‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 28 sur 1317 · MANTIS CCULATA · texte numérisé non relu

MANTIS CCULATA

Mantis Siricta, Oxiv., Encycl., n° 12 des espèces moinsconnues.—LaTR., Gen., 1. III, p. 93. — Mantis Oculata , SToLz. ; Spect. et Mant., pl. 10, fig. 58. — Long.

A pouc. +. — Corps entièrement d’un vert pomme ; tête creusée dans son milieu ; antennes longues; yeux finissant en pointe aiguë ; corselet ayant environ 20 lignes de longueur, triangulaire , sans dentelures sur les côtês; élytres d’un vert tendre , sans taches, moitié moins longues que labdomen ; ailes de la même couleur, dépassant un peu les élytres; pattes longues, trèsgrêles, les antérieurs ayant les jambes et les tarses excessivement courts ; abdomen filiforme , très-long, verdâtre comme tout l’insecte. — Indes-Orientales, Collect. du Muséum de Paris.

QUATRIÈME FAMILLE, — PHASMIENS, LarTreire

Caractères. Gorps grand , élancé, souvent filiforme ou linéaire. — Prothorax plus court que les autres segmens. — T'arses de cinq articles. — Toutes les pattes propres à la course.

Les insectes de cette famille sont pour la plupart d’une grande taille et ont recu, à cause de leurs formesparfois très-bizarres, des dénominations aussi singulières , telles sont celles de cheval du diable, grand soldat de Cayenne, bâton ambulant , feuille

ambulante ; ces Phasmiers, autrefois confondus avec les Mantes, n’en différent pas seulement par la conformation de leurs pattes antérieures, mais encore par leurs manière de vivre; car, quoique leurs mœurs soient peu connues, nous savons qu’ils se nourrissent de végétaux, tandis que les Mantiens sont très-carnassiers ; la manière dont ils pondent leurs œufs est également différente , car les Mantes les pondent en masse dans une enveloppe coms

"4% CYPHOCRANA.

mune, au liea que les Phasmiens les déposent simplement sur la terre. On rapporte que ces insectes se traînent lentement et comme avec peine sur les végétaux, dans les arbrisseaux et jes taillis où ils se nourrissent des jeunes pousses des arbres résineux, et on les rencontre presque toujours isolés. Les Phasmiens diffèrent généralement très-peu par leurs organes de la manducation, ce qui fit que, ne pouvant pas s'appuyer sur cet organe pour créer des genres, on prit en considération toutes les parties du corps et on éleva trèshaut le nombre des genres dans cette famille ; de manière que l’on fit quelquefois un genre du mâle et un de la femelle, à cause de la différence qui existe entre les deux sexes, dans le nombre des segmens de l’abdomen, dans la forme des antennes, filiformes chez les mâles, sétacées dans les femelles, parfois très-courtes chez ces dernières et trés-longues chez les premiers; dans la taille des mâles, qui est aussi beaucoup moins considérable que celle des femelles; leurs élytres sont moins développées , leurs ailes le sont davantage, ce qui donne un tout autre faciès à l’insecte, et ce qui n’est pas moins étonnant C’est un troisième genre sous l’état de larve.

Latreille plaça constamment dans tous ses ouvrages les Phasmes à la suite des Mantes, mais il ne fit aucun genre dans cette famille et adopta seulement celui des Phyllies, qui avait élé déjà établi par Illiger.

Mais MM. Lepeletier de Saint-Fargeau et Serville créèrent dans l’Encylopédie Méthodique plusieurs genres en s’appuyant principalement sur la présence ou l’absence des ocelles; ceux qui présentaient des ocelles furent les Phasmes proprement dits, et les autres furent divisés d’après les organes du vol et les proportions du prothorax , et rentrèrent dans cette division les genres Phyllium, Prisopus, Cladoxerus, Cyphocrana; mais les Cyphocrana ont souvent des ocelles, et ils se trouvaient mal placés dans cette division. Les espèces aptères composèrent le genre Bacteria et Bacillus; les premiers ayant les antennes longues et les autres excessivement courtes, et M. Serville, dans sa Revue méthodique de l’ordre des Orthoptères, ne créa qu’un seul et nouveau genre sous le nom de Xerosoma et voisin des Prisopus. Ce petit nombre de genres pouvait être admis malgré que quelques caractères leur aient été mal assignés; mais, plusieurs espèces étant arrivées de l’Australie et ne se rap-

portant pas toutes aux gènres déjà établis, M. Gray publia le premier fascicule d’insectes de ce pays, où il créa plusieurs nouveaux genres: et enfin, dans une monographie qui parut peut de temps après l’ouvrage déjà cité , il fitun grand nombre de

genres, qu’il serait trop long de mention< *

ner, dont les caractères n’ont souvent que très-peu de valeur, sans même comprendre leur forme sur la même espèce de différens sexes. M. Brullé, en dernier lieu, fit une réduction des genres de la monographie de M. Gray, nombre qui ne s’élevoit pas à moins de trente-deux dans cette famille, qui n’est pas trés-nombreuse en espéces; il réunit tous ceux qui n’avoient pas de caractères suflisans pour former des genres distincts, et le nombre en fut réduit à treize: ce sont les seuls genres que nous.

ayons cru devoir adopter.

Genres: Cyphocrana , Aplopus, Bacteria, Cladoxerus, Bacillus, Pachymorpha, Eurycantha, Tropidoderus, Prisopas , Phyllium, Xerosoma, Phasma, Perlamophus.

CYPHOCRANA, Serv.; Mantis, Lin., FAB., Ouiv.; Phasma, STozL.; Acrophylla, GRAy.; Diura, GRay.;

Platycrana, Acanthoderus, et Diaphéro®r des, GRAY.

. Antennes longues, celles des mâles filiformes, velues et plus longues que le thorax, celles des femelles aussi longues que la tête et le thorax réunis.—Elytres n’ayant que le quart de la longueur des ailes dans les mâles et au moins la moitié dans les femelles, — Aïles atteignant à peu prés les trois quarts de la longueur de l'abdomen dans les mâles, et guère que les deux tiers dans les femelles. — Mésothorax parsemé de tubercules plus saillans chez les mâles que chez les femelles, —Oviducte ne dépassant nas l’abdomen.— Premier article des tarses beaucoup moins long que les suivans.

Page 1