VESPA VULGARIS
Linn., Syst. Nat.,t. 11, p. 949, n. A; ejusd., Faun. Suec., n. 4671. — Decéer, Méèm. Hist. des Ins., t. II, p. 111, tab. 26, fig. 7.— Réaum., Mém. sur les Ins., 1. VAE, tab. 42, fig. 7 et 8,— Panz., Faun. Germ., fasc. 49, tab, 19. — Fap,, Syst, Piez.,
p. 255, n. 9. — Lep. STr-FarG., Hym.,t.1, p. 516. — La Guëpe commune, GEOFrrF., Hist. des Ins., t. 11, p. 369 ,n. 2. — Longueur G' 10 lig.; © 11 à 12 lig.; neutre 8 lig. — Corps varié de noir et de jaune; tête jaune, avec le vertex, le bord des mandibules, une ligne sur le chaperon, et une tache irrégulière entre les anténnes de couleur noire; antennes noires, avec la partie inférieure du premier article jaune dans le mâle seulement ; thorax noir, bordé de jaune: les paraptères, une tache à la base des ailes et une ligne sur l’écusson de celte dernière couleur; ailes diaphanes, trés-légérement enfumées, avec leurs nervures d’un brun roussätre ; pattes jaunes,
ME LLIFICIENS.
avec la partie antérieure des cuisses noiré ; abdomen jaune, avec la base de chaque segment noire, leur extrémité ayant un point noir de chaque côté : ces points tantôt isolés, tantôt réunis.
Cette espèce est commune dans toute l’Europe et le nord de l’Afrique ; elle construit son nid dans la terre; il est assez analogue à celui de la Guêpe Frélon, mais il est plus arrondi , composé de papier plus fin et plus solide, de couleur grise foncée ; l’enveloppe est formée par plusieurs couches de cette sorte de papier; les rayons ou gâteaux sont en général assez nombreux.
ONZIÈME FAMILLE — MELLIFICIENS:
MELLIFÈRES, Lar,
” Caractères. Mâchoires et lèvres ordinairement longues, et composant une sorte de trompe.— La lèvre inférieure ou languette linéaire, avec l’extrémité soyeuse. — Pattes postérieures conformées pour récolter le pollen des étamines. — Les jambes sont élargies et creusées en cuiller ; le premier article des tarses est très-grand, très-comprimé, en forme de palette carrée ou de triangle renversé.
Cette famille est l’une des plus intéressantes de tout l’ordre, parce qu’elle nous offre des insectes qui vivent en sociétés nombreuses, comme les Fourmis et les Guêpes, mais dont nous pouvons tirer parti de l’industrie : telles sont principalement les Abeilles, dont la cire et le miel qu’elles nous fournissent forment depuis les temps les plus reculés une branche de commerce très-considérable.
Nous séparons cette famille en plusieurs groupes, d’après leurs principaux caraclères ct d’après leurs habitudes.
Elle renferme les groupes suivans : 4pites, Meliponites, Bombites, Anthophorites, Nomadites, Osmiites, Xylocopites, Andremiles.
APITES.
Caractéres. Corps ovalaire, — Antennes vibratiles, filiformes : le second article globuleux, plus court que le troisième ; celui-
ci un peu cônique. — Languette où lévré inférieure presque cylindrique, d’environ la longueur de la moitié du corps. — Pattes ayant l’extrémité de leurs jambes postérieures dépourvues d’épines, et le premier article dilaté à l'angle extérieur de sa base. — Les mâles, les femelles et les neutres pourvus d'ailes.
C’est à Huber père que nous devons les observations les plus intéressantes et les plus curieuses sur l’histoire des Abeilles, et c’est à lui que nous devons la connaissance complète de cet insecte intéressant sous lant de rapports ; car il a consacré sa vie entière à l’étude de ce seul insecte, qu’il a fait connaître d’une manière complète dans toutes les phases de son existence.
M. Lepeletier de Saint-Fargeau, dans son Hist. des Hym., a donné une assez longue histoire des Abeilles, mais en empruntant à Huber la plupart des faits importans.
M. Audouin a aussi donné dans un article du Dictionnaire universel d'Histoire naturelle, une histoire succincte des Abeilles, dont nous prenons ici la substance en grande partie.
