‹ Histoire naturelle des insectes, composée d'après Réamur, Geoffroy, Degéer, Roesel, Linné, Fabricius, et les meilleurs ouvrages qui ont paru sur cette partie; rédigée suivant la méthode d'Olivier, et ornée de figures dessinées d'après natureChapitre 10 sur 51 · DERNIÈRE MÉTHODE DE FABRICIUS · texte numérisé non relu

DERNIÈRE MÉTHODE DE FABRICIUS

1e" Ordre. Eceurerares. (Coléoptéres. Ori.)

Mâchoires nues, libres, palpigères.

ts ds à de à im ds int, bas TT. te

D'ENTOMOLOGIE. 117 a 1 2° Ordre. Urowares. (Orthoptéres. Ora.) Mâchoires recouvertes par une galète obtuse. L 3° Ordre. Synisrares. ( Névroptéres. Otav. n

Et lépisme, podure des aptères d'Olivier.) 4

Mâchoires coudées et attachées par leur base à la lèvre inférieure.

# 4° Ordre. Prezares. (Hyménoptères. Oxxv.) Mâchoires comprimées, souvent allongées.

5° Ordre. Onowares. ( Névroptères. Oxxv.

Renfermant la famille des libellules.) Mäâchoires cornées, dentées, deux palpes.

6° Ordre. Mxrosames. (Aptéres. Ouxv. Ex.

scolopendre, iule.) Mâchoires cornées, croisées, sans palpes.

7° Ordre. Unocares. (Æptéres. Oxxv. Ex.

araignée , faucheur, scorpion.) Mâchoiïres cornées, onguiculées.

8° Ordre. Poryenarues. (Aptères. Oxiv. Ex.

cloporte, etc., monocle.)

Plusieurs mâchoirésen dedans dela lèvre,

9° Ordre. KLkISTAGNATHES. (Crustacées. Ou.

Ex. crabe, limule.) Plusieurs mâchoires hors de la lèvre, fermant la bouche.

10€ Ordre. EXOGNATRES. ( Crustacées. Oxiv.

. Ex. écrevisse, pagure, squille.) Plusieurs mâchoiïres couvertes par les palpes, hors de la lèvre,

11° Ordre. Grossares. (Zépidoptères. Oxav.)

Bouche composée d’une longue spirale située entre deux palpes.

12° Ordre. Rayncores. (Hémipières. Oviv.)

Bouche composée d’un bec ou gaîne ar-

ticulée.

132 Ordre. Anrzrares. ( Déptéres, Aptéres, Oxiv. Ex. pou, mite.) Bouche composée d’un suçoir non arti-

culé.

Les divisions des ordres sont établies d’après la forme des antennes et la disposition des parties de la bouche.

Nous ne pouvons taire les justes reproches que l’on peut faire à cette méthode, et nous devons dire les raisons qui empéchent de la suivre.

Fabricius a cru devoir prendre ses caractères dans une seule partie , et il les a toujours pris dans les parties de la bouche des insectes. Il a pensé que c’étaient les plus invariables , c’est-à-dire celles qui, étant toujours semblables dans les insectes d’une même famille; pouvaient offrir des caractères qui ne séparaient pas les unes des autres les espèces analogues, et que par conséquent ils étaient les plus convenables , lorsqu'on ne voulait paint détruire l’ordre

naturel. Mais ils varient quelquefois ; nous

verrons que parmi les espèces de son ancien genre scarabée , les unes ont une lèvre

supérieure, tandis que les autres n’en ont

pas; que d’autres ont des mandibules cornées, tandis que d’autres les ont membraneuses ; enfin, que souvent les caractères qui distinguent un genre d’un autre, sonL presque nuls. Par exemple, la bouche, ainsi que les parties de cet organe, est, à très peu de

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chose près, parfaitement semblable dans les

capricornes et les lamies, dans les cantha-

rides et les mylabres.

Il est impossible de disséquer la bouche de tous les insectes. Il doit donc être impos-' sible de reconnaître tous les insectes d’une manière sûre d’après la méthode de Fabricius. Ainsi tousiles très petits insectes, tous les insectes uniques ou qui appartiennent à des personnes qui ne veulent pas les prêter pour cette distinction, et le nombre en est très grand, ne peuvent pas être reconnus par les caractères assignés : la seule analogie doit les faire classer.

