Genre. LastopTÈère
AA. Ailes inclinées en toit, à nervures nombreuses.
5e, Genre. Psycnope.
La tribu des Tipulaires gallicoles à été établie par Meigen pour les genres Cécidomyie et Lasioptère, dont les principaux caractères sont : les antennes à articles ordinairement pédicellés et à poils verticillés dans les mâles ; les ailes à nervures peu nombreuses et sans cellules basilaires ni discoïdale ; de plus, les larves vivant dans des espèces de galles dont elles oc-
casionent la formation sur diverses plantes; nous y avons joint les genres Lestrémie et Zygonèvre, dont nous ne connaissons pas le premier âge, mais qui présentent les autres caractères de la tribu, et le genre Psychode qui n’en conserve que les antennes pédicellées. La place qu'occupe ce groupe dans l'ordre naturel me paraît bien près de l'extrémité de la série, par l'infériorité organique comparée à la supériorité des tribus précédentes. À la vérité, l’un des organes, les antennes, conserve un degré élevé de composition ; mais les autres paraissent c'écroître ; il ne reste le plus souvent aux ailes que deux ou trois nervures, et le corps devient d’une extrême petitesse. D'ailleurs ces Tipulaires se lient aux deux tribus entre lesquelles nous les placons. Les genres Lestrémie et Zygonèvre se rapprochent des Fongicoles par les nervures des ailes, et les Psychodes ont des rapports avec les Florales par la forme raccourcie du corps et des pieds.
Les Cécidomyies et les Lasioptères, qui représentent le Lype de cette tribu, sont, dans Flordre des Diptères, ce que sont les Cynipsères parmi les Hyménoptères. Outre l’analogie qui se manifeste dans l’exiguité de ces petits êtres et dans la simplicité du système réticulaire des ailes, il s’en présente une bien plus grande dans linstinct de déposer leurs œufs sur les jeunes bourgeons des plantes, et par la formation des salles dans lesquelles les larves prennent leur accroissement el subissent leur transformation. C'est ainsi que la Cécidomyie du saule fixe chacun de ses œufs sur un bourgeon de cet arbre au mois de juin. Ce bourgeon, lors de son évolution, vers la fin de ce mois, au lieu de s’allonger en branche, s'élargit à sa base , et Les feuilles qui devaient revêtir la longueur
de la tige, se développent en groupe autour de cette base, en prenant une forme arrondie , privée de nervure principale, et d’une grandeur décroissante du centre à la circonférence de la galle. Les plus intérieures, fort petites et linéaires, forment, par leur réunion, un tube couique dans léquel la larve est losée. Ces singulières productions, que Fon n’apércçoit pas dans les commencemens de Îeur formation, sont irès-apparentes au mois de septembre; elles le de viennent bien plus encore pendant l'hiver, puisqu'elles sont la seule partie du feuillage qui soit persistante. Les larves sont ovales, d’un rouge jaunâtre. Leur boucie et même leur tête sont peu distinctes. Gé n'est qu'après l'hiver qu'elles passent à l’état de nymphes. Sous cette nouvelle forme , elles sont d’un beau rouge, et montrent à découvert les organes de l’insecte adalte, c'est-à-:lire qu'elles ne sont pas renfermées dans une coque.
D'autres Cécidomyies et Lasioptères produisent des altérations analogues sur différentes parties d’un assez srand nombre de végétaux: Le pin, le genévrier, l’épine-vinette , l’aristoloche, le lotier, logent et nourrissent de cette manière des larves qui ont été signalées par divers observateurs. Plus récemment, M. le docteur Vallot, l’un des membres les plus distinsués de l’Académie de Dijon, en a fait connaîtré G’autres qui altèrent également les fleurs de diverses autres plantes.
La Cécidomyie du bouillon-blanc fait arrondir la corolle de ia fleur et l'empêche de s'épanouir, celles de la véronique et du lychnis dioïque font naître des fausses salles velues; celle du tithymale fait grossir le sommet des tiges; celle du laiteron occasione de
petites galles rouges. Ces larves vivent tantôt solitaires, tantôt en société. Quelques-unes se filent des coques et s’y transforment en nymphes. Elles ont pour ennemis d'autres petites larves qui appartiennent à la famille des Pupivores (Æyménoptères), et particulièrement aux genres Eulopha et Misocampa.
