‹ Histoire naturelle des insectes, leurs moeurs, leurs métamorphoses et leur classification, ou Traité élémentaire d'entomologieChapitre 42 sur 152 · DE LA TRIBU. DES MANTIENS · texte numérisé non relu

DE LA TRIBU. DES MANTIENS

Groupe 1. ÉRÉMOPHILITES. Corps ramassé. Prothorax un peu plus long que le mésothorax. Élytres et ailes courtes, necouvrant pas l'abdomen.

Genre 1. ÉRÉMOPHILA. Lefeb.

Gpe. 2. MANTITES. Corps plus ou moins élancé. Élytri et ailes couvrant totalement labdemen. Antennes longues, sétacées.

Gre.1.MEraLLEUTICA. Wes/w.Prothorax court, à peine plus long que M le mésothorax. Yeux arrondis. 4

Gre. 2. MANTIS. Lin. Prothorax plus long ou aussi long que le reste du thorax ( méso et métathorax). Yeux arrondis. Cuisses sim ples.

Gre. 3. scHizocEPHALA. Serv.Corps très-allongé, linéaire. Yeux pointus. Cuisses simples.

Gre. 4. AcANTHoOPS. Serv. Corpsassez court. Yeux pointus. Élytrès larges , ayant leurs côtes sinueuses. Cuisses simples. Abdomen dilaté 4 latéralement. |

Gre. 5. OXYPILE. Serv. Corps court. Prothorax plus court que le mésothorax. Yeux très-pointus.

Cuisses simples. Front cornu.

Gre. 6. HARPAX. Serv, Prothorax plus long que le mésothorax. Yeux pointus. Cuisses foliacées.

Jambes simples.

DES Gre. 7. HYMÉNOPE. Serv.

LA

Gre.S. TOXODERA, Serv.

Gre. 9. VATES. Burm.

( T'héoclyte, Serv.)

Gpe. 3. EM PUSITES.

Genre 1.Empusa. Illigq.

Gre. 2. BLEPHARIS. Serv.

Gre.3.PHYLLOCRANIA. Burm.

Prothorax plus long que le mésothorax. Yeux pointus. Cuisses çl jambes foliacées.

Prothorax très-long et courbé, Yeux coniques , terminés en épine, Cuisses foliacées. Abdomen ayant à extrémité des quatrième et cinquième segments un appendice foliacé, Prothorax très-long, droit. Yeux arrondis. Cuisses intermédiaires et postérieures ayant un lobe foliacé.

Corps élancé. Élytres couvrant tout l'abdomen. Antennes courtes, bipectinées dans les mâles, sétacées dans les femelles.

Prothorax beaucoup plus long que les deux autres parties du thorax réunies, sans expansion à sa base. Cuisses foliacées.

Prothorax de la longueur du méso et méta-thorax réunis,;ayant une expansion latérale. Cuisses foliacées. Jam-

. bessimples.

Prothorax de la longueur du méso et du méta-thorax réunis, ayant une expansion latérale. Cuisses et jambes foliacées. Tête ayant une expansion frontale.

Le premier groupe, les ÉRÉMOPHILITES , Se COompose es-

entiellement du genre Eremophilaou Eremiaphila. Ce sont des Orthoptères d’une couleur grisâtre en dessus, dont la démarche est très-lente et qui vivent au milieu

des déserts de l’Arabie e lentement sur le sable,

t de l'Égypte; ils se trainent dont ils ont la couleur; ce

» qu'il y a de singulier, c’est qu’ils vivent dans des endroits « privés de végétation et où l'or ne découvre pas d’autres

La

insectes qui puissent servir à leur nourriture. Les Érémophiles ont des élytres courtes et de couleur terne en dessus; mais en dessous ces mêmes élytres offrent dans toutes les espèces une tache métallique très-brillante.

