RARE LS
(1) Foy. Boisduval, Faune de l'Ile de Madagascar, Nouvelles Annal. du Muséum.
de tout l’ordre des Lépidoptères ; elle est.en même temps l’une des plus nombreuses et des plus difficiles à classer génériquement. Nous répartissons toutes les espèces composant cette famille en sept groupes.
Le premier est celui des ARGYNNITES, dans lequel viennent se ranger les Argynnites proprement dites, appelées vulgairement les Nacrés : en effet ces papillons offrent presque tous à la surface inférieure de leurs ailes des taches imitant complétement l'argent. Nous trouvons en France plusieurs Argynnes connues aussi pour la plupart sous des noms vulgaires : telles sont le Collier argenté (Argynnis Euphrosyne, Lin.); le petit Collier argenté (A. Silene, Fab.); le petit Nacré (A. Lathonia, Lin.) (pl. 16, fig. et 5); legrand Nacré (A. Aglaïa, Lin. ); le Zabac d'Espagne (A. Paphia, Lin., etc.).
Les Agraulis, toutes américaines, diffèrent très-peu des vraies Argynnes (À. Vanillæ, Lin.).
Les Mélitées, qui en sont encore très-voisines, ont également en dessus leurs ailes jaunes, ornées de dessins noirs , mais en dessous elles sont privées de taches d'argent.
Le type est le Damier ( Melilea athalia, Esp.), trèscommun dans notre pays.
Les chenilles de tous ces Lépidoptères sont toutes garnies d’épines rameuses dans toute leur longueur.
Les Vanesses constituent un genre très-nombreux; leurs chenilles sont épineuses, et vivent en société sur certains arbres ; plusieurs espèces vivent exclusivement sur les orties.
Tout le monde connaît le Paon de Jour ( Vanessa Lo, Lin.) ( pl. 16, fig. 6 ), dont les ailes, ornées d’une belle tache oculaire. en font un des plus beaux papillons con-
pus : sa chenille (pl. 16, fig. 7) est noire et pointillée de
blanc, sa chrysalide (pl. 16, fig. 8) est dorée; le Vuleain (V. Atalanta, Lin.), dont les ailes noires sont traversées par une bande d’un rouge éclatant: sa chenille, brunâtre, avec une raie latérale et des épines jaunes, est fort com mune sur les orties vers la fin de l'été.
La Belle Dame ( V. cardui, Lin.), le Morio (V. Antiopa,« Lin.), la grande Tortue {V. polychloros, Lin.}, la petite Tortue (V. wrticæ, Lin.), la Carte géographique (V. pror-« sa, Lin.), appartiennent aussi à ce genre.
Les genres Cethosia (€. Penthesilea, Cram.), Clothildas (C. briarea, God.), Callithea (C. Saphyra, God.), sont exotiques. 1
Les BIBLITES forment un groupe très-limité et com-" posé entièrement d'espèces exotiques. 1
Le groupe des LIBYTHÉITES est composé du seul genre Libythea, dont le type se trouve dans la France méridionale, la Libythée du micocoulier (Z. celtis, Fabr.), dont les ailes antérieures, anguleuses, sont brunes, avec cinq taches fauves ; sa chenille, d’un vert jaunâtre, pointillée de blanc, vit sur le micocoulier.
Les NYMPHALITES Constituent le groupe le plus étendu. de la famille ; mais il a néanmoins bien peu de représentants en Europe. Les chenilles de ces Lépidoptères sont en général cylindriques , épineuses sur la tête, ou couvertes d’éminences charnues ; quelquefois elles sont épineuses dans toute leur longueur.
Les Cyrestis sont propres à l'Asie, à l'Afrique; les Mécalures et les Victorines ({ V. sfeneles, Lin.) habitent au contraire l'Amérique; les Phyllophasis, Paphias, Roma- Jéosomes , Atericas sont propres aux contrées équatoriales du globe.
Le genre Godartia est fondé sur une espèce de l’île de
Madagascar (G. madagascariensis, Lucas, Ann. de la Soc. Entomol.).
Les Catagrammes sont de jolis petits Lépidoptères américains , dont les secondes ailes offrent en dessous deux taches imitant plus ou moins le chiffre 80 ou 88.
Les Neptis ont des ailes noirâtres, tachetées de blanc ou de jaune. Le Neptis lucilla habite l'Europe méridionale.
Les Limenitis en sont très-voisins. On trouve communément en Europe le petit Sylvain (Limenitis Sibylla, | Lin.), dont la chenille, d'un vert tendre et garnie d’'épines ‘eharnues et rameuses, vit sur le chèvrefeuille des bois I({Lonicera periclymenum).
| Le grand Sylvain (L. populi, Lin.) se trouve dans les grandes forêts.
