DIXIÈME TRIBU, LES PIMÉLIENS
Les Coléoptères qui composent cette tribu reçurent autrefois le nom de Mélasomes, pour indiquer qu'ils sont presque toujours de couleur noire. Il n’y a en effet qu'un petit nombre d’exceptions. Ces Piméliens offrent quelques ressemblances avec les insectes de la tribu précédente ; mais ils présentent aussi detrès-grandes différences : néanmoins ilest à peu près évident que les Carabiens n’offrent pas d’affinités plus manifestes qu’avecles Piméliens, si ce n’est avec les Dyticiens, auxquels ils se lient étroitement. Les Piméliens offrent un ensemble parfaitement homogène, mais ils ne fournissent que des caractères bien peu tranchés pour les distinguer de quelques-unes des tribus suivantes, principalement des Diapériens et des Hélopiens ; et cependant il serait difficile de réunir dans la même tribu des insectes qui s’éloignent beaucoup les uns des autres par plusieurs caractères assez importants. Il est à regretter que nous ne connaissions encore que très-peu les métamorphoses des espèces de ces diverses tribus; car il n'est pas douteux qu’on en recueillerait des renseignements propres à fixer les entomologistes sur la valeur des caractères des Piméliens, Diapériens et Hélopiens. Les premiers, pour la plupart, se distinguent des suivants par leurs mâchoires munies d’un onglet. C’est une différence
prononcée qui n'existe pas dans plusieurs cas. L’onglet 2: 1
paraît remplacé par des épines roides. II n’est pas rare, au reste, de voir disparaitre les caractères qui paraissent les mieux tranchés : les Carabides et les Cicindélides nous en ont déjà fourni un exemple.
Les Piméliens peuvent être encore reconnus à leur tête, qui n'est jamais rétrécie en arrière en forme de cou, à leurs antennes moniliformes ou un peu épaissies à l’extrémité et insérées sous les prolongements latéraux de la tête, à leurs mandibules courtes à pointe bifide; enfin à leurs yeux oblongs et peu saillants, ainsi qu’à leurs tarses, dont l’avant-dernier article est entier.
Les Piméliens recherchent les endroits obscurs et évitent la lumière; ce qu'indique déjà leur couleur noire : on les trouve à terre, sous les pierres, dans les cavités des murailles ou du terrain. Leurs mouvements sont lents; ils paraissent marcher avec quelque difficulté. Ts vivent de détritus ou de matières en décomposition ; plusieurs d'entreeux fréquentent les bouses. Ces insectes sont surtout abondants sur les bords de la mer, dans les terrains imprégnés de sel; les bords de la Méditerranée en fournissent la plus grande partie : on en retrouve encore sur divers autres points du globe, mais principalement au Chili, au Pérou, au Tucuman, dans ces régions désertes et sablonneuses.