Le groupe des MANTITES renferme une plus longue série de genres. Celui de Metalleutica ne renferme que quel-“ ques espèces des Indes orientales , dont les couleurs sont éclatantes. |

Le genre Mantis proprement dit est le plus étendu de

toute la tribu; ses espèces sont dispersées dans presque toutes les régions habitées par les Mantiens. Le type du genre est la Mante religieuse (Wantis religiosa , Lin.), À longue de six à sept centimètres, entièrement d'un verts tendre, avec les élytres beaucoup plus transparentes dans « le mâle que dans la femelle, unicolores dans cette derniè- M re, mais bordées dans le mâle par une teinte d'un rose jaunâtre; et les pattes antérieures ayant une grande tache M noire à la base des cuisses. On trouve une variété de cet insecte qui est entièrement brunâtre ; il est commun dans “ toute l'Europe méridionale et en Barbarie ; on le rencontre même quelquefois dans la forêt de Fontainebleau. (PI. 13, fig. 4.)

La Mante prêcheuse (Mantis oratoria, Lin.), plus petite que la précédente , habite également toute l'Eurepe méridionale, |

Nous rapportons comme divisions du genre Mantis, plu-. sieurs genres créés à ses dépens. Ainsi, les Thespis sont « plus élancés ; les Chæœradodis se font remarquer par l’élargissement de leur prothorax , etc.

Les Schizocéphales sont d’une longueur extrême et d’une ténuité très-grande; leurs yeux aigus et leur tête fendue au milieu leur donnent un aspect étrange. Le type est la 4

Sehizocephala oculata, Fab.), des #ndes orientales. es Oxypiles, Acanthops, Harpax, Hymenopus, out jus des yeux aigus; mais en général le corps est assez çourt. Ces Orthoptères sont étrangers à l’Europe ; on connaît un seul Oxypile du Sénégal, un Acanthops de l’Abmérique méridionale,

- Les Harpax et les Hyménoptères, dont le corselet ou

| rothorax est assez court, paraissent propres aux Indes

orientales et à l'Afrique.

On a décrit un Toxodère de Java; c’est un grand et

bel insecte, dont les pattes présentent de grandes expan-

sions foliacées (7. denticulata, Serv.).

| Les Vates sont la plupart américains et peu nombreux.

Notre troisième et dernier groupe, celui des EMPU- | siTEs, ne renferme que trois genres: ce sont tous les

Mantiens dont les antennes sont pectinées dans les mâles et petites et sétacées dans les femelles; ils ont aussi sur la tête une sorte de corne frontale.

F Le genre Empusa se compose d’espèces dont le corps est très-élancé, ayant le prothorax fort grêle.

Il*en existe une espèce dans l’Europe méridionale,

qui n’est pas rare dans le midi de la France : c’est l’Em-

puse appauvrie ( Empusa pauperata, Thunb.), longue

de six à sept centimètres, entièrement d'un vert pâle,

navec les élytres d'un vert d’eau, les cuisses postérieues ayant une petite membrane à leur extrémité.

…. Le genre Blepharis, que l’on reconnaît à un prothorax court et foliacé, ne renferme qu'une seule espèce (B.mendica), habitant la Nubie, l'Égypte, l'Arabie, les îles Canaries.

On a décrit un seul PAyllocrania, provenant du cap de Bonne-Espérance (P. paradoxa, Burm.).

QUATRIÈME TRIBU

LES PHASMIENS.

Les anciens auteurs laissèrent toujours cette tribu confondue avec la précédente; cependant les plus grandes: différences existent entre les Phasmiens et les Mantiens." Les premiers sont phytophages ; les autres sont essentiellement carnassiers. Les Mantiens ont un caractère qui leur est exclusivement propre, la forme préhensible de leurs jambes antérieures ; en outre, ils ont des ailes”

longues, toujours même un peu plus longues que les élytres ; M leur abdomen porte constamment à son extrémité des «

filets articulés. Dans les Phasmiens , au contraire , toutes

les pattes sont ambulatoires; les élytres chez toutes

les espèces ailées sont très-petites, considérablement

plus courtes que les ailes et presque en forme de cuille-

rons ; leur abdomen ne porte pas d'appendices articulés, mais seulement des folioles inarticulées.

