I. Rostre aussi large que la tête à sa base et continu avec
elle, CyPHICÉRIDES.
IL. — plus étroit — Ptérygies rostrales non ou à peine divariquées. EREMNIDES VRAIS. — plus où moins — PHYTosCAPHIDES.
GROUPE I. Cyphicérides.
Rostre aussi large que la tête à sa base et continu avec elle; ses ptérygies non ou à peine divariquées. — 2° segment abdominal beaucoup plus long que chacun des deux suivants, séparé du 4° par une suture arquée. — Cuisses dentées.
Les trois premiers des quatre genres qui suivent étaient des Phyllobüdes pour Schænherr. Il avait placé le dernier dans ses Cyclomides, bien que ses caractères le rapprochent manifestement de ceux-là. Tous sont propres aux Indes orientales.
CYPHICÉRIDES. 221
1. Corbeilles des jambes postérieures caverneuses : Cyphicerus. I. —— ouvertes.
a Prothorax bisinué à sa base.
Antennes longues; leur massue allongée, grêle : Platytrachelus. — courtes; — ovale : Amblyrhinus.
aa Prothcrax tronqué à sa base, denté près des angles postérieurs : Acanthotrachelus.
CYPHICERUS.
Scuoenx. Curcul. Disp. meth., p. 152.
Tête déclive et plane sur le front; rostre pas plus long qu’elle, limité en dessous par un sillon transversal très-marqué, très-robuste, rétréci au niveau des antennes, avec ses ptérygies faiblement divariquées, subanguleux, un peu concave et longitudinalement sillonné en dessus, profondément échancré au bout; scrobes courtes, très-profondes, un peu arquées. — Antennes subterminales (4) ou antérieures (®), assez longues, écailleuses; scape épais, déprimé, grossissant peu à peu, arqué et empiétant un peu sur le prothorax ; funicule à articles 1 médiocre, obconique, 2 presque du double plus long, 3-7 subeylindriques, courts, subégaux; massue oblongo-ovale, acuminée, articulée. — Yeux grands, peu convexes, oblongo-ovales, obliques. — Prothorax transversal, cylindrique, tronqué en avant et à sa base, profondément échancré en dessous; ses lobes oculaires larges, assez saillants et arrondis. — Ecusson oblong. — Elytres chlongo-ovales, subparallèles dans les deux tiers de leur longueur, un peu plus larges que le prothorax et faiblement échancrées à leur base, avec les épaules obtuses. — Pattes médiocres; cuisses en massue, munies en dessous d’une petite dent; jambes antérieures faiblement arquées au bout; corbeilles caverneuses; tarses spongieux en dessous, à articles 1-2 beaucoup plus étroits que 3, 4 médiocre; crochets assez grands. — 2° segment abdominal au moins aussi long que les deux suivants réunis, séparé du 1% par une suture arquée; saillie intercoxale arrondie en &vant. — Corps oblong, densément écailleux, ailé.
Insectes propres au Bengale, ressemblant beaucou» aux MycLocerus du même pays, mais appartenant en réalité à un groupe tout différent. Deux espèces seulement, les Curc. novemlineatus et passerinus d'Olivier (1) sont décrites. Ce sont des insectes de la taille du Payllobius pyri, mais de forme un peu plus robuste; le premier est orné
(1) Entom. V, 83, nos 513 et 515; Schœnh. Cureul. IE, p. 467. Il y a, dans les collections, plusieurs espèces inédites, également originaires du Bengale, qu'on associe souvent à celles-ci. Elles en ont, en effet, assez le facies, mais, les corbeilles de leurs jambes postérieures étant ouvertes, eiles ne peuvent renirer dans le genre actuel et doivent en former un tout à côté.
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sur le prothorax et les élytres, de handes longitudinales très-réeulières, alternativement brunes et dorées; le second est varié de ces deux couleurs.
