ME HISTOIRE
les nids, on voit paraître les mâles en grande abondance: Ils s’envolent le soir ou pendant la nuit; c’est alors qu à. s'effectue l’accouplement. Les mâles et les femelles tom= bent ensuite à terre, et, au rapport de plusieurs voya* geurs, les couples sont recueillis par les larves, qui less enferment dans une loge séparée. Du reste, Latreille pense“ avec assez de raison que les femelles sont seules l’objet je | ce soin. Après l’accouplement, ces dernières perdent leurs ailes, soit qu’elles tombent naturellement, soit plutôt que à les ouvrières les leur arrachent.
Leur abdomen prend alers un développement énorme, et l’on évalue que leur masse au moment de la ponte des œufs" i est vingt mille fois celle d’une ouvrière. Ces œufs, dont les Û nombre s’élèverait, assure-t-on, à quatre vingt mille, son) pondus dans l’espace de vingt-quatre heures. ,
Dans ces dernières années, il s’est élevé des doutes sum la nature de ces diverses sortes d'individus qui composent les sociétés de Termiens : on a regardé comme fort peu probable que des larves soient appelées à travailler et à prendre soin d'individus plus anciens, car c’est en oppo sition avec tout ce qui existe chez les Hyménoptères ; on: a supposé qu’il pourrait exister deux modifications parmi les individus neutres. Ceux que l’on désigne sous ce nor dans la plupart des ouvrages, ou sous celui de soldats, s raient, dans cette hypothèse, de mâles impropres à br re production, et ce que l’on regarde:comme des larves ses raient des individus femelles également impropres à la reproduction, comme les neutres ou ouvrières chez lesk Fourmis, les Abeilles , etc. |
Mais ceci n’est qu’une simple conjecture, qui n'est fon=, dée nisur l'observation directe, ni sur l'anatomie, et qui, est évidemment contraire à la vérité; car à l'automne, on
présentent des rudiments d'ailes.
Les Termiens, habitant seulement les régions chaudes du globe, et particulièrement entre les tropiques, ont été t Res peu observés, et la difficulté que l’on a pour se
assez grande quantité, n’a pas permis encore de faire pe
So DRAARIques concluantes.
yeux sont situés sur les parties latét ales desla tête assez globuleux ; leurs antennes sont courtes et un peu moniliformes. |
… Ces Névroptères sont connus dans une grande partie Fa monde sous le nom de Fouwrmis blanches. Leur couleur en général, et leurs réunions considérables, qui rappelient celles des Fourmis, leur ont valu cette double dénomination.
Ils constituent des sociétés immenses; ils forment des nids d’une dimension colossale, comparativement à leur a mais la forme, l'architecture, varient beaucoup selon Jes espèces. L'intérieur de ces nids est divisé en une foule edoges , séparées entre elles par des cloisons et commu diquant par des galeries. Toutes ces loges ne sont pas de la même grandeur, car il y en à de particulières pour que sorte d'individus,
Ce qu'il y a de remarquable, c’est que jamais les Termiens ne travaillent à découvert; les uns établissent leurs demeures dans la terre, dans les arbres, souvent sous les boiseries des habitations ; les autres ont des nids extérieurs mais toujours sans issue apparente. Ces habitations sont parfois très-élevées au-dessus de la terre, et ont | laforme, soitde pyramides, soit de tourellesrecouvertes par
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une toiture solide. Ces monticules, ordinairement réunis en grand nombre, ont l’aspect de huttes de sauvage. Quel= - ques espèces aussi construisent leurs nids sur les branche d'arbres, et ils ont alors une forme globuleuse.
Toutes les fois que les ouvrières ont besoin d'atteindre} un endroit plus ou moins éloigné de leur nid, elles cons truisent aussitôt une galerie communiquant. dun pointk à l’autre; par ce moyen, elles ne se montrent jamais aus dehors. Nous avons eu récemment l’occasion de vérifiell ce fait à la Rochelle. Des tubes formés par l’aggrégation\ de divers matériaux agglutinés étaient suspendus: aux. voûtes des caves de la Préfecture, et destinés à établir des: communications avec le sol. ?
