‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 107 sur 121 · SECTION B · texte numérisé non relu

SECTION B

Segments intermédiaires de l'abdomen anguleux à leurs extrémités. — Epimères mésothoraciques parfois ascendantes.

Les genres, relativement très-peu nombreux, qui composent cette section, présentent dans leur organisation la même variété que ceux de la section qui précède, et me paraissent devoir être répartis dans les quatre tribus suivantes. Toutes, sauf la seconde, ont des représentants en Europe.

I. Epimères mésothoraciques ascendantes. CoRYSSOMÉRIDES, IL. —— non — a Funicule des antennes de 6 ou 7 articles.

Leur scape empiétant sur les yeux; leur massue

très-grande. PRIONOMÉRIDES.

—— n’empiétant pas sur les yeux; leur massue médiocre. Tenues.

aa Funicule des antennes de 5 articles. Cionives.

TRIBU XLVIIT.

CORYSSOMÉRIDES.

Sous-menton muni d’un pédoncule de longueur et largeur variables. — Mandibules en tenailles, dentées, un peu saillantes. — Tète subglobuleuse, saillante; rostre grêle, cylindrique, plus ou moins long ; ses scrobes commençant au milieu de sa longueur ou peu s'en faut, linéaires et obliques. — Funicule des antennes de sept articles. — Yeux grands, subcontigus ou très-rapprochés en dessus. — Prothorax sans lobes oculaires ni échancrure sur son bord antéro-inférieur, lobé au milieu de sa base; prosternum très-long en avant des

(1) 2. firmus, Schœnh. loc. cit. p. 398 (B. minutus Dej.); Dejean indique exactement la patrie de l'espèce.

CORYSSOMÉRIDES. 595

hanches antérieures, et oblique. — Un écusson. — Elytres laissant le pygidium à découvert.—Pattes assez longues ; jambes onguiculées au bout; crochets des tarses simples. — Saillie intercoxale très-large, tronquée en avant. —Métathorax assez long; ses épisternums larges. — Saillie mésosternale plus ou moins large. — Epimères mésothora-

ciques grandes, ascendantes, visibles d’en haut. — Corps aïlé, pubescent ou subécailleux.

Ce groupe, aisément reconnaissable à la forme des épimères m6sothoraciques combinée avec la nudité du pygidium et la simplicité des crochets des tarses, est ici l’analogue des Ambatides de la phalange précédente et des Zygopides de la cohorte des Apostasimérides. Ses espèces ont, en outre, un facies voisin de celui des BazANINUS. Elles sont propres à l’ancien continent et paraissent être assez nombreuses en Afrique, mais il n’y ena encore que très-peu de décrites. Les trois genres qu’on a déjà établis sur celles qui sont dans ce cas, sont très-voisins les uns des autres, et ne peuvent être considérés que comme provisoires. Deux d’entre eux ont des représentants en Europe.

I. 1e segmentabdomiral beaucoup plus grand (1) que le 2e, Cuisses antérieures munies d’une grande dent triangulaire: Lamyrus. —— petite — : Coryssomerus.

I. 1% segment abdominal à peine plus long que le 2: Zuryommatus.

LAMYRUS.

SCHOENn. Mantis. sec. Curcul., p. 68.

Genre excessivement voisin des Conyssomerus (2), et qui, si on le conserve, devra recevoir, non-seulement le petit insecte inédit (Bohemanni Schh.) de Natal, qui en forme le type, mais encore deux espèces, également africaines, que Schænherr a placées parmi les Co- RYSSOMERUS (3). Dans cet état, je ne lui trouve d’autres diflérences, avec ces derniers, que les suivantes :

(1) En le mesurant sur la ligne médiane, c’est-à-dire en ÿ comprenant la saillie intercoxale. :

(2) Schœnherr a complètement perdu de vue cette analogie et a placé le genre immédiatement avant les Enmmmnus. Il se trouvait ainsi séparé des Conxsso- MERUS par plus de 35 genres.

(2) C. lepidus, du Cap; cervinus, de la Guinée; Schœnh. loc. cit. VII, 2, p.268. Outre ces deux espèces, il y en a plusieurs autres inédites dans les collections, également africaines, et dont quelques-unes ont été rapportées à tort au genre MeNEmacnus de Schœnherr, qu'on trouvera plus loin parmi les Apostasimérides. Chez plusieurs, qui pourront former un genre distinct, la saillie mésosternale, au lieu d'être large, transversale et perpendiculaire, est couchée et en triangle étroit et allongé. Ces Coryssomérides africains ont he- Soin d’être soumis à une étude approfondie.

596 CURGULIONIDES.

Rostre plus long, parfois (cervinus) pareil à celui du Balaninus nucum et espèces voisines. — Elytres presque ou tout-à-fait planes. — Pattes plus longues; cuisses antérieures munies d'une grande dent triangulaire, les autres d’une beaucoup plus petite; tarses allongés, leurs crochets assez grands. — Saillie mésosternale en carré plus large que long, et verticale.

