas parlé, et les Polyzonies, que l’on n’a connus que plus récemment, ne doivent pas en être séparés, quoique les premiers n'aient pas les segments cylindriques et que les seconds aient la bouche disposée pour sucer. Nous n’imiterons donc pas M. Brandt, qui a proposé d'établir pour les Polyzonies un groupe à part, égal en valeur à celui qui comprendrait les autres Chilognathes et les Chilopodes réunis.
La dénomination de Chilognathes n’est plas applicable à tous les Myriapodes du groupe que nous venous de caractériser d’une manière générale ; d’ailleurs elle exprime assez mal le caractère particulier de la bouche chez les espèces broyeuses, les seules dont Latreille ait eu connaissance (1) : aussi serait-il préférable
de la remplacer par celle de Diplopodes, proposée par
(1) Dans ses Familles naturelles, Latreille voulait déjà la remplacer par celle de Chiloglosses.
60 DIPLOPODES.
M. de Blainville. Cette nouvelle désignation rappellerait, en effet, le caractère le plus saillant des Chilognathes, qui est la présence de deux paires de pieds à chaque articulation, ou du moins à la plupart des articulations du corps.
Les Diplopodes ou Chilognathes diffèrent beaucoup, par l’ensemble «le leur organisation, des Myriapodes chilopodes, et lorsque la méthode entomologique sera définitivement assise, ils formeront sans doute une classe à part. Les caractères de celte classe ont de l'analogie avec ceux des Insectes, mais ils en montrent aussi beaucoup avec ceux des Crustacés.
Les familles que comprend le groupe des Chilognathes sont les suivantes :
PozLyxÉNIDES,
GLOMÉRIDES ,
PozynEsMines,
Tunes,
Pozyzoninrs.
POLLYXÉNIDES, 61