ONCE HISTOIRE
des autres. Quand l’une d’elles se déplace, et se met en mar: che , toutes les autres la suivent successivement ; c’est ce qui leur a valu cenom de Processionnaires qu’on leur applique si généralement.
Ces chenilles, souvent en quantité considérable sur certains arbres, leur sont fort nuisibles; mais beaucoup d’entre elles sont dévorées par des insectes carnassiers , entreautres par les larves de Calosomes, qui en font parfois un grand carnage.
Les chenilles Processionnaires sont hérissées de poils tombant avec la plus grande facilité lorsqu’on les touche; ces poils pénètrent dans la peau, et occasionnent pendant longtemps une vive démangeaison. Avant de se métamorphoser en chrysalide, chaque chenille perd ses poils et les répand au milieu des fils de soie dont elle forme son cocon. Les larves du Bombvx Processionnaire filent d’abord en commun une enveloppe générale qui ies abrite toutes; ensuite, chaque individu se forme un cocon particulier. Nous possédons dans nos Musées des nids d'espèces exotiques voisiues de celle de notre pays, dont le nid en général et le tissu en particulier ont une plus grande perfection. On trouve très-abondamment en Europe le Bombyx Livrée (Bombyx Neustria, Lin.), dont le nom vulgaire fait allusion aux couleurs de la chenille, sur laquelle on remarque
des lignes longitudinales bleues et rougeâtres. Les œufs de |
cette espèce, réunis au moyen d’une matière aggiutinante, sont déposés par la femelle autour des tiges, en manière d’anneaux. Les chenilles, venant à éclore, vivent rapprochées les unes des autres, et sans construire de nid analoeue à celui des Processionnaires, se tenant en quelque sorte par troupeaux. Elles se filent un cocon mince d'une couleur jaune-soufre, pour subir leur transformation.
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Les Lasiocampes sont connus sous la dénomination de Feuilles mortes, à cause des ailes de plusieurs d’entre eux, et principalement de celles du type du genre , le Lasiocampe Feuille morte (Lasiocampa quercifolia, Lin.), dont les ailes dentelées, d’un brun ferrugineux , semblent mériter ce nom.
La chenille, grise, velue, avec un double collier bleu, se trouve fréquemment sur les arbres fruitiers.
Les Borocères sont exotiques , et le genre Mégalosome, est fondé sur un insecte d’Espagne (M. repandum, Feisth. ).
Le groupe des LIPARITES est composé des genres Orgyia et Liparis.
Le premier renferme plusieurs espèces, dont les femelles n'ont que des rudiments d’ailes ne leur permettant pas de changer de place; tel est, entre autres, le type que Geoffroy appelle /'Étoilée (Orqgyia antiqua, Lin. ).
Les chenilles des Orgyies présentent des faseicules de poils; les uns , plus courts, formant des brosses dorsales ; les autres, plus longs, ressemblant à des antennes et à une queue (pl. 17, fig. 5).
Les Liparis, au moins quelques-unes de leurs espèces , sont des plus communes; l’une (L. chrysorrhea, Lin. ); dont les ailes, d’un blanc de neige, avec l’extrémite de l'abdomen brune et garnie de poils d’un fauve ferrugineux , a reçu le nom vulgaire de Bombyx Cul-Brun , est très-nuisible. Sa chenille, noirâtre, velue, tachetée de rouge, vit par masses sur des arbres fruitiers , les ormes, etc., et détruit promptement les feuilles et les bourgeons de ces arbres. Les œufs sont pondus à la fin de l'été; les petites chenilles, qui éclosent presque aussitôt, se filent une toile commune. Elles passent ainsi l’hiver en sociétés, et
se séparent seulement au printemps, quand les feuilles. commencent à pousser. C'est principalement pour cetten espèce que la loi sur l'échenillage a été établie ; il est: facile , au reste, de détruire ses nids pendant l’hiver. |
Plusieurs autres espèces du même genre, telles que l’Apparent de Geoffroy (L. salicis, Lin.), le Zigzag du mêmes auteur (Z. dispar, Lin.), sont malheureusement fort répandues. Le Zigzag à ventre rouge (L. monacha, Lin. l'est aussi beaucoup dans certaines localités (1).
Le groupe des ARCTIITES est en général composé d’es- 1 pèces parées de belles couleurs vives et variées. Les Arc- | tiites volent en plein jour, par l’ardeur du soleil. ;
Les Arcties proprement dites sont très-connues sous le nom d’Écailles. Leurs chenilles sont hérissées de poils, et" se contournent en boule comme des hérissons, lorsqu’on« les inquiète.
