SECTION
PORTE AIGUILLON, Larn.;
(ACULEATA); HYMÉNOPTÈRES OVITITHERS, Ler. De Sainr-Farc. ; MONOTRACHA, Hanrric.; NORMALIA, WeEsrw.
Caracteres. Abdomen muni d’un aiguillon chez les femelles. — Antennes toujours composées de treize articles dans les mâles, et de douze dans les femelles.
Cette seconde section de l’ordre des Hymépoptères renferme un grand nombre d’espèces, dont la plupart ont des mœurs des plus curieuses ; car toutes les femelles prennent soin de leur progéniture , les défendent, et leur apportent leur nourriture.
Leur tarière est convertie en un aiguillon, qui donne passage à un liquide venimeux qui, s’épanchant dans une piqüre, produit des douleurs très-aiguës. Nous avons donné de longs détails sur sa structure et ses fonctions, dans un article particulier, inséré dans le Diclionnaire universel d'Histoire naturelle.
Nous partageons la section des Hymé- NOPTÈRES PORTE-AIGUILLON en onze familles.
La première, celle des SPuectens, se compose d’un assez grand nombre de genres et d'espèces réparties dans les différentes parties du monde ; la plupart ont pour
habitude de fouir ou de creuser la terre ; il n’existe que deux sortes d'individus (des mâles et des femelles), qui vivent isoiément.
La seconde famille, que nous désignons sous le nom de LanRiens, ne renferme qu’un très-petit nombre d’espèces, dont la plupart sont indigènes.
La troisième famille est celle des Cra- BRONINNS, peu nombreuse en genres et en espèces, toutes de moyenne taille et de couleurs uniformes, ordinairement noires, variées de jaune; les larves vivent parasites de chenilles ou d’autres larves, ou même d’araignées qui leur ont été apportées par la mére.
La quatrième famille est celle de BEu- BECIENS, qui ne comprend que quelques genres, dont les espèces sont propres aux pays chauds. Leurs formes sont assez gracieuses, et leurs couleurs sont en général brillantes; les habitudes de ces insectes se rapprochent beaucoup de celles des Crabroniens.
La cinquième famille, les Scoziens, com-
SPHEGIENS.
prend aussi quelques genres, dont les espèces, d’après des observations récentes, vivent à l’état de larve, parasites d’autres larves; plusieurs sont d’une taille assez grande, et celles-là plus particulièrement sont propres aux pays chauds.
La sixième famille , les Murizuiens, comprend des insectes dont les habitudes, à l’état de farve, n’ont pas encore été observées; les mâles et les femelles à l’état parfait sont errans; en général, ces derniéres sont aptères. Le plus grand nombre des espèces est propre aux pays chauds; il n'existe, comme dans les familles précédentes, que deux sortes d'individus, des mâles et des femelles.
Les Formrciens constituent la septième famille ; ce sont les insectes dont l’industrie est la plus grande, qui vivent toujours en société et construisent des nids quelquefois très-considérables, où sont élevées les larves. Toutes les espèces se composent de trois sortes d'individus, des mâles, des femelles et des neutres ou ouvrières; ces dernières seules travaillent à la construction des nids et aux soins de la progéniture ; elles sont impropres à la reproduction, mais cependant elles sont pourvues de vestiges d’organes générateurs, qui font voir que ce ne sont que des femelles chez lesquelles ces organes sont avortés.
La huitième famille, celle des Masa- RIENS , est de toutes la moins nombreuse ; elle se compose de quelques genres, dont les espèces sont propres aux pays chauds ; leur ailes se replient comme chez les Guépiens.
La neuvième famille est celle des Eume- NIENS, qui a de grands rapports avec la sui-
vante, mais Où il n’existe que deux sortes d'individus.
Les GuÉËPIENS constituent la dixième famille ; ils se composent d’un certain nombre de genres, dont plusieurs renferment une assez grande quantité d’espèces, et chez lesquelles les ailes sont toujours re.
pliées dans le sens de leur longueur ; on en rencontre dans toutes les parties du monde; il existe comme, chez les fourmis, trois sortes d'individus ; les Frelons, les Guëépes, appartiennent à cette famille.