Quant à l’ordre naturel, il est absolument

. -menversé. On ne peut pas dire que celui dans loguel le cloporteest rangé à côté de l'abeille,

wraignée à côté de la libellule, soit un ds très naturel.

. Ces principales raisons nous paraissent plus que suffisantes pour nous faire rejeter le système de Fabricius. Nous adopterons plusieurs de ses nouveaux genres, parce qu'ils nous ont paru bons; mais nous serons forcé de leur assigner des caractères plus

D'ENTOMOLOGIE. 121 visibles, et far conséquent d’un usage plus facile que ceux pris dans la bouche.

Il nous reste À parler du système de M. Olivier. Ce naturaliste est l’auteur de deux ouvrages sur les insectes, qui ne sont encore achevés ni lun ni l’autre. Le premier est la partie entomologique de la nouvelle Encyclopédie méthodique. Le second est une histoire naturelle et complète de tous les insectes qu'il a vus et décrits dans les cabinets de Paris, d'Angleterre et de Hollande. 11 a proposé, dans l’Encyclopédie, une nouvelle méthode, qui est le résultat de la, combinaison de celle de Fabricius et de celle de Geoffroy. Il a établi de nouveaux genres, et a supprimé quelqués, uns de ceux formés par Fabricius. ”

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Comme c’est sa méthode que nous sui- .

vrons, nous en donnerons le tableau à la fn de ce discours. Les divisions des ordres sont ® prises du nombre des pièces des tarses, de celui des pates, etc.

Les grandes divisions de cette méthode sont très bonnes; le nouvel ordre des orthoptères est très heureusement trouvé,

Mais nous ne pouvons en dire autant des caractères génériques; ils sont tous pris dans les parties de la bouche. Ainsi les objections que nous avons faites contre la méthode de Fabriciñs doivent se renouve-

… Jerici. M. Olivier paraît même avoir voulu renchérir sur Fabricius, en augmentant la difficulté; car il n’a pris les caractères es-

- sentiels des genres, que dans les antennes

et les palpes ou antennules.

Nous ne pourrons donc encore suivre entièrement cette méthode, par les raisons que nous venons d'exposer. D'ailleurs, aucun des ouvrages de M. Olivier n’est achevé.

Enfin, ce naturaliste n’a point donné de véritables caractères essentiels des genres, ce qui en rend la détermination très difficile.

+. On doit voir, d’après ce que nous venons

de’ dire, qu'il m'est pas facile de trouver

Lune méthode que l’on puisse suivre entièrement dans cet ouvrage. C’est ce qui nous a engagé à adopter une marche qui levera peut-être les différens obstacles qui se reneontrent dans l’une ou l’autre des méthodes que nous venons de passer en revue.

s D'ENTOMOLOGIE. 123 d .. 4 7 :

Nous suivrons principalement ès ordres et les sous-divisions d'Olivier; mais nous donnerons, pour les genres, des caractères pris dans l’extérieur de l’insecte. Ce seront, ou ceux de Linnéus, ou ceux de Geoffroy, .

ou bien de nouveaux caractères, lorsque le # genre sera neuf, ou que les caractères des auteurs précédens ne pourront pas lui convenir, |

Terminons cette courte histoire de l’entomologie par le tableau de l’état actuel de cette science.

Un grand nombre de naturalistes contribuent, par léurs efforts et leurs succès, aux progrès de l’entomologie.

Dans le Nord, M. Panzer publie une Yaune des Insectes d'Allemagne. Cet ouvrage, petit in-12, est en feuilles détachées etrassemblées dans un carton, Chaque feuille : ne contient qu'une espèce, chaque espèce est figurée À part, cela donne la faculté de suivre, pour classer ces insectes, la méthode que l’on préfère. Les figures sont très bien faites. Les descriptions sont en latin ; elles sont courtes, mais suffisantes ; tantôt

fur Put & MÉ éédnus | “

ce soh@telles de Linné ou de Fabricius ; tantôt ce sont celles des Entomologistes qui enrichissent cette Faune des espèces qu'ils croient nouvelles. MM. Kugelann, Illiger, ete., en ont donné beaucoup.