Les mâles des Abeilles sont généralement plus gros que les ouvrières : leur tête est plus arrondie, ce qui est dû principalement au plus grand développement des yeux, et le premier article de leurs larses est allonpé.
APITES.
Les femelles, que l’on a nommé aussi rois ou mieux reives,ont leurs ailes plus courtes que celles des mâles et des Ouvrières, la iête presque triangulaire, le premier article des tarses postérieurs dépourvu de brosse, et leur abdomen muni d’un aiguillon.
Les neutres ou ouvrières sont d’une taille un peu moins grande, et elles nt un aiguillon dont la piqüre est très-douleureuse : le premier article de leurs tarses postérieurs, qui a été nommé piéce carrée, s’articule supérieurement avec la jambe par son angle antérieur, de manière à se replier sur elle ; l'angle opposé est libre et terminé par deux petites épines : cet article forme ainsi avec la jambe une sorte de pince. fl est lisse au côté externe, mais sur sa face interne il est garni de plusieurs rangées de poils roides, qui ont fait nommer cette face La brosse , et la jambe a été appelée en considération de sa forme La palette triangulaire, et une légère cavité sur sa surface externe a reçu le nom de corbeille : c’est au moyen de ces organes que l’Abeille exécute ses travaux et récolte le pollen des étamines en le balayant avec cette sorte de brosse.
C’est encore le même organe qui sert à la récolte d’une autre substance résineuse et odorante, nommée propolis, et qui sert principalement à clore leur demeure. On avoit pensé pendant long-temps que la cire dont sont formées les alvéoles étoit due au pollen dont se nourrissent quelquefois les ouvrières, et qui, étant élaboré dans leur estomac, étoit ensuite dégorgé par la bouche sous l’apparence d’une matière blanchâtre, qui étoit la véritable cire; et cela jusqu’à ce qu’un paysan de Lusace, et par suite John Hunter, eussent découvert des lamelles de cire engagées entre les arceaux inférieurs des sezmens de l’abdomen, et Huber confirma après cette découverte, et reconnut par ses observations que les abeilles qui étoient exclusivement nourries de pollen, ne sécrétoient pas de miel, et qu’au contraire eiles en fournissoient lorsqu’elles étoient nourries avec une matière sucrée ; c’est avec cette cire que les abeilles ouvrières construisent les cellules qui sont destinées à recevoir les œufs pondus par la femeile ou la reine. À une certaine époque, toutes les ouvrières tuent les mâles, parce qu’ils sont inutiles à la ruche, et qu'ils ne font qu’user les provisions amassées par les ouvriéres; mais dans un autre temps, on voit les abeilles ouvrières donner
tons leurs soins aux larves et aux nymphes d'ou naîtront des mâles, qui seront nécessaires pour féconder les femelles. C’est toujours au printemps qu’a lieu l’accouplement ; les mâles et les femelles s’envolent de la ruche, et l’accouplemert s’opère dans les airs; la femelle revient ensuite à la ruche, après avoir été fécondée, et elle est alors l’objet de tous les soins de la part des ouvrières; C’est ordinairement quarantesix heures après l’acte de la copulation que se fait la ponte, qui se continue jusqu’au printemps suivant sans que la femelle ait recu de nouveau l’approche d’aucun mâle ; car alors tous ceux qui restoient ont été impitoyablement massacrés,
Huber prétend même qu’une femelle est rendue féconde pendant deux ans par un seul accouplement.
Les alvèoles ou cellules réunies sont généralement connues sous le nom de gàteaux; chacune d'elles constitue ordinairement un petit godet hexagonal ouvert d’un côté el fermé de l’autre par un fond ou calotte pyramidale, résultant de la réunion de trois rhombes; les gâteaux présentent deux surfaces, c’est-à-dire qu’ils résultent de l’adossement de deux couches de cellules disposées de telle sorte, que le fond des cellules de l’une des couches devient le fond de l’autre, et la base de chaque cellule se trouve formée par la réunion de trois cellules opposées,
Lorsque l’abeille veut construire, elle prend successivement à l’aide du premier article de ses tarses, qui forme une pince avec la jambe, les plaques de cire sécrétées à la partie inférieure de l’abdomen ; elle les triture avec ses mandibules, et leur donne la forme de filamens mous qu’elle applique contre la voûte de la ruche, ou ajoute aux lamelles déjà posées ; plusieurs abeilles travaillant ensemble, forment bientôt une masse dans laquelle elles creusent les cellules; mais il ne s’agit encore tant pour la forme que nous avons décrite, et pour la construction, que des cellules petites destinées aux larves des ouvrières, et moyennes destinées à celles des mâles; mais il en est autrement pour les cellules grandes , qui doivent recevoir les œufs et larves des femelles ou reines ; elles ne sont ordinairement qu’au nombre d’une vingtaine dans une ruche , et différent des autres par leur grande dimension, et par leur forme.