On est étonné de voir qu’on ait laissé réunis des in- M sectes qui présentent entre eux d'aussi grandes diffé. M

rences , et cela à une époque où l’on séparait déjà dans des genres distincts des espèces plus semblables.

Les Phasmiens peuvent compter parmi les insectes dont les formes sont les plus bizarres : ils sont géné-

ralement extrêmement longs et minces , et plus ou 4

moins cylindriques ; ceux qui sont dépourvus d'ailes

ont tout à fait l'aspect de tiges de bois desséché. De «

là les noms de Béton ambulant, Feuille ambulante, et d’autres dénominations au moins aussi singulières, telles que celles de Cheval du Pie Grand Soldat de Cayenne, etc.

La ressemblance de certaines espèces avec des bran-

ches de bois mort est si complète, qu'on peut se tromper facilement au premier abord.

Tous les voyageurs assurent que les Phasmiens se trainent lentement, et comme avec peine sur les arbrisseaux et les taillis, où on les rencontre toujours isolés ou seulement par paires; ils se nourrissent des jeunes pousses des arbres résineux. Lorsqu'on les saisit, ils éjaculent par deux pores thoraciques un liquide lai- | teux d'une odeur forte et désagréable. Dans quelques endroits ils peuvent être nuisibles à certains arbres : ainsi, on rapporte qu'une espèce détruit les cocotiers | aux îles Tonga ; qu'en Amérique les feuilles de certains | arbres sont rapidement mangées par les Phasmiens. Ces Orthoptères diffèrent encore beaucoup des Man- tiens par la manière dont ils pondent leurs œufs ; ils ne sont nullement enveloppés dans une capsule , mais émis les uns après les autres. On assure que c’est dans la terre qu’a lieu le dépôt des œufs.

Ce que nous savons relativement aux mœurs, aux habitudes des Phasmiens, se réduit encore à bien peu de chose; ce dont il ne faut pas être surpris, car tous ces insectes, assez nombreux en espèces, sont tous exotiques. On en rencontre deux espèces aptères dans l’Europe méridionale; mais elles nes’avancent pas autant vers le nord que nos Mantiens.

4 Les Phasmiens habitent l’Amérique méridionale, l’Afri- . que, l'Asie, la Nouvelle-Hollande; c’est surtout dans ce

dernier continent qu’on en rencontre le plus grand nombre et les espèces de la plus grande dimension et celles aussi parées des plus belles couleurs.

Il est singulier que le continent australien l'emporte ici sur l'Amérique méridionale, si riche de végétation ; car c’est

le contraire qu’on observe habituellement. Sous le rapport des formes, les Phasmiens diffèrent beaucoup entre eux ;4 cependant ce sont de ces formes peu arrêtées, comme des expansions , des pointes , etc. Ceci a amené de grandes difficultés pour l’établissement et la circonscription des genres . Les différences qui existent entre les mâles et les femelles , celles qui existent entre les larves et les insectes M parfaits ont servi dans un ouvrage spécial, publié ilyaw quelques années, à former autant de coupes distinctes. Le « mal à un peu diminué dans ces derniers temps, par la pu-" blication de quelques ouvrages où l’on s’est attaché à faire disparaître ces erreurs; cependant plusieurs genres de Phasmiens nous paraissent encore mal déterminés dans | leur étendue, bien que nous nous soyons attaché nousmême par l’étude des caractères à bien circonserire les diverses coupes que nous adoptons. Chez les Phasmiens les parties de la bouche sont toujours semblables dans toute la tribu : on retrouve constamment des mâchoires épaisses, obtuses, et des palpes gros et larges.

L'absence ou la présence des ailes, quelques modifications dans les antennes et diverses expansions ont servi seules à former des genres. Il nous a été impossible de rattacher à plusieurs groupes ceux que nous adoptons et dont l’'énumération se trouve dans le tableau suivant.

TABLEAU DES DIVISIONS

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