ACRIDIENS
tiérement blanches ; abdomen noir en dessus, jaune en dessous, avec la base des segmens de couleur noirâtre. — De la France Méridionale.
Obs. Ge petit insecte, dit-on, ne fait pas usage de ses ailes; mais il exécute, seulement à l’aide de ses pattes postérieures, des sauts très-considérables comparativement à sa petite taille ; il s'enfonce aussi souvent dans le sable en grattant avec ses pattes pour se dérober à la vue de ses ennemis.
RIPIPTERYX, New,
Aspectdes Tridactylus.— Antennes courtes comme chez ces derniers. — Ailes dépassant de beaucoup l’abdomen. — Cuisses postérieures renflées comme dans le genre précédent, mais moins larges comparative-
ment à la taille. — Tarses de deux articles seulement. — Abdomen sans filets.
RIPIPTERYX MARGINATUS.
New., Ent. Mag., n° 7, p. 204, pl. 7.— Long. 6 lig. les ailes fermées. — Corps enliérement d’un noir obscur ; antennes un peu plus longues que la fête ; yeux roussätres ; tête noire sans taches; corselet bordé tout autour d’un filet blanchâtre ; élytres ayant leur extrémité et une ligne dans leur milieu, de couleur blanche ; ailes noires ; pattes de la même teinte; cuisses postérieures très-longues, ayant la forme d’un carré allongé ; jambes postérieures terminées par deux appendices mobiles; abdomen noir en dessus et jaune sale en dessous. —Brésil, Collection du Muséum d'Histoire naturelle de Paris. -
SEPTIÈME FAMILLE. — ACRIDIENS, Larrægizze.
Caractères. Corps assez long. — Antenpes courtes, filiformes ou prismatiques, leur longueur n’excédant pas ordinairement celle du corselet. — Elytres et ailes couviant ordinairement l’abdomen. — Cuisses postérieures renflées, très-propres à sauter. — Tarses n’ayant constamment que trois articles. — Abdomen dépourvu de tarière chez les femelles.
Les insectes de cette famille terminent l’ordre des Orthoptères ; ils sont essentiellement sauteurs, et sont confondus vulgairement pour celte raison, sous le nom de Sauterelles, avec les insectes de la cinquiéme famille ; les premiers recoivent plus généralement le nom de Criquet ; ce sont des insectes qui ont été à différentes époques le plus cruel fléau que les hommes pussent redouter, en détruisant toute végétation dans les endroits où ils abondoient, et réduisant alors les habitans à la plus affreuse disette; et il est arrivé fréquemment que ce fléau ne soit pas le plus grand qu’ils puissent occasioner, car ces insectes étant poussés dans la mer, puis rejetés sur le rivage par la violence des vents, venaient se corrompre en si grande abondance, que l’odeur infecte qu’ils répandoient a pu occasioner des pestes capables de détruire des populations entières. Les Acridiens émigrent fréquemment; pour cette raison, une de leurs espèces a recu le nom d’Acridium Migratorium, Criquet Voyageur ; lorsqu'ils ont entièrement détruit la végétation dans une localité, ils se
portent tous ensemble, comme si un signal leur avait été donné, dans deslieux quin’ont pas encore été visités par ces essaims destructeurs.
Il est question dans la Bible d’une grande abondance de Criquets, qui couvrit tout le pays d'Egypte; ce qui fut regardé comme un miracle, et fut compté pour une des dix plaies d'Egypte.
Au moyen -âge, et plus récemment, des populations furent détruites ou réduites àla plus cruelle disette , par suite de la présence de ces Acridiens; l’Afrique, l’Orient ont été souvent fort maliraités: la Turquie, la Russie, ia Pologne, la Suède, la Moldavie et la Valachie ont été également, à différentes époques, en proie à la voracité de ces êtres destructeurs.
Le midi de la France est souvent ravagé par les Acridiens, et les villes d'Arles et de Marseille allouent des fonds pour faire faire la chasse à ces funestes insectes, que l’on récolte ainsi que leurs œufs en prodigieuse abondance.
Dans plusieurs villes de l’orient et de l’Afrique Septentrionale, on les vend, et les habitans les mangent après les avoir fait cuire et leur avoir enlevé les pattes et les ailes ; ce met, qui paraît être malsain lorsqu’on en fait abus, est encore assez mauvais àu goût, au rapport d’un grand nombre de voyageurs,
Les Acridiens, exécutent comme les deux familles précédentes, une stridulation; maistandis que les Sauterellesetles Gryllons
faisoient entendre leur chant à l’aide de leursélytres,qu’ils frottent l’une contre l’autre, les Criquets ayant leurs élytres dépourvues de miroir ou de tambour, opèrent cette stridulation à l’aide de leurs pattes postérieures, qu’ils frottent contre la partie latérale de leurs élytres; ces dernières ayant leurs nervures très-saillantes, et les cuisses servant d’archet, munies également de plusieurs rides qui, par leur frottement contre celles des élytres, produisent ce son aigu que l’on entend si fréquemment dans nos prairies; un genre de cetie famille, connu sous le nom de Pneumora, n’ayant pas les élytres assez consistantes pour pouvoir être frottées par les pattes, a son abdomen vésiculeux dans les mâles, avec quelques saillies très-rapprochées à l’endroit ou frotte la cuisse, qui est également hérissée d’aspérités semblables à celles de l’abdomen, et la cuisse frotiant fortement contre cet abdomen renflé en vessie, produit un chant destiné à avertir la femelle de la présence du mâle.
Genres : Proscopia, Tryxalis, Pampagus, Trybliophorus, Dictyophorus, Pneumorr, Monachidium, Acridium, Ommexecha, Tetrix.
PROSCOPIA, Kiuc.
Corps long, élancé, ayant l’aspect des Bacteria dans la famille des Phasmiens.
— Tête pyramidale, insérée obliquement sur le thorax. — Antennes courtes et gréles, de huit articles environ, naissant entre les yeux, et protégés dans le repos par une saillie on prolongement de la tête, s’avançant au-delà des yeux. — Prothorax excessivement long. — Mésothorax et metathorax trés-courts. — Pattes longues, grêles.
— Cuisses postérieures renflées. — Elytres et ailes entièrement nulles. — Abdomen fort long.
Toutes les espèces de ce genre appartiennent à J’Amérique Méridionale.