‹ Histoire naturelle des insectesChapitre 85 sur 435 · LL. Point d’oceiles · texte numérisé non relu

LL. Point d’oceiles

15°. Genre. Corpyre.

KK. Jambes non terminées par des pointes.

P. Antennes plus longues que la tête.

16°. Genre. CamPyLOMYZr.

PP, Antennes de la longueur de la tête.

17°. Genre. CHÉNÉSIE.

Inférieures en organisation, en grandeur, en nombre, aux Tipulaires terricoles, les Fongicoles les suivent immédiatement, et, quoiqu’elles se lient avec elles par plusieurs genres intermédiaires , la progression descendante est très-sensible : les principaux caractères qui les en distinguent sont : la tête sans pro- Jongement, le thorax sans suture dorsale, l'abdomen sans tarière dans les femelles, la présence d’ocelles, les hanches allongées, les jambes terminées par deux pointes ; point de cellule discoïdale, et une seule cellule basilaire aux ailes.

Les antennes sont le plus souvent formées d'articles courts et peu distincts les uns des autres, à l’exception des deux premiers qui sont plus épais et faciles

reconnaître; ce qui semble quelquefois les réduire à trois et les rapprocher de celles des Tabaniens et des Notacanthes, dont le troisième article annelé leur donne quelque analogie avec les Némocères.

L'ensemble de ces caractères circonscrit très-bien cette tribu, et lui donne une grande unité, sauf quelques rares exceptions. Cependant la plupart des organes présentent des modifications qui répandent sur le type une grande diversité. Les antennes, ordinairement filiformes et assez courtes, s’aplatissent en lames dans les Platyures, les Asindules; elles s’arrondissent en fuseau dans les Cordyles; elles s’allongent en filets capillaires dans les Bolitophiles et les Macrocères, qui se rapprochent ainsi des derniers genres des Terricoles, et elles atteignent quelquefois une longueur extraordinaire. La tête prend une forme

| DES DIPTÈRES. 123 étrange dans les Gnoristes, en se prolongeant en long museau , que M. Meigen considère comme la trompe, mais qui ne me paraît en être que le support, ainsi que dans la tribu précédente. Les quatre articles des palpes paraissent se réduire à trois dans Îles Sciares, et même à un seul dans les Céroplates. Une observation importante, faite récemment par M. Guérin, les montre, dans les Bolitophiles, insérés à la base de mâchoires allongées et pointues, qui cependant ne paraissent pas faire partie du suçoir comme dans les Culicides. Gette observation, qui prouve que les palpes sont maxillaires dans ce genre, tend à faire croire qu'ils le sont également dans les autres Némocères, et que les mâchoires, le plus souvent inapercues, existent réellement, mais, dans un état rudimentaire. D’autres modifications affectent les yeux, tantôt arrondis, tantôt réniformes, et surtout les ocelles, disposés en triangle dans les uns, en ligne droite dans les autres, au nombre de deux dans les Mycétophiies, nuls dans les Cordyles. L’abdomen, souvent cylindrique, est quelquefois comprimé d’une manière remarquable. Les jambes se diversifient par les rangs d’épines dont elles sont assez souvent armées, et par les pointes plus ou moins longues qui les terminent. Ce dernier caractère paraît se perdre, ainsi que la longueur des hanches, dans les Campylomyzes et les Chénésies , que nous plaçons à l'extrémité de la tribu et près des Tipulaires gallicoles. Enfin , les nervures des ailes, quoique peu nombreuses, sont modifiées plus encore que les autres organes ; elles fournissent un grand nombre de caractères génériques ; celles des Synaphes présentent une anastomose fort singulière.

