POD RE. L
Caractères génériques. Antennes filiformes ; composées de cinq articles, dont le second trè court," et le dernier sétacé. — Deux. yéux SA, — Bouche munie de mandibules ; de mâchoires et de quatre antennules, presque en masse ; les antérieures composées de cingarticles , ét les posté-
vieures de trois. — Queue fourchue, ES à le ventre, propre pour sauter.
Les podures sont de très-petits insectes + qui approchent un peu du pou pat la forme; mais elles ont des caractères bien tranchés, qui les distinguent de ces insecté. Le plus remarquable de tous, et qui leur est propre, c’est une longue queue mobile, placée au bout de l'abdomen, divisée en deux depuis son extrémité jusque vers son milieu, et qui leur sert pour sauter; dans l’état de repos , elle est pliée et appliquée en dessous du ventre, et contenue dans üne rainure.
Les antennes sont filiformes, de la lon-gueur du corselet, composées de quatre ar-
ticles dans quelques espèces$ dans d’autres, de cinq; le cinquième ticlé est divisé en un grand nombre ticulations, et fait un coude ayeclle reste de l’antenne: elles sont insérées entre les yeux.
La tête est ovale, séparée dukcorselet par un éträbglement ; les yeux sontcomposés ,.et paraissent formés de petits grains au nombre de huit pag chaque œil, et rangés sur deux lignes; ils sont placés de chaque côté de la t derrière les antennes
j La bouche est-composée de deux mandibules courtes ,cornées , arquées , aiguës, sans dentelures ; de deux mâchoires avancées, membraneuses ; et de quatre antennules inégales.
Le corselet n’est point distinct de l’abdomen ; il donnetnaissance aux trois paires.
de pates. | L
L'abdomen est plus où moins allongé, divisé en plusieurs anneaux; c’est en dessous, Vers son extrémité, que la queue est attachée.
Les pates , au nombre de six, sont de lon-
gueur moyenne ; les tarses sont terminés par
DES PODURES. 255 deux crochets, dont l’un est plus court que l’autre. dnte +
Tout le corps est couverte petitesécailles, mais le moindre attouchement les leur enlève, et elles restent attachées aux doigtsen forme de poussièré”Ces écaitles ressemblent, en petit, à celles qui sont sür-les' ailes des papillons. x
Nous avons dit que les’podures ont la faculté de sauter, au moyen de la queue qu’elles ont en dessous du corps. Cette queue , qui est attachée au ventre À quélquedistance de son extrémité, est dure, élastique, compo= sée de deux pièces allongées , coniques, pointues au boût, réunies À leur base. Lorsque l’insecte n’en fait point usage elle est cour= bée en dessous du corps, et reçue dans une espèce de’rainure, au milieu de laquelle êst un petit bouton, dont la tête, qui est assez grosse dans quelques espèces, se trouve prise entre les deux branches de la queue, etsert à la retenir dans la rainure. Lorsque la podure veut sauter, ce qu’elle ne fait ordinairementique quand on veut la toucher, elle redresse sa queue, qui ensuite s'étend en
arrière, et en frappant avec force et subitement le plan de position, comme ur ressort qui se débande, elle élève en l'air le corps de l’insecte, qui saute et s'éloigne de deux ou troïs pouces dé l'endroit où il était placé. Quand le saut est'achevé, la podure remet tout doucement sa queue dans sa première position.
- On trouve ces insectes sur les arbres et sur les plantes; quelques espèces se tiennent sur la surface des eaux dormantes, où elles sautent etwmarchent aussi bien que les autres sur terre; d’autres $e rencontrent dans les chemins sablonneux, où elles sont ras- semblées.en petits monceaux. Elles paraissent aimer à vivre ‘en société. On croit qu’elles se nourrissent de l'humidité de la terre sur laqüelleon les trouve. Quoiqu'il ne soit pas raïe d’en voir dans les maisons, il”semble qu’elles préfèrent habiter les lieux humides. Les podures sont ovipares; elles ne subissent aucune métamorphose ; en, sortant de l'œuf, elles ont la forme qu’elles auront toute leur vie ; mais elles croissent journel= lementét changent de peau. Ilparaît qu’elles
DES PODURES. 237 vivent une partie de l'hiver, et qu’elles font leur ponte dans cette saison. Degéer dit en avoir trouvé en Hollande dans les mois de novembre, décembre; janvier et février, sous l'écorce à demi détachée d’un vieux poirier; elles étaient encore fortwives, et couraient avec beaucoup d’agilité. Près de cespodures ;: il a aussi trouvé leurssœufs , qui. étaient à peine visibles à l’œil simple, parfaitement sphériques, un, peu transparens, de couleur jaune. À l'approche du temps où ils devaient éclore , ils devinrent couleur de pourpre. En ayant ouvert plu- | sieurs, il n’y put remarquer la figure d’un insecte , mais seulement quelques points noirs : quelques jours après, ilLen sortit de très petites podures rougeâtres, semblables en tout à leurs mères, et portant une petite queue fourchue dirigée en arrière.
