DE LA TRIBU DES ÉLATÉRIENS
Fam. 1. ÉLATÉRIDES. Prostermim prolongé en une pointe, s'engageant dans une cavité du niésosternuni.
Groupe l.TÉTRALOBITES. Tarses garnis en dessous de lamelles membraneuses.
oenie 1. tétralobe. Sert;. Antennes de onze aiticles, avec le second très- petit, tous les suivants prolongés en rameau. Tarses ayant leurs quatre premiers articles garnis en dessous de lamelles. Mésosternnm sans prolongement.
Gre. 2. EUCAMPTE. Chevr. Antennes en scie de onze articles, le deuxième très-petit. Tarses ayant leurs trois premiers articles garnis de lamelles. Mésosternum avancé en fourchette.
Gre. 3. semiote. Eschs. Antennes en dents de peigne dans les (Penca;?<5, Serv.) mâles, en scie dans les femelles, de
douze articles, le deuxième très-petit, le dernier presque soudé avec le précédent. Tarses ayant leurs trois pre-
raiers articles garnis de lamelles. Mésosternum avancé en fourchette.
Gre. 4. hémicrépidie. Ge/W-Antennes en scie, de douze articles le deuxième très-petit. Tarses ayant, leurs deuxième et troisième articles garnis de lamelles.
Gre. 5 dicrépidie. jïsc/îs. Antennes en scie de onze articles , le {Dipropus , Germ.) deuxième très -petit. Tarses ayant
leurs deuxième et troisième articles garnis de lamelles.
Gre. 6. HLTÉROPE. Germ. Antennes de onze articles, les deuxième et troisième très-petits. Tarses antérieurs ayant leurs deuxième et troisième articles et les postérieurs seulement leur troisième garnis de lamelles.
Gre. 7. ATRACTODES. Germ. Antennesdeonzearticles,lesdeuxième et troisième petits. Tarses ayant leurs deuxième et troisième articles garnis de lamelles.
Gre. 8. htpodesis. Latr. Antennes en scie, de onze articles , les deuxième et troisième très-petits. Tar ses ayant leurs quatre premiers articles garnis de !a nielles.
Gre. 9. MONOCRÉPiDiE. Ê'scft^. Antennes de douze articles, les (C'ono(lerus,Es>c\\s.). deuxième et troisième petits. Tarses ayant leur quatrième article garni de lamelles.
Gre. 10. POMACHiLiE. Eschs. Antennes de onze articles. Tarses ayant leur troisième article seul garni de lamelles.
Gre. 11. DiMA. Ziegl. Antennes de onze articles, un peu en
scie. Tarses ayant leur quatrième article garni de lamelles.
Gre. 12. SYNAPTE. Eschs. Antennes de onze articles , un peu en scie. Tarses ayant leur troisième article garni de lamelles. Crochets dentés.
Groupe 2 ÉLATÉRIÏliS. Tarses sans lamelles en dessous.
Geurel.cBATOKYCiiDS Ger?H. Antennes en dents de scie, de onze ( Melanotus , Esclis.) articles, avec les deuxième et troisième très-petits. Crochets des tarses dentés.
Gre. 2. ACRYPNE. Eschs. (/lc?e-Antennes en dents de scie , de douze locera, Amaurus, Cast.)arlicles,'le deuxième seul très-petit; le dernier souvent difficile à distinguer. Crochets des tarses simples. Piosternum ayantdeux profondes rainures.
Gre. 3. lacon. Cast. Antennes en dents de scie, seulement
de onze articles distincts ; les deuxième et troisième très petits. Crochets simples. Prosternum ayant deux profondes rainures.
Gre. 4. iPHis. Cast. Antennes en dents de peigne ou en
panache, de douze articles, le deuxième très-petit, le troisième prolongé en dent.
Gre. 5. CTEMCERA. Lalr. Antennes en dents de peigne, de onze articles, le deuxième très-petit, le troisième prolongé en dent.
Gre. 6- HÉMiRHiPE. Latr. Antennes eu panaciie assez long dans les mâles, de douze articles, avec le dernier très-long; les deuxième et troisième globuleux, le troisième ayant un court rameau.
