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HYMÉNOPTÈRES

Les Hyménoprères se reconnoissent faci- Jement à leurs quatre ailes, qui sont toujours complétement nues, dont les supérieures, plus grandes que les autres, sont pourvues d’un grand nombre de nervures, mais dépourvues de réticulation, comme chez les Névroptères; à leur bouche composée de mandibules, de mâchoires et de deux lèvres ordinairement étroites. plus propres à absorber les sucs nutritifs qu’à Ja mastication, et même réunies, dans plusieurs, de manière à former seulement une trompe ; ils ont aussi quatre palpes, deux maxillaires et deux Jlabiaux ; trois ocelles, ou yeux lisses; des antennes filiformes ou sétacées, variant quelquefois d’un sexe à l’autre ; un thorax, dont le prothorax trèscourt: des ailes croisées horizontalement sur le corps: des tarses de cinq articles, n’offrant jamais de division.

Toutes les femelles d’ Hyménoptères sont munies, soit d’une tarière, soit d’un aiguillon; les premières se servent seulement de leur tarière pour percer des bois, des tiges, ou quelque autre substance afin d’y déposer leurs œufs ; les autres se servent de leur aiguillon qui, à la base, est muni d’une petite vésicule de venin, soit pour faire périr d’autres insectes qui serviront à la nourriture de leurs larves, soit pour s’en servir contre leurs ennemis.

Les Hyménoptéres sont beaucoup plus répandus dans les contrées méridionales que dans le Nord; tous subissent des métamorphoses complètes ; presque toutes leurs larves ressemblent à des vers, beaucoup étant completement dépourvues de pattes.

Celles des premières familles ressemblent à des chenilles, el your cette raison ont été nommées fausses chenilles : elles ont à leurs premiers segmens six pattes, que l’on appelle écailleuses, qui représentent les six pattes de l’insecte parfait; et aux

segmens postérieurs de douze à seize pattes membraneuses ; toutes ont une tête écailleuse, munie de mandibules et de mâchoires, et d’une lèvre dont l’extrémité présente une filière pour le passage de la matièére soyeuse que la larve doit employer pour la construction de la coque qui l’enveloppera à l’état de nymphe.

Les larves se nourrissent de substances, soit végétales, soit animales; celles qui sont pourvues de pattes se servent de végétaux ; celles, au contraire, qui ne peuvent se mouvoir, vivent d’alimens que leur apporte la mère, D’autres Hyménoptères déposent leurs œufs dans le corps de différens insectes, principalement à l’état de larve; et leur progéniture se développe aux dépens de ces derniers.

Plusieurs familles d' Hyménoptères construisent des nids pour loger leur progéniture , et les larves sont élevées par des individus dépourvus de sexe, ou du moins dont le sexe, étant tout-a-fait rudimentaire, les rend impropres à la reproduction, et qui s'occupent seulement de la construction du nid et du soin qu’exige les larves pour leur conservation.

Les Hyménoptères sont peut-être, dans toute la série entomologique, ceux des insectes qui offrent les mœurs les plus intéressantes et plus dignes de fixer l’admiration; aussi, quelques auteurs ont-ils passé leur existence à observer les mœurs de quelques-uns d’entre eux; c’est ainsi qu'Hubert. pére et fils, et Latreille nous ont donné les détails les plus intéressans sur Ja maniére de vivre des Fourmis et des Abeilies.

On a aussi quelques travaux remarquables sur leur classification , mais certainement que l’étude des espèces est encore loin d’être trés-avancée.

Linné leur appliqua le premier la de

nomination d’Hyménoptères, désignant par ce nom la consistance membraneuse de leurs ailes; Fabricius les désigne sous le nom de Piezata, qui n’a pas été plus adopté que les différens noms que Fabricius a cru devoir changer.

Mais, un auteur qui a certainement contribué d’une manière bien heureuse à faire connoîlre les Hyménoptères, est Jurine, qui, ayant fait une étude attentive et comparative des nervures des ailes, trouva de bons caractères pour la distinction des genres, surtout étant ajoutés à ceux que peuvent offrir les différentes parties de l’insecte.

Latreille, profitant de ce travail, divisa les Hyménoptères d’une manière qui paroît assez naturelle ; il les divise d’abord en deux grandes sections: la première comprend tous ceux dont les femelles sont munies d’une tarière; la seconde, toutes celles qui sont munies d’un aiguillon.

