‹ Histoire naturelle des insectesChapitre 133 sur 435 · II. Antennes de six articles distincts · texte numérisé non relu

II. Antennes de six articles distincts

8°. Genre. HExATOME.

FF. Des ocelies.

J. Face à callosités.

9°. Genre. Cuarysops.

JJ. Face sans callosités.

10°. Genre. Sizvius,

DD. Trompe cachée.

K. Palpes de deux articles.

11°. Genre. RaPmornyNQuE,

KK. Palpes de quatre articles.

12°, Genre. ACANTHOMÈRE.

Nous avons vu au premier rang des Némocères la famille des Culicides caractérisée par l’organisation plus forte de la trompe ; les Tabaniens nous présentent la même supériorité entre tous les Brachocères, et tous les organes paraissent avoir également recu le plus haut degré de développement doni ils étaient susceptibles. Il en résulte un corps vigoureux , une force très-remarquable, et toute l'énergie qui les rend si opiniâtres , si audacieux, si insupportables aux hommes et aux animaux. Ils sont d’une taille supérieure à celle de la plupart des Diptères; les six parties dont leur trompe est composée n'ont pas la forme ordinaire de soies ; mais elles sont aplaties et acérées ; les ailes sont mues par des muscles puissans , et pourvues du plus grand nombre de nervures observées dans cet ordre ; leurs pieds sont robustes, et leurs tarses, munis d’une pelote de plus que dans ia plupart des autres insectes, leur donnent plus de moyens de s'attacher à la surface

DES DIPTÈRES. 18) des corps ; leurs antennes ont le troisième article àvisé en plusieurs segmens, et elles prennent ainsi Le l'analogie avec celles des Némocères. Enfin la confmation des yeux n'est pas moins remarquable : nœus avons observé qu'ils ont, dans les mâles, les facetes supérieures plus grandes que les inférieures, et ils sont généralement ornés de couleurs brillantes quirelèvent la livrée obscure du corps.

Cetie famille, quoique nombreuse, ne présinte qu'un petit uombre de modifications génériques: la trompe, le plus souvent saillante , se cache entèrement dans les genres exotiques des Acanthomères et des Raphiorhynques, et ce caractère a fait soupcoaner à M. Latreille qu'ils appartenaient aux Notacanthes. D'un autre côté, cet organe s’allonge fort dans lesPangonies, et prend alors une direction horizontale; il se relève plus encore dansles Rhinomyzes. Les palpes, ordinairement de deux articles, en ont trois dans ce dernier genre, et même quatre dans les Acanthomères, suivant M. de Saint-Fargeau, ce qui est très-anormal parmi les Brachocères. Les antennes sont fort diversifiées par le nombre des segmens du troisième article, qui s'étend depuis quatre jusqu'a huit. Dans les Hexatomes, ces segmens sont tellement distincts les uns des autres, qu'ils ne diffèrent nullement des articles proprement dits, et que l’on ne peut refuser à ce genre l’un des caractères propres aux Némocères. Les yeux sont tantôt d’un vert obscur orné d’un ou de plusieurs iris nuancés , tantôt la surface en est grise et traversée par deslignes onduleuses ; quelquefois elle est brillantée d’or et émaillée de pourpre. Des ocelles caractérisent plusieurs genres; ils manquent dans les autres ; maïs nous croyons en avoir vu, à l'état rudimentaire, dans

qtelques Taons. Les pieds, remarquables par les pôntes qui terminent les jambes intermédiaires, se midifient uniquement par une épine aux cuisses postéieures dans le genre Acanthomère. Enfin, les ailes prisentent quelques différences dans le port, dans les coueurs et dansla disposition des nervures. Écartées dans le plus srand nombre, elles sont couchées en toitdans les Hexatomes et les Hæmatopotes; ces derniers les ont agréablement variées de points et de lignes circulaires. Dans les Chrysops, leur couleur ténérreuse n'est éclaircie que par deux taches hyalines ;la première cellule sous - marginale est appendicuée dans quelques espèces; la première ou la quatrième postérieure est fermée dans plusieurs autrés.

