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DE LA TRIBU DES SPHINGIENS

Gre. 1 . MACROGLOSSE. Scop. Antennes très-renflées, en massue. Abdomen large, ayant une brosse de poils terminale. Trompe longue.

Gre. 2. f'TEROGON. Boisd. Antennes en massues prismatiques. Trompe presque aussi longue que le corps. Ailes dentelées,

Gre. 3. THYREus. Sjp/ziws. Antennes longues , très-peu renflées au milieu , et terminées eu pointe recourbée. Ailes dentelées.

Gre. 4. deilephila. Ochs. Antennes prismatiques. Trompe de la longueur de la moitié du corps.

Abdomen conique.

Gre. 5. sphinx. Lin. Antennes prismatiques , finement den-

telées en dessous. Trompe plus longue que le corps. Abdomen cylindroconique.

Gre. 6. ACHERONTiA. Ochs. Antennes presque d'égale épaisseur dans toute leur longueur, et terminées par une petit crochet. Trompe épaisse, fort courte. Abdomen large, un peu déprimé,

Gre. 7. brachyglossa. Boisd. Antennes giêles, longues. Trompe trèscourte. Abdomen grand, cylindrique.

Ailes larges, sinueuses.

Gre. 8. SMÉRiNTHE. Ochs. Antennes flexueuses, amincies au bout, crénelées en dessous dans les mâles- Trompe complètement rudimentaire.

Ailes dentelées.

Les Macroglosses ont une trompe plus longue que

leur corps, qu'ils déroulent à volonté. On les voit voler au printemps et l'été pendant la plus grande chaleur du jour.

Le type du genre, le M. du caille-lait ( M. stellatarum. Lin.), est très-commun dans tout l'Europe. Quelques autres espèces ont des ailes transparentes, comme les Sésiens et un corps velu comme des bourdons : de là les noms de M. bombyciformis, Fahr. ■^fuciformis^ Fabr.; etc.

Le genre Pterogon a pour type une jolie espèce à ailes antérieures vertes {P. œnotherœ, Fabr.), très-rare aux environs de Paris, mais plus commune dans le midi de la France. Sa chenille vit sur des épilobes.

La seule espèce connue du genre Tliyreus [T. Abbotii, Swains) habite la Pensylvanie, la Géorgie d'Amérique, etc.

LesDeiléphiles sont les plus beaux Sphingiens.

Le Sphinxdu laurier-rose (O. wer/î, Lin.) , dont lachenille vit sur le laurier-rose, est une magnifique espèce, dont les ailes antérieures, agréablement nuancées de vert et de rose, avec un point noir à la base et des raies d'un blanc rose, ont de neuf à dix centimètres d'envergure. Les ailes postérieures, noirâtres dans leur partie basilaire, sont vertes à l'extrémité, avec une ligne blanche de séparation trèssinueuse.

Le Sphinx de la vigne [D. elpenor, Lin.), en grande partie rose, avec les ailes antérieures d'un vert jaunâtre, traversées par trois bandes roses, appartient également au genre Deilephila; la chenille vit sur des épilobes aussi bien que sur la vigne.

Le Sphinx du tithymale [D. euphorbiœ, Lin.) est le plus commun dans notre pays. Sa chenille, de couleur noire, ornée d'une multitude de petites taches jaunes ,

blanches , rouges, vit sur des euphorbes et des tithymales.

Le genre Sphinx proprement dit renferme un petit nombre d'espèces.

Nous trouvons communément dans notre pays le Sphinx. du troène {S. ligustri. Lin.), dont la chenille, d'un vert tendre, ornée débandes latérales d'un violacé tendre, est réellement magnifique; elle est assez commune sur les troènes et les lilas, vers le milieu de l'été.

Le Sphinx à cornes de bœuf {S. convolvuli, Lin.) vit à l'état de chenille sur des liserons.

Le type du genre Achérontie est le célèbre Sphinx à tète de mort {A. Atropos, Lin.), dont le corselet présente deux gros points noirs sur une même ligne, et au-dessous deux petites raies transversales ayant dans leur ensemble quelque ressemblance avec une tête de mort. Les ailes antérieures de ce Lépidoptère , d'un brun noirâtre nuancé de ferrugineux, avec deux bandes grisâtres , ont environ dix centimètres d'envergeure. Ce papillon a seul entre tous les Lépidoptères la faculté de produire un son aigu dont les zoologistes n'ont pu découvrir encore le siège. Dans les campagnes, où par fois ce Sphinx à tète de mort s'est montré en assez grande quantité, à cause de son cri, qui a paru sinistre, et l'espèce de tête de mort figurée sur son dos , il a été l'objet d'une vive frayeur. Dans certaines localités, des gens superstitieux l'ont regardé comme un présage de mort.

Le genre Braehyglossa est fondé sur un Lépidoptère de la Nouvelle-Hollande (B. triangularis , Donov,).

On connaît quatre espèces européennes du genre Smérinthe, dont trois assez communes dans notre pays; leurs chenilles, dont la peau est chagrinée et la tête complètement triangulaire, vivent sur les arbres.

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Le Smérinthe du tilleul (^S. tiliœ. Lin.), dont les ailes sont jaunâtres, marquées de vert, est très-commun; sa chenille se trouve principalement sur les ormes.

Le Smérinthe ocellé [S. ocellata, Lin.), connu sous le nom vulgaire de Sphinx demi-Paon, vit dans son premier état sur des saules.

La chenille du Smérinthe du peuplier (5. populi , Lin.) se trouve surtout sur les peupliers.

DIXIÈME TRIBU

LES BOMBYCIENS.

Cette tribu renferme les plus grands Lépidoptères. Les parties rudimentaires de la bouche de ces insectes constituent un de leurs principaux caractères. Ils ne prennent aucune nourriture à leur état d'insecte parfait. Les quelques jours qu'ils ont à vivre sont consacrés à l'accouplement et à la ponte des œufs. Les Bombyciens volent rarement pendant le jour; c'est plutôt le matin et le soir qu'on les aperçoit, et encore sont-ce en général les mâles, car les femelles se déplacent peu, et restent ordinairement sur les arbres ou cachées dans les buissons. Chez les Bombyciens les mâles ont généralement les antennes en panache, tandis qu'elles sont faiblement pectinées chez les femelles. Ces Lépidoptères offrent un singulier exemple du grand développement du sens olfactif : les mâles de plusieurs espèces sont attirés vers leurs femelles à des distances très considérables; ainsi, de ces dernières , renfermées dans des boîtes placées sur une fenêtre dans l'intérieur de Paris , ne manquent pas d'attirer en quelques heures une foule de mâles. L'organe de la vue les dirige si peu, qu'ils vont se précipiter de tous côtés dans le voisi-

nage de la femelle. Le sens olfactif paraît seul les guider. C'est là un fait inexplicable pour nous; car il est positif que ces mâles viennent de distances énormes.

Les Bombyciens sont dispersés dans presque toutes \es régions du monde ; l'Amérique, etsurtout le sud et le centre de l'Asie, fournissent les espèces les plus remarquables de cette tribu. Les chenilles sont souvent très-belles, et la plupart d'entre elles forment des cocons de soie que l'on utilise dans divers pays, et d'autres qui certainement seraient susceptibles d'être employés avec avantage.

La tribu qui nous occupe en ce moment est l'une des plus considérables de tout l'ordre des Lépidoptères; elle peut être divisée en plusieurs familles, dont le tableau suivant offre les caractères ainsi que ceux des groupes et des genres qui s'y rattachent.

TABLEAU DES DIVISIONS

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