‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 536 sur 1317 · L. PSYLLA PYRI · texte numérisé non relu

L. PSYLLA PYRI

Chermes Pyri, Lin., Syst. Nat..t. II, p. 737, n. 4. — Ejusd., Faun. Suec., n. 4004. — Decéer., Mém. pour servir à PHist. des Insectes, t. III, p. 841. n.2, tab. 9, fig. 2. — Fagr., Syst. Rhyn., p. 303,n. 3.—Psylla Pyri, Burm., Hand.

der Ent.. t. 2, p. 98, n. 2. — Long. 4 lig.

— Corps d’un vert brunâtre , avec des taches et des bandes plus obscures ; élytres tachetées de brun, pattes vertes ou brunätres. — Se trouve dans la plus grande partie de l’Europe, sur les poiriers (pyrus communis. )

LIVIA , Lar., Burm.; Psylla, Lar,; olim, Diraphia, irc.

Ce genre se distingue surtout du précédent, par la forme des antennes, qui sontici beaucoup plus courtes que le corps, trés-épaisses à leur base : le premier article trés-gros, le second fort grand, cônique et tronqué à l’extrémité , tous les suivans larges et courts. — Les ocelles nuls. — La tête carrée, avec les prolongemens antérieurs côniques. — Les yeux non proéminens et ovalaires. — Le corselet a son bord antérieur droit. — Les élytres sont plus coriaces que dans les Psylla, et les pattessont également propres au saut.

La seule espèce connue, appartenant à ce genre est le

LIVIA JUNCOPRUM.

LarT., Hist. nat. des Crust. et des Insectes, t. XII, p. 374; ejusd. Hist. nat. des Fourmis, p. 322, pl. 42, fig. 3. — Ejusd.

Gen. Crust. et Insect., t. 111, p. 470, n. 1, pl. 42, fig. 4. — Burm., Hand der Ent.. 1. 11, p. 97, n. 4. — Curts., Brit.

Ent., 2824, p. 492.— Direphia Juncorum ,

Izuic., Mag. Ins., t. F, année 1803, p. 284.

— Long.1lig. — Corps biunâtre ; antennes de cette couleur, avec leur partie moyenne blanche, et leur extrémité noire; tête ferrugineuse, ainsi que le corselet et le métathorax ; élytres brunâtres ; pattes de la même nuance. — Cette espèce se trouve dans les fleurs des jones, surtout le juncus lamprocarpus, Lin.; on Ja trouve dans la plus grande partie de l’Europe ; mais elle n’est pas très-commune.

APHIDIENS.

SIXIÈME FAMILLE. — APHIDIENS, Larn.

Caractères. Corps ovalaire. — Tête élargie. — Antennes quelquefois plus longues, quelquefois plus courtes que le corps. composées de cinq à sept articles. — Rostre presque perpendiculaire ou incliné, formé de trois articles distincts. — Yeux proéminens, souvent globuleux, — Prothorax trèspetit. — Métathorax beaucoup plus grand.

—Elytres et ailes infléchies.— Pattes allongées. — Les tarses ayant leur dernier article muni de deux crochets.

Les Pucerons ou APHIDIENs, sont extrémement n mbreux en espèces; toutes vivent en famille ; chaque végétal en nourrit une espèce particulière, et quelquefois même plusieurs espèces, quoique cependant l’on puisse rencontrer, mais rarement, le même puceron sur des plantes différentes lorsqu'elles ont entr’elles beaucoup d’analogie. Le nombre des espèces décrites peut s'élever à une centaine, et ce n’est certainement qu’une bien petite fraction de la quantité qui est dans le monde entier.

Les Prucerons vivent aux dépens du végétal sur lequel ils passent leur existence; ils demeurent tous réunis à la partie inférieure des tiges ou des feuilles, de manière à se trouver abrités des intempéries des saisons ; ainsi, immobiles pendant des journées entières, il sucent la sève de Ia plante qui leur sert d’asile, et ils occasionent ainsi des excroissances considérables qui finissent par amener la perte du végétal.

Un grand nombre d’arbres fruitiers sont infectés de ces petits insectes, qui, absorbant continuellement leur suc, produisent des nodosités très considérables qui fatiguent l'arbre , l’empêchent de porter des fruits, et le font périr ainsi en peu d’années.

