L. Dernier article des antennes ovale
12°, Genre. Draperis.
324 HISTOIRE NATURELLE LE. Dernier article des antennes conique.
M. Trois cellules sous-marginales aux ailes,
13°. Genre. ARDOPTÈRE.
MM. Une seule cellule sous-marginale aux ailes. N.'Trompe assez courte. Une cellule anale aux ailes.
14°. Genre. ELApnroPèze.
NN. Trompe très-courte. Point de cellule anale aux ailes.
15°. Genre. CyrToux.
Les Empides forment avec les Hybotides une de ces familles naturelles qu’un coup d'œil suffit pour reconnaître, parce que les parties les plus apparentes du corps en fournissent les caractères. La tête, petite, sphérique et portée sur un cou distinct; le thorax grand , élevé, convexe ; l'abdomen assez menu, cylindrique on conique, distinguent ces Diptères de tous les autres, et, sous ce rapport, quelque place qu’on leur assigne dans la classification, ils y paraissent étrangers. Considérés relativement à leurs divers Organes , ils appartiennent aux Tanystomes, nonseulement par leur trompe menue et coriace, mais encore par le degré de composition de l'ensemble organique. Quant au rang qu'ils occupent dans cette série, il nous paraît être inférieur à celui de la plupart des autres tribus qui la composent ; et si nous les placons avant plusieurs d'entr'elles, telles que les Bombyliers et les Anthraciens, c'est parce qu'ils se lient aux Hybotides et aux Asiliques par des rapports de conformation et de mœurs.
DES DIPTÉÈRES. 325
L'examen des organes en particulier nous offre d'abord la trompe dirigée en dessous, dont la tige est prolongée par les lévres terminales, aussi menues qu'elle, et peu distinctes. Cette forme lui donne l’apparence d’un bec d'oiseau, et le labre qui la recouvre, plus large que dans Îles autres Diptères, en représente assez bien la mandibule supérieure. Les antennes ont le style terminal; les yeux occupent presque toute la tête dans les mâles; les pieds sont ordinairement allongés; les ailes n’ont jamais plus de quatre cellules postérieures, et l’anale, petite et fermée, a une forme étroite qui lui est particulière.
Les Empides vivent de proie comme les Asiliques; - mais le suc des fleurs leur sert aussi de nourriture, et particulièrement aux mäles, comme parmi les Tabaniens. La rapine qu'ils exercent à l’égard des autres insectes se fait au vol, quelquefois à la course, et ils saisissent leurs victimes avec leurs pieds conformés de diverses manières très-favorables à ce genre de vie; mais c'est dans les airs qu'ils se livrent le plus souvent à leurs chasses ainsi qu’à leurs amours. Ils se réunissent en troupes nombreuses, qui, dans les belles soirées d’été, tourbillonnent comme les cousins auprès des eaux; ils s’abattent ensuite sur les buissons, les taillis, et la plupart se trouvent accouplés. Mais une remarque singulière que j'ai faite sur l'Empis livide, c’est que parmi des milliers de couples que j'ai vus posés sur des haies ou des buis-sons, presque toutes les femelles étaient occupées à sucer un insecte: les unes tenaient de petites Friganes, d'autres des Éphémères, la plupart des Tipulaires. Elles s’occupaient à la fois à alimenter et à propager leur existence.
Le premier âge de ces Diptères n’est pas encore
connu. J'ai trouvé à ja fin d'avril un Empis opaque, dont l’un des pieds postérieurs était engagé dans une peau de nymphe, de laquelle il était évident qu'il était sorti, et qui conservait tous les traits de la nymphe elle-même. Cette dépouille était ovale, allongée, la partie antérieure offrait en dessous l’empreinte de la trompe et des pieds de l’insecte. Les neuf sezmens, depuis l'extrémité du thorax jusqu’à celle du corps, étaient fortement ciliés de spinules d’un roux foncé, au bord postérieur en dessous. L'on peut juger par celte description que la nymphe de cet Empis ressembiait à celle l’Æsilus forcipatus observée par Degeer. Les cils des segmens de l’abdomen indiquent qu'elle était sortie de la terre par les contractions de son corps. Ces premiers renseionemens, ainsi que l’analosyie, nous portent à croire que les larves des Empides sont terrestres et conformées à peu près comme celles des Asiliques.
Cette tribu se divise en genres assez nombreux, suivant les modifications des organes. Deux groupes principaux sont caractérisés, l’un par les antennes de trois articles, et par les palpes relevés, l’autre par les antennes de deux articles distincts et par les palpes couchés.
Les Empis, les Rhamphomyies se distinguent par la longueur de leur trompe; la forme du dernier article des antennes, par ses diverses conformations, offre des caractères à la plupart des genres; les nervures des ailes et les pieds surtout se diversifient d'une manière remarquable. Dans les Hilares mâles, lemétatarse se dilate en large palette; dans les Empis femelles, les jambes postérieures se garnissent souvent de barbes; chez les Tachydromies, les Platypalpes et les Pachymérines, les cuisses antérieures,
intermédiaires et postérieures sont tour à tour renflées, munies de petites pointes, et formant avec les jambes , qui s’apyliquent contre elles, des serres trèspropres à saisir la proie; enfin, cette disposition et la faculté qui en dérive sont encore plus prononcées dans les Hémérodromies, dont les hanches antérieures sont allongées comme dans les Mantes.
Toutes les modifi ations qu'affectent les organes des Empides rendent plus sensible que dans la plupart des autres tribus de Diptères, celte espèce de prosgression que nous olfire l’organisation plus ou moins composée. L’Æabitus fort et vigoureux qui rapproche le genre Empis des Asiliques, décroît graduellement jusqu'aux Cyrtomes, où tous les caractères sont aflaiblis, et pour ainsi dire rudimentaires.
1°. GENRE. EMPIS. — £MPIS, Linn., Fab., Lat., Meig.
Caractères, Trompe plus longue que la tête ; palpes relevés. Troisième article des antennes conique, comprimé; style court. Pieds postérieurs allongés. Deux cellules sousmarginales aux ailes ; deuxième petite; quatre postérieures. (PL,6, 8.3.)
ErxmoLocie : Le nom d'Æmpis, dérive, suivant M. Duméril, de Æmpino, je bois.
A. Pieds non pennés.
1. E.unicorore.— Æmpis unicolor, Brull. Exp. de Morée, Long. 4 : lig. D’un cendré noirâtre. Thorax à trois bandes
noires , étroites. Pieds noirs. Ailes brunâtres , à base jaunâtre, De Bordeaux. M. Brullé l’a aussi trouvé en Morée.
2. E. MARQUETÉ. — Æmpis tessellata, Fab. S. Anil., n°. 13. —Meig. n°. 1. — Fall. n°. 2
Long. 5-6 lis. Cendré. Trompe et antennes noires. Tho- rax à trois bandes noïres. Abdomen marqueté de noir. Pieds noirs ; jambes testacées. Ailes brunâtres, à base ferrugineuse.
Assez commun.