Elles sont généralement oblongues ei si massives, que le poids d’une seule équivaut à celui de cent autres. Leur position est aussi
différente; elles sont toujours placées verticalement, et semblent détachées du gàteau. Au moment de la ponte, les ouvrières redoublent de soins auprès de la reine, qu’elles frottent avec leur trompe , et à laquelle elles présentent de temps en temps du miel qu’elles dégorgent. Lorsque, pressée de pondre, elle laisse tomber plus d’un œuf dans une cellule, les ouvrières retirent aussitôt les autres, car jamais une cellule ne doit renfermer plus d’un œuf; une fois ces œufs pondus, ils sont abandonnés aux ouvrières, que l’on appelle nourrices, parce qu’elles ne font que soigner les petils, par opposition à celles nommées cirières, qui ne font que construire les alvéoles. Certains observateurs prétendent que la nourriture apportée aux larves est différente selon -les âges; mais d’après les observations d’Huber, il paroît que la nourriture influe sur le développement des organes génitaux, et que celle donnée aux larves qui doivent fournir des femelles est très-différente de celle donnée aux larves des ouvrières.
Car d’après lui certaines ouvrières peuvent devenir fécondes lorsqu'elles ont eu par hasard quelques parcelles de la nourrilure destinée aux larves des femelles.
Voici ce que rapporte Huber au sujet des modifications apportées par la nourriture chez ces individus.
« Les ouvrières fécondes, dit-il, ne pondent jamais des œufs d’ouvrières, elles ne pondent que des œufs de mâles, M. Riem avoit déja observé ce fait singulier, et à cet égard toutes mes observations confirment les siennes. » Et il ajoute ensuite :
« Les ouvrières traitent bien différemment les nymphes mâles qui proviennent des mères de grande taille dont la fécondité est incomplète, et celles de même sexe venues de la ponte des ouvrières fécondes. Les cellules des premières sont par elles guillochées et couvées jusqu’à la parfaite transformation des mâles qu’elles contiennent. Elles traitent bien différemment les secondes. Elles commencent, à la vérité, par donner tous leurs soins à ces œufs et aux larves qui en proviennent; elles ferment ces cellules d’un couvercle; mais jamais elles ne manquent à les détruire, trois jours après les avoir fermées.
» Après avoir heureusement achevé ces premières expériences, il restait à découvrir la cause du développement partiel des
APITES.
organes sexuels des ouvriëres fécondes.
M. Riem ne s’était pas occupé de cet intéressant problème depuis les belles découvertes de M. Schirach, que nous avons rapportées et que nos expériences confirment, il est hors de doute que toutes les ouvriéeres, ou Abeilles communes, sont originairement du sexe féminin. L’auteur de la nature leur a donné les germes d’un ovaire; mais il a voulu qu’il ne se développât que dans le cas particulier où ces Abeilles recevraient, sous la forme de larves, une nourriture particulière. 11 faut donc examiner, avant tout, si nos ouvrières fécondes ont eu, dans l’état de larves, cette même nourriture. Toutes mes expériences m’ont convaincu qu’il ne naît des ouvrières capables de pondre, que dans les ruches qui ont perdu leur mère. Or, dans ce cas, les Abeilles préparent une grande quantité de gelée prolifique pour nourrir plusieurs larves destinées à la remplacer. Si donc les ouvrières fécondes ne naissent que dans ce seul cas, il est évident qu’elles ne naissent que dans les ruches dont les ouvrières préparent de la gelée prolifique... Cela me fit soupçonner que, lorsque les Abeilles donnent à quelques larves l’éducation qui en fait des mères, elles laissent tomber, ou par accident, ou par une sorte d’instinct dont le principe est ignoré. de petites portions de gelée prolifique dans les alvéoles voisines des cellules, où sont les larves destinées à l’état de mères. Les larves d’ouvrières qui ont recu accidentellement ces petites doses d’un aliment aussi actif doivent en ressentir plus ou moins l'influence : leurs ovaires doivent acquérir une sorte de développement; mais ce développement sera imparfait, parce que la nourriture prolifique n’a été administrée qu’en petites doses, et que d’ailleurs les larves dont je parle ayant vécu dans des cellules du plus petit diamètre, leurs parties n’ont pas pa s'étendre au delà des proportious ordinaires. Les Abeilles qui naîtront de ces larves auront donc la taille et tous les carac:
tères extérieurs des simples ouvriéres ; mais elles auront de plus la faculté de pondre quelques œufs par le seul effet de la petite portion de gelée prolifique qui aura été mêlée à leurs autres alimens. Pour juger de la justesse de cette explication, il fallait suivre, dèsleur naissance, les ouvrières fécondes, chercher si les alvéoles dans lesquelles elles sont élevées se trouvent constamment dans le voisinage des cellules des mères, et si la bouillie dont ces larves se
APITES,
nourrissent , est mêlée de quelque portion de gelée prolifique. Malheureusement, cette dernière partie de l’expérience est fort difficile à exécuter. Quand cette gelée est pure, on la reconnoît à son goût aigrelet et relevé; mais lorsqu’elle est mêlée de quelque substance, on ne distingue plus la saveur que très-imparfaitement. Je crus donc devoir me borner à l’examen de l’emplacement des cellules, où naissent les Ouvrières fécondes. »
Voicicomment Huber rapporteles détails d’une des expériences qu’il fit à ce sujet :
a En juin 4790, dit-il, je m’aperçus que les Abeilles d’une de mes ruches les plus minces avaient perdu leur reine depuis plusieurs jours, et qu’il ne leur restait aucun moyen de la remplacer, parce qu’elles n’avaient pas de larves d’ouvrières. Je leur fis donner alors une petite portion de gàteau, dont toutes les cellules contenaient une jeune larve de cette sorte. Dés le lendemain, les Abeilles prolongèrent plusieurs de ces alvéoles autour des larves qu’elles destinaient à devenir mères. Elles donnèrent aussi des soins aux larves placées dans les cellules voisines de celles-làa, Quatre jours après, toutes les grandes cellules de mères étaient fermées, et nous comptàmes, avec plaisir, dix-neuf petites alvéoles qui avaient également reçu toute leur perfection, et qui étaient fermées d’un couvercle presque plat. Dans ces dernières étaient les larves qui n’avaient pas reçu l’éducation de mères; mais, comme elles avaient pris leur accroissement dans le voisinage des larves destinées à remplacer la mére, il était intéressant d’observer ce qu’elles deviendraient ; il fallait saisir le moment où elles prendraient leur dernière forme. Pour ne pas le manquer, j’enlevai ces dix-neuf cellules ; je les plaçai dans une boîte grillée que j'introduisis au milieu de mes Abeilles; j’enlevai également les grandes cellules de mères, car il importait beaucoup que les mères qui devaient en sortir ne vinssent pas compliquer ou déranger les résultats de mon expérience. Ïl y avait bien ici une autre précaution à prendre : je devais craindre qu’en privant mes Abeilles du fruit de leurs peines et de l’objet de leurs espérances, elles ne tombassent dans le découragement ; je leur donnai donc une autre portion de gâteau contenant du couvain d’ouvrières, me réservant de la leur ôter impitoyablement quand le temps serait venu ; ce moyen réussit : les Abeilles, en donnant leurs soins à ces dernières larves, oubliérent celles que
Ins. 111.
je leur avais enlevées. Quand le moment où les larves de mes dix-neuf cellules devaient subir leur dernière transformation approcha, je fis visiter plusieurs fois chaque jour la boîte grillée où je les avais renfermées, et jy trouvai enfin six Abeilles exactement semblables aux ouvriéres communes, Les larves des treize autres cellules périrent sans se métamorphoser en insectes parfaits, J’ôtai alors de ma ruche la dernière portion de couvain que j'y avais placée pour prévenir le découragement des ouvrières; je mis à part les mères nées dans les grandes cellules, et, après avoir peint d’une couleur rouge le corselet de mes six Abeilles, et leur avoir amputé l’antenne droite, je les fis entrer toutes les six dans la ruche, et elles y furent bien accueillies. Voici quel était mon projet dans cette suite d'opérations : je savais qu’il n’y avait aucune mère, de la grande ou de la petite taille, parmi mes Abeilles ; si donc en continuant de les observer, je trouvais dans les gâteaux des œufs nouvellement pondus, combien ne devenait-il pas vraisemblable qu’ils l’auraient été par l'une ou l’autre de mes six Abeilles! Mais, pour en acquérir la parfaite certitude, il fallait les surprendre au moment de la ponte, et par conséquent afin de les reconnoître, il fallait les marquer de quelques taches ineffaçables.