Gre. 7. alaus. Escfis. Antennes en dents de scie , de douze (Calais, Cast.) articles, le deuxième très-petit, le
troisième aussi long que le suivant, le dernier très-court.
Gre. 8.CHALC0LÉP1DIE. ii'5c/i5. Antennes en dents de scie, de douze articles , le deuxième très-petit , le dernier très-court. Écusson presque en triangle renversé. Mésosternum avancé en fourchette, au-devant du prosternum.
Gre. 9. CAMPSOSTERNE. /.a^r.Antenues en dents de scie, de onze articles, le deuxième seul très-petit.
Genre 11. ludius. Latr.
( Steatodenis, Esclis.
8 HISTOIBE
Écusson cordiforme. Mésosterniini avancé en fourchette au devant du prosternum.
Gre. 10. PYROPHORE. lllkj. Antennes courtes, grêles, un peu en dents de scie, le deuxième très-court, le dernier très-petit. Corselet offrant de chaque côté des angles postérieurs, une plaque luminifère.
Antennes foitement en dents de scie, de douze articles , les deuxième et troisième très-petits , le dernier pointu.
Gre. 12. BÉLiopiioRE. Germ. Antennes en dents de scie dans leur milieu , avec leur deuxième article tiès-petit, cupuliforme.
Gre. 13. pachyderes. Guér. Antennes fortement en dents de scie, presqu'en peigne; le deuxième article très-petit, le dernier oblong, ayant un rétrécissement vers Textrémité, comme un douzième article.
Corselet voûté, une fois plus large que lesélytres,avecles angles postérieurs prolongés en longues pointes.
Antennes en dents de scie , de onze articles , le deuxième petit , le troisième plus long que le suivant , le dernier oblong. Élytres rétrécies de la base à l'extrémité.
Antennes en dents de scie , de douze articles, le deuxième très-petit, le troisième plus long que le suivant.
Corselet court , gibboux. Élytres bombées.
Gre. 16, cREPiDOMiiRE, /i/vc/is. Antennes presque filiformes , à peine dentelées, de onze articles, le deuxiè me petit , le troisième plus long que le suivant. Tarses ayant leurs quatre premiers articles élargis et cordifor-
Gre. 14.T0MicÉpn.\LE. Latr.
(Megacnemius, Eschs. )
Gre. 15. hemiops. Eschs.
Gre. 17. coRYMBiTES. Latr. Antennes de onze articles, en dents de scie très-prolongées; le deuxième très-petit, le troisième de la dimension du suivant.
Gre. 18. ducanthe. Latr.
(Pristilophus, Latr.j
Gre. 19. c^rdiorhine. Escks
Gre. 20. AMPEDUs. * Dej.
Gre. 2 1 . MÉLANOXANTHE
Eschs.
Gre. 22. ELATER. ÀllCt.
{Athous , Limonlus, Esch.)
Gre. 23. calodère. Steph.
( Cardiophore, Escli. )
Gre. 24. anelastes. Kirbtj.
(Silenus, Latr.)
Gre. 25. AGRiOTES. Eschs.
(Drasterius, Esch.)
Antennes très-peu dentées ; le deuxième article très-petit et le troisième presque aussi long que le quatrième ; le onzième paraissant présenter un douzième articlesoudé. Labre arrondi.
•Antennes très-peu dentées, de onze articles ; le deuxième très-petit , le troisième aussi long que le quatrième. Labre échancré.
Antennes à articles larges et en dents de scie à partir du quatrième ; le deuxième très-petit, le troisième presque aussi long que le quatrième et trèsgrêle.
Antennes courtes, à articles larges et en dents de scie, à partir du quatrième; les deuxième et troisième très-petits.
Antennes faiblement dentées, de onze articles distincts, le deuxième tièspetit, le troisième presque aussi long que le quatrième, le dernier oblong , paraissant offrir une division, comme un douzième article. Tarses simples.
Antennes filiformes, le troisième article aussi long que le quatrième ; le deuxième guère plus court. Corselet gibbeux. Écusson cordiforme.
