‹ Histoire naturelle des insectes, composée dáprès Réaumur, Georffroy, Degéer, Roesel, Linnée, FabriciusChapitre 4 sur 66 · ORDRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ORDRE DEUXIÈME

DES NÉVROPTÈRES.

On a donné le nom de nétroptères à des insectes qui ont quatre ailes nues , transparentes comme du talc, formées par une memhnne très mince, soutenues par un grand nombre de nervures longitudinales et transversales qui forment une espèce de réseau. Quoique les ailes des névroptères ne soient point couvertes d'écaiHes colorées comme le sont celles des lépidoptères, elles sont très brillantes ; vues à un certain jour elles offrent plusieurs couleurs. Quelques hémérobes, friganes , myrméléons , panorpes et ascalaphes , ont les leurs chargées de taches de différentes nuances. Elles sont beaucoup plus longues que l'abdomen, presque d'égale longueur, excepté dans les panorpes et les éphémères; elles sont posées en toit sur l'abdomen dans les myrméléons, les fri-

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ganes, etc.; étendues horixontalement ou droites dans les libellules : quelques espèces les ont croisées sur l'abdomen.

La tète de ces insectes est plus ou moins grosse; les antennes sont placées à sa partie antérieure; de chaque côté sont les yeux à réseau ; il y a sur le front trois petits yeux lisses y qui manquent aux myrméléons et aux hémérobes , et au bas de sa partie antérieure est la bouche.

Les antennes sont simples , composées de plus ou moins d'articles , dbtincts dans de certaines espèces, peu distincts dans d'autres ; celles des libellules et des éphémères sont courtes, minces, subulées; celles des perles , des hémérobes, des panorpes , des friganes, sont longues et filiformes; elles sont longues dans les ascalaphes, courtes dans les myroiéléons , et terminées en masse.

Les yeux à réseau sont saillans, arrondis , colorés et très brillans dans les libellules et les hémérobes.

Le nombre des pièces qui composent la bouche des nérroptéres varie ; ces insectes ont une lèvre supérieure , une lèvre infé-

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rîeurey deux mandibules , deux mâchoires y quatre ou six autemiules ; quelques espèces n'ont point de mandibules : tontes ces pièces servent à l'insecte à saisir ses aiimens , les broyer, ou les contenir pendant la mastication ; elles sont plus ou moins solides , selon la nature des aiimens dont l'insecte doit se nourrir. Leur position est différente : les mandibules et les mâchoires sont placées de chaque côté de la partie inférieure de la tète, et se meuvent latéralement; les mandibules sont très fortes, dentées et aiguës dans les libellules, qui sont carnassières; celles des éphémères , qui en font peu ou point d'usage, sont très faibles. Les mâchoires portent les antennules , qui sont de petites pièces mobiles plus ou moins articulées ; la lèvre supérieure est placée au-dessus de l'ouverture de la bouche, la lèvre inférieure au-dessous; elles se meuvent de haut en bas , et couvrent en partie les mandibules et les mâchoires, lorsque l'insecte les tient croisées.

Le corselet est lisse , renflé , comprimé et J^rooqué dans quelques espèces ; les ailes sont

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attachées à chacun de ses côtés ou à ta partie supérieure ; rabdomen du plus grand nombre est allongé, mince, cylindrique, composé de plusieurs anneaux ou segmens souvent distincts : celui de quelques mâles est terminé par deux crochets qui leur servent à saisir la femelle pendant l'accouplement; dans d'autres espèces, il est terminé par deux ou trois soies dans les deux sexes, ou par un appendice long et sétacé comme dans les femelles des raphidies.

Les pâtes sont au nombre de six , attachées à la poitrine ; elles sont de longueur moyennç , composées de quatre pièces, qui sont la hanche , la cuisse , la jambe et le tarse ; cette dernière partie est plus ou moins articulée et terminée par deux pelits crochets. C'est du nombre des articles des tarses qu'on a tiré les caractères qui servent à diviser les insectes de cet ordre en trois familles.