Les Tipulaires fongicoles sont peu connues sous le rapport de leurs habitudes. Elles fréquentent les bois, et se posent sur le feuillage ; elles recherchent les ombrages les plus sombres, et particulièrement celui des arbres résineux. J’en ai trouvé un jour un très-grand nombre, des genres Mycétophile, Platyure, Sciophile, dans un tas de branches de sapin nouvellement coupées. Il n’est pas rare encore d’en voir dans les habitations sur les fenêtres. Elles paraissent perdant toute la belle saison , surtout en automne : les unes semblent avoir une époque particulière; les autres n’en ont pas, et produisent sans doute plusieurs générations dans la même année. Elles sont d’une prestesse trèsremarquable dans leurs mouvemens ; ce qui, joint au poli soyeux de leurs corps, fait qu’elles se olissent dans les moindres interstices. Cette faculté paraît s’accorder avec les rapports qui existent entre elles et les champignons ; elle leur permet de s’insinuer entre les lames de ces Gryptogames , d'y déposer leurs œufs, et d'assurer à leurs larves le berceau et l'aliment propres à leur nature. C’est ainsi que ces Tipulaires sont fongicoles, et qu’elles sont en possession de ces productions singulières , dont elles ne partagent la jouissance qu'avec quelques Coléoptères et une tribu de Muscides. Quoique le rapide développement et la prompte décomposition de ces végétaux dussent les mettre à l'abri de tels ennemis, la plupart sont peuplés de larves qui y prennent un accroissement également rapide. Ces larves différent entre elles de plusieurs manières : les unes ont, le long du corps, des mamelons charnus qui leur servent à marcher; d’autres ont sur la tête des espèces d'antennes. Elles vivent tantôt en société, et tantôt solitaires. Celles des Céro-

plates, observées par Réaumur sur l’agaric du chêne À sont hyalines et toujours enduites d’une liqueur visqueuse. Elles ont deux crochets à la bouche et quatre petits tubes aérifères à l'extrémité du corps. Elles vivent sur la surface inférieure de l’agaric , et semblent ne se nourrir que du fluide qui en transsude. Munies d’une filière à la bouche, elles ont l'instinct de revêtir d'une couche de soie le plan sur lequel elles se posent. En marchant, elles sont assujetties à tapisser l’espace qu'elles ont à parcourir. Lorsqu'elles se fixent, elles construisent un pavillon qui les recouvre entièrement. Enfin, au moment de se transformer en nymphes, elles ne se retirent pas dans la terre comme les autres, mais elles se filent une coque sans quitter l’'agaric.

Les larves du Bolitophile, décrites par M. Guérin, vivent en société dans l’intérieur des champignons, comme celles des Mycétophiles. Leur tête porte deux petits appendices membraneux, en forme d’antennes, de deux articles. La bouche est armée de deux mandibules écailleuses, terminées en dessus et en dessous par deux crochets courbés l’un vers l’autre, mais également immobiles, et dont la pointe supérieure est beaucoup plus avancée que l’inférieure. Lorsque ces larves ont atteint le terme de leur développement, elles se retirent dans la terre. Dans l’état de nymphes, elles n’ont pas de tubes aérifères comme la plupart de ceiles des Tipulaires terricoles, L’enveloppe des ailes et des pieds est appliquée contre le corps, mais elle en est distincte.

Cependant toutes les Tipulaires de cette tribu ne se développent pas dans les champignons. J’ai élevé des larves que j'avais trouvées dans le détritus du bois d'orme. Leur conformation n’offrait rien de particu-

lier ; elles s’y sont transformées, et m'ont donné des Mycétobies pallipèdes ; tandis que Meigen à obtenu, de larves vivant dans un champignon, une autre espèce du même genre. Enfin, les Sciares se développent dans le terreau : il est vrai que par leur organisation ils n'appartiennent pas entièrement aux Fipulaires fongicoles.

1e, GENRE. BOLITOPHILE.— BOLITOPHIL A, Hoffm., Meig., Lat,

Caractères. MÂâchoires distinctes, à base courtes; lobe terminal allongé , pointu , légèrement cilié intérieurement. Palpes insérés à la base des mâchoires. Antennes sétacées , plus longues que la tête et le thorax réunis, de douze articles : les deux premiers épais; les suivans grêles, peu distincts. Yeux ronds. Ocelles disposés en ligne transversale, presque droite. Pieds allongés; pointes terminales des jambes courtes. Ailes : deux cellules basilaires, dont l’interne est très-petite ; marginale n’atteignant pas le bord postérieur.

(PL 3, fig. 7 bis.)

Erymorocie : Bolitophila , qui aime les champignons.

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