‹ Histoire naturelle des insectes, composée d'après Réamur, Geoffroy, Degéer, Roesel, Linné, Fabricius, et les meilleurs ouvrages qui ont paru sur cette partie; rédigée suivant la méthode d'Olivier, et ornée de figures dessinées d'après nature (volume 2)Chapitre 26 sur 83 · DES MÉLOÉS · texte numérisé non relu

DES MÉLOÉS

La tête est large, aplatie antérieuremerit, presque perpendiculaire; les yeux sont ovales, peu saillans; la bouche est composée d’une lèvre supérieure, de deux mandibules triangulaires, arquées, cornées et aiguës; de deux mächoires comprimées, bifides , à divisions presque égales ; l’extérieure un peu

-plus grande, arquée et aiguë; l’intérieure tronquée ; d’une lèvre inférieure et de quatre antennules.

Le corselet est plus étroit que les élytxes, presque carré; les élytres sont molles, de forme ovale, en recouvrement à la suture près de la base, ordinairement moins longues que l’abdomen. Ces insectes n’ont point d'ailes.

L’abdomen est mou, composé d’anneaux très distincts.

Les pates sont assez longues; les jambes sont un peu arquées; les tarses des deux paires de pates antérieures sont composés de cinq articles, et ceux des postérieures de quatre; le premier article est allongé, les autres sont presque égaux, le dernier est armé de deux crochets doubles; celui qui se

trouve en dessus est beaucoup plus gros et plus fort que celui de dessous.

On trouve ces insectes, au printemps, dans les champs et les terres labourées; ils se nourrissent de feuilles de végétaux. Lorsqu’on les touche, ils font sortir de l’extrémité de chaque cuisse, près de leur jonction avec la jambe, de très petites gouttes d’une liqueur visqueuse de couleur jaune. Au mois de mai, les femelles sont très pesantes et marchent lentement, parce qu’elles ont l’abdomen fort gros et rempli d'œufs; elles pondent leurs œufs en un paquet de la grosseur d’une noisette, qu’elles déposent dans la terre; ces œufs sont petits, oblongs, d’une couleur d’orange un peu claire, et les larves en sortent un mois après.

Ces larves ont six pates; elles sont d’un jaune d’ocre, avec les yeux noirs ; leur tête est ovale, un peu aplatie, munie de deux antennes composées de trois articles, terminés par un poil; de deux mandibules très longues, courbées et très pointues, et de quatre antennules ; le corps est composé de douze anneaux; les pates sont attachées aux

DES MÉLOÉS. 179 trois premiers ; le dernier est terminé par quatre filets très fins, dont deux plus longs que les autres; les pates sont divisées en trois parties , et terminées par deux crochets très pointus, entre lesquels est une pièce large, aplatie, en forme de fer de lance; c’est au moyen de ces crochets que ces larves se cramponnent aux objets sur lesquels elles marchent; elles s’aident aussi à marcher et à s'attacher au môyen d’un petit mamelon qu'elles ont au-dessous du dernier anneau, et qui paraît être pourvu d’une matière visqueuse.

Degéer ayant renfermé des mouches avec ces larves, les vit s’attacher sur leur corps, et les sucer au point de faire périr les mouches en très peu de temps.

Ces insectesont la propriété vésicante des cantharides vésicatoires, mais avec beaucoup moins d'énergie; on les faisait entrer autrefois dans la composition de certains emplàtres. On connaît une dizaine d’espèces de ces insectes : on les trouve presque toutes en Europe.

NV Eof

Le Méloé proscarabée , Meloe proscarabeus.

Le mâle a environ un pouce de long; la femelle est plus grande; les antennes sont d’un noir bleuâtre; les premiers articles sont velus, ceux du milieu sont larges, aplatis; les quatre derniers sont plus minces, le dernier se termine en pointe; la tête est plus large que le corselet, chagrinée ; le corselet est petit, presque carré, chagriné; les élytres sont d’un noir bleuâtre, bronzées, chagrinées , beaucoup plus courtes que l’abdomen. Celui-ci est noir, luisant ; les pates sont noires.

La femelle a les antennes moniliformes , beaucoup moins renflées dans leur milieu que celles du mâle; le ventre est très gros.

On le trouve dans toute l'Europe : il est trés commun aux environs de Paris, au commencement du printemps, dans. les champs.

La La A Le Méloé scabréux, Meloe scabrosa.

Il est à peu près de la grandeur du pré

DES MÉLOÉS. 181 cédent; les antennes sont moniliformes , un peu plus longues que la tête; la tête et le corselet sont d’un rouge cuivreux, fortement chagrinés; les élytres sont chagrinées, d’un noir bronzé; l’abdomen est gros; le milieu des anneaux est d’un rouge cuivreux; la base et l’extrémité sont d’un bleu verdâtre; les pates sont noires, avec les cuisses d’un rouge cuivreux.

On le trouve dans toute l'Europe : il est moins commun aux environs de Paris que le précédent. !

Le Méloéautomnal , Meloe autumnalis.

Il ressemble beaucoup au méloé proscarabée, mais il est une fois plus petit ; il est d’un noir luisant ; la tête et le corselet sont lisses; les élÿtres sont presque de la longueur de l’abdomen, lisses, avec quelques points enfoncés.

On le trouvé en Europe.

" J'ai vu cette espèce accouplée avec le méloé proscarabée,

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