M. Lepelletier de Saint-Fargeau, qui s’est occupé avec beaucoup de succès, de l’ordre des Hyménoptères, dans un ouvrage récent (faisant partie des Suites à Buffon) a pensé que l’on pouvait mieux commencer les Hyménoptères qu’en prenant d’abord les Térébrans; c’est-à-dire, ceux pourvus d’une tarière ; et il place en première ligne les Fourmis, les Abeilles, les Guêpes, parce que ces insectes construisent des nids, prennent soin de leur progénilure, tandis que les autres l’abandonnent entiérement à sa destinée ; il semble donc, en effet, qu’ils aient un instinct supérieur aux autres et que leur organisa-

TÉRÉBRANS.

tion est plus développée: il est certain que l’idée émise par M. Lepelletier de Saint- Fargeau semble présenter au premier abord une vérité évidente; mais quand on réfléchit qu’en prenant en considération les mœurs vraiment admirables des Fourmis et des Abeilles, on ne devrait pas seulement les placer avant les autres familles d'Hyménoptères, mais avant tous les autres insectes qui ne nous offrent rien de semblable, à l'exception des Termites.

D'ailleurs, cette intelligence apparente n’est vraisemblablement qu’un instinct qui les conduit à faire des nids composés de loges régulières qui ne varient jamais, et n’ont jamais varié depuis que leur espèce existe ; C’est pourquoi nous n’avons pas Cru devoir adopter la classification de M. Lepelletier de Saint-Fargeau, maïs bien plutôt celle de Latreille, qui est plus facile à étudier. Outre que les Térébrans semblent plus parfaits sous ce rapport, que leurs ailes ne se replient pas et qu’elles sont pourvues d’un bien plus grand nombre de nervures.

M. de Romand, entomologiste zélé, qui prépare en ce moment un travail sur les nervures des ailes des Hyménoptères devant servir à la distinction des genres, et dont je dois la communication à son obligeance, regarde aussi les Térébrans comme devant commencer l’ordre des Hyménoptères.

A l’exception de ces travaux , que nous venons de signaler, l’on n’a fait sur les Hyménopières que quelques mémoires peu considérables et quelques monographies.

PREMIÈRE SECTION

TÉRÉBRANS.

Caractères. Abdomen muni d’un tarière chez les familles.

Cette section se divise en deux grandes tribus et en huit familles.

La première est celle des TENTHREDI- NIENS, qui renferme un certain nombre de genres et une très-grande quantité d’espéces ; ce sont des insectes, en général, de moyenne taille, qui ont recu le nom de mouches a scie, parce qu’en eflet les femelles sont munies d’une tarière dentelée

en scie, qui leur sertà couper lestiges pour y déposer leurs œufs. Les Tenthrediniens sont répandus dans toutes les parties du monde; mais l’on en rencontre beaucoup en Europe

La seconde famille est celle des Urocé- RIENS, qui a beaucoup d’analogie avec la précédente et qui ne renferme que tréspeu de genres , eux mêmes peu nombreux en espéces.

Les Eyanrariens forment la troisième

TENTHREDINIFNS.

\ famille ; ils commencent la série de ceux dont les larves sont apodes, parasites ou carnassières ; leurs genres sont peu nombreux ainsi que les espèces qu’ils renferment.

Les IcHNEUMONIENS forment la quatrième famille ; elle ést excessivement nombreuse en genres et en espèces ; les Ichneumoniens sont répandus dans toutes les parties du monde; ils se reconnoissent facilement à leur corps élancé, et à la tarière des femelles qui ressemble à un triple dard continuellement en vibration; cette tarière Jeur sert à percer les végétaux ou les insectes où elles doivent déposer leurs œufs.

La cinquième famille est celle des Cyxr- PHIENS Où GALLICOLES de Latreille, qui se compose , en général, de trés-petits insectes qui ont une tarière roulée en spirale dass l’intérieur de l’abdomen, qui leur Sert à percer les végétaux, sur lesquels ils font venir des excroissances considérables, dont plusieurs sont employées dans le commerce, telles sont les noix de galle, galle du Levant. Gette famille renferme un petit nombre de genres, dont plusieurs renferment une trés-grande quantité d’espèces.

