DEUXIÈME SECTION
CRÉPUSCULAIRES, Larn.:
HÉTÉROCÈRES (ex parte), Bots.
Caractères. Antennes renflées vers leur extrémité, en massue allongée , prismatique ou fusiforme. — Ailes maintenues pendant le repos dans une position horizon:
tale, par une soie roide en forme d’épine ou de crin implanté au bord externe des secondes ailes. et passant dans un crochet à la surface inférieure des premières ailes.
Nous séparons celte section en trois familles :
La première est celle des CASTNIENS, répondant aux Hesperi-Sphinges &e Latreille; elle se compose d'espèces toutes exotiques propres aux contrées équatoriales du globe; ce sont généralement: des Lépidoptères d’une grande taille et ornés de belles couleurs, et présentant des caraclèresayant de J'analogie, d’une part avec les Hespériens, et d’autre part avec les Zygéniens et Sphingiens.
PREMIÈRE FAMILLE
Caractères. Antennes simples, plus ou moins épaissies vers leur milieu ou à l’extrémité., — Trompe trés-distincte. —\ Palpes très-saillants, ayant toujours leurs articles parfaitement distincts.
Cette famille ne se compose que d’espéces propres aux contrées équatoriales ; elles établissent un passage entre la famille précédente et les Sphingiens, ce qui leur a valu la dénomination d’Hesperi-Sphinges.
Nous la séparons en deux groupes, basés principalement sur ia forme différente des antennes ; ce sont les Agaristites et les Castniles.
La seconde famille, celle des Zrcé- NIENS, se COompose d’espèces généralement de taille assez petite ; et répandues dans les différentes parties du globe, et en grand nombre en Europe; leurs Chenilles sont velues et comme boursouflées.
Les SPHINGIENS constituent la troisième et dernière famille ; ce sont des Lédidoptéres répandus dans les différentes parties du monde, et remarquabies par leur gros corps, avec des ailes fort étroites; leurs chenilles sont généralement munies à leur extrémité postérieure d’une sorte de corne en forme de queue ; elles ont l’habitude, lorsqu’on les inquiète, de redresser la partie antérieure, et de se tenir ainsi portées sur les pattes membraneuses.
- C’est de cette attitude menacçante, que l’on a comparée à celle du Sphinx de la fable, que leur est venue cette dénomination.
— CASTNIENS.
AGARISTES.
Caractères. Antennes épaissies au-delà.
de leur partie moyenne, et terminées en pointe sétacée.
Genres : Cocytlia, Agarista, Coronis.
COCYTIA, Borso.
Corps extrêmement épais. — Tête peu grosse. — Palpes grands, le premier article assez large, le second relevé contre la tête, aplatiet linéaire, dépassant déjà un peu le bord du chaperon, le dernier plus long
que le précédent, trés-grêle, cylindrique, ayant la forme de petites antennes. — Aniennes au moins aussi longues que le corps, épaissies graduellement vers leur extrémité et terminées en pointe recourbée en dehors. — Thorax fort large. — Ailes assez grandes, peu larges. dépourvues d’écailles, et dés-lors transparentes dans leur mi.
lieu, — Pattes longues, robustes; les jambes un peu élargies dans leur milieu; les tarses beaucoup plus longs que les jambes, garnis en dessous d’épines assez fortes; leurs crochets très-petits, écartés et ciliès en dessous.
La seule espèce connue de ce beau genre se rapproche du genre Nyctalemon par ses palpes et ses antennes.
COCYTIA URVILLÆI. (PI. 21, fig. 2.)
Boxrspuvaz, Monographie des Zygénides, p. 22, pl. 4, fig. 4.— Env. 3 pouc.— Corps d’un beau vert-bleu des plus éclatans ; antennes noires; ailes diaphanes, ayant une large bordure noire; lies nervures de la même couleur, et des rayons s'avançant du bord entre chaque nervure ; les quatre ailes présentent encore à leur base une tache d’un ferrugineux vif; les pattes sont recouvertes de poils et d’écailles d’un vert-bleu métallique, comme le reste du corps.
