‹ Histoire naturelle des insectes, coléoptèresChapitre 774 sur 1045 · DEUXIEME SECTION · texte numérisé non relu

DEUXIEME SECTION

HÉTÉROMÈRES, Latr.

Caractères. Tarses des quatre pattes antérieurs formés de cinq articles, ceux des deux derniers n'en ayant que quatre.

Ces insectes forment un vaste assemblage, souvent très-peu naturel , et que les progrès de la science feront probablement disséminer en un grand nombre de groupes, qui se placeront très- loin les uns des au-

tres dans la série des êtres ; nous les présenterons provisoirement ici teIsqueM. Latreille les a rangés dans la 2' édit. du Rég. anim.

Ces insectes forment quatre familles : les Mélasomes, les Taxicornes, les Sténély' très, et les Tracliélides,

PREMIERE FAMILLE. MÉLASOMES , LaTR.

LUCIFUGES ou ÉHOTOPHYGES, Duméril.

Caractères. Corps généralement aptère, long. — Mâchoires terminées intérieureà élytres souvent soudées. — Antennes le ment par une dent cornée. — Yeux oblongs. ))lus souvent grenues, souvent un peu ren- Ces insectes sont généralement nocturliées à l'extrémité, et à troisième article nés, vivent à terre, dans le sable ou sou;

PIMELiAIRES.

les pierres el les décombres; ils sont presque univeisellerrtent de couleur noire, d'où leur est venu leur nom. Leurs mouvemeiis sont souvent assez lents; leur nourrituie semble consister en matières végétales décomposées ; leur histoire est encore trés-peu connue ; mais le peu de larves observées jusqu'ici sont longues, cylindriques, recouvertes d'une peau un peu écailleuse et lisse; leurs pattes sont courtes et au nombre de six. L'habitation de ces insectes oflre quelques faits intéressans à la géographie entomologique ; l'immense majorité des espèces est cantonnée sur les bords des grandes mers intérieures , telles que la Méditerranée , la mer Noire , la Caspienne , etc. C'est ainsi qu'il y a un demisiécle l'on connoissoit à peine quelques espèces de ces animaux , et que les voyages faits vers cette époque en Orient, et particulièrement celui d'Olivier, en ont rapportés un nombre vraiment incroyable ; mais si les espèces sont très-multipliées, les individus le sont bien plus encore , et la terre est quelquefois , à la lettre , couverte de ces hordes obscures. Les espèces de Melasomes répandues sur le resleduglobe, nesembloient que des enfans égarés de la grande famille méditerranéenne, lorsque les voyages d'Eschscholtz, de Gaudichaud, de Lacordaire , de Gay, etc. , vinrent révéler aux naturalistes l'existence d'un nombre non moins prodigieux d'espèces analogues dans les vastes plaines sablonneuses de l'Amérique australe ; là, dans les vastes pampas qui s'étendent depuis Buenos-Ayres jusqu'à la mer Pacifique , et particulièrement sur le \ersant de l'immense cordillère , pullulent des êtres qui, par leur aspect et leurs caractères, viennent se placer parmi les hétéromères en question, et ont déjà augmenté singulièrement le catalogue des espèces, déjà si étendu. Mais si ces habitans du sud de l'Amérique viennent se placer dans les mêmes groupes naturels que nos insectes européens , ils n'en constituent pas moins toujours des espèces dissemblables, et presque aussi généralement des genres diflévens, mais qui, par une singularité digne d'attention , viennent se placer à côté de chacun des groupes de l'ancien continent. Ainsi l'on en trouve qui ont le faciès des J'imélies; d'autres sont très-semblables aux yikis : d'autres encore ont l'aspect des Tentyrics; quelques-uns se distinguent à peine des Btaps, etc. S'il étoit permis d'un fait zoologique si peu étudié encore , de tirer des conséquences géographiques, ne pour-

roit on pas penser que l'intérieur de ces contrées, si peu étudiées encore, peut renfermer quelques grands lacs salés analogues i ceux de notre continent? car les voies de la nature sont presque toujours analogues, et, lorsque nous voyons des effets semblables, il est rare que la cause ne le soit pas aussi.

Le tube alimentaire des Mélasomes est très-long. — L'œsophage est allongé. — Le jabot est lisse extérieurement, et garni de plis charnus au côté interne ; il aboutit dans quelques espèces à une valvule formée de quatre pièces cornées. — Le ventricule chylilique est long et flexueux, souvent hérissé de papilles pointues. Le fait le plus remarquable de l'organisation des Mélasomes est la présence, chez la plupart, d'un appareil salivaire d'une grande simplicité. — Les vaisseaux biliaires sont insérés à la face inférieure du cœcum par un seul tronc tubuleui , qui résulte de la réunion de deux branches formées chacune de trois vaisseaux salivaires. — La bile est fortement colorée en jaune ou en brun. — Leurs organes générateurs ressemblent à ceux des Scarabéides. — Les testicules sont des capsules spermatiques en forme de sachets. — Le tissu adipeux est très-abondant dans ces insectes , et c'est à ce fait que l'on attribue le laps de temps très-long pendant lequel ces insectes peuvent exister sans nourriture.

Cette famille se divise en trois tribus : les Piméliaires , les Blapsides el les Ténébvioiiaires.

PREMIÈRE TRIBD.

PIMÉLIAIRES,

Caractères. Élytres presque toujours soudées.— Palpes terminés par un article non sécuriforme. On peut particulièrement appliquer à cette tribu ce que nous venons de dire aux généralités de la famille; nous ajouterons seulement que les derniers articles des antennes sont souvent grenus, que l'insertion de ces oiganes est toujours cachée sous les rebords latéraux de la tête, que l'écusson n'est pas visible à l'extérieur, au moins d'une manière notable ; que l'abdomen est grand et souvent renflé, et qu'enfin ces insectes sécrètent souvent une liqueur gluante à laquelle adhère la poussière ou la terre sur laquelle ils vivent.

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PlWELIA.

PIHIELITES.

Caractères. Menton échancré. — Labre assez grand. — Tête ronde, à bord antérieur droit. — Corselet transversal. — Abdomen ordinairement très-renflé , presque rond.

Genres : Pimelin, Pkysogaster, Erodius, Zophosis, Calognathus, Praosis , Eurygona, Nyctelia, Gyriosomus , NyctozoUus.

PIMELIA, Fabr. ; Pimelites, Souer; Tcnebrio , Pallas.

Antennes de onze articles, dont le troisième beaucoup plus grand que les siiivans. — Palpes terminés par un article trèspeu renflé, quelquefois un peu sécuriforme.

— Labre très-saillant , un peu échancré en avant et cilié. — Mâchoires courtes , terminées par deux lobes dont l'un muni d'un crochet corné. — Menton assez grand , anguleux sur les bords. — Tête arrondie. — Corselet plus ou moins globuleux. — Ecusson ordinairement visible , et oiTrant alors une saillie brusque dans son milieu. — Elytrcs convexes, grandes. — Pattes ordinairement longues.

Les Phnélies sont très-nombreuses en espèces, surtout sur les bords de la Méditerranée; elles se trouvent sur le sable et courent au soleil ; elles se noumssent de matières animales ou végétales en décomposition , et même quelquefois , suivant M. Solier, d'animaux vivans , dont l'enveloppe est molle. — On a établi dans ce groupe naturel un grand nombre de genres artificiels que nous ne regarderons ici que comme de simples divisions. — Afrique.

PREMIERE DIVISION

Platyope, Fisch.

Yeux petits et orbiculaires.

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