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I. Style des antennes de deux articles allongés

9°. Genre. SYBISTROME.

IT. Style des antennes simple, J. Trompe courte. DE

10°, Genre. Doricnorr,

436 HISTOIRE NATURELLE JJ. Trompe allongée.

11€. Genre. ORTHOCRILE.

L'organisation propre aux Diptères Tétrachætes s’altère considérablement dans les Dolichopodes, et nous offre plusieurs caractères que nous retrouverons dans la plupart des familles suivantes. Tout indique une transition entre Îes deux grandes divisions des Brachocères. Les antennes prennent graduellement là forme de palette ; et le style, l'insertion dorsale, qui vont devenir si ordinaires. Les ailes ne présentent également que les nervures des tribus inférieures. Les Dolichopodes ne conservent donc de la division à laquelle ils appartiennent que les quatre soies de trompe, et encore leur sont-elles contestées. M. Meigen n'en a observé que deux, ia lèvre supérieure et la langue ; mais il reconnaît que les maxillaires ont pu échapper à sa vue. En admettant leur existence avec M. Latreille , je n’oserais aflirmer les avoir mises à découvert, quelles que soient les recherches que j’en ai faites. Quant aux palpes, ils présentent une modification doublement singulière par leur insertion à la base de la lèvre supérieure et par leur forme foliacée, qui change leur destination en celle de chaperon recouvrant la trompe.

L'ensemble de l’organisation rend cette tribu trèsnaturelle. Nous signalerons la longueur des pieds d'où dérive son nom; le développement de l'organe copulateur, dont les appendices affectent souvent la forme de mains armées de pointes recourbées, la dépression des palpes et la conformation des lèvres terminales : ces lobes de la trompe, qui dans les auires Diptères sont réunis au-dessous par une mem-

DES DIPTÈRES. 437 brane, se divisent ici dans toute leur convexité, et peuvent librement se dilater et s'ouvrir. On peut expliquer cette espèce d'anomalie en faisant observer que la partie divisée, qui est ordinairement toute supérieure, s'incline dans les Dolichopodes , devient ainsi antérieure et même inférieure, tandis que la partie réunie y est réduite à peu de chose. Les nervures des ailes, quoique semblables en apparence à celle d’un grand nombre de Muscides, sont caractérisées par la forme des cellules médiastine et anale, et par les bases toujours réunies des sous-marginales et première postérieure. Enfin ces Diptères se distinguent par l'éclat du verd métallique dont ils brillent et qui se nuance d’or, d'argent, d'azur et de pourpre.

Les genres qui composent cette tribu ne diffèrent souvent entre eux que par des différences peu considérables. Dans les premiers, le style des antennes est terminal ; chez les autres il est inséré tantôt près de l'extrémité et tantôt vers la base du troisième article. Les Rhaphium se font remarquer par la longueur de leurs antennes, les Diaphores par l'insertion inférieure de cet organe , et les Sybistromes par la singularité du style qui se dilate en palette à l'extrémité de ses deux articles. Le genre Ortochile ne se distingue pas moins par la longueur de la trompe. L'organe copulateur des mâles se modifie par la forme de filamens ou de larges palettes que prennent les principaux appendices. Dans le Médétère Noté il’ présente deux membranes creuses, boursoufilées et fort extraordinaires. La conformation des pieds est également diversifiée. Dans une partie des Dolichopes et des Psilopes, les tarses se dilaitent et se garnissent

de cils ; lesjambes se contournent singulièrement dans qécliiée Médétères. Enfin les ailes ne varient suères que par la courbure plus ou moins prononcée de la nervure externo-médiaire déterminée par un point convexe à la surface supérieure. Dans léë Hydrophores, cette nervure est arçquée d’une manière particulière ; dans les Psilopes , elle se bifuraque et forme une cellule supplémentaire.