Cependant toutes les larves des Cécidomyies ne produisent pas des altérations sur les végétaux. J'ai observé celle qui vit sur les jeunes feuilles de l’armoise ; elle ne s’y renferme pas pour passer à l’état de nymphe; elle se forme une coque fort allongée, soit de sa peau de larve, soit en la filant ; ce que je n'ai pu constater. J'ai vu une multitude de Cécidomyies des marais sur les épis en fleurs du vulpin des prés; elles introduisaient leur abdomen entre les valves des olumes, sans doute pour y déposer leurs œufs, et cependant je n’ai jamais apercu d’altérations sur ces plantes. M. Vallot rapporte aussi au genre Gécidomyie une larve qui vit sur la surface inférieure des feuilles de la grande éclaire ; « elle a la tête armée d’un crochet » dont elle se sert pour sucer les Æcarus, si commu- » nes sur les plantes, de la même manière que Îles » larves des Syrphes sucent les pucerons. » Cependant cette manière de vivre s'éloigne tant de celle des autres larves de Cécidomyies ; elle suppose une organisation de la bouche si diflérente, que, sans la confiance qu'inspirent les observations de M. Vallot, nous douterions que cette larve fût celle d’une Cécidomyie. Les mœurs des Psychodes ont peu de rapport avec celles des autres genres de cette tribu. Ges petites Fipulaires vivent tantôt sur les immondices, tantôt sur les murs humides : elles y pullulent tellement que des individus innombrables , rassemblés et immobiles,
couvrent quelquefois des murailles entières. D’autres habitent les bois les plus ombragés, et courent avec beaucoup d’agilité sur le tronc des arbres couverts de mousse. Quelques-uns vivent sur les plantes marécaseuses. Leurs métamorphoses sont encore inconnues ; mais il est très-probable que les uns naïssent dans les ordures , et les autres dans les mousses humides. Une des espèces de ce genre se fait remarquer par un petit appendice de chaque côté du prothorax, qui a été découvert par M. L. Dufour et décrit par M. Latreille, et qui a beaucoup d’analogie avec ceux de quelques
Culicides.
1e, Genre. LESTRÉMIE.—ZZSTREMIA ,Macq. Dipt.
du Nord. — Meis. Suppl.
Caractères. Tête hémisphérique. Antennes de quinze articles globuleux , pédicellés , cylindriques 9. Pieds longs et gréles, Balanciers à long pédicule. Aïles couchées, larges; une cellule marginale divisée par une nervure transversale ; quatre postérieures ; deuxième pétiolée, non élargie à sa base. (PI. 4, fig. 6, 7.)
Ce genre se rapproche des Sciares par les nervures des ailes et par la longueur du premier article des tarses , et des Cécidomyies par la conformation des antennes. Il forme donc une espèce de’ transition entre les.tribus des Fongicoles et des Gallicoles.
J'ai trouvé l'espèce qui en estletype, au mois de mai, dans des prairies aquatiques à Lestrem, près de Béthune.
M. von Winthem l'a aussi trouvée à Hambourg.
1. L. cENDRÉE. —— Lestremia cinerea, Macq. Dipt. du Nord, n°. 1.— Z. fusca, Meig. Suppl. n°. 2.
Long. 1 lig. Tête d’un gris roussâtre. Premier article des n Li antennes jaunâtre; les autres noirâtres, à pédicelles moins ob-
seurs et poils jannâtres. Fhorax d’un gris brun. Abdomen d’un
brun clair. Pieds d’un gris-fauve clair; derniers articles des
tarses obscurs. Balanciers jaunâtres. Ailes hyalines Z, 9° Du nord de la France et d'Allemagne,
2. L.rEucoPuée. — Zesiremia leucophæa, Meig. Suppl. n°, 1. — Sciara id. Meig. n°. 31. — Chironomus juniperinus , Fab. S. Anil. n°. 42.
Long. 1 ‘lig Jaune. Thorax à trois bandes brunâtres .
D’Allemagne.
2e. Genre. ZYGONÈVRE. — ZYGONEFRA, Mis.
Suppl.
Caractères. Tète hémisphérique. Antennes de quatorze articles : premier très-court, disciforme ; les autres oblongs , pédicellés , couverts de poils assez longs 9. Abdomen allongé, déprimé. Pieds longs et grêles. Balanciers grands. Aïles couchées; une cellule marginale divisée par une nervure transversale; quatre postérieures; deuxième pétiolée , large à sa base, étroite à l'extrémité. ( PI. 4, fig. 8, 9.)
Le nombre et la forme des articles des antennes, et la figure singulière que représente la deuxième cellule postérieure des ailes, réclament l'établissement de cette nouvelle coupe générique.
Nous devons la connaissance de cette Tipulaire à M. von Winthem, qui nous l’a envoyée de Hambourg sous le nom de Zygonevra , nervure en forme de joug.
ï. Z. SCIARINE. — Zygonevra sciarina, Meig. Suppl. Me VI
Long. 1 = lig. Noir. Thorax luisant. Abdomen mat. Pieds testacés ; tarses obscurs, Balanciers bruns, à tige jaune. Ailes presque hyalines .
JJ'Allemagne.
3. Gewre. CÉCIDOMYIE. — Cecidomyia, Lat., Fab., Meis., Vallot. — Zipula, Linn.
Caractères. Tête hémisphérique. Antennes de la longueur du corps g'; ordinairement de vingt-quatre articles g , de quatorze D ; les deux premiers courts et nus. Pieds allongés ; premier article des tarses très-court; deuxième long. Ailes frangées ; trois nervures longitudinales. (PI. 4, fig. 10, 11.)
ErymoLocie : Cecidomyia, mouche de galle.