Cette belle espèce a été prise à Dorey, côte de la Nouvelle-Guinée , par le capitaine d’Urville, et fait partie de la collection du Muséum d'Histoire Naturelle.
AGARISTA, Leaca, Larr., Gop., Borso.
Corps assez long, de médiocre épaisseur, —Palpes dépassant notablement le bord du chaperon. ayant leurs deux premiers articles aplatis, couverts de longs poils, le dernier long, grêle, presque glabre, de forme cylindrique, et terminé en pointe cônique.— Antennes presque aussi longues que le corps, légèrement renflées vers leur extrémité, arquées et terminées en pointe.
— Ailes grandes et assez larges; les postérieures ayant leur cellule discoïdale fermée. — Pattes assez fortes, les jambes antérieures sans épines; les intermédiaires terminées par deux forles épines, et les postérieures en ayant quatre, dont deux terminales, et deux autres situées au-dessus; les tarses très-légèrement ciliés en dessous, ayant leurs cinq articles à peu près d’égale longueur , le premier à peine plus long que le suivant.
On connoît un certain nombre d’espèces exotiques de ce genre.
CASTNITES.
AGARISTA PALES. (PI. 49, fig. 3.)
Boiso., Faune de Madagascar, p. 70, ph 40, fig. 4 et 2. — Env. 2 à 3 pouc. — Corps noir en dessus, avec quelques points d’un jaune très-päle sur la tête et le thorax; ailes noires; les antérieures ayant quelques points d’un jaune verdôtre à ieur base, une petite tache blanche un peu avant leur milieu, une petite bande transversale divisée par les nervures en cinq taches; les postérieures ayant une grande tache d’un beau bleu de ciel; en dessous la base des premières ailes est d’un jaune orangé, et la moitié antérieure des secondes est de la même couleur; le dessous du corps est de la même nuance.
Cette espèce provient de l’île de Madagascar.
Parmi les autres espèces d’ÆAgarista, nous citerons les 4. Hæmorrhoidalis, Guérin, Voyage de Duperrey; Bellangerit, ejusd., Voyage de Bellanger ; Picta et Octomaculata, Gon., Encycl. Méth., 1. IX, p. 803, n. 2 et 3 ; Glycinæ, LewiN, Borsn., Spéc. des Lép., pl. 14, 10 B, fig. 3; Luctifera, Loc. cit., fig. 4, et quelques autres espèces décrites par M. Boisduval dans-sa Faune de l'Océanie.
CORONIS, Lar.; Agarista, Gop.
Ce genre diffère surtout du précédent par les antennes droites, légèrement épaissies vers l’extrémité, et par les ailes postérieures pourvues d’un petit prolongement caudiforme.
CORONIS LEACHII.
Agarista Leachii, Gon., Encycl. Méth., t. IX, p 803, n. 4. — Coronis Leachü, Boisp., Spéc. gén. des Lép., pl. 14, 10, 43, fig. 2. — Env.2 pouc., 2 à 3 lig. — Ailes grisâtres, avec une Jarge bande transversale dentelée sur les antérieures, plus colorée que le fond de l'aile. et suivie d’une bande beaucoup plus pâle ; les postérieures d’un ton uniforme, avec une petite queue tronquée à l’extrémité. —Du Brésil.
Le genre Phœagarista, Boisp., Sp. gen.
des Lép., pl. 14, fig. 40, appartient peutêlre aussi au groupe des Agaristites.
CASTNITES.
Caractères. Antennes fortement renfices en massue à Jeur exlrémilé, et terminées par un petit crochet.
Genres : Castnia, Hecatesia, Ægocera.
Smerinthus ocellatus .
Cocytia Duarville: .
be.
Proeris statices .
Zyéœna lavandulæ .
Le "42
Svotomis phegea .
ÆGOCERA.