Antennes filiformes, à articles un peu globuleux ; le dernier très-pointu.
Corps voûté.
Antennes grêles, filiformes; leurs articles à peine élargis au bout, le dernier ovoïde.
Gre. 26. cAMPYLu. Fisch.
Fam. 2. EVCNEMIDES.
Groupe 1. LISSOMIÏES.
Genre 1. ussome. Dcdm.
Gre. 2. drapetes. Eschs.
Gpe. 2. THROSCITËS.
Genre 1. throsqub. Latr.
Gpe3. CHELOxNARIlTES.
UISTOIBE
Antennes presque de la longueur de la moitié du corps , très-grôles , à articles à peine prolongés en dents; le deuxième très-petit, le troisième plus long que le quatrième.
Prosternum peu engagé dans le mésosternum.
Tarses garnis en dessous de larges lamelles membraneuses. Prolhorax plan , large, offrant en dessous des rainures latérales pour recevoir les anteinies. Ces dernières en dents de scie. Tête petite.
Antennes fortement en dents de scie à partir du quatrième article. Corselet élargi postérieurement.
Antennes en dénis de scie à partir du quatrième article, le troisième trèspetit. Corselet presque carré, bombé.
Tarses simples. Prothorax pourvu de rainures. Antennes ayant leurs trois derniers articles épais , formant une massue.
Tarses garnis de lamelles. Corselet si mi circulaire, recouvrant entièrement la tète; celle-ci complètement engagée dans le prothorax. Antennes contiguës,inséréesau-dessous des yeux et logées dans un sillon entre l'insertion des pattes antérieures.
Genre 1 cnELOWAiHE lonarium, Fabr.) Gpe. 4. CÉROPHYTITES
{Che-
Tarses simples. Prothorax sans rainures. Tête assez dégagée du corselet.
Antennes flabellées.
Genre 1. cerophtte. Latr. Antennes ayant chaque article pro-
Gre. 2. phyllocère. Lalr
Gpe. 5. GALBITES.
Gre. I. GALBA. Eschs.
Gre. 2. PTÉROTAKSE. Eschs.
pe. 6. EUCiNÉVIITES.
Genre 1. galbodema. Cast Gre. 2. EucxEMis. Sch.
Gre. 3. eucalosome. Cast.
Gre. 4. fornax. Cast.
Gpe. 7. MÉLASITES.
Genre 1 . microkhagus. Esch
Gre. 2. EMATHION. C«s<.
Gre. 3. calyptocère. Gmc'/-.
Gre. 4 hylochares. Latr.
longé en rameau à partir du troisième article; le dernier simple.
Antennes ayant chaque article prolongé en rameau à partir du quatrième, et un peu en dents du côté opposé ; le dernier double.
Tarses garnis de lamelles. Prothorax pourvu de rainures. Tête très-grosse , emboîtée dans le corselet. Antennes dentées.
Tarses ayant trois lamelles.
Tarses ayant quatre lamelles.
Tarses simples. Prothorax pourvu de rainures. Antennes simples ou dentées.
Antennes flabellées.
Antennes fortement en dents de scie , à partir du quatrième article.
Antennes filiformes, avec ciiaqiie article formant une petite dent à l'extrémité; le dernier allongé- Antennes filiformes, avec le dernier article ovoïde, légèrement recourbé.
Tarses simples. Prothorax sans rainures. Tète très grosse, très-enfoncée dans le corselet.
s.Prosternum offrant une fossette de chaque côté.
Prosternum sans fossettes. Antennes simples, avec le troisième article le plus long de tous; le dernier tronqué obliquement.
Prosternum sans fossettes. Antennes simples, à articles parfaitement cylindriques. Tarses élargis à avant-dernier article biiobé.
Prosternum sans fossettes. Antennes grêles, faiblement en dents de scie.
Gre. 5. xtlobie. Latr.
Gre. 6. NEMATODES. Latr.
Gre. 7. tiiarops. Cast.
Gre. 8. mela.si9. Oliv.
Fam. 3. BUPRESTIDES.
Groupe I. AGRILETES.
Genre 1. agrile. Eschs.
