NEMOURA CINEREA
Oziv., Encycl. Méthod., t. VIII, p.186, n° 2. — Prcrer, Mem. sur les larves des Nemoures, p. 4, pl. 14, fig. 1a13 (Ent.
des Ann. des Sc. nat., ann. 1832). — La fausse Frigane, Decéer, Mem. Ins.,t. 11, pars 2, p. 730, tab. 23, fig. 46 et 17. — Long. 5 lig. Enverg. 10 lig.—Le corps est d’un noir brillant; sa tête est un peu plus large que le cerselet, noire ainsi que les antennes; corselet un peu plus large que long, ayant dans son milieu quatre points saillans ; ailes d’un gris obscur, avec leurs nervures noires, ayant leur base légérement jaunâtre ; pattes d’un brun-verdâtre, avec leurs articulations et les tarses noirs. — Cette espèce se trouve en Europe, en France, dans les lieux aquatiques.
Sa larve se trouve dans les rivières, dans les endroits où le courant esl trés-rapide ; elle marche en se traînant, et se cache souvent sous les grosses pierres. La couleur gé. nérale de son corps est d’un brun uniforme foncé ; sa tête est aplatie ; ses antennes sont sétacées et plus courtes que le corps; son prothorax porte en dessous des organes respiratvires externes, consistant en six petits sacs allongés, dont quatre naissent sur le bord antérieur etinférieur,et les deux autres sur le col qui sépare la tête du corselet. Les rudimens des ailes sont d’abord blanchàtres; mais ils brunissent quand la larve avance en âge; les pattes sont d’un brunverdätre, avec lesarticulations noires : l’abdomen porte à son extrémité deux longs filets bruns,
__ 3. NEMOURA VARIEGATA.
Ouiv., Encycl, Méthod. 1. VIII, p.166,
52 EPHEMERITES.
n° 3, — Picter, Mém. sur les larves des Nemoures, p. 9 (Extrait des Ann. des Sc.
nat., ann. 1832).— Long. 4 à 5 lig.— Corps d’un noir obscur; antennes noires, avec leur base jaunâtre; tête et corselet bruns, variés de jaune ; ce dernier ayant, comme dans l’espèce précédente, quatre points sail- Jans dans son milieu, mais plus petits et plus rapprochés; ailes transparentes, d’un gris pâle, avec leurs nervures noirâtres, un peu plus colorées vers leur extrémité; pattes assez longues, d’un jaune testacé, ayant les articulations noirâtres. — Cette espèce se trouve en France, aux environs de Paris, etc.; sa larve ne se rencontre que dans les eaux stagnantes, souvent dans les fossés remplis d'herbes; elle ressemble beaucoup à celle de l’espèce précédente ; mais une ligne longitudinale blanche sur sa tête et son corselet l’en distingue facilement, ainsi que ses pattes plus grêles et glabres, et ses soies abdominales ayant à l'extrémité de chaque article un petit bouquet de poils; son prothorax est aussi dépourvu de petits sacs ou tubes respiratoires.
k. NEMOURA NIGRA.
Ouiv., Encycl. Méthod., t. VIII, p. 486, n° 5. — PicTET, Mém. sur les larves des Nemoures, p. 16 (Extr. des Ann. des Sc.
nat., ann. 14832), — Long. 8 lig. — Corps noir ; antennes de la même couleur, à peu près aussi longues que le corps; corselet étroit, ayant plusieurs rangées de petits points saillans ; ailes d’un gris foncé, avec un refletirisé, et leurs nervures noirâtres; pattes d’un brun-roussâtre. — France. On rencontre cette espèce dans les environs de Paris; sa larve vit dans les rivières et les eaux courantes ; elle est longue et mince, d’un gris fauve, avec une ligne longitudipale blanche, qui part de la tête et traverse tout le corselet; le prothorax est bordé de brunâtre , et il est tout-à-fait dépourvu de tubes respiratoires ; les rudimens des ailes sont noirâtres, et les pattes fauves. — La Nemoura Nigra arrive à l’état parfait vers la fin d’avri},
TROISIÈME FAMILLE, — LIBELLULIENS.
SUBULICORNES, Lar.
Caractéres. Antennes en forme de stylet, guère plus longues que la tête ; n’ayant jamais plus de sept articles, dont le dernier en forme de soie. — Mandibules et mâchoires entiérement couvertes par la lèvre ou par la partie antérieure de la tête. — Yeux gros et très-saillans. —Vertex portant deux ou trois ocelles. — Ailes toujours réticulées, tantôt horizontales et tantôt élevées perpendiculairement.
Les Libelluliens ont une forme svelte, des couleurs souvent éclatantes, des ailes transparentes, à reflets irisés. [ls sont trèsagiles et volent toujours dans les endroits humides, près le bord &@es eaux, recherchant des insectes vivans sur lesquels ils se jettent avec beaucoup de promptitude pour les dévorer aussitôt.
