‹ Histoire naturelle des insectesChapitre 179 sur 435 · LL: Trompe longue · texte numérisé non relu

LL: Trompe longue

19°. Genre. NÉMOTÈLE.

Les Stratiomydes sont les derniers des Notacanthes, considérées sous le rapport physiologique. Leur organisation est inférieure à celle des autres tribus, surtout par la conformation de la trompe, dont les soies maxillaires sont nulles ou à l’état rudimen-

taire, et dont les palpes sont insérés sur sa base. Les antennes sont souvent munies d’un style » Organe étranger aux tribus supérieures, et qui, chez les Diptères , paraît Pindice de l’infériorité. Les nervures des ailes, quoiqu'eiles conservent le caractère propre à la famille , semblent s'oblitérer; les postérieures sont souvent à peine distincies et n’atteignent pas le bord. Les cellules sous-marginales deviennent très-étroites, et, par l'absence apparente de ia marginale, occupent le bord extérieur.

Quoique les Stratiomydes ne soient pas nombreuses en espèces, leur organisation se modifie d’une manière assez remarquable. Chaque organe prend diverses formes. Le corps , le plus souvent large et de couleurs peu brillantes, s'allonge dans les Sargues, les Cürysochlores , et y étincelle du plus vif éclat. La trompe , ordinairement courte, s'étend dans les Némotèles et se loge dans une saillie de l'épistome. Les antennes ont le premier article long dans les Stratiomyies ; le troisième variedans sa forme et dans le nombre de ses divisions ; il se garnit de quelques filets en rayons dans les Ptilocères. Le style, lorsqu'il se manifeste , est plus où moins long , tantôt épais, tantôt sétacé. Les yeux, souvent ornés de lignes pourprées , ne sont pas toujours contigus dans les mâles, et ils se couvrent quelquefois de poils. Le thorax porte, en avant des ailes, des pointes fort singulières dans les Ephippies ; celles de l’écusson, lorsqu'il n’est pas mutique , sont le plus souvent au nombre de deux ; il y en a quatre dans Îes Ptilocères et les Acanthines, une seule dans le genre Platyne. Au lieu de pointes, l’écusson est muni d’un appendice fourchu dans les Dicranophores. Les nervures des ailes n'ofrent guères

230 HISTOIRE NATURELLE d'autre modification que Îe nombre des celiules postérieures, qui est ordinairement de cinq et quelquefois de quatre , comme dans les Odontomyies.

Les habitudes connues des Stratromydes se bornent à vivre le plus souvent sur les fleurs et à se nourrir des sucs des nectaires. Les Sargues ne se posent que sur le feuillage. y à plus de diversité dans le mode de développement , quoiqu'il n’ait été observé encore que dans une partie de la tribu. Toutes les larves connues ont la tète écailleuse et se transforment en nymphes dans feur propre peau, qui conserve sa forme premiére; mais là s'arrêtent à peu près les ressemblances. Celles des Stratiomyies et des Odontomyies , que Swammerdam a fait connaître le premier, sont aquatiques. Leur corps est ovale, allongé , formé de douze segmens recouverts d’une membrane peu flexible. La tête est petite, oblongue ; la bouche est munie de deux crochets, de quatre petites pointes et de deux espèces de palpes élargis et armés de soies recourhées. L'action rapide et habituelle de ces palpes, qui met l'eau en mouvement, paraît indiquer que ces larves se nourrissent de petits animaux que l’agitation de l’eau amène à la bouche. Les trois derniers seemens du corps allongés et étroits forment une queue terminée par un stigmate entouré d’une toufle de poils à barbes, que la larve met en contact avec l'air pour respirer , en se tenant souvent suspendue à la surface de l’eau. Les poils s’'épanouissent alors et paraissent ne servir qua écarter les corps qui pourraient obstruer l'ouverture du stigmate , quoiqu'ils ressemblent fort aux panaches qui, dans Îles larves des Tipulaires aquatiques , sont l’organe même de la respiration. En passant à l’état de nymphe,

BES DIPTERES. 239 l'insecte n’occupe que Îla partie antérieure de la peau de larve, et il flotte sur l’eau jusqu'au moment où il paraît sous la forme ailée.