(Pseudagrilus, G. et P.
Gre. 2. amorphosomx. Cast.
(Eumcnts, Chorœlms,
G. et P.) Gre. 3. STENOGXSTEU. Cast.
et Gorij.
Gre. 4. PjEctLONOTA. Eschs.
Gre. 5. ZEMiNA. Gorij.
Prosternum sans fossettes. Antennes épaisses, à articles presque carrés , le dernier ovale.
Prosternum sans fossettes. Antennes presque filiformes ; le premier article très-long, les derniers un peu élargis au bout , le onzième pointu.
Prosternum sans fossettes. Antennes ayant chaque article prolongé en rameau à partir du troisième; le premier grand. Jambes grêles.
Prosternum sans fossettes. Antennes ayant chaque article prolongé en rameau à partir du troisième. Jambes larges, comprimées.
Prosteruum nullement engagé dans le mésosternum.
Crochets des tarses dentés. Écusson visible. Corps linéaire.
Antennes un peu en dents de scie, à ) partir du quatrième article. Tarses simples , à articles cordiformes , l'avant-dernier très-élargi.
Antennes fortement en dents de scie, à partir du quatrième article. Tarses garnis de lamelles en dessous.
Antennes très-courtes, à dents de scie, à partir du quatrième article. Tarses grêles, cylindriques , avec l'avant-dernier article muni d'une longue palette.
Antennes guère plus longues que la tête, avec les quatre premiers articles cylindriques , et les suivants en peigne. Tarses à articles cordiformes.
Antennes ayant leurs six derniers articles prolongés en dents. Tarses à articles larges et cordiformes.
Ope. 2. TRACHYSITES. Crochets sans dents. Antennes ayant leur deuxième article très-grand. Tête écliancrée.
Genre 1 . APHANiSTicus. Zff^r. Antennes ayant leurs quatre derniers articles en massue allongée.
Corps linéaire.
Gre. 2. trachys. Fabr. Antennes libres, ayant les cinq der- (Elfion, etc. G. et P.) niers articles un peu prolongés eu dents. Corps très-large.
Gre. 3. eracuys. Sol. Antennes en dents à partir du troisième article et reçues dans des rainures du prosternum.
Gpe. .3. ANTHAXITES. Crochets des tarses bidentés. Écusson
visible.
Genre 1 . sphexoptera. Sol. Antennes ayant leurs articles faiblement en dents de scie, à partir du quatrième article. Corps épais, bombé.
Gre. 2. ANTHAxiA. Eschs. Antennes à articles élargis , à peine dentées à partir du troisième article.
Corps plan. Cuisses simples.
Gre. 3. cratomère. Sol. Antennes très-comprimées et dentées à partir du troisième article. Cuisses postérieures très-renflées dans les mâles.
Gpe. 4. CHRYSOBOTHRICrochets simples. Écusson visible. TES. Antennes ayant leur troisième article
beaucoup plus long que le quatrième.
Genre 1. belionota. £'scfe. Tarses à avant-dernier article prolongé en deux lobes aigus. Bord postérieur du corselet droit.
Gre 2. CHRYSOBOTHRis. £"50/^5. Tarses à avant-dernier article prolongé en deux lobes. Bord postérieur du corselet arrondi.
Gre. 3. colobogaster. Sol. Tarsesà avant-dernier article arrondi. Gpe. 5. BUPRESTLTES. Crochets simples. Écusson visible. Antennes à troisième article de la longueur du suivant.
Genre 1. sTiGMODERA. i'sc/ï. Proslemiim plan. Menton presque aussi long que large. Tarses à articles un peu cordiformes.
Gre. 2. coxoGNATHA. Eschs. Prosternum muni d'un long tubercules. Menton grand. Tarses élargis.
Gre. 3. buprestis. Lin. Prosternum plan. Menton court, ti ès-
{Chnjsodema, Gory, etc.) large Tarses élargis.
Gre 4. capnodis. Eschs. Prosternum plan. Menton court. Tarses très-longs, avec les quatre premiers articles prolongés de chaque côté, le dernier très-large et aplati.