Degéer a remarqué que les podures qui se
, trouvent sur l’eau ne peuvent vivre longtemps si on les éloigne de leur élément. 11 en a placé dans les endroits secs : elles y sont toujours mortes en se desséchant et en diminuant de volume en moins dedeux ou
238 HISTOYRE NATURELLE
trois héures ; au liéu' que d’autres, renfermées dans un poudrier à demi rempli d’eau, y vécurent pendant plusieurs jours. La peau qui couvre leur éorps ne se mouille pas aisément : en plongeant l’insecte dans l’eau , il surnage aussi sec ‘qu'auparavant. Quelques podures'de celles que notre observateur avait mises.dans l’eau , lui ont donné Ja preuve
qu'elles ne sont pas à leur aise lorsqu'elles
lt au fond, par les mouvemens,continuels qu ‘il Jéur a vu faire pour remonter à la surface ; n'ayant pu y parvenir, el comme elles ne savent pas nager, elles y périrent au bout
de quelques jours, Toutes ces observations
prouvent que les padurés aquatiques diffèrent des podures terrestres, en ce que cellesci vivent etmarchent souvent aux rayons du sol il, sans paraître en souffrir.
4 genre est composé de dix-sept espèces, qui toutes se trouvent en Europe.
La Podure verte, Podura viridis.
* GSmynthure. Larr.
Elle est longue d'une demi-ligne, arron-
DES PODURES. 239 4
die, de couleur verte un peu claire : la tête est jaunâtre , avec les yeux noirs placés sur son sommet; les antennes sont. de la longueur de la tête, coudées dans leur milieu; l'abdomen est terminé en pointe: vers sa partie postérieure, qui est très grosse, il a un angle de chaque côté.
On la trouve au milieu du printemps, sur les plantes.
La Podure noire, Podura nigra. - Le G. Smynthure, Lan. Vr%, NW Cette podure, qui est une des plus grandes Fa
de ce genre, a environ deux lignes de longueur : le corps est gros, court, d’un brun noirâtre, luisant, garni de plusieurs poils; 3 lesantennes; placées en dessus de la tête,sont longues , assez grosses, coudées dans leur milieu ; la tête est grosse, arrondie, placéeverticalement ,et attachée au corselet parun col court, assez large; le corselet n’est pas distinct; l'abdomen est gros, de forme ovale, convexe en dessus, anguleux vers l’extrémité, qui est terminée en une pointe co-
240 IISTOIRE NATURELLE
nique composée de deux anneaux; les yeux sont placés au-dessus des antennes; les pates sont longues et minces. ,
Degéer a remarqué que ces podures, outre la queue avec laquelle elles sautent, ont encore en dessous de l’abdomen, entre les points des deux branches de la queue, une partie élevée cylindrique, de laquelle il a vu sortir deux longs filets également cylindriques, membraneux, transparens, très flexibles, gluans où humides. Ces filets, qui sont arrondis au bout, et presque de la
longueur de tout le corps, sont élancés avec force et vitesse hors de la partie cylindrique,
lun d’un côté, l’autre de l’autre, quand la podure a besoin de s'en servir, et il paraît qu’elle en fait usage après qu'elle a sauté, pour se fixer promptement à Vendroit où ellé vient de retomber.
On la trouve sur des morceaux de bois et des branches d'arbre humides. Elle s’échappe et saute avec promptitude lorsqu'on veut la saisitavec la main.
DES PODURES, 241
La Podure aquatique, Podura aquatica.
Elle a une demi-ligne de longueur : sa couleur est d’un noir mat ; les antennes sont plus longues que le corps; sa tête est grosse, arrondie, son abdomen allongé, cylindrique, terminé en pointe conique, et couvert de plusieurs plis ou rides transversales.
Ortrouve cette podure en quantité sur les eaux dormantes : elle se tient près des
bords, et couvre toutes les feuilles des plantes aquatiques.
La Podure plombée, Podura plumbea.
. a Ê Elle est longue d’une ligne , de couleur
grise plombée et luisante : cette couleur est due à de petites écailles. Les antennés sont
7 % de la longueur de la moitié du corps ; la tête
est arrondie, avec deux taches noires en dessus , sur lesquelles les yeux sont placés; l'abdomen est allongé, cylindrique ; la queue est presque de la longueur du corps, et garnie de poils ainsi que les pates.
On la trouve sur les arbres, dans les prés; mais toujours seule, et jamais par troupe.