C’est le seul genre de la Tribu qui ait les corboilles des jambes postérieures caverneuses, et, à ce titre, il peut être regardé comme y représentant les Eustylides.
PLATYTRACHELUS.
Scnoenx. Cwrcul., VIT, 1, p. 48.
Tête plane et déclive sur le front; rostre pas plus long qu’elle, continu avec le front, très-robuste, parallèle, avec ses ptérygies légèrement divariquées, anguleux, largement concave en dessus, fortement échancré au hout; scrobes latérales, rectilignes, graduellement élargies en arrière et atteignant les yeux. — Antennes subterminales, longues, grêles; scape grossissant peu à peu, arqué, empiétant sur le prothorax; funicule à articles ohconiques : 1-2 allongés, selui-ci beaucoup plus long, 3-7 suhégaux; massue oblongo-ovale, articulée. — Yeux médiocres, ovales, peu convexes, cbliques, entourés d’un sillon en dessus et en arrière. — Prothorax court, cylindrique, un peu déprimé, profondément bisinué à sa base, avec son lobe médian aigu; ses lobes oculaires saillants, étroits, anguleux. — Ecusson très-petit, arrondi, — Elytres régulièrement oblongues, assez convexes, à peine plus larges que le prothorax et chacune fortement saillante à, sa base, avec leurs épaules rectilignes et obtuses. — Pattes assez Jongues; cuisses médiocrèement en massue, munies d’une petite dent aiguë en dessous; corbeiïlles ouvertes; tarses spongieux en dessous, à articles 1-2 grêles, 4 médiocre; crochets petits. — 2° seçsment abdominal plus long que les deux suivants réunis, séparé du 1% par une suture fortement arquée; saillie intercoxale médiocrement large, tronquée en avant. — Corps oblong, densément et finement écailleux, ailé.
Ce genre a également Les plus grands rapports avec les MYLLOCERUS, mais avec ceux dont le prothorax est bisinué en arrière. Il ne comprend qu’une petite espèce (pistacinus Schh.) de Siam et du Bengale, revôtue d’une livrée uniforme d’un jaune virescent.
AMBLYRHINUS.
Scuoenn. Curcul, Disp. meth., p. 183.
Rostre très-court, très-robuste, graduellement atténué en avant, anguleux, plan en dessus et tronqué au bout; scrobes latérales, pro= fondes, rectilignes et atteignant presque les yeux. — Antennes subterminales,médiocres, assez robustes, écailleuses ; scape grossissant peu à peu, arqué, empiétant un peu sur le prothorax; funicule à articles obconiques : 1 plus gros et plus long que les suivants, 2-7 couris,
CYPHICÉRIDES. 223
décroissant graduellement; massue ovale, acuminée, articulée, — Yeux assez grands, déprimés, ovales, obliques. — Prothorax transversal, graduellement rétréci dans ses deux tiers antérieurs, dilaté postérieurement de chaque côté en une arète rectiligne, fortement et angulairement bisinué à sa base, avec son lobe médian large et ogival, tronqué en avant; ses lobes oculaires médiocrement saillants, larges et anguleux. — Ecusson petit, curviligne. — Elytres oblongoovales, subparallèles dans les deux tiers de leur longueur, à peine plus larges que le prothorax et trisinuées à leur base. — Pattes courtes et assez robustes; cuisses en massue, munies d’une petite dent aiguë en dessous; corbeilles ouvertes; jambes droites, les antérieures faiblement bisinuées au côté interne; tarses courts, spongieux en dessous, à articles 1-2 étroits, 4 médiocre, ainsi que ses crochets. — Saillie intercoxale subogivale. — Corps oblong, densément écailleux.