Gpe.e.CHRYSOCHROITES.Crocliets simples. Écusson caché.
Genre 1. chrysociikoa. Sol. Corps long, un peu déprimé. Antennes fortement en dents de scie, à partir du troisième article.
Gre 2. acmjEODera. Eschs. Corps convexe. Mésosternum non prolongé. Tarses grêles. Antennes un peu en dents de scie à partir du cin. quième article.
Gre. 3. juLonis Esclis. Corps très-convexe. Mésosternum non prolongé. Tarses dilatés.
Gre. 4. sternocera. Eschs. Corps très-convexe. Mésosternum prolongé en pointe.
La famille des Élatérides a un caractère bien parliculier, qui est d'avoir le prosternum prolongé en arrière en une pointe comprimée, pouvant pénétrer dans une fossette sitHée à la base du mésosternum , entre la base des pattes intermédiaires. (PI. 9 , fig. 14.) L'animal fait entrer à volonté cette pointe dans cette cavité du mésosternum, et la fait ressortir au moyen d'un effort brusque qui détermine la projection du corps en l'air. C'est cette particularité qui a valu aux Élatérides les noms de Taupins, Maréchals , etc. Ces Coléoptères ont des pattes assez courtes et un corps généralement allongé , conformation
qui permet difficilement à l'insecte de se redresser lorsqu'il tombe sur le dos. C'est donc au moyen de sauts qu'il parvient à se remettre sur ses pattes; et quelquefois il est obligé d'en exécuter plusieurs avant d'y réussir.
Les Élatérides sont répandus dans le monde entier ; mais c'est surtout l'Amérique méridionale qui fournit les plus grandes et les plus belles espèces. Ils se tiennent sur les plantes , les fleurs , les herbes ; à l'approche du danger, ils contrefont le mort et se laissent choir.
Leurs larves sont allongées, cylindriques et ressemblent beaucoup à celles des Ténébrionides et desHélopiides ; elles vivent de matières végétales , et se tiennent, soit sous les écorces des plantes, soit aux racines.,
Nous admettons deux groupes dans cette famille : ce
sont les TÉTRALOBITES Ct ICS ÉLA.TÉRITES.
Les premiers sont les moins nombreux, et exotiques pour la plupart.
Les Tétralobes sont les plus grands Élatérides connus ; ils atteignent une longueur de six à sept centimètres : on les rencontre aux Indes orientales et en Afrique.
Les Séraiotes [Semiotus] sont tous américains, et offrent des couleurs noires et jaunes très-vives.
Les Monocrépidies, Dicrépidies, Hypodesis, etc., sont en général propres au même pays.
Le genre Dima a pour type une espèce de Hongrie [D. elateroides, Ziegl.).
Les Synaptes se trouvent en Eiu-ope. Le Synapte filiforme [Synaptus fiUformis, Fabr.) n'est pas très-rare dans nos environs.
Les ÉLATÉBiTEs sont divisés en un plus grand nombre de genres. Il y a peu d'années ils étaient encore désignés tous sous la simple dénomination générique d'Élatr r; mais
depuis, plusieurs entomologistes ont établi des genres sans prendre en considération ceux qui étaient formés par d'autres à la même époque ou peu après ; en sorte que c'est un groupe qui jusqu'ici a été très-embrouillé sous le rapport de ses divisions. C'est ce qui est d'autant moins surprenant, que tous les Élatérides, conformés sur un plan très-analogue, offrent très-peu de caractères tranchés pour donner matière à nombre de coupes assez considérables.
Les Cratonyches sont de moyenne dimension, dispersés dans le monde entier. Le C. obscur ( Cratomjchus obseurus, Fabr. ), qu'on peut considérer comme le type du genre, se trouve en France, en Angleterre; etc.
Les Agrypnus et Laçons sont propres à l'ancien continent.
Les Pyrophores sont de grands Élatérites d'Amérique qui répandent une lueur phosphorescente.