Les Cnacciprens forment la sixième famille ; ils sont en général de très-petite taille ; leur tarière est apparente et leurs larves vivent parasites dans des œufs, des chenilles ou des chrysalides ; cettes famille a beaucoup d’analogie avec la précédente ;

la forme des antennes et de Ja tarière sont les caractères les plus propres à les distinguer ; on {rouve de ces insectes dans toutes les parties du monde, mais le plus grand nombre de ceux que l’on connoîit sont propres à l’Europe.

Les Oxyuriens de Latreille constituent la septième famille ; elles est assez nombreuse en genres, et leurs habitudes ne sont pas bien connues; les femelles sont munies d’un tarière à peu près semblable à celle des Chalcidiens.

Enfin, la dernière famille de cette section est celle des GHRYSIDIENS; ce sont desinsectes qui ont une tarière formée par les derniers segmens de l’abdomen, et dont l’extrémité se termine par un petit aiguillon; aussi cette famille fait elle le passage de cette section à la suivante ; elle est peu nombreuse en genres ; leurs espèces sont répandues dans toutes les parties du monde ; toutes offrent les couleurs les plus éclatantes de vert, de rouge et d’or, ce qui leur a fait donner le nom de Guépes dorées. Elles sont en général d’une taille peu considérable, mais les plus petites ne sont pas les moins belles.

Telles sont les familles qui. d’après la classification de Latreille, constituent la première section de l’ordre des Hyménoptères; plusieurs sont très-nombreuses en espèces ; mais cependant la seconde section nous offre un plus grand nombre de familles, dont quelques-unes renferment une très-grande quantité de genres.

PREMIÈRE FAMILLE, — TENTHREDINIENS.

Caractères. Mandibules fortes et dentées. — Palpes maxillaires de six articles, labiaux de quatre. — Antennes de différentes formes, composées de plus de dix articles, — Les quatre ailes toujours divisées en un trés-grand nombre de cellules. —Abdomen arrondi postérieurement. composé de neuf anneaux, tellement joint au corselet, qu’il semble n’en être que la suite, offrant à son extrémité, dans les femelles, une double tariére mobile, écailleuse, dentelée en scie, pointue, logée entre deux autres lames qui lui servent d’étui.

Les femelles se servent de cette tarière pour fendre des tiges dans lesquelles elles déposent un œuf, qu’ellesrecouvrent d’une matière écumeuse, que l’on présume pro-

pre à empêcher l’ouverture de se fermer ; ses entailles augmentent aussi de volume et forment dans certains sens des excroissances qui servent de domicile aux larves; mais cependant la plupart vivent sur les végétaux, et se nourrissent de leurs feuilles. Elles ressemblent beaucoup aux chenilles, par leurs formes et leurs couleurs ; mais le nombre de leurs pattes membraneuses est de quatorze à seize, tandis que les chenilles n’en ont jamais plus de dix ; elles ont reçu le nom de fausses chenilles ; plusieurs se roulent en spirale, et d’autres se relèvent le corps en forme d’arc ; pour se métamorphoser en nymphe , elles se filent une coque, soit sur les plantes où elles ont vécu, soit dans la terre ; elles restent sou-

222 LYDA,

vent pendant plusieurs mois à l’état de larve, dans l’intérieur de leur cocon, et ne se transforment en nymphe que peu de jours avant d'arriver à l’état parfait.

Genres : Lyda, Xyela, Tarpa, Cephus, Athalia, Cimbex, Abia, Perga, Hylotoma, Phytia, Pterygophorus, Cryptus, Lophyrus, Cladius, Pristophora, Nematus, Tenthredo, Dolerus.

LYDA, Faze., Kiuc, Leacu, Lep,; Pamplhilius, LATR.; Cephaleia, Jur., PANz.;

Tenthredo, Lixn., Decéer, Fourc., Rosst, Panz.

Antennes sétacées, composées d’articles nombreux, le premier et le troisième plus longs que les autres. — Mandibules trésgrandes, bidentées.—-Les ailes ayant deux cellules radiales; la première semi-circulaire, la seconde plus longue, et quatre cellules cubitales presque égales; la premiére recevant la première nervure récurrente, la troisième Ja seconde ; et la quatrième n’atteignant pas le bord de l'aile. — Jambes intermédiaires et postérieures muuies de trois épines dans leur milieu. — Tarière de la femelle dépassant l’extrémité de l’abdomen.

Ce genre renferme des espèces de toutes les parties du monde; leurs larves sont dépourvues de pattes membraneuses.

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