Les Diadèmes, très-voisins des précédents, sont tous exotiques ( D. bolina, Lin.).
| Legenre Nymphalis compte deux espèces européennes, le Mars et ses variétés, le petit Mars changeant et le petit Mars orangé (M. Ilia, Fabr.), dont les ailes brunes, tachetées de blanc ou de jaune, ont un reflet violet tresvif dans le mâle; et le grand Mars ou le Mars changeant (M. Iris, Lin.), qui est plus rare que le précédent.
Le type du genre Charaxes habite l'Europe méridio— pale. Le Charaxes Jasius est un des plus beaux Lépidoptères d'Europe; sa chenille, lisse et verte comme celles des Nymphalis, avec sa tête pourvue de quatre cornes à extrémité rougeûtre, vit sur l’arbousier (arbutus unedo).
Les Aganisthos sont de l'Amérique méridionale. (4. Orion, Fabr.)
Les BrAssoLITES sont représentés par le genre Brasso-
lis, composé lui-même seulement de quelques espèces
exotiques (B. sophoræ, Lin. ).
Le groupe des morPHiTEs renferme les plus grands et; les plus éclatants papillons de jour.
Le genre Morpho compte plusieurs espèces américaines de la plus grande beauté. | Le Morpho menelaus, dont les ailes sont entièrement: d’un beau blanc d'azur métallique, est commun à lan Guyane. :
Le Morphos Laertes, du Brésil, ases ailes d’un blanc mé-* | tallique légèrement bleuâtre. | |
Les Pavonies, également américaines, ont des couleurs variées ( P. cassiæ, Lin. ).
Les autres genres de ce groupe habitent les Indess orientales, les îles de la Sonde, les Moluques.
Les SATYRITES sont très-nombreux en espèces et dis-" persés dans toutes les régions du monde. Leurs chenilies sont atténuées à l’extrémité, comme pisciformes, avec leur tête arrondie, souvent échancrée; elles vivent sur des plantes basses ; beaucoup d’entre elles vivent sur des gra= minées. Les chrysalides sont cylindriques, peu anguleu-" ses. ;
Les espèces du genre Hetera sont toutes exotiques.
Les Argés, remarquables par leurs ailes blanches ornées de dessins noirs, habitent l'Europe; nous trouvons communément le Demi-deuil { Arge Galathea, Lin. ).
Les Erebias, nommés aussi les Safyres nègres, à cause de leur sombre couleur brune ou noirâtre, relevée seulement par quelques taches noires ou rougeâtres , habitent, les montagnes. Plusieurs espèces sont communes dans les Alpes et les Pyrénées.
Les Chionobas, dont les ailes fauves sont chargées de
nébulosités, se trouvent surtout dans le nord de l'Europe, Le type du genre (C. Aello, Esp.) n’est pas rare dans les hautes montagnes de la Savoie et du Tyrol.
Les Satyres proprement dits sont nombreux dans notre pays ; plusieurs sont extrêmement communs. En général, ces Lépidoptères, dont le vol est saccadé et assez lent, se tiennent à la lisière des bois ou dans les clairières.
Tels sont entre autres l’Agreste (Satyrus Semele), le
Myrtil(S.Janira, Lin.), l'Amaryllis(S. Tithonus, Lin.), le Némusier ou l’Ariane (S. Mæra, Lin.), le Satyre I(S. Megæra, Lin.), le Tircis (S. Ægeria, Lin.), la Baccanthe (S. Dejanira, Lin.) (pl. 16, fig. 9), le Tristan (S. Hyperanthus, Lin.), le Procris(S. Pamphilus, Lin.), le Céphale (S. Arcanius, Lin.), etc.
TROISIÈME TRIBU
LES ÉRYCINIENS.
Ces Lépidoptères sont d’une assez petite taille; il en est un petit nombre parmi eux atteignant même une moyenne dimension, On trouve dans cette tribu les plus petits papillons de jour ; néanmoins ils ne sont pas moins bien partagés que les grandes espèces sous le rapport de l'élégance des formes et de la variété des couleurs. Chez la plupart des Éryciniens l'extrémité des ailes postérieures est prolongée en une sorte de queue plus ou moins longue, comme nous l'avons déjà remarqué dans les espèces du genre Papilio.
Les chenilles des Lépidoptères de cette tribu sont lentes, et se déplacent peu sur les végétaux qui les nourrissent. En général, elles sont élargies et munies de pattes
extrêmement courtes, La plupart des espèces ressemblent 29,
beaucoup par l’aplatissement de leur corps et surtout pat leur forme générale à nos Cloportes (Oniscus), d’où leur»
vient la dénomination de chenilles onisciformes, qu’on leur applique dans les ouvrages d'Entomologie. Elles se transforment en chrysalides sous les tiges ou
sous les feuilles, en s’attachant par l’extrémité du corps
et par un lien transversal.
Le Tableau suivant présente les diverses divisions de
cette tribu.