Genre intéressant et qui représente ici les Cozrcerus et les Poronayneuus du groupe des Prumécopides qui fait partie de la Légion suivante. Cette analogie porte non-seulement sur les arêtes latérales dont le prothorax est muni en arrière, mais sur la taille, la vestiture des téguments, leur sculpture et leurs couleurs. Le petit insecte (1) du continent indien, sur lequel Schœnherr l’a établi, offre en effet, pour toute livrée, un dessin nuageux varié de brun et de blanchâtre ; une large bande transversale, arquée, plus ou moins distincte, traverse ses élytres au-delà de leur milieu, et parfois se détache peu de la couleur du fond.
ACGANTHOTRACHELUS.
Senoxnu. Curcul., VIE, 1, p. 236.
Tète plane et déclive sur le front; rostre à peine plus long qu’elle, parallèle, robuste, anguleux, très-plan en dessus, entier au bout, avec une petite dépression demi-circulaire; serobes jatérales, peu profondes, rapidement évasées et évanescentes en arrière. — Antennes terminales, assez longues, médiocrement robustes; scape grossissant peu à peu, empiétant sur le prothorax; funicule à articles obconiques : 1-2 allongés, celui-ci un peu plus long, 3-7 décroissant graduellement; massue oblongo-ovale, tcuminée, articulée. — Yeux médiocres, peu convexes, ovales, longitudinaux. — Prothorax court, subeylindrique, légèrement rétréei en avant et muni d’une petite épine près de ses angles postérieurs, tronqué à sa base et en ayant, échancré en dessous; ses lobes oculaires assez faibles, larges et arrondis.—E£eusson à peine distinct. — Elytres brièvement ovales, ventrues dans leur milieu, atténuces en arrière, pas plus larges que le prothorax et légèrement échancrées en arc à leur base. — Pattes médiocres; cuisses
(1) 4. goricollis, Schœnh, Cureul, LE, p. 468, et VIL, 1, p. 50.
en massue, munies d’une très-petite dent en dessous; corbeilles ouvertes; jambes droites; tarses médiocres, spongieux en dessous, à articles 1-2 beaucoup plus étroits que 3, 4 assez long; crochets petits, — 2° segment abdominal plus long que les deux suivants réunis, séparé du 1 par une suture presque droite; saillie intercoxale assez étroite, tronquée en avant. — Corps oblongo-ovale, finement écailleux.
La seule espèce connue (veñtricosus Schh.) est originaire du plateau des Nilgherries dans la presqu'île indienne, et revêtue d’une livrée uniforme d’un blanc grisâtre, avec quelques reflets cuivreux. Sa taille égale à peine celle de l’'Amblyrhinus poricollis.
GROUPE II. Eremnides vrais.
Rostre plus étroit que la tête, ses ptérygies non ou faiblement divariquées. — 2° segment abdominal de longueur variable. — Cuisses rarement dentées.
Ce groupe est emprunté aux Cyclomides de Schœænherr. A l’exception d’un seul (Payxezis) qui est propre à l'Amérique du Nord, les cinq genres qui le composent sont originaires de l’Afrique australe,
I. 2e segment abdominal beaucoup plus grand que le 3e, séparé du 1er par une suture arquée.
a Funicule antennaire à art. 2 beaucoup plus long que 1 : Lobetorus.
aa —— — 1-2 subégaux.
Prothorax contigu aux élytres : Phyxelis.
— non — Bustomus.
II, Les 3 segments intermédiaires de l'abdomen subégaux, séparés du 1er par une suture droite ou faibiement arquée, Lobes du prothorax faibles, laissant les yeux libres : Eremnus. ce très-saillants, recouvrant les yeux : Brachylrachelus.
LOBETORUS.
Senoenn. Curcul., VIL 1, p. 155.