L’Écaille marte ( Arc. caja, Lin.) est la plus communes du genre. Nous avons représenté (pl. 17, fig. 6 ) une espèce” nouvelle de Port-Natal { Caloptera formosa, Blanch.).
Les Trichosomes se font remarquer par les ailes des femelles, courtes et comme avortées (7. parasitum, Esp.; corsicum ; bœticum , Ramb.)
Les Callimorphes, plus élégantes que les Arcties, sont or-" nées de couleurs non moins vives.
La Callimorpha Hera, très-commune dans notre pays, a ses ailes antérieures d’un vert foncé, avec des lignes d’un! blanc jaunâtre, et ses ailes postérieures d’un beau rouge, avec trois taches noires.
Les Leptosomes et Hazis sont tous exotiques.
Les LITHOSIITES sont, en général, d’une taille assez petite, avec des ailes d’une texture fort délicate.
(1) Voy. Ratzeburg, Die Forst-Insecten, t. 2, 1840.
Le type du genre Euchelia (Æ. jacobeæ , Lin.), appelé le Carmin, est fort commun. Sa chenille vit sur le senecon (senecio jacobea). Les imydies, les Lithosies , les Naelies et Nudaries ont beaucoup de représentants en Europe. | Les PsYcHITESs constituent un groupe très-limité. Ces Lépidoptères sont remarquables par les habitudes de leurs | Jarves : ces chenilles, au sortir de l'œuf, se construisent un fourreau avec de petits morceaux de feuilles ou des fragments de bois. Elles le traînent constamment avec elles ; elles subissent leur métamorphose dans son intérieur, après en avoir fermé l'entrée.
Les femelles sont privées d’ailes et presque vermiformes ; elles vivent et s’accouplent sans quitter leur fourreau
Les Psychées proprement dites sont de très-petite taille. La Psychée du gramen (Psyche graminella, Hubn.) est la plus grande espèce de notre pays et aussi la plus commune (pl. 17, fig. 7).
Les OEcétiques sont de l'Amérique méridionale.
Le groupe des PLATYPTÉRICITES est encore plus restreint que le précédent. Ceux-ci ont un corps grêle, avec des ailes assez grandes, qui semblent les rapprocher des Phaléniens, tandis que sous certains rapports ils ressemblent aux Bombyciens. Leurs chenilles forment leur cocon dans une feuille roulée.
Le groupe des LrMACODITES est représenté par le seul genre Limacodes. Les chenilles de ces Lépidoptères vivent aux racines des plantes ; elles n’ont pas de pattes distinctes, et ressemblent à des limaces.
Les HÉPrALITES terminent la famille des Bombycides. Les chenilles de ceux-ci demeurent cachées, soit dans les racines, soit dans les troncs d'arbres.
Les Hépiales ont des chenilles allongées, vivant dans 32,
les racines. On connaît un certain nombre d’espèces de ce genre, dont le type est l’Hépiale du houblon (Hepialus humuli, Lin.).
Le genre Stygia ne renferme qu'une seule espèce, de la France méridionale (S. australis, Latr.). LegenreZeuzera, dont les espèces sont dispersées dans des régions du monde très-éloignées les unes des autres, a pour type une espèce appelée vulgairement /a Coquette (Zeuzera æsculi, Lin.), dont lesailes, blanches, sont ornées d’une multitude de gros points , d’un bleu noirâtre.
Le type du genre Cossus (C. ligniperda, Lin.), dont lesailes, grisâtres, sont plus ou moins nébuleuses, est assez commun sur divers points de l’Europe; sa chenille (pl. 17, fig. 8), d'un rouge sanguin en dessus, et jaunâtre en des- | sous, vit dans l’intérieur des troncs d’ormes, de chênes, de saules et de peupliers. Les longues galeries qu’elle creuse entraînent souvent la perte de ces arbres.
La seconde famille de la tribu des Bombyciens, celle des NoTODONTIDES, est très-peu considérable ; on la divise en deux groupes : les NOTODONTITES et les PYGÉRITES. Les premiers sont les plus nombreux.
Les Dicranures ont des chenilles glabres , pourvues sur leur dernier segment de deux tentacules rétractiles, qui ont valu au type du genre (D. vinuia, Lin.) la dénomination vulgaire de Queue fourchue. Les Notodontes ont leurs ailes antérieures ordinairement pourvues à leur bord postérieur d’un petit prolongement. Leurs chenilles sont glabres, souvent munies de quelques nodosités.
Les autres genres de ce groupe sont représentés par un très-petit nombre d’espèces.
Les PYGÉRITES ne renferment que trois genres prineipaux.
Le genre Diloba a pour type une espèce (2. cœæruleoeephala, Lin.) commune sur l’aubépine. Les Pygères et Clostères ont des chenilles velues, vivant sur différents