C. Antennes de seize articles
1". Genre. RuypPues. CC. Antennes de quatorze arlicies. Trompe munie de soies maxillaires.
2°. Genre. GLOCHINE.
BB. Antennes de onze articles.
D. Paipes de quatre ou cinq articles.
E. Point d’ocelles.
3e. Genre. SIMULIE.
EE. Des ocelles.
F. Tarses munis de deux pelotes. Palpes de quatre articles.
4°. Genre. PENTRÉTRIE.
FF. Tarses munis de trois pelotes. Palpes de cinq articles.
G. Jambes presque nues. Prothorax simple.
5°. Genre. PLécrE.
GG. Jambes épineuses. Protiorax pectiné.
6°. Genre. DiLopne.
AA. Antennes de moins de dix articles.
H. Antennes perfoliées, cylindriques.
7°. Genre. Bision.
HH. Antennes non perfoliées , terminées en massue.
8°. Genre. ASPISTE.
DD. Palpes d'un seul article distinct.
9°. Genre. SCATHOPSE.
La longue série des Némocères se termine par les Tipulaires florales, qui , en s’éloisgnant des autres tribus de cette famille, paraissent se rapprocher des Brachocères, et former une de ces transitions qui unissent entre elles les grandes divisions de la chaîne des êtres. C’est particulièrement par le facies que ces Tipulaires diffèrent des autres. Le corps et la tête ont plus d'épaisseur; les pieds sont moins longs, et les
ailes plus larges. Elles n'ofirent plus au même degré cette extrême délicatesse qui caractérise ces légères tribus qui tourbillonnent dans les airs. Cependant les caractères essentiels de la famille subsistent : les antennes et les palpes restent conformes au type sous le rapport de la composition ; mais les premiers de ces organes se raccourcissent, présentent moins d’articles, et perdent de la forme ordinaire; et les palpes, dans le genre Scathopse, forment une exception qui le place sur la limite des deux divisions des Diptères : ils sont formés d’un seul article distinct, comme dans les Brachocères.
Les Tipulaires florales se reconnaissent donc parmi les Némocères, à plus de largeur ou à moins de onsueur dans les différentes parties du corps. Elles ont toutes plus ou moins ce caractère. Cependant , malgré ce trait de ressemblance, elles n’offrent pas dans l’ensemble de l’organisation cette unité que présentent ordinairement les familles naturelles ; nous les avions même, dans notre premier ouvrage suries Diptères, séparés en plusieurs groupes , sous les dénominations de musciformes, rampantes et xylophagiformes ; mais nous croyons devoir les réunir, à l'exemple de M. Latreille, en les considérant comme des subdivisions de la même tribu.
Le principal de ces groupes est composé des Bibions, des Dilophes et des Scathopses. Il est caractérisé par l'insertion des yeux au bas de la tête et trèsprès de la trompe. Les genres Penthétrie, Plécie et Aspiste s’y rapportent plus ou moins. Le second est formé des Simulies ; il se distingue par un actes plus rapproché de celui des autres Tipulaires. Les genres Rhyphe et Glochine forment le troisième, qui diffère
principalement des autres par les antennes composées d’un plus grand nombre d'articles , et par les nervures des ailes plus composées. Il n'appartient qu'imparfaitement aux Tipulaires florales, et il a été compris parmi les Fongivores par M. Latreilie; mais il nous semble qu'il n'y est pas mieux placé sous le rapport de l'organisation, et il y est étranger dans l’état de larve.
Les habitudes des Tipulaires florales présentent autant de diversité que les organes. Les Bibions et les genres voisins ont peu d’agilité ; ils font peu d'usage de leurs ailes , restent souvent immobiles sur les plan- Les , et particulièrement sur les arbres fruiliers, dont, suivant L'yonet, ils font avorter les fleurs en se nourrissant de leurs sucs. J'ai vu, un jour du mois d'avril, une grande troupe de Bibions dela Saint-Jean voltigeant avec beaucoup de légèreté à la surface d’un monceau d'argile sablonneuse dont elle ne s’éloignait pas. Cette réunion , quoiqu elle me parût entièrement composée de mâles , avait sans doute pour cause la présence de quelques femelles ; mais je ne pus m’assurer du motif qui les retenait près de cette argile.
Les Simulies se singularisent par la manière dont elles marchent. Lorsqu’elles sont posées sur une feuille, leurs tarses antérieurs s'appuient dans toute leur longueur sur le plan de position ; ils sont dans un mouvement continuel de tâtonnement. Comme ces insectes habitent ordinairement les buissons situés sous les arbres, et qu'ils y recueillent avec la trompe les sucs répandus sur le feuillage, et particulièrement
eux produits par les pucerons , leurs tarses font Îles fonctions de palpes, et servent à reconnaître cet aliment. Cependant ils ne se bornent pas à ce genre de nourriture ; ils en cherchent une autre en nous faisant
la guerre comme les Cousins, et leurs piqüres ne sont pas moins douloureuses, au moins dans les résions méridionales où ces insectes sont connus sous le nom de moustiques. Leur suçoir n'est cependant composé que de Ja lèvre supérieure et de la langue, comme dans les Tipulaires les plus innocentes ; mais ces soies paraissent plus développées.
