‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 185 sur 1317 · HÉMIPTÈRES · texte numérisé non relu

HÉMIPTÈRES

emt-0-0 em.

Les Hémiprères commencent la série des insectes dont les pièces de la bouche ne sont plus libres; mais toujours soudées entre elles, ayant entièrement l’apparence d’un suçoir, qui sert réellement à l’animal pour absorber les divers fluides comme chez les papillons et les mouches : le suçoir est composé de soies très-grêles qui représentent les mandibules et les mâchoires, et qui, par leur réunion, forment une espèce de tube dans lequel pénètre les liquides dont l’insecte fait sa nourriture ; d’une lèvre inférieure ayant également la forme d’un tube qui sert de gaîne aux mandibules et aux mâchoires, et d’une lèvre supérieure, qui, s'appliquant sur ces organes, sert à les protéger.

Tous les HéwrpTÈRes ont des métaphorses incomplètes , seulement des changements de peau successifs ; leur mode d’accroissement est le même pour tous les genres et pour toutes les espèces, et nous ne reverrons pas chez eux ces divers développements si singuliers chez les Névroptères.

Dans cet ordre, les uns sont carnassiers et sucent le sang de l’homme et des animaux, et les autres vivent paisiblement sur les fleurs, sur les feuilles et sur les tiges, dont ils absorbent les fluides.

Linné, le premier, leur applique le nom d'Hémiptéres , en y réunissant l’ordre des Orthoptères, qui offrent cependant avec eux des dissemblances frappantes, principalement par leurs organes de manducation ; il avait pris surtout en considération le caractère de leurs ailes supérieures, dont la partie antérieure est coriace comme chez les Sauterelles, avec leur partie postérieure transparente et veinée.

Fabricius a créé un assez grand nombre de genres dans cet ordre auquel il applique Je nom de Ruyncora, provenant d’un mot grec qui signifie bec, et qui donne une idée de la bouche de ces insectes.

Latreille divise les Hémiptères en deux sections qui avaient déjà reçu le nom d’Ordres, dans les travaux de MM. Kirby et Léach : la première est celle des HÉrTÉRor-

— TÈRES, qui comprend tous ceux dont les ailes sont à demi coriaces, et qu’il divise encore en deux grandes familles; l’une, les Géocorises, renferme tous les Hémiptères de cette section vivant sur la terre ; l’autre, les Hydrocorises,ceux qui vivent particulièrement dans l’eau ou à sa surface : la seconde section est celle des Homoptères qui comprend tous ceux dont les ailes supérieures sont transparentes dans toute leur étendue.

M. Laporte, dans un essai sur la classification des Hémiptères Hétéroptères , augmenta prodigieusement le nombre des genres, et divisa l’ordre en deux tribus fort peu naturelles: la première est celle des HzæMaATELGES, qui renferme les Béduves, insectes carnassiers et une partie de Hèmiptères aquatiques ; la seconde tribu à laquelle il applique la dénomination d’Anthotelges (qui sucent tes fleurs), comprend tout le reste de l’ordre où se trouve une partie de ces insectes vivant dans l’eau, et d’autres qui se nourrissent de proie et qui sucent le sang , telle est la punaise des lits et beaucoup d’autres; et la première tribu est partagée en cinq familles, et la seconde en neuf, ce qui forme quatorze familles pour toute la section des Hémiptères Orthoptères.

Ea classification des Hémiptères a eu encore à subir des modifications. M. Burmeister ayant eu à traiter cet ordre dans le second volume de son ouvrageintitulé : Handbuch der Entomologie, a augmenté encorele nombre des genres, et il commence la série paries Hémiptères Homoptères,dontladernière famille est celle desGigales, et les Hétéroptères commencent par les aquatiques, qui lui ont paru avoir plus d’analogie avec les Hétéroptères : cette méthode semble assez rationnelle; mais comme les Homoptères ont dans l’aspect quelques traits de ressemblance avec les Hyménoptères, il nous paraît convenable de suivre l’exemple de Latreille.