Rostre à peine aussi long et sensiblement plus étroit que la tête, robuste, subparallèle, arrondi aux angles, presque plan en dessus et tronqué au bout; scrobes étroites et profondes en avant sur une trèscourte étendue, obliques et évanescentes en arrière. — Antennes terminales, longues, gréles; scape presque droit, grossissant graduellement, empiétant un peu sur le prothorax; funicule à articles obcos niques : 1-2 allongés, celui-ci de beaucoup le plus grand, 3-7 égaux; massue faible, oblongo-ovale, articulée. — Yeux médiocres, ovales, peu convexes, obliques. — Prothorax très-court, subeylindrique,
EREMNIDES VRAIS. 225
tronqué à sa base et en avant, largement et très-faiblement lobé au niveau des yeux. — Ecusson nul. — Elytres globoso-ovales, un peu atténuées à leur extrémité, légèrement échancrées en arc à leur base, avec les épaules arrondies. — Pattes médiocres; cuisses gréles à leur base, en massue au bout; jambes droites; tarses courts, médiocrement larges, spongieux en dessous. — 2° segment abdominal aussi long que les deux suivants réunis, séparé du 4% par une suture un peu flexueuse; saillie intercoxale large, tronquée en avant. — Corps ovale, finement écailleux et hispide.
Malgré le peu de saillie des lobes oculaires du prothorax, ce genre appartient trop évidemment au groupe actuel pour être reporté dans la Cohorte précédente. Il ne comprend qu’une espèce (verecundus Schh.) du Cap, un peu plus grande que le Peritelus griseus d'Europe, ayant une livrée de couleur un peu-plus sombre, mais, du reste, voisine de celle de cet insecte,
PHYXELIS, Scnoenx, Curcul., NII, 1, p. 122,
Rostre plus long et un peu plus étroit que la tête, robuste, légèrement arqué, parallèle, anguleux, entier au hout, avec une petite dépression en triangle curviligne; serobés médiocrement profondes, mal limitées, arquées et s’arrêtant loin des yeux. — Antennes médiocres; scape assez robuste, grossissant peu à peu, atteignant le prothorax; funicule à articles 1-2 allongés, obconiques, subégaux, 3-7 subarrondis; massue ovale, acuminée, articulée, — Yeux petits, déprimés, ovales et obliques. — Prothorax court, un peu arrondi sur les côtés, tronqué à sa base et en avant, fortement échancré en arc sur son bord antéro-inférieur; ses lobes oculaires faibles et anguleux. — Ecusson nul. — Elytres convexes, brièvement ovales ou globosoovales, à peine plus larges que le prothorax et faiblement échancrées en arc à leur base, avéc les épaules obtuses, — Pattes médiocres; cuisses en massue; jambes droites; tarses couris, médiocrement larges, Spongieux en dessous; crochets très-petits. — 2° segment abdominal aussi long que les deux suivants réunis, séparé du 4% par une suture anguleuse; saillie intercoxale médiocrement large, tronquée en avant. — Corps brièvement ovale, recouvert d’un enduit écailleux et hispide.
Les scrobes rostrales ont quelque ressemblance avec celles des espèces de la première cohorte de la Légion précédente; aussi Schœnherr, tout en plaçant le genre parmi ses Cyclomides, s’est demand S'il ne serait pas mieux classé près des Cnrorminus. En s'en tenant aux scrobes, la question serait difficile à décider, mais la présence de faibles lobes oûulaires, combinée avec la forme des yeux, montre que le genre appartient au groupe actuel. Il se compose de quelques pe-
Coléoptéres. Tome VI. 15
tites espèces (1) de l'Amérique du Nord, qui ont beaucoup d’analogie avec les Tracuypnzœus, tant sous le rapport des formes (glomerosus excepté) que sous celui de la sculpture et de la vestituro des téguments.
BUSTOMUS,
Scnoenx. Curcul., VII, 1, p. 100.