Ils offrent à la base de leur corselet deux petites taches lisses et brillantes , d'où brille la lumière pendant la nuit ; on l'observe encore entre les élytres, à l'extrémité du mésothorax. Selon M. Lacordaire, qui a vu les Pyrophores à la Guyane et au Brésil, ils ne se montrent que vers le soir, et leur vol est rapide. Leur lumière est en effet assez vive, dit-Il, pour permettre de lire dans l'obscurité la plus profonde; mais pour cela il faut promener l'insecte de ligne en ligne; les indigènes les nomment Cucuyos ou Coyou- ?/ow. On rapporte qu'un individu amené vivant à Paris, probablement dans quelque morceau de bois, causa une grande frayeur aux habitants du faubourg Saint- Antoine , lorsqu'ils le virent voler le soir. La plus grande espèce est le P. flamme de nuit {Pyrophorus noctUucus, Lin.), qui est très-commun à la Guyane.
Les Almis ont une forme parallèle et présentent or-
dinairementdeux taches ocellées sur leur corselet ; ils sont exotiques , de même que les Hémirhipus: on en trouve une très-belle dans laRussie méridionale {A. Pareijssii, Stev.),
Les Iphis et Ctenicères sont de Madagascar ; les Campsosternes;, d'éclatants Élatérites des Indes orientales. Les Chalcolepidie s sont de grands insectes américains (C. slriatus, Fabr.).
Les Cor3'mbites ont des antennes flabellées, très-élégantes : plusieurs espèces sont européennes.
Le C. ensanglanté ( C. hœmatodes , Fabr.) , long de dix millimètres, noir, avec le corselet pubescent et les élytres d'un beau rouge, aj'ant deux petites côtes longitudinales et une fine ponctuation, se trouve quelquefois dans nos environs.
Les Diacanthes {Diacanfhus) renferment un grand nombre d'espèces européennes [D, latus, Fahr.). (PI. 9, flg. 13.)
Les Ludies (L. ferrugineiis) Ampedus , etc., sont européens; les autres genres du groupe sont exotiques.
Les Taupins ou Élaters proprement dits sont également communs dans notre pays. Les Agriotes ne le sont pas moins, et leurs larves occasionnent des dégâts trèsconsidérables ; elles dévorent les racines des céréales et des légumes. Nous avons trouvé bien fréquemment l'Agriote des moissons [Agriotes segetis^ Gyll-) dont la larve cylindrique , d'une couleur jaune, lisse et brillante, avec six pattes écailleuses, est très commune aux racines des végétaux.
Les EucNÉMiDEs constituent une petite famille exactement intermédiaire entre les Élatérides et les Buprestldes ; elle est beaucoup plus limitée; en outre, ces insectes sont généralement assez rares. Cependant les Eucnémides
offrent des formes plus variées que les Elatérides; nous les séparons en plusieurs groupes.
Les LissoMiTES ressemblent encore beaucoup aux insectes de la famille précédente. On ne connaît pas leurs habitudes ; on les trouve sur les feuilles. Les Lissomes sont tous américains.
Le genre Drapètes renferme une seule espèce , qui est européenne [D. equestris^ Fabr. ) : elle estnoire, avec une bande rouge à la base des élytres.
Les THROsciTES Constituent un petit groupe très-anomal ; il renferme le seul genre Throscus, dont nous trouvons une espèce en France ; ses caractères peu nets l'ont fait placer tantôt parmi les Dermestiens, tantôt parmi les Élatériens ; il nous paraît mieux placé ici. On assure encore qu'il vit dans le chêne pendant ses premiers états.
Le singulier groupe des chelonariites est fondé sur le genre Ghelonaire, dont les espèces sont américaines.
Les cérophytites renferment essentiellement le genre
Cérophyte, dont la seule espèce connue [Cerophytum ela-
teroides) est répandue dans une grande partie de l'Europe
Le genre Phyllocère n'a encore été trouvé qu'en Sicile et
euDalmatie [Phyllocerus Jlainpennis, Latr.).
Celui de Cnjptostoma, qui est assez rare, est particulier à l'Amérique [C. spinicornis, Fabr.).
Le groupe des galettes se compose de quelques espèces en général américaines.
Le groupe des eucnémites renferme peu de genres. Le type du genre Eucnemis ( E. capucinus, Fabr. ) se trouve sous les écorces; il est très-rare en France.
