‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 103 sur 1317 · PERLA · texte numérisé non relu

PERLA

DEUXIÈME FAMILLE. — PEÉRLIENS, Prcrer.

Caractères. Bouche se rapprochant de celle des Orthoptères, ayant comme chez ces derniers un appéndice à la mâchoire.— Mandibules petites. — Ailes horizontales, avec les inférieures plissées et doublées sur elles-mêmes. —Tarses de trois articles,

Cette famille ne peut se diviser en plusieurs groupes.

Genres : Perlz, Nemoura.

PERLA, Georr., DEcéEeR, OLrv., Lam., LATR. ;

Phryganca, Linx,; Semblis, FABR.

Corps allongé, étroit et déprimé.—Tête forte, trés-aplatie, horizontale et avancée antérieurement en forme de bouclier. — Mandibules presque membraneuses, fortement déprimées, à demi transparentes, ayant leur extrémité échancrée et formant trois ou quatre dents aiguës.—Palpes presque sétacés, ayant leur dernier article plus grêle que le précédent. —Mächoires ayant deux dilatations fortement comprimées ; l’externe longue, étroite et lancéolée ; l’interne trigone, beaucoup plus large et plus courte. — Prothorax presque carré.— Antennes sétacées, moins longues que le corps, composées d’un très-grand nombre d'articles. — Ailes couchées et croisées ho-

rizontalement sur le corps. — Abdomen terminé par deux longs filets sétacés. — Pattes assez longues et grêles. — Les tarses

ayant leurs deux premiers articles beaucoup plus courts que le dernier.

On avoit cru jusque dans ces derniers temps, que les Perles subissoient des métamorphoses complètes, et que leurs larves vivoient dans l’intérieur de fourreaux à la manière des Phryganes, et cette opinion, depuis si long-temps accréditée, avoit été répétée par tous les auteurs, jusqu’à ce qu’enfin M. Pictet de Genève, ayant observé les mœurs de ces insectes, publia un mémoire sur leurs métamorphoses inséré dans les Ann. des Sc. nat., où il nous apprend que les Perles n’ont que des métaphoses incomplètes comme les Libellules, les Nemoures, elc., et d’après ses observations, leurs larves se trouvent dans les rivières, le plus ordinairement dans les endroits où le courant est rapide, et où

Ixsecres. LV,

l’eau se brise contre les pierres. Elles marchent beaucoup plus lentement que les Ephémères, en trainant leur ventre sur le sol; elles sont carnassières, mais peuvent rester pendant plusieurs jours sans prendre de nourriture, et souvent on les voit se fixer sur une pierre, à l’aide de leurs pattes, et y demeurer long-temps en se balançant, sans que l’on puisse connaître le but de ce mouvement; elles passent tout l’hiver à l’état de larve et ne se mélamorphosent qu’au printemps ou en été; pour se transformer, elles vont ordinairement sur Ie rivage, se fixer sur une pierre ou sur une plante; c’est alors que leur peau se dessèche et se fend en dessus, et qu’elles en sortent aprés quélques efforts.

Ces larves ont une tête large ; des mandibules courtes et épaisses, terminées par plusieurs dents; des mâchoires acérées, recouvertes en dessus par un appendice long et triarticulé ; des antennes sétacées, insérées devant les yeux ; un thorax large, ayant ses trois segmens très-distincts; les deux dernicrs ayant des rudimens d’ailes dans la nymphe ; un abdomen se rétrécissant de la partie antérieure à la partie postérieure, et portant à son extrémité deux longues soies, et des pattes dont les cuisses sont aplatieset larges; les jambes minces, et les tarses composés de deux articles peu distincts et terminés par deux crochets.

Plusieurs larves de Perles ont des organes respiratoires externes, et d’autres en sont dépourvus. Chez les espèces où ces organes existent , ils sont au nombre de six ct disposés par paires entre chaque segment du thorax ; la première paire entre le prothorax et le mésothorax,; la seconde entre ce dernier et le métathorax et la troisième en arrière de celui-ci.

A, PERLA MARGINATA. (PI 5, fig. G.

Fig. 7, la larve.)

Paxz., Faun. Germ., fasc. 71, fig. 3. — Semblis Marginata, Fazr., Ent. Syst., t. (1, p. 73, n° 7. — Phryganea Maxima, Scor., Ent. Carn., p. 269, n° 707.—Perla Marginata, Picrer, Mém. sur les métam.

des Perles, p. 10 (Ent. des Ann. des Sc.

nat., an 4833), pl. 5, fig. 4 et 2. — Long.

avec les ailes fermées 10 à 14 lig. — Corps d’un gris fauve ; tête d’un fauve rougeûtre, bordée de brun; antennes entièrement noi-

50 NEMOURA.

res ; corselet brun, légérement tacheté de fauve, ayant dans son milieu un sillon longitudinal ; ailes transparentes, d’un jaunebrunâtre, avec leurs nervures noires; ab- -domen fauve, plus grisâtre sur les côtés; les filets roussâtres, avec leur extrémité poire ; pattes entièrement brunes. — Euro- ‘pe, France.

La larve de cette espèce vit dans les rivières, sous les pierres; elle est entièrement d’un jaune citron, et tachetée de noir; ses antennes sont d’un jaune fauve; les yeux sont noirs; le corselet est bordé de noir, et a trois lignes longitudinales de cette dernière couleur; les filets abdominaux sont d’un fauve rougeûtre.

Page 1