CASTNIA, Fask., Lare,
Corps robuste, très-épais, — Yeux fort grands. — Palpes ne dépassant pas le bord du chaperon, appliqués contre la face inférieure de la tête, grèles, ayant leur second article allongé, et le dernier extrémement petit. — Antennes assez rapprochées à leur base, grandes, mais beaucoup moins longues que le corps, renflées vers leur extrémité en une grosse massue, et terminées par un petit crochet soyeux à l’extrémité. — Thorax trés-épais, avec les paraptères grands et allongés, couverts d’écailles fort grandes, ainsi que la base des ailes et de l’abdomen, et imitant ainsi en petit les plumes d’un oiseau. — Ailes grandes et larges, les antérieures coupées obliquement à leur extrémité ; les postérieures n’ayant pas de cellule discoïdale distincte.
— Pattes antérieures courtes et grêles ; les intermédiaires et les postérieures très-fortes; celles-ci munies de quatre épines à leur extrémité, et les autres de deux. — Tarses aussi longs que la jambe, les intermédiaires ayant lenr premier article très- gros, plus gros que les quatre suivans réunis : ceux-ci forts courts, les postérieurs ayant leur premier article beaucoup moins gros, et seulement de la longueur des trois suivans réunis; les crochets petits et arqués.
Ce genre se compose de quelques espéces exotiques d’une grande taille, et parées généralement de belles couleurs. Dalman a donné le Prodrome d’une Monographie de Castnies.
CASTNIA ATYMNUS. (PI. 49, fig. 2.)
Daiw., Prod. d’une Monog. du genre Castnia, p.12, n. 6. — Env. 3 pouc., 3 à 6 lig.— Tête, thorax et antennes d’un brun noirâtre ; ailes de la même couleur; les antérieures ayant une bande transversale étroite blanchätre, partant du milieu du bord antérieur, et atteignant l’extrémité du bord postérieur ; les secondes ayant une bande transversale beaucoup plus large, et d’un blanc beaucoup plus éclatant ; en dessous les quatre ailes sont d’un gris brunâtre assez päle,avec les mêmes bandes qu’en dessus, el de plus quelques taches d’un blanc bleuâtre vers ie sommet des antérieures , à peine visibles en dessus ; abdomen blanchàtre, avec sa base brune; tout le corps blanchâtre en dessous.
Voyez pour les autres espèces la Honographie de Dalman, qui en décrit d'z-
sept, et le Synopsis du même genre, dans les Trans. of. the Ent. Soc. of London.
HEC ATESIA, Borsp.
Ce genre se distingue facilement de ses congénères, par des antennes hérissées, renflées en une massue fusiforme très forte, des palpes trés-velus, ne dépassant pas le chaperon, ayant leur dernier article trèscourt, et des ailes antérieures un peu bombées et comme voûtées près de leur bord antérieur.
Nous n’en connoissons qu’une seule espèce, c’est l’
HECATESIA FENESTRATA.
Boisn., Monog. des Zygénides, p. 2, pl. 4, fig. 2; ejusd., Spéc. gén. des Lépid., pl. 14, 403, fig. 7. — Env. 4 pouc. — Ailes antérieures d’un brun noirâtre, avec deux petites bandes transversales d’un blanc tirant sur le jaunâtre, et près de la côte une large tache transparente, ayant la longueur du tiers de l'aile, et à son bord antérieur une duplicature très-épaisse ; ailes postérieures d’un jaune fauve, avec une large bordure noire, et un point qui se lie à la côte; thorax mélangé de noir et de fauve ; abdomen de cette dernière couleur, avec une tache d’un bleu noirâtre au bord de chaque segment.
De la Nouvelle-Hoillande. Collection du Muséum.
ÆGOCERA, Larr., Borsn.
Antennes dépourvues de huppe écailleuse à leur extrémité, et renflées vers leur milieu en forme de fuseau.—Palpes ayant leur second article garni d’un faisceau de poils avancé en forme de bec. — Ailes en toit, entiérement couvertes d’écailles. — Abdomen presque cônique.
Le type de ce genre est l’
ÆGOCERA VENULIA,.