Les Dolichopodes vivent sur les végétaux et particulièrement sur lefeuiliage; ils y montrent beaucoup de vivaciié et y font éciater ieurs brillantes couleurs. Les uns fréquentent Îles bois et se posent sur Îles taillis ou sur les plantes herbacées ; ils recherchent les rayons du soleil, ou se tiennent cachés dans l'ombre ; les autres habitent les prairies et se rapprochent des eaux. Ils paraissent souvent occupés à recueillir avec leur trompe les fluides répandus sur la surface des feuilles, rarement le suc des fleurs. Les Médétères et les Hydropliores font la chasse aux petits insectes, et parcourent pour cela le tronc des arbres et les murs humides , en marchant avec beaucoup d’agilité, même en arrière et de côté, au moins lorsqu'on les inquiète EL ampleur et la conformation des lëvres de leur trompe leur permet d'y introduire leur proie. J'ai va un Hydrophore qui s'était emparé d’une larve de Tettigone, la tenant à demi Fe dans la cavité de cet organe, tandis qu'à l'aide du suçoir il en tirait toute l5 substance fluide. Nous voyons ces Dipières depuis Île mois de mai jusqu'en octobre. Leur existence varie dans sa durée; elle paraît assez longue dans la plupart; les Sybistromes voient à peine quinze jours de printemps. Le beau Médétère royal ne se montre qu'en automne; quelques espèces

DES DIPTÈRES. 439 de ce genre ont deux générations dans l’année ; nous ne savons rien de leurs amours, qui se passent sans doute dans les airs. Les sexes paraissent généralement en nombre égal. L’organe copulateur des mâles et la dilatation de quelques parties des pieds dans un assez grand nombre d’entre eux, semblent indiquer de Ïa part desfemelles une résistance proportionnée aux moyens d'attaque.

Nos connaissances sur le développement de ces petits insectes se bornent encore aux observations faites par Deeger sur la farve et la nymphe du Dolichope à crochets. Elles häbitent la terre. La larve a la téte charnue et de forme variable, et ce mode de conformation est encore un caractère qui distingue ces Diptères des tribus supérieures , et Îles rapproche des suivantes. La bouche est armée de deux espèces de mâchoires en forme de tubercules, entre lesquelles se trouve une petite pointe qui est peut-être un suçoir. Le corps est formé de douze seomens, terminé par deux crochets, muni sur le dos de deux stigmales élevés, et de fausses pates en dessous. La nymphe est plus courte et plus épaisse. On distingue en avant de la tête plusieurs pointes dont les deux intermédiaires sont les plus longues. Le bord antérieur du thorax porte deux cornes assez lonques , recourbées et prolongées par un appendice filiforme. l'abdomen est conique; les segmens sont bordés de soies.

er, GENRE. RHAPHIUM. — RAAPHIUM, Meisg., Lat.

Reg, anim.

Caractères. Troisième article des antennes subulé, fort allongé g, comprimé ; style court, terminal, bi-articulé.

Appendices de l'abdomen filiformes. Jambes presque nues.

Nervure externo-médiaire des ailes peu fléchie (PI. 10, fig.18). Ervmorocre : Le nom de Rhaphium fait allusion à la

forme subulée des antennes. Ce genre devrait peut-être se réunir aux Porphyrops.

1. R. LONGICORNE. — Ahaphium longicorne, Meig. n°. 1. Long. 3 lig. D'un vert métallique obscur. Face blanche. Front bleu. Antennes noires, de la longueur de l’abdomen ,

peu allongées ,9. Pieds noirs. Ailes obscures; nervure transverse bordée de brun.

Dans les bois marécageux , sur les herbes.

2. R. macrocère. — Rhaphium macrocerum , Wied. — Meig. n°. 3.

Long. 1 : lig. D'un vert-olivâtre brillant. Front bleu. Troisième article des antennes assez large. Pieds ferrugineux ; jambes et tarses postérieurs bruns. Ailes brunâtres.

De France ? et d'Allemagne.

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