M. Brullé, dans le tome IX de son Histoire des insectes, a apporté quelques changements à la classification des Hémiptères Hétéroptères ; il a restreint le nombre,

- 86 :HÉTÉROPTÈRES.

des genres dont plusieurs se trouvaient dépourvus de caractères, et a divisé, comme M. Burmeister, la section en onze familles qui paraissent très-naturelles et que l’on ne saurait augmenter ou restreindre avec avantage. Mais, plus récemment encore, M. Spinola, ne connoissant pas les travaux importants des deux auteurs que nous venons de citer, créa pour la premiére section de cet ordre une nouvelle classification où il divise les Hémiptères Hétéroptères en cinq tribus, souvent elles-mêmes partagées en plusieurs familles qui renferment un certain nombre de genres nouveaux. Lesgenres créés par M. Spinola rentreront pour Ja plupart dansceux adoptés par M. Brullé; mais avec ceux de l’ouvrage de

M. Burmeister, qui sontbeaucoup plus muitipliés, nous ne les verrons pas toujours Correspondre exactement : ce qui semble attester que des genres multipliés à l'infini et basés sur des caractères d’une faible importance et d’une valeur secondaire ne peuvent nullement servir au progrès de la science, mais plutôt à l’embrouiller.

T'els sont les principaux ouvrages qui ont le plus contribué à la connaissance des genres et des espèces de l’ordre des Hémiptères, beaucoup plus avancée aujourd’hui que pour les Coléoptères, qui ont cependant attiré l’attention d’un plus grand nombre d’observateurs.

Notre classification s’éloignera peu de celle adoptée par M. Brullé.

PREMIÈRE SECTION

HÉTÉROPTÈRES.

Caractères. Bec naissant du front, — Prothorax beaucoup plus grand que les deux autres seomens du thorax. — Elyires coriaces dans leur moitié antérieure, et transparentes dans le reste de leur étendue.

Les familles de la section des Hétéroptères sont : Ja première celle des Noroxec- TIENS, qui renferme des insectes aquatiques peu nombreux en genres et en espèces ; la plupart indigènes.

La seconde famille est celle des NePrens; ce sent également des insectes aquatiques, dont quelques-uns, propresaux pays chauds, sont d’une grande taille et surpassent en volume tous les autres Hémiptères.

Viennent ensuite les GALGuLIENS, qui sont peu nombreux, en général d’une petite taille, et qui s’enfoncent ordinairement dans le sable, surtout pendant le temps qu’ils passent à l’état de larve.

Les LeproPobiens forment la quatrième famille , ils se composent de petits insectes vivant aux bords des eaux et qui poursuivent leur proie avec beaucoup d’agilité.

Les VELIENS, qui se placent immédiatement à la suite, sont des insectes qui passent leur vie à la surface des eaux, et qui ne s’y enfoncent jamais, si ce n’est pour reparoître aussitôt ; ils courent sur les eaux avec beaucoup de vivacité et aussi facilement que s’ils marchoïent sur la terre.

La sixième famille est celle des Révu- VIENS , insectes nombreux en genres ct en

espèces, essentiellement terrestres, tréscarnassiers, ne vivant que de rapine, répandus assez également sur toute la surface du globe; mais dont les grosses espèces sont en général propres aux contrées méridionales, soit de l'Amérique, soit de l’Afrique.

Les Araprens forment la septième famille, ils sont peu nombreux; en général ils se nourrissent du suc des végétaux; mais quelques autres sucent le sang. Telle est la punaise des lits.

Les Confens constituent la huitième famille ; ce sont des insectes qui vivent sur les végétaux, dont ils absorbent les fluides ;

“ils sont nombreux en genres et en espèces

et propres à toutes les parties du monde, Se placent ensuite les Lycéens, qui présentent souvent des couleurs assez vives, variées de noir et de rouge, et qui passent leur vie sur les plantes.

Les Mrriens, qui ont de grandes ressem-

blances avec ces derniers, sont très-nom-

breux en espèces, presque toutes d’une très-, petite taille, et dont le plus grand nombre est propre à l’Europe.

Les ScuTELLERIENS constituent la onzième et dernière famille de la première section des Hémiptères ; ils sont remarquables par la dimension de leur écusson, qui recouvre souvent l'abdomen en entier, et offre dans

beaucoup d'espèces des couleurs si bril-:

lantes et si riches, qu’elles ne cèdent pas «|

Insectes Hem ip leres

r. Corrxa punctata k. Belostoma grandis .

D. Naucoris *maculata.

2, Notonercta @lauca .

, : ä ae SR 3, Ranatra linearis. G, Gerris lacustiris ,

CORIXA. 87

en éclat à celles des plus beaux Coléoptères. Tel est l'énoncé succinct des famslles de Les Scutelleriens sont nombreux en es- la première section des Hémiptéres, qui

pèces, les plus grandes et les plus belles renferment une grande quantité d’espèces,

ce propres à l’Asie et à l’Afrique méridio- dont une partie est encore inédite,

nales, \

PREMIÈRE FAMILLE. — NOTONECTIENS.