Cependant les Pucerons ont beaucoup d’ennemis qui travaillent sans cesse à leur destruction ; il est rare de rencontrer une plante qui nourrisse des pucerons sans voir au milieu d’eux des Coccinelles, connues sous le nom vulgaire de Bétes a bon Dieu, qui, tant à l’état de larve qu’à l’état d’insecte parfait, en dévorent une prodigieuse abondance. Les larves des Hémérobes (genre d’insectes de l’ordre des Névroptéres), que nous avons déjà fait connoître,

n’en détruisent guëre moins, Car ils en font leur nourriture exclusive.

Mais des insectes qui paroissent rechercher bien davantage les Pucerons, ce sont les Fourmis, qui les entourent continuellement; on avoit cru pendant un temps qu’elles les recherchaient pour en faire leur nourriture ; mais l’observation attentive à démontré qu’il n’en était rien : les Pucerons portent à l’extrémité de leur abdomen deux petits tubes légèrement mobiles, dressés en avant, toujours de consistance molle, qui sécrètent, l’on ne sait pour quel usage, un fluide sucré, dont les fourmis sont très-friandes. On a supposé qu’ils pouvoient servir à la nourriture de leur progéniture; mais cette opinion est peu certaine; il est bien évident, pour tous les naturalistes, que les fourmis ne nuisent point aux pucerons, mais qu’elles viennent au milieu d’eux pour humer le liquide qu’ils sécrètent : aussi n'est-il pas rare de voir les fourmis excitant les Pucerons , pour qu'ils fassent jaillir leur liqueur; Linné, qui fut un des premiers après Bonnet qui observa cette habitude, donna aux Pucerons l’épithète de vaches des fourmis ; car non-seulement elles viennent sur les tiges où ils se tiennent, mais encore elles en einportent souvent pour les placer sur des plantes qui avoisinent leur fourmilière , afin d’y avoir recours plus souvent, et surtout plus facilement.

Les Pucerons nous présentent un des phénomènes les plus singuliers que l’on puisse observer. En effet, tous les insectes dont nous avons parlé , et tous ceux que nous ferons connoître dans la suite, sont tous des insectes qui, aprèss’être accouplés, pondent des œufs, d’où sortent de petites larves, qui, étantarrivées à leur état parfait, devront s’accoupler pour reproduire ; il en est autrement pour les Pucerons, qui ont été étudiés par plusieurs observateurs, qui ont acquis la conviction que les Pucerons étaient bien ovipares pendant une saison, et que pendant d’autres ils étaient vivipares. Réaumur les regardoit comme hermaphrodites ; d’autres observateurs distingués sont reslés convaincus que les deux sexes existoient;, mais que plusieurs générations ne produisoient que des fe.

meiles. Les Pucerons, d’après les faits énoncés par les auteurs, produiraient onze générations par année : la première naîtroit au printemps, d'œufs pondus par la dernière génération de l’année précédente ; provenant de femelles qui auraient pu s’approcher des mâles. Cette première génération serait composée de femelles qui, au lieu de pondre des œufs, ne produiroient que des petits vivans, qui alors seroient des femelles, et qui, pendant dix générations successives, donneroient naissance à des petits vivans, sans accouplement préalable ; la fécondation des individus éclos des œufs au printemps auroit suffi pour toutes les dix générations suivantes. Quelques auteurs ont regardé ces faits comme erronés et ne pouvant se concilier avec le mode dereproduction de tous les autres insectes, de manière qu'aujourd'hui cette question intéressante n’est pas parfaitementrésolue, et l’anatomie n’a pu venir au secours de l’observation pour convaincre d’une réalité.

M. Tougard, dans un mémoire fort intéressant sur le Puceron Lanigère , inséré daus les Ann. de la Soc. d’Hort.. a étudie la reproduction de ce puceron, et il a observé qu’un seul puceron de la première génération vivipare avoit donné naissance, à la dixième génération, à un quintillon d'individus. En effet, chaque individu pond de quatre-vingt dix à cent quinze individus; en prenant cent pour terme moyen, on trouve qu’un puceron a donné naissance à cent autres pucerons, qui, en produisant chacun cent pour la troisième génération, formeront un total de dix mille, pour la quatrième de un million, et ainsi de suite, jusqu’à la dixième génération.

Cette prodigieuse multiplication explique comment ces insectes peuvent oCcasioner de si grands dégâts, puisque quelquefois des arbres entiers en sont criblés.