Le facies de ces insectes est intermédiaire entre celui des Bazaxinus et celui des Coprurus. Leurs téguments sont revêtus de poils couchés, plus abondants que chez le Coryssomerus capucinus d'Europe, et leur livrée, plus ou moins nuageuse, n’a rien de remarquas ble. Les plus grands d’entre eux sont de la taille du Bulanimus nucum.

CORYSSOMERUS.

Scnoenu, Curcul. Disp. meth., p. 241.

Rostre long, peu robuste, cylindrique, arqué ; ses scrobos n'alteignant pas tout-à-fait sa base en dessous. — Antennes médiocres, grèles; scape en massuë au bout; funicule à articles 1-2 allongés, obconiques, celui-là plus gros et plus long, 3-7 très-courts, grossis sant peu à peu; massue oblongo-ovale, à articles peu distincts. — Yeux grands, peu convexes, ovales, obliques et faiblement séparés en dessus. — Prothorax transversal, brusquement rétréci, avec un sillon circulaire en avant, légèrement arrondi sur les côtés, coupé carrément à ses deux extrémités, muni à sa base d’un lobe médian carré et un peu fendu en arrière. — Ecusson petit, en triangle curs viligne. — Elytres peu convexes, ovales, isolément arrondies en ars rière, un peu plus larges que le prothorax à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes assez longues; cuisses en massue, toutes munies d’une petite dent triangulaire ; jambes droites, onguiculées au bout ; tarses médiocres, à articles 1-2 grêles, obconiques, allongés, surtout celui-là, 3 assez large; crochets petits. — Les deux 1°!* segments abdominaux soudés ensemble, séparés par une fine suture droite, 1 beaucoup plus grand que 2, celui-ci aussi long que 3-4 réunis. — Saillie mésosternale plus longue que large, trapézifonme, un peu déclive. — Corps finement écailleux.

Cette formule a été rédigée uniquement d’après l'espèce européenne (1) qui forme le type du genre. C’est un pelit insecte qui ressemble assez aux Balaninus crux et espèces voisines, et dont la livrée est tantôt d’un gris uniforme, tantôt marquetée de cette couleur et de brun. On le trouve dans la plus grande partie de l’Europe. Les autres espèces que Schænherr lui a associées sont, comme on vient de le voir, des Lamyrus.

(1) C. capucinus Beck, Schœnh. Cureul. HL, p. 400 (Var, ardea Germ.).

CORYSSOMÉRIDES. 597

EURYOMMATUS.

Rocer, Sleltin. entom. Zeit. 1857, p. 60.

Ne connaissant pas ce genre en nature, je reproduis textuellement les caractères que lui assigne son auteur.

Rostre plus long que la tête et le prothorax, grêle, légèrement arqué; ses serobes latérales, se dirigeant rapidement en dessous. —Antennes insérées un peu en avant (@) ou en arrière (9) du milieu du rostre; scape atteignant les yeux; funicule de 7 articles : les deux 4er beaucoup plus longs que les suivants, le 4° plus gros. — Youx trèsgrands, séparés par un faible intervalle, contigus au prothorax quand le rostre est au repos. — Prothorax un peu plus large que long, légèrement rétréci en avant, faiblement bisinué en arrière. — Ecusson enfoui, plus long que large. — Elytres du double plus longues que larges, légèrement rétrécies eu arrière, laissant à découvert le pygidium. — Prosternum sans aucune trace d’échancrure en avant. — Abdomen légèrement en pente d'avant en arrière ; son 4% segment à peine plus long que le 2: ; celui-ci aussi long que les deux suivants réunis, saillant en arrière à ses extrémités; le 5° un peu plus grand. — Pattes grêles; cuisses antérieures fortement en massue, armées d’une grande dent, les autres faiblement renflées à leur extrémité, avec une dent à peine distincte ; jambes antérieures assez fortement &rquées avant leur milieu, munies d’un crochet robuste au bout ; les autres à peine distinctement arquées et beaucoup plus faiblement mucronées au bout; 4° article des tarses très-étroit, un peu plus long que les deux suivants réunis; crochets simples.

Le petit insecte (Mariæ Rog.) qui forme le type du genre, ressemble à s’y méprendre, à ce qu’il paraît, an Coryssomerus capucinus, et d’après la formule qui précède, ne me paraît pas en différer, génériquement parlant, beaucoup plus que les espèces exotiques que Schœnherr a associées à ce dernier. Ses yeux plus gros et la brièveté relative du 4° segment abdominal, sont les seuls caractères différentiels qui me paraissent avoir une valeur réelle. D'un autre côté, l’armature de ses cuisses pourrait bien faire que ce ne soit qu’une espèce du genre Lamyrus égarée en Europe.

Il n'existe dans les collections qu’un très-petit nombre d’exemplaires de cet insecte, découvert primitivement à Rauden (Silésie) et retrouvé depuis dans le Tyrol, aux environs de Golling (duché de Salzbourg) par M. Sartorius (1).

(1) Voyez, à ce sujet, une note de ce dernier dans la Wien, entom. Mopatschr, V, 1861, p. 315,

598 EURCULIONIDES.

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