Phalæna Venulia, CramM., Pap. Exot., tab. 465, fig. 2. — Bombyx Venulia, Fas., Ent. Syst., Sup., p. 158,-9. — Ægocera Venulia, Boisn., Monog. des Z'ygénides, p. 43, pl. 7, fig. 3. — Env. 49 à 13 lig. — Tête et thorax grisâtres ; ailes antérieures d’un brun ferrugineux, avec une bande blanche longitudinale allant de la base presque jusqu’au sommet, et dilatée vers son milieu, de manière à former un angle, vordée en outre par une ligue rouge, et
ornée de trois points de la même couleur; ailes postérieures fauves, avec une large bordure et un point discoïdal d’un brun rougeàlre; abdomen fauve en dessus et blanchâtre en dessous.
Du Bengale.
M. Boisduval (Spéc. gén. des Lépid.,
DEUXIÈME FAMILLE
Caractères. Antennes renfiées en massue, fusiformes ou en cornes de bélier, et quelquefois simples ou pectinées.— Palpes petits, relevés, plus ou moins cylindriques.
— Corps long. — Ailes fort étroites, linéaires, en toit pendant le repos.
Nous séparons cette famille en deux tribus, basées sur quelques caractères imporlants , et sur la manière de vivre trèsdifférente des espèces qui composent chacune d’elles.
Ce sont les Sesides et les Zygénides.
PREMIÈRE TR SESIIDES,
Caractères, Antennes simples, en fuseau allongé , terminées par un petit faisceau de soies ou d’écaiiles. — Jambes postérieures muuies à leur extrémité de pointes trèsfortes. — Abdomen terminé, au moins dans les mâles, par une sorte de brosse.
Cette tribu se compose d’espèces dont les chenilies vivent dans l’intérieur des bois, de la même maniere que les Cossus, et ont une forme trés-analogue à celle des larves de Longicornes, qui sont de la même couleur, et ne présentent aussi que des pattes rudimentaires,
Elle se divise en deux groupes :
Chimérites et les Sesiites.
IBU.
les
CHIMÉRITES.
Caractères. Antennes légérement pectinées dans les mâles.— Ailes plus courtes que dans les Sesiiles, et nullement transparentes.
Genre : Chimæra.
CHIMÆRA, Ocss., Atychia, Horu.,
Boisp.; LaTe.
Antennes courtes, légérement pectinées
THYRIS.
p!. 14, fig. 5 et 6) en a représenté deux autres espèces sous les noms de Rectilinea et d’Amabilis.
Nous pensons que son genre Eudryas représenté sur la même plancbe, fig. 9, doit se placer ici,
= ZYGÉNIENS.
en dessous dans les mâles, simplement ciliés dans les femelles, et sensiblement plus grêles vers leur extrémité. —- Palpes écailleux, s’élevant au-dessus du chaperon. — Abdomen presque cônique, avec l’oviducte saillant dans la femelle. |
On ne connoît qu’un petit nombre d’espèces de ce genre, toutes de fort petite taille.
Le type est la
CHIMÆRA APPENDICULATA.
Esp. Pap., Ocus.. Schm. von Europ.— Borso., Jcon. des Lépid. d'Europ. — Sphinx Chimæra, Huzx., Pap.,n. 4. — Pyralis lV’ahliana, Faz., Ent. Syst..t. TT, p..2. p.245, n. Fe Corps noir ; ailes antérieures verdâtres, avec une ligne longitudinale blanche ; les postérieures noires, avec les bords et une grande tache médiane, de couleur blanche. — Italie, Autriche. "
SESIITES.
Caractères. Tête arrondie , pourvue de deux ocelles très-distincts. — Aiïles plus ou moins transparentes, c’est-à-dire dépourvues d’écailles. — Jambes postérieures armées de trés fortes épines. — Abdomen
cylindro-cônique.
Les chenilles sont vermiformes, sans pattes membraneuses distinctes, vivant dans l’intérieur des tixes, ou aux racines; les chrysalides sont épineuses au bord postérieur de chaque segment.
Genres : Thyris, Sesia.
THYRIS, Izzrc., Lar.