Cette marche eut un plein succès : nous ne tardâmes pas à apercevoir des œufs dans Ja ruche ; le nombre augmentait même tous les jours. Les larves qui en provenaient étaient toutes des mâles; mais il se passa bien du temps avant que nous pussions saisir les Abeilles qui les pondaient. Enfin, à force d’assiduité et de persévérance, nous aperçumes une Abeille qui introduisait sa partie postérieure dans une cellule; nous ouvrîimes la ruche , et saisimes l’Abeille; nous vimes l’œuf qu’elle venait de déposer, et en l’examinant elle-même nous reconnümes à l'instant, aux restes de la couleur rouge qu’elle avait sur son corselet, et à Ja privation de son antenne droite, qu’elle était une des six Abeilles élevées sous la forme de larves dans le voisinage des ceilules royales, Je n’eus plus de doute alors sur la vérité de ma conjecture; je ne sai:
cependant si la démonstration que je viens d’en donner paraîtra aussirigoureuse qu’elle me le paraît à moi-même. Mais voici comme je raisonne : s’ilest certain que les ouvriéres fécondes naissent toujours dans les alvéoles voisines des grandes cellules de femelles fécondes, il n’est pas moins sûr que
ce voisinage en lui-même n’est qu'une circonstance assez indiflérente; car la grandeur et la forme de ces cellules ne peuvent produire aucun effet sur des larves qui naissent dans les petites alvéoles qui les entourent. 11 y a donc ici quelque chose de plus : or nous savons que les Abeilles portent dans les grandes cellules de mères une nourriture particulière; nous savons encore que l’influence de cette gelée sur le germe des ovaires est trés-puissante, qu’elle peut seule développer ce germe; il faut donc nécessairement supposer que les larves placées dans les alvéoles voisines ont eu part à cette nourriture. Voilà donc ce qu’elles gagnent au voisinage des cellules de mères; c’est que les Abeilles qui se portent en foule vers ces dernières, passent sur elles, s’y arrêtent, et laissent Lomber quelque portion de la gelée qu’elles destinaient aux larves de mères. Je crois ce raisonnement conforme aux régles d’une saine logique. »
Les larves d’Abeilles sont hlanchâtres, apodes; chacune d’elles est renfermée dans une alvéole, et là les ouvrières lui apportent journellement le miel destiné à sa nourriture ; après avoir changé plusieurs fois de peau, elle a acquis en très peu de temps son entier développement : alors les ouvriéres ferment l’alvéole par un petit couvercle de cire , et la larve elle-même se file dans l’intérieur un cocon soyeux , dans lequel elle se métamorphose en nymphe ; T'insecte parfait éclot au bout de sept à huit jours, et il perce lui.même le cocon et le couvercle de cire, ; aussitôt qu’il est né, les autres Abeilles lui prodiguent tous les soins imaginables, et si c’est une neutre ou mieux une ouvrière.,ellese metbientôtàl’ouvrage,
Souvent à ces époques d’éclosiun, le nombre desindividus devient si grand qu’ils ne peuvent plus être tous contenus dans Ja ruche ; car il n’est pas moindre quelquefois dit-on, de vingt-six à vingt-sept mille ; alors il y a des émigrations d’un Certain nombre d'individus, auquel on donne le nom d’essaim ; mais il est nécessaire pour cela qu’il yaitune nouvelle reine qui soitéclose : alors l’ancienne abandonne la rucbe, et va, avec une partie des ouvrières, fonder une nouvelle colonie dans quelque endroit qu’elles jugeront convenable. La naissance d’une reine esttoujonrs ce qui détermine une émigration; car il ne sauroit jamais se trouver deux femelles ou reines à la fois dans une ruche ; lorsque cela arrive, et qu’il ne peut se former d’essaim , il y a entre elles un combat à mort, duquel les ouvrières restent