Les Rhyphes se tiennent de préférence sur les troncs des arbres ; ils ont le vol rapide et se réunissent quelquefois dans les airs, surtout lorsque le temps est orageux. Nous les voyons souvent aussi sur nos fenêtres.
Le premier âge des Tipulaires florales est peu connu. Les larves des Bibions sont cylindriques, munies de vingt stisgmates et couvertes de poils qui les font ressembler à certaines chenilles. Ces poils, fort rudes et dirigés en arrière , paraissent avoir une destination assez importante. Les larves , habitant la terre, et obligées de s’y frayer des chemins pour chercher leur subsistance, se meuvent, quoique dépourvues de pieds, avec le secours de ces sortes de pointes, qui servent à fixer la partie postérieure du corps lorsque la partie antérieure se porte en avant, et réciproquement. C’est ainsi que pendant une année presque enlière qu'elles passent sous cette forme , elles parviennent à faire des marches souterraines, et c'est particulièrement dans les bouses qu'elles viennent chercher leur nourriture. Pendant l'hiver elles s’enfoncent dans la terre pour se mettre à l'abri de la gelée; elles y pénètrent encore au mois de mars avant de passer à l'état de nymphes. Sous cette forme, elles sont oblonsues et elles n'offrent plus que seize stigmates; la partie correspondante au thorax est relevée en bosse ;
DES DIPTÈRES. 171 les ailes et les pieds sont moins développés que dans la plupart des autres nymphes nues.
Les Scathopses sedéyeloppent dans les immondices; les larves n’offrent rien de remarquable ; les nymphes sont nues.
Les Rhyphes déposent leurs œufs ordinairement dans les bouses, et quelquefois dans le détritus du bois , sur le linge ou le papier humide dans nos appartemens. Les larves sont allongées et cylindriques ; les seemens du corps ont chacun une bande brune sur un fond blanchätre. On découvre à la bouche deux espèces de palpes frangées, et à l’extrémité du corps quatre stigmates saillans en forme de tubes. Les nymphes sont nues ; elles ont le bord postérieur des segmens de l'abdomen muni de petites épines dirigées en arrière, qui donnent sans doute à l’insecte le moyen de s'élever à la surface de la terre, au moment de la dernière transformation.
1, GENRE. RHYPHE. — RAYPHUS, Lat., Meig. — Sciara, Fab. $. Antl. — Musca, Linn.
Caractères, Deuxième article des palpes épais. Antennes subulées, de seize articles; les deux premiers distincts des autres ; les suivans presque globuleux, diminuant de grosseur. Abdomen de sept segmens distincts. Pieds allongés œ. Deux cellules basilaires aux ailes ; une discoïdale ; cinq postérieures. (PI. 4, fig. 14.) |
EryMoLoGie : Rhyphus signifie rapide.
1. R. rRemgrunI. — Rhyphus fuscatus, Meig. n°. 1, tab. 11, f. 18. — Musca nigricans, Linn. F.$. 2510.
Long. Z 4,9 3. lig. Cendré. Palpes et antennes bruns. Thorax à trois bandes noires. Abdomen brun , d’un jaune
172 RISTOIRE NATURELLE
brunâtre 9 ; bord des segmens pâle. Pieds ferrugmeux; articulations obscures. Stigmate des ailes noirâtre ; un point obscur, allongé, plus rapproché de la base ; une petite tache peu distincte près de celui-ci, et plus rapprochée du bord intérieur ; une autre également pâle , plus voisine de la base.
Commun en été.
2. R. poNcTUÉ. — Rhyphus punctaius, Meig. no. 2. — Sciara punctata, Fab. S. Antl. n°. 13.
Long. 1 © lis. Semblabie au précédent. Une tache de plus
aux ailes sous le stigmate.
3. R. pes FENÊTRES. — Rhyphus fenestralis, Meig. no. 5. — Sciara cincta, Fab. S. Antl. no. 15.
Long. 3 lig. Semblable au précédent. Abdomen ferrugineux ©. Tache sous le stigmate , s’unissant avec Ini; une tache de plus à Pextrémité des ailes ; deuxième celiule postérieure
P ; I plus large à sa base.
Nous la voyons souvent sur les fenêtres.
2°. GENRE. GLOCHINE. — GLOCHINA, Meis. Suppl.
Caractères. Trompe renfermant, outre la lèvre supérieure et la langue , deux soies maxillaires de la longueur de la trompe. Palpes de cinq articles; troisième dilaté. Antennes de quatorze articles ; troisième et suivans globuleux. Pieds allongés. Deux cellules basilaires aux ailes ; une discoïdale, cinq postérieures.
Les Glochines sont , avec les Gousins et les Bolitophiles , les seuls Némocères dans lesquels on ait observé des soies maxillaires. Elles se font encore remarquer par la conformation de leurs palpes de cinq articles, dont le troisième est fort dilaté, comme le deuxième dans les Rhyphes. Ce rapport et celui entre les antennes et les nervures des ailes
nous déterminent à rapprocher ces deux genres, quoique par le facies les Glochines ressemblent plus aux Limnobies.