Les Tabaniens, et particulièrement les Taons, sont répandus sur toute la terre; chaque climat a des espèces qui y sont propres : quant à l'instinct, il est partout le même. L’avidité pour le sang des animaux est extrême. Le lion des déserts de la zone torride et la renne des Lapons les ont pour ennemis , comme nos bœufs et nos c’evaux. Au moment où l’insecte parvient à se fixer, maloré le mouvement adroitement dirigé de la crinière et de la queue de l'animal, la trompe perce le cuir le plus épais et le sang coule à l'instant. Cependant les femelles seules éprouvent ce besoin ; les mâles vivent du suc des fleurs. Nous trouvons aussi quelquefois des femelles sur les corolles ; il paraît même que les Pangonies n'ont pas d'autre aliment.

Les Tabaniens fréquentent particulièrement les bois et les pâturages ; c’est pendant l'été et aux heures les plus chaudes de la journée qu'ils se rendent le plus

redoutables. Leur vol est rapide et accômpasné d’un bourdonnement. M. de Saint-Fargeau a décrit le manése des mâles que l’on voit voler dans les allées des bois, y faisant en quelque sorte la navette, restant quelque temps suspendus à une même place, puis se transportant , par un mouvement brusque et direct, à l’autre bout de leur station aérienne pour y reprendre la même immobilité, et tournant la tête dans chacun de ces mouvemens vers des côtés opposés. Ce savant naturaliste s’est assuré qu'ils guettent alors le passage des femelles, et tâchent de les saisir en se précipitant sur elles, puis s’enlèvent, lorsqu'ils ont réussi à seen emparer, à une hauteur où l'œil ne peut les suivre.

Le développement des Tabaniens n'est guères connu que par les observations de Degeer sur le Taon des bœufs. La femelle confie ses œufs à la terre. Les larves sont jaunâtres, longues , cylindriques , rétrécies aux extrémités , elles ont la tête cornée, étroite, allongée et munie de deux grands crochets mobiles recourbés en dessous. L'on ne sait pas bien quelle est leur nourriture. Les nymphes sont nues; chacun des segmens du corps est bordé de longs poils, et le dernier est terminé par six pointes écailleuses qui aident à l'insecte pour se rendre à la surface de la terre lors de la dernière transformation. Suivant Fabricius, les larves des Chrysops vivent également dans ia terre, ei celles des Hæmatopotes dans le fumier.

er. Genre. PANGONIE. — PANGONIA. Lat. = Fab.

S. Antl. — Meig. — Tabanus, Linn.

Caracteres. Trompe fort longue, menue, horizontale : lèvres terminales peu distinctes. Face convexe. Troisième ar-

ticle des antennes à huit divisions, dont la première est épaisse, et la dernière plus allongée que les autres. Première cellule sous-marginale des ailes appendiculée ; première postérieure ordinairement fermée avant l'extrémité. (PI. 5,

Herx, 24)

A. Des ocelles.

1. P. TACHETÉE. — Pangonia maculata, Meig. no. 2. — Fab. S. Antl. n°. 3. — Lat. Gen. 4, 282, PL 13, fig. 6. — Meig. n°.2.— T'abanus proboscideus\, Fab. Ent. Syst. A 12070:

Long. 6-7 lig. Grisätre, à poils ferrugineux. Palpes et antennes fauves ; extrémité de ces dermères noire. Thorax à ligne dorsale d’un blanc jaunâtre. Côtés des trois premiers segmens de l’abdomen fauves; dernier à deux points «. Pieds fauves. Aïles d’un jaune grisâtre; nervures transversales bordées de brun , et formant des taches œ, 9.

Du midi de l’Europe.

2. P. soRnÉE. — Pangonia marpinata, Fab. S. Antl. n°. 2. — Meig. n°. 4. — Tabanus haustellatus, Fab. Spec. Ins. n°. 2. — Coqueb. Dec. 3, p. 120, tab. 27, f.4.

Long. olig. Noire, à poils bruns. Côtés du thorax à poils roux. Abdomen à bande dorsale de reflets blanchätres , soyeux ; quatrième segment et suivans bordés extérieurement de duvet jaune. Pieds noïrâtres. Ailes brunes ; milieu des cellules presque hyaln œ, 2.

Du midi de l’Europe.

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