Si ces insectes sous l'état parfait offrent entre eux de grandes différences, ils n'en offrent pas moins sous l'état de larves, tant par leurs formes que par leurs habitudes.

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Presqae toutes les lartes sont carnassières ; dles sont poannies de mâchoires dures et écailleuaes; elles ont six pâtes. Les unes sont aquatiques 9 et restent dans l'eau jusqu'à ce qu'elles subîttent leur dernière métamorphose; les autres se tiennent sur les feuilles et les branches des arbres, où elles font la guerre aux pucerons : telle est la lanre de l'hémérobe. Celle du m jrméléon fait un trou en terre où elle se tient cachée, pour mieux saisir l'insecte imprudent qui passe près d'elle. Celles qui vivent dans l'eau ont des organes qu'on croit analogues aux ouïes des poissons, propres à faciliter l'inspiration et l'expiration de l'eau ; pour marcher et nager, elles font tâage des pâtes dont elles sont pourvues; quelques unes ont des filets placés dans différens endroits de leur corps, qui leur servent à exécuter ces mouvemens avec plus de facilité. Toutes ces larves trouvent dans l'eau une nourriture abomlaute , soit qu'elles vivent d'insectes, soit qu'elles se nourrissent de plantes. Ces différentes larves sortent d'œuh dont les uns ont été déposés dans l'eau ou sur des plantes feqna-

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dqoes par les femelles , après qu'elles ont été fécoodées par l'aoeouplemeiit Quelques unes de ces larres restent sous cet état la plus grande partie de leur vie, et ensuite se transforment en nymphe; elles se construisent des fourreaux avec différentes espèces de matériaux , et les tran^ortent partout avec elles; elles y ménagent deux ouvertures qu'elles bouchent avant de se changer en nymphe, et n'en sortent que sous leur dernière forme ; d'autres ne restent que peu de temps sous l'état de larves, elles se changent en nymphes, qui diffèrent de la larve par des fourreaux placés de chaque o6té du corps, et qui renferment les ailes que doit avoir l'insecte parfait. Sous ce nouvel étirt» la plupart mangent, croissent et agissent comme sons celui de larves ; d'autres creusent des trous dans la terre qui borde les ri» vières, et y vivent renfermées plusieurs années avant de parvenir à l'état parfait. Après avoir vécu aussi long-temps sous la forme de larves, ces insectes ne jouissent de la vie que pendant quelques heures, lorsqu'ils sont devenus habitans de l'air.

Quelques unes de ces larves en changeant (Téttt ne changent point d'inclination : l'insecte parfait, de même que la larve , ne respire que la destruction ; pourvu d'ailes qui le portent avec rapidité, il vole continuellement dans les endroits où il croit trouver de quoi satisfaire son appétit carnassier; lorsqu'il rencontre un insecte faihle, il s'élance sur lui , le saisit avec ses mâchoires, et l'emporte pour le manger à son aise. JTous les insectes de cet ordre ne conservent point sons le dernier état le goût qu'ils avaient sous celui de larves ; ils ne font plus la guerre aux autres insectes ; le plus grand nombre ne paraît occupé qu'à perpétuer son espèce, et après l'accouplement la femelle s'empresse de déposer ses œufii dans des lieux où les petits qui doivent en sortir puissent trouver une nourriture convenable. Les insectes dont les larves sont aquatiques les confient à quelques plantes qui croissent dans l'eau, ou les déposent dans l'eau même. Ceux dont les larves vivent hors de l'eau , les collent sur les feuilles ou les tiges des arbres. Enfin , toutes ces fe-

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nielles y après avoir pourvu à la sûreté de leur postérité 9 et les miles après l'accouplement, meurent, quelques femelles aussitôt après la pou te, les autres plus tard; mais aucun de ces petits animaux ne voit nne autre génération.

M. Latreille ( Règne animal ) partage Tordre des névroptères en trois familles.

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