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QUATRIÈME ORDRE

LES THYSANOPTÈRES.

Pendant longtemps les insectes qui composent cet ordre furent compris parmi les Hémiptères; leur petitesse extrême n'avait pas permis de les étudier complètement, et leur aspect général , la forme aplatie de leur corps semblaient devoir les faire placer avec les Hémiptères. Cependant la structure de leur bouche, qui diffère tellement de celle de ces derniers, n'avait pas échappé complètement aux anciens auteurs. DeGeer observa les palpes maxillaires des Thysanoptères ; M. Strauss reconnut la présence des mandibules. Maigrécela, Latreille, tout en reconnaissant queces insectes pourraientappartenir à Tordre des Orthoptères, n'osa opérer ce rapprochement, parce que l'ensemble de leur organisation lui paraissait plus en rapport avec celle des Hémiptères homoptères.

Dans un ouvrage publié il y a quelques années , nous n'avons pas cru nous-mêrae devoir les en éloigner; mais depuis nous les avons plus complètement étudiés, et les caractères que nous avons observés , parfaitement en rapport avec ceux déjà signalés par M. Westwood et par d'autres ensuite, nous ont fixé définitivement sur leurs véritables affinités zoologiques.

Les Thysanoptères ont certainement des traits de ressemblance avec les Orthoptères ; mais les différences sont telles, que l'ordre établi en Angleterre par M. Haliday pour recevoir ces insectes, ne peut être rejeté.

Les Thysanoptères ont des mandibules longues, presque sétiformes, et seulement un peu renflées à leur base. Leurs mâchoires sont aplaties, dépourvues de galette et munies

d'un palpe articulé. La lèvre inférieure supporte aussi deux petits palpes articulés. Les ai les , au nombre de quatre , sont longues et étroites, entièrement membraneuses, n'offrant ni réticulation ni plis; elles sont garnies sur tous leurs bords de cils longs, très-serrés, et pendant le repos elles sont étendues horizontalement sur le dos. Les tarses sont vésiculeux à l'extrémité, etne présentent que deux articles. Chez les Thysanoptères la tête est oblongue , assez aplatie; les antennes sont filiformes, toujours plus longues que la tête, et composées de cinq à neuf articles distincts, les derniers étant plus ou moins intimement soudés ensemble. Les yeux sont grands , et occupent les parties latérales de la tête ; sur son sommet on distingue ordiuairement trois ocelles.

Ces incectes vivent sur les végétaux, auxquels ils sont parfois très-nuisibles. La plupart se tiennent sur les feuilles, qu'ils rongent dans toute leur étendue sans jamais les entamer. On voit alors à leur surface des taches plus ou moins grandes, qui ne sont autre chose que les parties rongées. Les plantes des serres chaudes sont souvent infestées par des Thysanoptères. Dans le midi de la ^ranct, ainsi qu'en Italie , les oliviers en souffrent beaucoup chaque année ; et les céréales, principalement le fromentc i4ont sujettes aussi à leurs attaques.

Ces insectes, comme les Orthoptères, ont des métamorphoses incomplètes ; on rencontre les jeunes larves souvent au milieu des insectes parfaits : elles n'en diffèrent guère quant à la forme, mais elles sont toujours d'un jaune pâle. Après quelques mues ou changements de peau successifs, elles prennent des rudiments d'ailes, et alors leur couleur devient noire ou noirâtre. Après une nouvelle mue , U's ailes paraissent avec tout le développement qu'elles

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doivent obtenir; les Thysanoptères sont alors à l'état d'insecte parfait.

Tous les Thysanoptères sont de la taille la plus exiguë, courant vite, et volant avec la plus grande facilité.

Leurs ailes ont une conformation particulière qui les rend très-différents de tous les autres insectes. Leur bouche, quoique bien évidemment conformée pour la mastication, offre néanmoins quelques traits de ressemblance avec celle des, insectes suceurs , surtout par les mandibules, dont la forme est presque celle d'une soie.

Les Thysanoptères doivent être très-nombreux dans la nature ; mais c'est seulement en Europe , en France et en Angleterre , qu'ils ont été un peu sérieusement étudiés. Nous devons à un entomologiste anglais , M. Haliday, la première monographie de ce petit ordre ; il ne comprend qu'une seule tribu , celle des Thripsiens.

TABLEAU DES DIVISIONS

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