Antennes grêles, fusiformes., — Palpes dépassant notablement le bord du chaperon, ayant leur dernier article presque su el terminé en pointe crochue.— Ailes horizontales, courtes, dentelées. — Abdomen cônique.
Nous ne connoissons que deux espèces européennes de ce genre, la plus répandue est le
THYRIS FENESTRINA.
Sphinx Fenestrina , Fas., Ent. Syst., t. 111, p. 357. n. 8.— Bonk., Esp. Schm., LP tab 029. Sup. 5", fig. ss." 4790 — Sphinx Paralidiformis, Huew., Sp., t. 3, fig. 16. — Thyris Fenestrina , «Ocus., Schm. von Europ., t. 11, p. 115, n. 4. — Gop., Pap. de: France, t. III. p. 4123, pl. 22, fig. 4. — Borsr., Mon. des Zyg., p. 46, pl. 4, fig. 4. — Le Pygmec, Encram. — Enverg. 8 à 9 lig.— Corps noirâtre, avec le quatrième et le dernier segment de l’abdomen jaunâtres en dessus et blancs en dessous ; les ailes d’un noir brunâtre, ponctuées et striées de doré, et ornées de deux taches transversales blanches. — Europe méridionale,
SESIA, Lase., Ocus., Latn.; Ægeria, FaBr.
Corps long. — Antennes fusiformes, quelquefois dentelées dans les mâles. — Palpes dépassant notablement le bord du chaperon. — Ailes fort étroites, transparentes en totalité ou seulement en parties, avec le stigma placé au-delà de leur milieu. — Pattes longues.
Les espèces de ce genre sont fort nombreuses. Toutes ressemblent à des Hyménoptéres, des Guêpes par exemple, par leurs ailes transparentes et leur corps allongé.
Le type est la
SESIA APIFORMIS. .
Sphinx Apiformis, Linn., Syst. Nat., t. 11, p. 804, n. 29 ;'ejusd,, Faun. Suec., n. 1095..— Far., Ent, Syst., 4 AI, p. 382, n. 13. — Enverg. 45 à 20 lig. — Corps jaune, avec une large ligne médiane sur le thorax, et le bord postérieur de chaque segment de l’abdomen d’un brun noirâtre; antennes noires; ailes diaphanes, avec le bora costal des supérieures, les pervures el la frange d’un fauve grisâtre.
Cette espèce est commune dans toute PEurope; sa chenille vit dans les troncs des peupliers. -
M. Boisduval, Gen. et Ind. Meih., énumère quarante-huit espèces de ce genre; entre autres les Sesia Asiliformis, KaB., de Frañce; Spheciformis, luzsx., de France , ainsi que les Chrysidiformis, Esp., Tchneumoniformis, Fag., etc., etc.
GLAUCOPIS.
DEUXIÈME TRIBU
ZYGÉNIDES.
Caractères. Antennes dépourvues de houppe , écailleuses à leur extrémité. — Jambes postérieures n’avant à leur extrémité que de trés-pelites pointes. — Abdomen dépourvu de brosse à son extrémité.
Cette triba se compose d’espèces généralement ornées de belles couleurs, ayant le plus souvent des ailes postérieures rouges, et des taches de cette couleur sur les premières; leurs chenilles sont velues, renflées et comme boursouflées ; la plupart sont jaunâtires ou verdàtres, avec des taches ou des points noirs.
Le plus grand nombre des espèces connues est propre à l’Europe.
Nous séparons celte tribu en deux groupes : les Procriles et les Zygénites,
PROCRITES.
Caractères. hntennes bipectinées , plus ou moins fortement, au moins dans les mâles, pectinées ou seulement ciliées dans les femelles.
Genres : Glaucopis, Procris, Hetercgynis.
GLAUCOPIS, Far., Larr., Borsp.; Charidea, Dai.
Ce genre se distingue facilement des suivans par le corps plus gros et surtout plus long ; les antennes garnies d’un double rang de dents allongées, ou bipectinées, et les ailes étroites et allongées, rappelant par Jeur forme, avec la proportion du corps, Paspect de certaines Sesia.