Rostre de la longueur de la tête et un peu plus étroit qu’elle, robuste, penché, subparallèle, anguleux, plan et longitudinalement sillonné en dessus, déclive en avant, faiblement échancré au bout, avec une dépression demi-cireulaire; serabes visibles d’en haut, larges, profondes et atteignant les yeux. — Antennes antérieures, assez courtes, peu robustes; scape grossissant graduellement, atteignant le bord antérieur du prothorax; funicule à articles obconiques : 1-2 al= longés, 3-7 courts, égaux; massue oblongo-ovale, articulée, acuminée au bout. — Yeux grands, oblongo-ovales, subdéprimés, transversaux. — Prothorax imparfaitement coutigu aux élytres, transversal, subey= lindrique, arrondi sur les côtés, tronqué à sa base et en avant; ses lobes oculaires faibles, larges et arrondis. — Ecusson très-petit, en triangle rectiligne. — Elytres convexes, régulièrement oblongues, à peine plus larges que le prothorax et légèrement échancrées en are à leur base, avec les épaules arrondies. — Pattes médiocres; cuisses en massue; jambes droites; tarses assez courts, médiocrement larges, faiblement spongieux en dessous, à 4° article assez long; crochets médiocres. — 2° segment abdominal un peu moins long que les deux suivants réunis, séparé du 1% par une suture arquée; saillie inter= coxale large, tronquée en avant. — Corps oblong, saupoudré de quelques écailles et hispide.
On n’en connaît que deux espèces (setifer, setulosus Schh.) de taille médiocre, d’un brun rougeätre, régulièrement striées-ponctuées sur les élytres, et dont les intervalles entre les stries sont munis de courts cils couchés. Toutes deux sont originaires de la Caffrerie.
EREMNUS.
SCHoENn. Curcul, Disp.anelh., p. 200.
Tête déprimée et déclive sux le front; rostre parfois séparé de ve dernier par un faible sillon transversal, à peine ou pas plus long que la tôte et sensiblement plus étroit qu’elle, robuste, parallèle, ou un peu dilaté en avant; subarrondi aux angles, plan et assez rarement caréné ou sillonné en dessus, faiblement échancré au bout, avec une dépression plus ou moins grande ; scrobes brièvement profondes en avant, évanescentes et plus ou moins évastes en arrière. — Antennes
[2 (1) P. glomerosus Sch., rigidus Say, setiferus Sch, ; Schœnh. loc. cit. p. 128
EREMNIDES VRAIS. 227
subterminales, assez longues et grêles chez presque tous; scape droit, grossissant graduellement, empiétant à peine ou nullement sur le prothorax ; funicule à articles obconiques : 4-2 allongés, celui-là un peu plus grand, 3-7 décroissant peu à peu; massue grêle, oblongo-ovale, articulée. — Yeux assez grands, peu convexes, oblongs et obliques. — Prothorax transversal, souvent tès-court, en général peu convexe, fortement arrondi sur les côtés, brièvement rétréci et largement sinué en avant, tantôt coupé carrément, tantôt sinué ou arrondi à sa base; ses lobes oculaires faibles, larges et arrondis, parfois nuls. — Ecusson distinet ou non. — Elytres ovales ou oblongo-ovales, souvent comprimées et acuminées, parfois déhiscentes en arrière, un peu plus larges que le prothorax et légèrement échancrées en arc à leur base, avec les épaules arrondies. — Pattes assez longues ; cuisses en massue, inermes où munies d’une petite dent en dessous ; jambes droites; tarses assez courts, médiocrement larges, spongieux en dessous, à 4° article médiocre, ainsi que ses crochets. — 2° segment abdominal un peu plus long que chacun des deux suivants, séparé du 4 par une suture anguleuse ; saillie intercoxale plus ou moins large, tronquée en avant. — Corps oblongo-ovale, très-finement et, en général, faiblement écailleux, parfois pubescent.
Schœænherr à placé ces insectes immédiatement à la suite des Scroplus, dont ils sont, en effet, voisins à beaucoup d’égards (1), mais dont ils diffèrent essentiellement par leur prothorax muni de lobes oculaires, Ces lobes, qui ne sont jamais très-prononcés, s’affaiblissent insensiblement, et l’on finit par arriver à des espèces chez lesquelles ils ont complétement disparu et qui ont à peine un vestige d’échancrure sur le bord antéro-inférieur du prothorax. Si on ne laisse pas ces espèces, à titre d'exception, dans le genre actuel, elles devront être reportées près des Scrogrus en formant un genre distinct.