Les neutres ou soldats sont ordinairement postés contre les parois internes de la surface extérieure, de manière à! paraître les premiers dès qu’on fait une brèche à leur domicile et à pincer les agresseurs avec leurs fortes mandibules. Il paraît que leur fonction spéciale est de veiller à la défense de l’habitation. On a estimé que dans chaque nid iis étaient dans le rapport avec les ouvrières de un sur cent. |
On assure que les nègres sont très-friands de ces ipipe, tes. | La tribu des Termiens se compose actuellement du seul genre Termite (Termes).
On connaît environ de vingt-cinq à trente espèces de ce genre; mais il n’est pas douteux que le ombre des espèces existantes ne soit infiniment plus considérable. Nous devons à quelques voyageurs la description, plus: ou moins complète, de l’aspectextérieur dequelques-unsde | leurs nids. Le nid d’une espèce désignée sous le nom de Bellicosus par Smeathman , et regardée comme le vérita- |
ble Fatale, Lin., par divers auteurs, n'a pas moins quelque- PMfois de dix à douze pieds de hauteur; il est de forme conique, ayant sur les côtés de nombreuses tourelles, éga- “lement coniques. Cette habitation est construite avec une sorte d'argile, et se trouve bientôt recouverte d'herbes. La dureté de ces nids est telle, que des taureaux sauvages peuvent monter dessus sans les ébranler, et Smeathman ous rapporte qu’il put monter une fois à l'extrémité de l'un d'eux avec quatre de ses compagnons pour voir si - quelque navire ne pourrait être aperçu (1).
D'après les observations du même veyageur, les nids des Termes atrox et mordax consistent en piliers eylindriques.
Le Termite lucifuge (Termes lucifugum, Rossi), petit
insecte d’un noir brillant, au moins le mâle, avec
les deux derniers articles Fe antennes d’un roux pâle,
les ailes brunâtres, un peu transparentes, avec leur côte arcinale noirâtre, les cuisses noires, les jambes roussä- … tres et les tarses d’un roux clair.
» Cette espèce se trouve dans une grande partie de l’Europe méridionale, et depuis elle est assez communément répandue dans les landes de Gascogne. IT y a déjà plusieurs années, comme nous l’apprend Latreille, qu’elle s’est tellement multipliée à Rochefort dans les ateliers et les maga- ‘ sins de la marine, qu'on ne peut réussir à la détruire, et :
- qu’elle y fait de grands ravages. Elle n’est pas moins abondante aujourd’hui à la Rochelle, et M. Audouin, qui a observé le Termite lucifuge sur ces deux points, fit dans une des leçons de son cours au Museum le tableau le plus sombre de l’état dans lequel se trouvaient actuelle-
(1) Smeathman, Philosophical Transactions, t. XXI, 1731 : SOme ACcount of the Termites.
ment Rochefort et la Rochelle, et des craintes que l’on de vait avoir pour l'avenir. 1
Des maisons, des bâtiments entiers, nous disait-il, sont! minés jusque dans leurs fondations ; il n’est pas rare que des planchers s’écroulent, que des rez-de-chaussée s’enfon-} cent dans les caves, lorsque les Termites ont ruiné toute” Ja charpente. Et ce qu'il y a de terrible dans les ravages de ces insectes, c’est que jamais onnes’en aperçoit à l'exté-. rieur : ils ménagent toujours la superficie, et c’est seule- | ment quand tout l’intérieur est rongéetsillonnéde galeries | en tous sens, que le bois se rompt. M. Audouin a rap-. porté au Museum de grandes colonnes qui étaient dans | une salle à manger à Tonay-Charente; elles sont taraudées de toutes parts ; mais la superficie était épargnée, ainsi que la couche de peinture qui les recouvrait; seulement l'extrême fragilité de cette mince enveloppe n’a pas permis qu’elle ne fût brisée en plusieurs endroits. Du linge entassé dans des armoires a souvent été mâchuré par les Termites. A la Rochelle l’hôtel de la préfecture. est envahi par ces redoutables insectes; une partie des archives a été tota- | lement détruite; et aujourd'hui l’on est forcé de les con- | server dans des boîtes de zinc. On trouve encore dans | le midi de la France, et dans presque toute l’Europe mé- | ridionale et l’Aloérie, le Termite à cou jaune (Termes fla- | vicollis, Fab.), qui vit dans l'intérieur des arbres. Cette espèce, longue de douze à quinze millimètres, est d’un brun foncé, avec la bouche et les antennes jaunâtres, ainsi que le corselet et les pattes.