On connoît un certain nombre d’espèces de ce genre; toutes sont exotiques el pr”pres aux contrées équatoriales.
GLAUCOPIS FORMOSA,
Faun. de l’île de Madag.. p. 82, pl. 41 fig. 3. — Glaucopis l'ollelii, Guër., Icon.
du Reg. anim., Ins., pl. 84 bis. — Enverg.
2 pouc. — Corps d’un bleu métallique, avec les paraptères d’un rouge fauve, bordés de noir; ailes noires, avec deux grandes taches d’un jaune soufre pâle; les antérieures ayant leur première cunéiforme, située vers la base, coupée par la nervure €t la seconde près l’extrémité et divisée e:
quatre par les nervures; elles ont encore
476 SYNTOMIS.
une tache à leur base, et un croissant discoïdal d’un bleu métallique ; abdomen de cette dernière couleur, avec le premier et le quatrième segmens d’un rouge fauve en dessus et blanchâtre en dessous.
Cette espèce est extrêmement commune à l’île de Madagascar.
PROCRIS, Fagr., LATR., GODb.; Atychia, Ocus.
Corps peu long, assez épais. — Antennes presque filiformes, ayant leur extrémité renflée en massue , pectinées dans les mâles, très-légèrement dentées, ou simples dans les femelles. — Palpes grêles, courts, n’atteignant pas le bord de la tête. — Ailes plus larges que dans les Zygæna.
On ne connoît que quelques espèces de ce genre , dont le type est le
PROCRIS STATICES. (PI. 21, fig. 5.) Lainn., Syst. Nat., t. II, p. 808 — . Faz., Ent. Syst.,t, II1, p. 406 , n. 68.— Husx., Ocus., Gon., etc. — Enverg. 12 à 44 lig. — Corps d’un beau vert brillant; antennes d’un noir bleuâtre; ailes antérieures entièrement d’un beau vert soyeux ; ailes postérieures d’un gris cendré.
Cette espèce est répandue dans une grande partie de l’Europe.
HETEROGYNIS, Ramws., Borsv.; Tinea, Hu.
Ce genre différe du précédent par un corps plus grêle ; — des antennes terminées plus en pointe ; — une trompe plus courte ; — des ailes plus larges, fuligineuses comme dans le genre Psyche.
Cegenresembletenirenmêmetempsdes Psyche, dont il en diffère notablement par des antennes plus longues et par des ailes plus allongées, et des Procris, avec lesquels il se lie intimement; mais ce qui rend ce genre l’un des plus singuliers de l’ordre des Lépidoptères. ce sont ses métamorphoses.
Leurs Chenilles sont onisciformes, légèrement pubescentes, et leurs chrysalides s’enferment dans un léger tissu en forme de filet. Les femelles ont tout-à-fait le même aspect que les chrysalides, dont elles ne différent que par un simple changement de peau; elles s’accouplent, enfantent leurs œufs, el meurent dans leur coque.
On connoîl trois espèces de ce genre, deux recueillies en Espagne par M. le doc-
teur Rambur, qui les a fait connoître le premier, et l’autre du midi de la France, c’est l’ ;
HETEROGYNIS PENELLA.
Husn., Pap. Europ.,n. 447. — Rams., Faun. de l’ Andalousie. — Enverg. 8 à 40 lig. — Corps d’un gris noirâtre ; ailes entièrement d’un gris enfumé. — De la France méridionale.
ZYGÉNITES.
Caractères. Corps généralement cylindrique. — Antennes renflées en massue à leur extrémité, et courbées. — Ailes antérieures fort étroites; les postérieures plus courtes, — Abdomen cylindrique, presque linéaire.
Les chenilles sont renflées, avec une trés-petite tête ; elles se métamorphosent dans une coque soyeuse, entre les feuilles ou les tiges des plantes.
Genres : Psychotoe, Syntomis, ZygϾna.
PSICHOTOE, Borsr.