Enfin, la onzième et dernière famille, celle des Aprens, est la plus nombreuse de toutes, elle renferme une quantité considérable de genres, dont plusieurs sont nombreux en espèces ; l’on en rencontre dans toutes les parties du monde, et elles ont les pattes postérieures conformées pour récolter le pollen sur les fleurs ; les larves vivent exlusivement du mielsécrété par les femelles ou les neutres, Les Bourdonset les Abeilles sont les genres types de cette famille.
L'ordre dans lequel nous disposons nos familles se rapproche beaucoup de celui que Latreille avoit proposé dans son Genera Crustaceorum et Insectorum, et qui nous a semblé préférable à celui qu’il a présenté dans son Reg. Anim., d’autant plus que les insectes nidifians se trouvent plus rapprochés, et que les Sphégiens paroissent avoir plus de rapports avec les Ichneumoniens que les autres familles (4).
(4) Nous aurions désiré donner de plus grands développements sur celfe intéressante section de l'ordre des Ilyménopteres ; mais notre éditeur nous ayant limile le nombre de feuilles, nous sommes obligé de décrire moins d’especes el en général de donner moins d'élendue à nvtre travail,
PREMIÈRE FAMILLE. —. SPHEGIENS ; SPHEGIDES, Larr., WEsTw.
Caractères. Corps long. — Antennes longues, filiformes ou presque sétacées , composées d’articles longs, et peu serrés, enroulées et même contournées dans les femelles. — Labre saillant. — Mandibules longues, courbées et terminées en pointe aiguë, — Tête large et courte. — Prothorax dilaté latéralement, s’étendant jusqu’à la base des ailes. — Pattes généralement propres à fouir ; les jambes et les tarses anlérieurs fortement ciliés ; les jambes posté-
rieures fort longues et épineuses dans les femelles. — Abdomen attaché au thorax par un pédoncule quelquefois trés-long.
Cette famille, dont les espèces sont réparties dans les différentes parties du monde, en renferme d’une taille assez considérable, et qui présentent des couleurs vives et variées; mais les plus grandes et les plus belles sont généralement propres aux parties chaudes du globe. Les SPHEGIENS ont les mœurs les plus curieuses; toutes los
espèces qui ont été observées, pondentleurs œufs dans la terre ou dans certaines cavités; les larves qui sortent de ces œufs sont blanchâtres, privées de pattes, et incapables de se mouvoir , et cependant elles sont carnassières ; aussi la mère se charge-t elle d’aller chercher des insectes. ou même des araignées qu’elle apporte près de ses œufs, afin que la larve trouve des alimens quand elle viendra à éclore; mais n’ayarmy à sa disposition aucun moyen d’attaque ni de défense, elle aurait péri immanquablement auprés d’une abondance de nourriture , si la mére ne les eût percés de son aiguillon, de manière qu’il ne leur reste plus qu’un vestige de vie ; ils demeurent dans un engourdissement complet, et dés lors, les petites larves du Sphegien s’en nourrissent facilement.
Latreille formait avec nos Sphegiens et nos quatre familles suivantes sa grande famille des Fouisseurs, dont les ailes sont étendues pendant le repos, et dont les individus sont seulement de deux sortes (des mâles et des femelles).
Plusieurs auteurs se sont occupés spécialement de cette famille , mais particulièrement des Européens. 11 y a quelques années, M. Vanderlinden, naturaliste belge, a donné une Monographie de cette famille et de quelques autres voisines, mais seulement des espèces qui se trouvent en Europe ; depuis, M. Schuckard a fait un bon travail à peu prés analogue, mais en s’altachant exclusivement aux espèces d’Angleterre. I] est intitulé : Essay on the indigenous fussorial Hymenoptera, et c’est certainement un des meilleurs ouvrages d’entomologie qui aient paru en Angleterre.
Nous adopterons deux groupes danscette famille, les Sphegites et les Pompilites.
SPHEGITES.
Caractéres. Prothorax formant une sorte de cou trés-distinct du résothorax. — La base de l’abdomen rétrécie en un long pédoncule.
Genres : Pelopœus, Podium. Chlorion, Dolichurus, Pronœus, Sphex, Ammophila.
PELOPÆUS, Larr., FABr.:
Sphex, Decéer, Ouiv., Rosst; Pepsis, Iizie.; Sceliphron, Kiuc.
Corps long et grêle. —Palpes maxillaires
beaucoup plus longs que les labiaux, ayant Icur troisième article plus grand que les