A l’état de larve et de nymphe, ils vivent dans l’eau , et ils n’en sortent que pour subir leur dernière mue, et paraître à l’état d’insecte parfait. La nymphe, en sortant de l’eau, s’accroch?, à l’aide de ses pattes, soit à une pierre, soit à une plante quelconque, et y reste fixée, jusqu’à çe que le soleil séchant la peau, elle se fende longitudinalement sur le dos, et permette à l’insecte parfit d'en sorür; celui-ci d’abord est mou;
ses ailes sont tombantes et n’ont encore aurcune consistance ; mais au bout de quelque temps, elles se raffermissent ainsi que tout le corps, êt l’insecte peut déjà prendre son essor. Ges larves et ces nymphes ressemblent assez à l’insecte parfait, sauf les ailes qui leur manquent, ou dont elles n’ont que des rudimens ; elles respirent au moyen dé cerlains organes situés sur les côtés ou à l'extrémité de l'abdomen; elles sont très:
carnassières, et détruisent beaucoup d’animaux aquatiques, pendant la durée de leur vie, qui est assez longue.
Cette famille, qui renferme un assez grand nombre d’espèces répandues à peu près également dans toutes les parties du Monde, peut se diviser en deux groupes, les Ephémérites et les Libellulites.
EPHEMERITES.
Caractères. Bouche membraneuse et trèsmolle. — Ailes inférieures plus petites que les. supérieures et quelquefois nulles.— Abdomen terminé par deux ou trois filets
Un seul genre constitue ce groupe,
Genre : Ephemera,
LPHEMERA. 53
EPIIEMERA, Linn., Georr., Kasr., OLtv., LarT.
Corps allongé, assez mou. — Tête de la largeur du corselet, ayant sur son sommet trois ocelles disposées en triangle. — Bou- +he composée de parties molles, fort peu distincles. — Les palpes courts, de plusieurs articles. — Antennes insérées au bord antérieur de la tête, près du bord interne des yeux, composées de trois articles; les deux premiers très-courts et assez épais, et le dernier allongé en forme de filet conique. — Corselet presque cylindrique. — Le prothorax fort court, et le mésothorax beaucoup plus long. — Ailes élevées perpendiculairement et légérement inclinées en arrière ; les inférieures beaucoup plus petites que les supérieures et quelquefois nulles. — Abdomen long, portant à son extrémité deux ou trois grands filets sétacés ; composé d’un très-grand nombre d'articles. — Pattes trés-grêles, avec les jambes courtes.— Tarses de cinq articles; peu distincts de Ja jambe, avec laquelle leur premier article se confond souvent.—Les pattes antérieures beaucoup plus longues que les autres, insérees tout-à-fait à la partie antérieure du prothorax, presque sous la tête.
Le nom d’Ephémère, qui a été donné à ces insectes, indique assez la courte durée de leur vie ; en effet, l’on voit ordinairement à certaines époques de l’année, après une belle journée d’été ou d'automne, un peu avant le coucher du soleil, paraître une trèsgrande quantité de ces Ephémères, qui ont eu le temps de s’accoupler et de pondre leurs œufs, lorsque le soleil paraît de nouveau le lendemain matin ; et qui dès ce moment ont cessé de vivre, et ont alors couvert de leur corps les bords des rivières, des étangs ou des lacs où ils étaient éclos. Ces insectes s’envolent dans les airs, s’y rassemblent, et les sexes se réunissent. Les mâles ont l’abdomen muni de deux crochets qui leur servent à saisir les femelles, et à les entrainer sur les arbres ou les plantes où ils peuvent consommer l’accouplement, quine dure qu’un instant. La femelle aussitôt après répand à la fois tous ses œufs rassemblés en paquet, Les Ephémères, arrivés à l’état d’insecte parfait, n’ont d’autre fonction à remplir que la propagation de leur espèce; car ils ne prennent aucune nourriture, et leur bouche n’offre que des parties molles, tout-à-fait impropres à la mastication. Mais, à leur état de larve, la durée de
leur vie est de deux ou trois ans ; ils vivent alors dans l’eau, souvent cachés sous les pierres, et dans des trous qu’ils sa sont pratiqués; ces larves sont très-agiles, nagent vite et avec beaucoup de facilité ; elles ressemblent assez à l’insecte parfait ; mais cependant toutes leurs parties ne sont pas analogues : le sommet de la tête est dépourvu d’ocelles; les antennes, quoique courtes, sont plus longues que celles de l’insecte parfait; la bouche présente deux saillies cornées, qui paraissent être les mandibules ; leur abdomen est garni latéralement de tubes respiratoires analogues à ceux que l’on remarque sous le thorax de certaines larves de Perles et de Nemoures, qui leur servent non-seulement pour respirer, mais encore pour nager ; ils sont placés sur une même ligne de chaque côté de l’abdomen, et réunis par paire ; l'extrémité postérieure du corps est munie de longs filets sétacés, au nombre de deux ou trois, comme dans l'insecte parfait ; les tarses sont terminés par un seul crochet. Les nymphes ne différent des larves que par la présence des rudimens d'ailes; lorsqu'elles doivent éclore, elles sortent de l’eau, et s’attachent après les piantes ou les pierres; les insectes parfaits en sortent alors, mais tout leur corps est encore enveloppé par une peau mince, dont ils ne se dépouillent que quelque temps après pour être propres à la reproduction.
Le nombre des Ephémères connus n’est pas trés-considérable et la plupart sont indigènes. Nous les séparons en deux divisions, selon le nombre de filets dont leur abdomen est muni.
PREMIÈRE DIVISION
Abdomen terminé par trois filets.