Nous ne savons rien de précis sur les habitudes de cet | insecte ; on assure qu’il nuit beaucoup aux oliviers, sur- | tout en Espagne. |
LA
DES INSECTES. 283 j DEUXIÈME TRIBU.
LES EMBIENS.
Cette tribu est la plus limitée de tout l’ordre des Nébvroptères ; et cependant elle se compose d'insectes très-sinkguliers, dont nous ne connaissons ni les habitudes ni les métamorphoses. Les Embiens, quoique offrant des rap- - ports manifestes avec les Termiens, en diffèrent par des “Caractères importants : leur corps est plus grêle, leur tête . plus grande proportionnellement; ils s’en éloignent encore par leur lèvre bilobée, par leurs pattes, plus ou moins dilatées, et leurs ailes nullement caduques.
Les larves ressemblent beaucoup aux insectes parfaits, “malgré l'absence des ailes.
. Les Embiens ne forment pas d'associations, ils vivent isolés ; il n’y a par conséquent parmi eux que des mâles et des femelles. C’est seulement dans ces derniers temps qu'on en a fait connaître quelques espèces , car jusqu’aiors aucun auteur ne les avait mentionnées. Une seule espèce, représentée dans le grand ouvrage d'Égypte, et qui est devenu typique, demeura longtemps sans description. Cette petite tribu se compose actuellement du seul genre Embia, dont le type est l'Embia de Savigny (Embia Savignyi, Westw.; ægypliaca, Blanch.), qui a été recueillie -en Égypte. On a découvert récemment, aux environs de Marseille, une espèce de ce genre; elle vient d'être décrite par M. Rambur sous le nom d’Embia de Solier (Embia Solieri). On en a encore rencontré en Barbarie, aux Indes orientales, aux îles Mascareignes, à Madagascar et au Brésil.
Deux genres que nous croyons devoir être regardés tout au plus comme des divisions du genre Embia, sont les
Olyntha, Gray, qui auraient trente articles aux antennes, et les Oligotoma, Westw., seulement onze; tandis queles veritables Embies en auraient dix-sept. Quoique ces in- : sectes soient très-rares dans les collections, nous avons. déjà quelques faits tendant à montrer que le nombre des . articles aux antennes est très-variable chez les Embiens.
TROISIÈME TRIBU
LES PSOCIENS.
Cette tribu comprend les plus petits Névroptères que nous connaissions. [ls se font remarquer principalement par leur tête, fort grande comparativement à la petite dimension de leur corps. Leurs pattes sont d’une ténuité extrême ; leurs antennes fort longues et sétacées, composées d'environ dix à treize articles ; leurs ailes sont en toit pendant le repos, très-peu réticulées ou seulement veinées, souvent courtes ou même tout à fait rudimentaires. Leurs pattes sont longues et grèles , avec les tarses.très-petits, de deux à trois articles.
Les Psociens vivent sur les troncs d'arbres, les vieux murs et les pierres couvertes de mousse et de lichens ; ils sont extrêmement agiles, et courent avec la plus grande vivacité. Ces insectes paraissent en général fuir le jour et rechercher les endroits sombres. Pour la plupart d’entre eux, nous ne savons pas exactement ce quisert à leur nourriture; ils vivent probablement de petits fragments de végétaux plus ou moins en décomposition; mais il serait possible aussi qu'ils recherchassent de petites animal-
cules.
Les larves et les nymphes ne diffèrent des insectes par-
faits, les premières que par l’absence d'ailes, les secondes que par la présence de simples rudiments. On les
ve, du este, daws les mêmes conditions d'existence, il n’est pas rare de rencontrer en même temps une espèce aux trois états de larve, de se et d’insecte parfait, surtout vers la fin de l'été et le commencement de M'automne. 7
| Cette tribu est d’une très-petite |. et les espèces connues de chaque genre ne sont nombreuses. Le tableau Suivant offre la division des Psociens en deux familles.
TABLEAU DES DIVISIONS