CANTHARIDE
Caractères génériques. Antennes filiformes, plus longues que le corselet; articles égaux, presque cylindriques, le premier assez gros, et le second très court, — Quatre antennules inégales, filiformes; les antérieures composées de quatre urticles, dont le premier très court; les postérieures de trois, dont le dernier en masse, — Tarses terminés par quatre crochets. — Élytres molles et flexibles, — Tête inclinée,
Cxs insectes sont connus depuis très longtemps sous le nom de cantharides. M. Geoffroy et Degéer leur ont conservé ce nom , que Linné a donné aux téléphores. M. Fabricius les a nommés lyttes; et, à l'exemple de Linné, il a donné le nom de cantharides à des insectes qui n’ont aucune ressemblance avec la cantharide vésicatoire. . ,
Linné a formé un seul genre de la cantharide, du méloé, du mylabre, de la cérocome, de la notoxe et de l'apale, auquel il a donné le nom de méloé. Parmi ces insectes, quelques uns ne diffèrent de la cantha-
ride que par les antennes , et lui ressemblent . par les parties de la bouche.
Les antennes des cantharides sont filiformes, composées de onze articles; le dernier se termine en pointe mousse; elles sont plus longues que le corselet, et placées à la partie antérieure de la tête, au-dessous des yeux.
La tête est inclinée, assez grande, un peu aplatie; les yeux sont petits, ovales , peu saillans ; la bouche est composée d’une lèvre supérieure, de deux mandibules épaisses, dures , courtes , arquées ; de deux mächoires larges et bifides ; la division extérieure est plus grande que la division intérieure ; d’une lèvre inférieure et de quatre antennules courtes , filiformes,
Le corselet est plus étroit que la tête et que les élytres, plus large à sa partie postérieure qu’à sa partie antérieure; l’écusson
est petit et arrondi.
Les élytres sont molles, flexibles, ordinairement de la longueur de l'abdomen ; elles recouvrent deux ailes membraneuses, repliées. ;
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Les pates sont longues et minces, les jambes un peu comprimées et arquées, les tarses filiformes ; ceux des quatre pates antérieures sont composés de cinq articlesÿ et ceux des postérieures de quatre; le premier et le dernier article de tous les tarses sont plus longs que les autres , qui sont presque égaux ; le dernier est terminé par deux crochets doubles et réunis , un peu recourbés; caractère que ces insectes ont de commun avec le méloé , le mylabre et la cérocome.
Les larves des cantharides sont hexapodes; leur corps est mou, composé de treize anneaux; elles ont la tête assez grosse, arrondie, munie de deux antennes; leur bouche est composée de deux mandibules assez fortes et de quatre antennules. Elles vivent dans la terre et se nourrissent de racines ; elles se changent ennympheen terre,
et n’en sortent que sous la forme d’insecte
parfait.
Les cantharides vésicatoires habitent presque toute l'Europe ; on les trouve au commencement de l'été, accouplées sur les arbres, principalement sur les frênes, où
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quelquefois elles sont rassemblées en très grand nombre. Peu de personnes ignorent de quel usage ces’ insectes sont en médecine ; on sait qu'ils ont la propriété, qu’on trouve aussi dans d’autres insectes, d’exciter des petites vessies sur la peau lorsqu'on les applique sur le corps. Elles répandent une odeur fade très désagréable, qui pourrait être dangereuse si on la respirait longtemps; les personnes qui les-recueillent les font mourir dans le vinaigre, et on les réduit en poudre pour les mêler avec les emplâtres Ces insectes ont une vertu si stimulante, qu’on n’en doit faire usage intérieurement qu'avec la plus grande précaution ; ils sont diurétiques, et, suivant M. Geoffroy, ils agissent si vivement sur les organes qui séparent l'urine, qu'ils font rendre par cette voie jusqu’au sang.
Ce genre est composé d’une quarantaine d’espèces : on en trouve peu en Europe, et seulement une aux environs de Paris,
Inwectes., br , PE, 79.
Baraband del 1“ Tardieu Jeulp.