Les Galbodèmes, Eiiealosomes , Fornax, sont exotiques.
Les MÉLAsiTES forment le groupe le plus étendu de cette famille.
Le genre Melasis renferme une seule espèce indigène (M. flabellicornis). Ses premiers états viennent d'être décrits par M. Guérin(l), Sa larveesttrès-allongée, blanchâtre et un peu aplatie , avec le premier anneau marqué en dessus et en dessous de dix taches brunes transversales et deux lignes longitudinales rejoignant les taches. Cette larve, ditM.Guérin,sembleétabIirlepassageentreceIlesdes Élatérides et des Buprestides. C'est là une observation intéressante, parce qu'elle confirme un rapprochement entre des familles qui, selon nous, ne peuvent être séparées. La larve du Melasis vit dans le bois de bouleau , où elle se creuse des galeries. La nymphe est courte et massive.
Le genre Tharops a pour type une espèce européenne qui est très-rare dans notre pays {T. melasoides, Lap. de Cast.).
Les Néraatodes se trouvent en Suède et en Allemagne.
Le type du genre Xylobie [Xijlobius alni , Fabr.) est rare en France.
Les Hypocèles ont été trouvés en Italie, en Autriche, etc.
Les Éraathions sont américains, ainsi que les Microrhagus et Calyptocères (2).
La famille des bupsestides renferme les plus splendides insectes connus: on les a nommés les Richards, pour donner une idée de l'éclat de leur enveloppe. On trouve chez eux les couleurs métalliques les plus étincelantes.
Ces insectes ont pour la plupart un prothorax court et des élytres longues ; ce qui fait que chez la plupart d'entre eux les ailes ne sont pas repliées sous les élytres, comme
(D'Annal, de la Soc. Eutomolog. de France. (2) Voy. Guér. loc. cil.
80 HISTOIBE
on l'observe dans tous les autres Coléoptères. Les liuprestides ont une démarche lourde; ils ont des ta.rses souvent élargis et garnis en dessous de brosses : ils volent néanmoins avec la plus grande facilité pendant l'ardeur du soleil , et se jettent alors très-souvent sur les troncs d'arbres exposés au soleil, principalement dans notre pays sur ceux du bouleau, dont la couleur blanche les attire davantage.
Les Buprestides sont nombreux en espèces : MM. Laporte de Castelnau et Gory en ont décrit et figuré douze à treize cents (1); mais c'est seulement dans les régions les plus chaudes du globe qu'ils sont abondants et où existent les espèces de grande dimension, aux couleurs éclatantes. En Europe, et surtout dans le Nord, on n'y rencontre que des espèces en général d'assez petite taille, et encore sont-elles assez rares.
Les larves de ces Coléoptères vivent dans les troncs d'arbres : elles sont allongées , apodes, blanchâtres, de consistance charnue, avec le premier anneau du corps trèsélargi: elles ressemblentbeaucoup à celles des Longicornes.
On divise les Buprestides en plusieurs groupes.
Les AGRiLiTES out pour genre principal les Agriles proprement dits [Agrilus] ; ils sont tous d'une taille assez minime, et passent leurs premiers états dans divers arbres selon les espèces.
L'Agrile vert (4. viridls) est le type du genre ; c'est le plus commun en France. M. Aube a fait connaître sa larve, qui vit dans les branches du bouleau: elle est allongée, atténuée vers l'extrémité et terminée par deux petites pointes.
Une espèce voisine [Agrilus pyri, Blanch.) (pi. 9, fig.
(i) Hisloire naturelle et Iconograplii(|ue des Insectes Colèoptèi-es. Buprestides,
15, ) passe ses premiers états dans les branches du poirier. Sa larve (pi. 9, fig. 16 ) ressemble complètement à celle l'A. vert, ainsi que la nymphe (pi. 9, fig. 17).
M. Ratzeburg a fait connaître encore les métamorphoses de quelques autres espèces.
Les Amorphosomes sont très-répandus , et présentent souvent des bouquets de poils. Les Pœcilonotes habitent l'Amérique, comme les Zemina.