Les Ereunus sont nombreux (2) et propres à l'Afrique australe. Leur laille est rarement au-dessus (par ex. arrogans) de la moyenne, et plusieurs (par ex. atbovarius, murinus, metallicus, ete.) sont fort petits. IL est rare (lineatus) qu'ils soient ornés de bandes blanches bien limitées ;
(1) Abstraction faite des lobes du prothorax, ils ne diffèrent des Scronius de forme allongée que par leur rostre moins dilaté et non ou à peine échancré au bout, le scape de leurs antennes notablement plus court et leur saillie inter Gale en général moins large. La sculpture des téguments et la livrée sont semblables chez beaucoup d'espèces des deux genres.
(2) Schœnherr (Cureul. VIE, 1, p. 204) en décrit 31 espèces, qui seront réduites d’un quart environ si l'on en retranche celles à prothorax non lobé, Il les divise en deux sections, selon que les cuisses sont dentécs (arrogans Schh., selulosus Wiedem., setifer, pilosus Schh., etc.), ou inermes en dessous (linealus, semisuturalis, serteselosus Schh., etc.), en entremélant les espèces à prothorax muni de lobes oculaires, avec celles qui en sont dépourvues, Il Y C0 à un assez grand nombre d’inédites dans les collections,
en général leurs téguments, d’un noir profond, sont à peine voilés par les écailles ou les poils qui les recouvrent. La plupart ont les élytres régulièrement striées avec les intervalles ridés ou granuleux, et plusieurs (par ex. dentipennis) ont la partie postérieure de ces organes couverte de tubercules ou de callosités, comme chez les PHLYCTINUs et les PYCrODERES.
BRACHYTRACHELUS.
Souoent. Mantis. sec. Curcul., p. 60.
Tête plane et déclive sur le front (1); rostre un peu plus longet sensiblement plus étroit que la tête, séparé d'elle par un faible sillon arqué, robuste, subparallèle, avec ses ptérygies un peu divariquées, anguleux, assez concave en dessus, terminé par une plaque demicirculaire, rebordée en arrière et limitée dans cette direction par un sillon arqué ; scrobes larges, profondes en avant, moins en arrière, subrectilignes et finissant loin des yeux. — Antennes médiocres ; stape épais, grossissant graduellement, empiétant un peu sur le prothorax ; funicule à articles obecniques : 1-2 allongts, surtout celui-ci, 3°7 courts, subégaux ; massue ovale, articulée. — Yeux médiocres, déprimés, oblongo-ovales, acuminés inférieurement, transversaux. — Prothorax fortement transversal, médiocrement convexe, rétréci en arr rière, fortement arrondi sur les côtés aux angles postérieurs, et un peu à sa base, tronqué en avant, profondément échancré en dessous, avec ses lobes oculaires très-saillants, anguleux et recouvrant en pars tie les yeux. — Ecusson nul. — Elytres courtes, médiocrement cons sexes, subparallèles, verticalement déclives en arrière, pas plus larges que le prothorax et légèrement échancrées à leur base, avec les épaus les rectangulaires et tubereuleuses. — Paites courtes, robustes; cuisses en massue ; jambes antérieures faiblement bisinuées en dedanss tarses assez courts et assez larges, spongieux en dessous, — Les troissegments intermédiaires de l'abdomen subégaux, convexes, séparés entre eux et du 4% par des sutures droites et profondes; saillie ins tercoxale médiocrement large, tronquée en avant. — Corps ovale, res couvert d’un enduit écailleux.