Ge genre se distingue des autres de ce groupe par un corps large et un peu déprimé ; — des antennes moniliformes, un peu plus épaisses dans leur milieu ; — des palpes très-courts, et des ailes horizontales semi-transparentes , sans aucune tache.
La seule espèce connue estle
PSICHOTOE DUVAUCELIT,
Boisp., Mon. des Zyg., p. 129, pl. 8, fig. 5. — Corps velu, noirâtre, avec Île premier et le quatrième segment de l’abdomen jaunes; les ailes noirâtres, subdiaphanes. .
Cette espèce provient du Bengale.
SYNTOMIS, Izuic., LATR.
Corps assez long. — Antennes grêles, presque fusiformes, de la moitié plus longues que le corps. — Palpes courts, presque cylindriques, obtus et fort courts. — Ailes longues. — Pattes de moyenne longueur, trés-épineuses.
On connoît un petit nombre d’espèces de ce genre; la seule que l’on rencontre en Europe , est le
SYNTOMIS PHEGEA. (P1. 21, fig. 4.) Sphinx Phegea, Linx., Syst. Nat.,t.1F, p. 805, n. 35. — Husx., tab, 20, lg. 99
MACROGLOSSUM.
et 400, ë&t tab. 5, fig. 80. — Drury ,t. I, tab. 25, fig. 2. — Esp., Schm., t. II, tab. 16, fig. Aets.144.— Zygæna Quercus, Fasr., Ent. Syst., t. III, p. 338, n. 6.— Syntomis Phegea, Ocns., Schm. von Eur, t: LE, p. 165, n. 4. — Gon., Lépid. de France, t. 1, pl. 22, fig. 44. — Boisv., Mon. des Zyg.. p. 108, pl. 6, fig. 8. — Var. Sphinx Clelia et Iphimedon, Esp.
— Sphinx du Pissenlit, Encr. — Env.
48 à 20 lig. — Corps d’un vert bleu, noirâtre ; antennes noires, avec leur extrémité blanchätre; ailes de la couleur du corps , avec six taches blanches sur les antérieures, une à leur base, deux vers le milieu, et trois vers le sommet, et deux semblables sur les postérieures; abdomen ayant en dessus son premier et son quatrième segmens jaunâtres.
Cette espèce est commune dans toute l'Europe méridionale,
M. Boisduval (Mon. des Zyg.) a décrit quatorze espèces exotiques de ce genre; il en a fait connoître deux autres dans sa Faane du Madagascar.
2YGÆNA, Fasr., LATR., Ocus.; Anthrocera, Scor., STEPH.
Corps assez long. — Antennes assez fortes, renflées à leur extrémité en une massue épaisse et arquée.—Palpes courts, très-velus. — Ailes longues. — Pattes de moyenne longueur, garnies d’épines.
Les espèces de ce genre sont fort nombreuses ; toutes ont leurs ailes rouges en plus ou moins grande partie, surtout les postérieures.
ZYGÆNA FILIPENDULÆ.
Sphinx Filipendulæ, Linn., Syst. Nat.,
t. II. Fan, Ent. Syst, t. ILI.— Hupn., JDA, Lt 088. als — Esp. II, t XVI, fig. A-E, s. 138, et tab. 356, cart. 11, fig. 8, s. 233. — Zygæna Filipendule, Ocus., Schm. von Europ., 11, p. 54, n.14.
— Go: wPap-tderFrances t:dA1l, pl092, fig. 437, À, B, CG, D, E,F.— Borsr., Mon.
des Zyg., p. 59, pl. 4, fig. 4.— Le Sphinx Bélier, Georr. — Enverg. 15 lig.— Corps d’an bleu noirâtre ; antennes de la même couleur; ailes antérieures d’un vert noirâtre soyeux, avec six taches d’un rouge carmin, deux à la base , deux vers le milieu . et deux autres vers l’extrémité ; ailes postérieures rouges, avec une bordure d’un bleu noirâtre,
Cette espèce est répandue dans la plus grande partie de l’Europe. Sa chenille est d’un jaune verdâtre, avec quatre rangées de taches noires; elle vit sur des légumineuses.