Les TBACHYSiTEs renferment le genre Aphanistique, qui est composé de très-petites espèces, bien remarquables par leur tète profondément échancrée : leurs habitudes sont inconnues; on les trouve sur diverses plantes. Le type est l'A. échancré [ Aphanisticus emo,rginatus , Lin.).
Les genres Brachys et Trachys sont dispersés à la surface du globe. (Type, T. minuta, Fab.)
Les ANTH/VxiiTES forment un troisième groupe parmi les Buprestides. Le genre principal, celui d'Anthaxia, se compose d'une nombreuse suite d'espèces européennes , de petite taille, de forme courte, un peu élargie, toutes parées des plus belles couleurs.
L'A. manchote [A. manca^ Lin.) est la plus grande parmi les indigènes; elle est d'un rougecuivreux, avec deux lignes brunes sur le corselet. Les antennes et les pattes sont de cette dernière nuance; on la trouve fréquemment sur les troncs d'orme; ses premiers états sont inconnus.
Le genre Cratomère renferme une seule espèce du midi de la France. [A. crassicornis^ Fab. )
Les Sphénoptères sont surtout communs en Afrique.
Les CHRYsoBOTHBiTES SB rcconnaisscnt facilement à la forme de leur corselet.
LesChrysobothris sont presque tous exotiques; quelques espèces seulement se trouvent en Europe (CA, chrysostigma^ Fabr.)
Les Bélionotes se trouvent en Afrique et aux Indes orientales, et les Colobogasters en Amérique.
Les BUPRESTiTJiS coustitucnt le groupe le plus étendu de la famille.
Les Stigmodères sont particuliers à la Nouvelle-Hollande, et les Conognathes, qui en sont très-voisins, habitent l'Amérique méridionale.
Le genre Bupreste renferme une grande quantité d'espèces qu'on peut répartir dans plusieurs divisions regardées comme autant de genres par certains entomologistes.
On en trouve en France plusieurs espèces appartenant à la division des Dicerca. Tel est, entre autres , le Dicerca bronzé [D. œnea^ Fabr. ) , qui se trouve dans les grandes forêts; sa larve, observée par M. Audouin, vit dans les troncs du hêtre ; elle est allongée, mince, avec le premier anneau du corps très-large.
Le Bupreste géant {Buprestis gigas, Lin.) appartient à la division des Euchroma; il est des plus communs au Brésil et à la Guyane.
Les Buprestes de la division des Clwysodèmes ont les couleurs les plus splendides; ils habitent les Indes orientales et la Nouvelle-Hollande.
Le groupe des chbysochroïtes renferme les plus beaux Buprestides connus. Les Chrysochroas sont propres aux Indes orientales et à la Nouvelle-Hollande; ils ont une dimension assez considérable.
Ceux de la division des Stéraspis sont d'Afrique et généralement très -chagrin es.
Les autres ont un corps très-épais. Les Sternoeères et les Julodis se trouvent dans les régions chaudes et arides de l'ancien continent ; ils se tiennent en masses sur des buissons. Les Acmaîodères se trouvent dans le raidi de l'Europe.
ijES insectes. 83
SEIZIÈME TRIBIT.
LES CLÉRIENS.
Les Clériens ont des téguments plus solides que les Lampyriens, mais qui ne le sont pas autant à beaucoup près que ceux des Élatériens. Généralement leur corselet est plus étroit que les élytres et assez long.
La plupart des espèces ont des couleurs vives et variées ; elles fréquentent les fleurs , où elles se trouvent pendant l'été ; plusieurs espèces y sont communes. Mais cette tribu est d'une très-médiocre étendue. l,es Clériens ont des mandibules fortes , et plusieurs d'entre eux sont évidemment carnassiers ; on les a remarqués souvent tenant entre leurs mandibules des insectes dont ils venaient de s'emparer. Il en est parmi eux dont les habitudes sont carnassières, mais d'autres sont phytophages. Au reste les mœurs de ces insectes sont extrêmement variées.
Nous les divisons en plusieurs familles > dont voici les divisions.
TABLEAU DES DIVISIONS