Les larves des Pachygastres, dont j'ai donné la description dans les Diptères du nord de la France, sont allongées , fort déprimées, d’un gris roussâtre, et marquées de trois bandes obscures. Le corps est composé de onze segmens distincts, munis d’une soie allongée de chaque côté. La tête est conique, obtuse, beaucoup plus étroite que le corps. A l’extrémité supérieure on distingue une très - pelite pointe. En dessous, la bouche paraît entourée d’un rebord; mais l’on n'y aperçoit aucun organe, si ce n'est un petit corps blanc qui semble en occuper l'ouverture. Un ocelle noir se trouve de c'aque côté de la tête. Le dernier segment du corps est noir, grand , demi-circulaire et bordé de soies. Ces larves se trouvent dans le détritus de l’orme. Tant qu'elles prennent de la nourriture, elles se tiennent dans la partie basse et humide. Avant de devenir nymphes, elles s'élèvent vers la surface, et y restent immobiles jusqu’à la dernière transformation.

Les larves des £phippium paraissent se développer aussi dans le bois décomposé. M. de Saint-Fargeau a cru voir une femelle déposant ses œufs dans de la sciure de bois amassée dans le creux d’un cerisier sauvage à Saint-Germain-en-Laye.

Réaumur a observé les larves des Sargues dans les bouses de vaches. Elles sont obiongues et ont la tête munie de deux crociets.

ir, Genre. PTILOCÉRE. — PTILOCERA, Wied. — Sératiomys , Fab.

Caractères. Corps large. Antennes plus longues que la tête Troisième article à huit divisions ; la premiere cylindrique, peu distincte du deuxième article; la deuxième un peu plus longue et plus menue , garnie de plusieurs pointes allongées , en dessus et en dessous ; troisième et quatrième plus courtes, plus épaisses et très-distinctes ; les autres peu distinctes ; tomenteuses et cylindriques. Ecusson à quatre pointes. Abdomen presque rond. Quatre cellules postérieures aux ailes; deuxième sous-marginale petite. (PI. 6, Et.)

La Sératiomys quadridentata de Fabricius, pour laquelle M. Wiedmann a établi ce genre, est tres-remarquable par ses antennes à panache. Quant à la composition de cet organe, ce savant naturaliste le considère comme formé de cinq articles , dont le second présente quatre divisions. Un examen attentif ne nous a pas permis d'être de son avis , et, d'accord avec lanalogie , nous n’admettons que trois articles, dont le dernier est composé de huit divisions.

1. P. QUATRE DENTS. — Puilocera quadridentata, Wied. Auss. Zweif. n°. 1, tab. 8, f. 4. — Siratiomys id. Fab. S. Anitl. n°. 33.

Long. 3, 9 4 bg. Noir. Partie antérieure du thorax d’un vert doré de chaque côté. Les quatre pomtes de l’écusson fortes ; les deux intermédiaires jaunes à l'extrémité. Abdomen à reflets bleus; troisième segment à deux bandes blanches, obliques, convergentes ; quatrième à bande transverse. Ailes noirâtres ; ne denu-bande pâle vers le nulieu.

De Java et de Sumatra.

2°. GENRE ACANTHINE. — 4CANTHINIA, Wied.

Caractères. Troisième article des antennes cylindrique ;

DES DIPTÈRES. 241 de cinq divisions , dont la première allongée ; les trois suivantes plus courtes , et la cinquième conique, dirigée obliquement. Thorax allongé, assez étroit; écusson à quatre pointes. Abdomen assez large , ovalaire. Ailes à quatre cellules postérieures. ( PI. 6 , fig. 2.)

M. Wiedemann fondateur de ce genre, donne sept articles aux antennes des Acanthines, c’est-à-dire qu’il regarde comme des articles ce que nous considérons comme les divisions du troisième , ainsi que nous le faisons dans tous les genres de cette tribu , et de même que ce savant naturaliste le fait lui-même à l'égard d’une partie des Notacanthes. Il nous semble que ces divisions ne changent pas de nature parce qu’elles sont plus ou moins distinctes, et qu'il est rationnel de les reconnaître dans toute cette tribu , soit comme articles , soit comme divisions du troisième.