On peut, et même on doit reprocher aux auteurs de cet ouvrage, d'adopter trop facilement des espèces nouvelles. En suivant une pareille marche, le nombre des insectes, déjà trop grand, serait bientôt infini, et les difficultés de l'étude augmentant, sans que la science en devint plus agréable ou plus utiles elle serait bientôt abandonnée des hommes qui ne pourraient pas y consacrer tout leur temps. D'ailleurs, en examinant avec attention les espèces d’aphodies, de carabes, de mouches, d’abeilles que cet ouvrage donne, on voit qu’il est très difficile de trouver de légères différences entre un grand nombre de ces prétendues espèces.

MM: illiger et Kugelann viennent de publier une description des coléoptères de Prusse. La description de chaque espèce y est faite avec le plus grand détail, et la

shine Le, Ar, He”, 4 jvc EN L hé ' , | ŒL AN SL '

. sÿnoïymie y est discutée avec des À velop-

"pemens peut-être trop longs et trop minu-

tieux. Il nous semble qu'il y a un terme

moyen entre la légèreté de Gmelin etune trop grande importance mise à de petites choses, et que les deux extrêmes sont également nuisibles à la science. Nous ne connaissons pas encore la suite de cet ouvrage.

M. Paykull vient de publier aussi la première partie de sa Faune suédoise : elle renferme une partie des coléoptères. M. Pay- 1 kull est avantageusement connu par les bonnes monographies qu’il a données, etih nous paraît qu'il a tenu le juste milieu dont nous parlions tout à l'heure.

En France, MM. Duméril et Cuvier’ se sont occupés d’une méthode naturelle des insectes, et ils ont Presque obtenu le double avantage d’une méthode naturelle qui püt servir en même temps À la détermination, Ces deux naturalistes ont. d’ailleurs beau coup ajouté aux connaissances anatomiques que Swammerdam, Lyonnet, Réaumur nous avaient laissées sur les insectes.

M: Latreille a publié un ouvrage intitulé

Genres.des Insectes. I à suivi une méthode. ” à peu près semblable à celle d'Olivier; mais” il l’a perfectionnée, en divisant davantage lesaptères qui réunissent des ordres d’insectes certainement différens. Il a établi un grand nombre de genres, dont la plupart nous présenteront des caractères tranchés

que nous emploierons; mais il à peut-être

quelquefois un peu trop multiplié les genres ; en sorte que, dans quelques circonstances , leurs caractères deviennent moins distinctifs.

M. Latreille a enrichi l’histoire des in-

sectes de plusieurs observations curieuses

sur leurs habitudés. C’est presque le seul naturaliste qui s'occupe actuellement de l'étude des mœurs des insectes, sans cependant négliger leur classification.

Enfin, pour terminer l'aperçu de l'état actuel de l'Entomologie, nous devons ajouter que cette science, à peine connue en France il y a cinquante ans, fait actuellement l’objet de l'étude ou de amusement d'un grand nombre de jeunes gens. L’heureuse et salutaire distraction qu’elle leur donne, les empêche de chercher ailleurs

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des” plaisirs plus brillafs, mais souvent plus à craindre, Elle leur inspire insensiblement le désir de connaître plus complétement ges ÿ productions de la nature qui ont fait d'abord l’objet de leur amusement; la connaissance parfaite des insectes, liée, comme toutes les connaissances physiques, avec l'anatomie ,

la physiologie, la physique proprement dite, e la chimie, etc., les conduit, sans qu’ils s'en à.

aperçoivent, à des études plus sérieuses et

plus importantes; et l’Entomologie n'eût-.

elle que ce seul avantage, il serait assez, considérable pour qu’on plaçât cette science parmi les moyens dont il est possible de ürer un parti utile dans l'éducation, pour faire naître dans les jeunes gens le goût de l'étude, et, par suite, cette douce et simple. philosophie qui doit nécessairement conduire au bonheur, quand elle prend naissance dans un esprit. juste.

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