Caractères. Corps ordinairement assez Les Corises se trouvent dans l’eau, grimconvexe.— Yeux trés-gros, également dé- pant après les plantes aquatiques, ou marveloppés en dessus et en dessous. — Pattes chant dans la vase ; mais elles sont obligées antérieures courtes, ne présentant jamaisde de venir fréquemment présenter leur abpinces propres à retenir leur proie. — Pattes domen à la surface pour prendre de l'air ; intermédiaires plus longues que les anté- elles nagént par secousses en ramenanit viorieures. — Les postérieures beaucoup plus lemment leurs pattes postérieures près de grandes que les autres, garnies de longs la tête, et s’en servant comme de deux poils, ayant l’apparence de deux grandes grandes rames, étant beaucoup plus déverames. Joppées que les autres pattes. Lorsque ces

Les Noctone tiens sont essentiellement insectes sont placés sur le sol, ils avancent pageurs: on les rencontre souvententrés- difficilement et presque par sauts; mais grande abondance dansleseaux tranquilles: leurs ailes leur permettent de s’élever dans iis s’enfoncent souvent dans l’eau; mais ils l’air et de se transvorter ainsi d’une mare

sont obligés-de venir respirer à la surface; dans une autre.

leurs habitudes sont très-carnassières, et Ce genre est peu nombreux en espèces, ils ne font leur nourriture que d’animaux vivants. PREMIÈRE DIVISION.

Genres : Coriva, Notonecta, Ploa. à (Corixa).

CORIXA, GEOFF. ;

. Corselet légérement avancé en arrière Notonecta, Latr.; Sigara, Faër. 4 5

cachant l’écusson en grande partie.

Corps ovalaire. — Tête se prolongeant 4. CORIXA PUNCTATA. (PI. 4, fig. 4. au-delà de l’origine des pattes antérieures. Sigara Striata, PANz., Faur, Di —Mandibules et mâchoires comprises dans: fase. 507, tab. 23. — Corixa Punctata,

* le prolongement de la tête, mais non en- Burm., Handb. der Ent., t. 11, p. 486, n.1.

gaînées par la lèvre inférieure.— Les deux : Brurr., Hist. des Ins., t.1X, p. 254, lèvres formant par leur réunion une gaîne pl. 29, fig. 4. — Long. 5 lig. !. — Corps

triangulaire , qui donne passage aux mandi- Q’un blanc-jaunâtre, lisse et très-brillant ; bules et aux môchoïres. — Antennes ayant corselet rayé de brun transversalement; leur base cachée, sous le bord inférieur de sternum de couleur noire ; élytres ayant un la iête ; leurs articles au nombre de quatre, grand nombre de taches brunes, ou plutôt dont les deux derniers plus Jongs queles Ge lignes transversales très-sinueuses, avec autres, et à peu prés égaux entre eux; le jeur bord extérieur d’un jaune pâle dans la dernier cônique , très-allongé.— Pattes an- plus grande partie de son étendue.

térieures fort couries, ne dépassant pas la £ Cette espèce se rencontre dans toute partie latérale du corps , ayant leur jambe l’Europe; elle se trouve abondamment dans

beaucoup plus courte que la cuisse, aveC Jes eaux stagnantes, aux environs de Paris. un tarse garni de longs poils qui sert à rete-

pir devant la bouche ,la proie dont se nour- 2. CORIXA STRIATA.

rit l’insecte ; pattes intermédiaires avec Notonecta Striata, Lann., Syst. nat., des tarses munis comme les antérieures, t. 11, p. 742; ejusd., Faun. Suec., n. 904. d’un seul crochet très-grêle et aussi long — Sigara Striata, Fagr., Syst. Rhyngot.,

que le tarse; les postérieures ayant deux p. 4104. — Corixa Striata, LaATR., Gen. articles à chaque tarse, dont l’un beaucoup Crust. et [ns., t. 111, p. 153. — Georr., plus grand que l’autre, ; Ias., t. 1, p. 478, pl. 9, fig. 7. — Léon

88 NOTONECTA.

Dur., Hemipt., 82, 20, pl. 7, fig. 83, 84 et 88. — Lap., Hémipt., p. 20, n. 5. — Buru., Handb. der Ent., t. II, p. 187, n. 2.

— Long, 4 lig. —Corps jaunâtre, soyeux, terminé en pointe; sternum noir; corselet de cette dernière couleur, avec des lignes transversales jaunes non interrompues ; élytres noires, ayant des lignes transversales jaunes, étroites et sinueuses, mais bien marquées.

Cette espèce, qui est beaucoup plus petite que la précédente, est également commune aux environs de Paris et dans la plus grande partie de l’Europe.

Page 1