Les quatre pointes de l’écusson et la forme allongée du thorax rendent ce genre très-remarquable.

1. À. ALLONGÉE. — Acanthina elongata, Wied, Auss. Zweif. n°. 3, tab. 7, f. 0.

Long. 3: lig. D’un noir cuivreux. Front jaune, à point et vertex noirs. Antennes jaunâtres. Thorax à duvet jaune, et deux lignes argentées ; écusson bordé, à pointes jaunes. Abdomen à taches latérales argentées. Pieds jaunes; cuisses postérieures noirâtres, à base et extrémité jaunes. Ailes brunes,

a bandes hyalines œ.

De l'Amérique méridionale, q

3°. Genre. CYPHOMYIE. — CYPHOMYIA, Wied. — Lat. Fam. nat. — Stratiomys, Fab.

Caractères. Corps large. Bord postérieur de la tête large Q. Antennes plus longues que la tête; premier article un peu allongé, conique, velu ; troisième long, filiforme , un peu comprimé , à huit divisions, Yeux assez pe-

DIPTÉRES , TOME !. 16

tits, velus ©. Abdomen plus large que le thorax , presque orbiculaire. ( PI. 6, fig. 5.) ErymoLoGie : Cyphomyia, mouche arquée.

1. GC. BLEUE. — Cyphomyia cyanea, Wied. Auss. Zweif. no. 7.—wStratiomys id., Fab. S. Antl. no, 11.

Long. 7 : lig. D’un bleu violet, Tête © blanche. Une petite tache noire au vertex. Antennes noires. Pointes de l’écusson velues comme le thorax. Pieds noirs ; premier article des tarses blanc. Ailes norrâtres.

De Cayenne.

2. C. ORIFLAMME. — Cyphomyia auriflamma, Wied. Auss. Zweif. no. 1.

Long. 5-6 lig. D'un violet noir. Tête noire G. Face à poils blancs. Front « à tache blanchâtre. Front 4! et derrière de la tête jaunes. Thorax à bande de poils dorés, n’atteignant pas le bord postérieur. Premier article des tarses blanchâtre. Ailes noires,

Du Brésil.

3. C. murique. — Cyphomyia inermis, Wied. Auss. Zweif. n°. 3.

Long. 3 : lig. D'un noir bleuâtre, Tête jaune. Un point blanc au-dessus des antennes. Thorax bleuâtre, à cinq bandes blanchâtres. Ecusson sans pointes. Abdomen à taches latérales de reflets blancs. Ailes enfumées.

Du Brésil.

4. Genre. STRATIOMYIE. — STRATIOMPFS, Geoff., Fab. , Lat., Meig. — Musca , Linn.

Caractères. Trompe fort courte , comprimée. Troisième article des palpes peu renflé. Un sillon transversal au bas de la face. Premier article des antennes beaucoup plus long que le deuxième ; troisième long, presque fusiforme , à cinq

DES DIPTIRES. 243

divisions, sans style. Jambes un peu renflées au milicu. ( PL 66806")

ErymoLo:is : Stratiomys , mouche armée.

1. S. GAMÉLÉON. — Sératiomys chamæleon, Fab. S. Anti. n°. 1.— Lat. Gen. 4, 274. — Meig. n°. 1. — Musca id., Linn F.S. 1760.

Long, 7 lig Noire. Face à poils jaunâtres et tache triangulaire jaune de chaque côté ç, jaune, à bande noire ©. Bord postérieur des yeux jaune 9. Thorax à poils jaunes; écusson fauve , à tache triangulaire noire à la base; pointes souvent à extrémité noire. Deuxième, troisième et quatrième segmens de l'abdomen à taches latérales jaunes; cinquième à tache triangulaire au milieu; ventre jaune; deuxième, troisième et quatrième segmens à bande noire, interrompue, étroite @, large N. Pieds fauves ; cuisses noires, à anneau noir 9. Ailes un peu brunâtres.

Au mois de mai, particulièrement sur les fleurs de l’aubépine, du populage, et en été sur les plantes aquatiques. Une femelle trouvée en Sicile par M. A. Lefebvre a la pointe antérieure du vertex jaune.

Page 1