Jusque dans ces derniers temps, l’on avait supposé que les Pucerons éclos sur une plante y demeuroient toute leur vie ; mais M. Morren, qui a publié sur cet objet un mémoire dans les Ann. des Sc« Nat., nous montre les Pucerons comme des insectes émigrans, etil rapporte les faits observés par lui, dans une grande partie de la Belgique, sur le Puceron du pêcher (Aphis persicæ), espèce alors inédite; ce Puceron se trouvoit en grande abondance dans les environs de Gand, ensuite il s’étendit du côté d'Anvers, puis de Bruxelles, et sur différens points du sud au nord et

APHIS.

de l’ouest à l’est; ils voloient d’un point à l’autre en légions si serrées, que le jour en étoit obscurci, et que lorsqu'on les rencontroit on enétoit inondé de manière à être obligé de se couvrir le visage. Ces pucerons se jetèrent sur différentes plantes, mais surtout sur le pêcher, qu’ils sembloient re-. chercher; un violent orage ayant. éclaté dans quelques endroits, ils périrent par.

milliers, et couvroient les murailles et les. vitres de leurs corps noircis et desséchés.

Ces faits sont d’autant plus intéressans, que jusqu’à présent l’on n’avoitobservé chez. ces insectes aucune émigration semblable, que l’on peut comparer à celle des Criquets ( Acridium), (de l’ordre des Or-, thopteres).

L’anatomie des Pucerons a été étudiée.

avec le plus grand soin par le savant M. Léon Dufour ; M. Morren, dans le mé.

moire précité, a donné aussi de grands détails sur le Puceron du pêcher.

D’après ces observateurs, le tube digestif, chez les pucerons, n’est qu’un canal renflé dans deux de ses proportions , trois fois plus long que le corps, mais dépourvu de glandes salivaires et de vaisseaux biliaires; les appareils générateurs s’éloignent peu de ceux des autres hémiptères: quant aux organes respiratoires, leur petitesse n’a pas permis de les suivre dans tous leurs détails.

Comme lesespèces de Pucerons sont peu, connues, et que les indigènes sont extrêmement nombreux, nous ferons connoiître succinctement tout ce qui a été fait sur ces petits insectes.

APHIS.. Lin.saRne Lars:

Lachnus, IL. ; Puceron, GEorr.

Antennes sétacées ou filiformes, toujours plus longues que le thorax; quelquefois de la longueur du corps, composées de septarticles : le premieretle second très. courts, le troisième fort long , les suivans presque égaux entre eux ; le dernier seulement quelquefois extrêmement petit , à peine visible. —Yeux sans échancrure, press que globuleux.—Elytres et ailes grandes, embrassant les côtés du corps.—Abdomen ayant à l’extrémité deux petits tubercu:

les ou deux petits tubes sécréteurs.—Pattes grêles et longues, surtout les postérieures.

Un nouveau genre , créé aux dépens de celui-ci, a été établi par Illiger, sous le nom de Lachnus, et adopté par Burmeister; il se distingue des Aphis proprement dits

APHIS.

par les antennes plus courtes, n’ayant que six articles, et par l’abdomen, qui, au lieu de porter deux petites cornicules, ne présente plus que deux tubercules.

Ces caractères pourroient sembler au

premier abord avoir quelque importance ; inais les antennes, que l’on regarde comme n’avant que six articles, en ont ordinairement un septieme trés-petit, et les tubercules de l’abdomen ne diffèrent probablement des cornicules que par leur moins grande longueur.

Nous pensons donc que ce genre ne doit pas être adopté, surtout quand on voit que ces insectes ont encore élé si peu étudiés, et qu’il est bien difficile de les séparer d’une maniére convenable en plusieurs genres, qui, n’offrant pas de caracteres bien tranchés, pourroient être confondus trop facilement.

4, APHIS QUERCUS.

Lin., Syst. Nat., 1. Il, p. 735, n. 24.

— Réaum., Ins., t. III, tab. 98, fig. 5 à 44. — Fagr., Syst. Rhyng., p. 300, n. 42.

— GEorr., Hist, des Ins., t. 1, p. 498, n. 14. — Burn“. , Hand. der Ent., t. 11, p. 92, n. 3: — Long. 2 lig. =, y compris les ailes. — Corps d’un brun noirâtre, couvert de petits poils de toutes parts; le rostre une fois plus long que le corps; antennes ferrugineuses, avec leur extrémité noirâtre ; ailes d’un gris brunâtre, avec leurs nervures noires; pattes noires, avec les cuisses ferrugineuses à leur base. — Se trouve sur le chêne (quercus robur, Lin.) Europe.

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