Schœnherr en indique deux espèces inédites de Natal, qu’il nomm opatrinus et porosus. Cest à la première, la seule qui me soit connue; qu'ont été empruntés les caractères qui précèdent. Cet insecte ressems ble beaucoup à un Oparnu au premier coup-d'œil, ou, pour n@ pas sortir de la Famille aux Porracus de la cohorte précédente et du groupe des Oosomides; il est seulement de moitié environ plus grand. Sa couleur est d’un brun lerreux; son prothorax, Vaguer
(1) Le menton présente une forme insolite; il est assez convexe, évasé el avant ei divisé, sur sa face.externe, en quatre côtes arrondies, par trois sillons longitudinaux ; du reste, il remplit complètement l’échancrure progéniale el cache par conséquent les mächoires,
PHYTOSCAPHIDES. 229
ment impressionné, et ses élytres sont couvertes de fossettes assez régulièrement alignées, sur les intervalles desquelles se trouvent d’assez nombreux tubercules arrondis qui manquent à la base de çes organes. k
GRouPE III. Phytoscaphides.
Rostre plus étroit que la tète, ses ptérygies divariquées. — 2° segmont abdominal beaucoup plus grand que chacun des deux suivants, séparé du 1°° par une suture anguleuse. — Cuisses inermes.
Ce groupe ne comprend que les deux genres suivants, extraits des Otiorhynchides de Schænherr. Le premier est à la fois indien et africain, le second asiatique et européen.
I. Rostre subhorizontal, plus long que la tête, peu robuste : Phyloscaphus. JL. — subvertical, pas —— robuste : Chlæbius.
PHYTOSCAPHUS, Scnoexu. Curcul, Disp. meth., p.210.
Rostre subhorizontal, presque de moitié plus long etnotablement plus étroit que la tête, médiocrement robuste, parallèle, avec ses ptérygies fortement divariquées, anguleux, plan en dessus, faiblement échancré au bout, avec une dépression triangulaire ; serobes profondes, subrectilignes et très-courtes, — Antennes terminales, assez longues, évailleuses, médiocrement robustes ; scape grossissant peu à peu, empiétant sur le prothorax ; funicule à articles obconiques : 1-2 allongés, subégaux, 3-7 courts, éyaux ; massue ovaie, articulée. — Yeux grands, déprimés, ovales, acuminés inférieurement, obliques. — Prothorax légèrement transversal, subeylindrique, arrondi sur les côtés, plus ou moins bisinué à sa base, tronqué en avant, avec ses lobes ooulaires faibles, larges et arrondis. — Ecusson subarrondi ouoblong, — Elytres oblongo-ovales, déclives et atténuées en arrière, un peu plus larges que le prothorax et isolément saillantes à leur base, avec les épaules plus ou moins obliques et obtuses. — Pattes médiocres; cuisses en massue, finement dentées en dessous; jambes antérieures un peu arquées et brièvement mucrontes au bout; tarses courts, Spongieux en dessous, à articles 1-2 beaucoup plus étroits que 3; crochets assez grands. — 2° segment abdominal aussi long que les deux suivants réunis, séparé du 4% par une suture arquée ; saillie itercoxale ogivale. — Corps oblongo-ovale, densément écailleux, partiellement hispide.
Insectes des Indes orientales et de la côte occidentale d'Afrique, ayant quelques rapports avec les AmBLyryinus, par suite de leur Prothorax bisinué à sa base, mais très-distincts, principalement par la forme de leur rostre. Ils sont au plus de taille moyenne et leur livrée varie : d’un jaune d’ocre chez quelques-uns (lizabundus, arcti-
230 GURCULIONIDES.
colis, ete.), et tantôt uniforme, tantôt relevée par quelques taches plus claires que le fond ou brunâtres ; elle est d’un vert métallique chez les autres (nepalensis, chloroticus). Tous ont les élytres régulièrement striées, avec des rangées de courts cils couchés sur les intervalles entre les stries (1).
CHLOEBIUS.
Scnoenu. Curcul. Disp. melh., p, 211.
Rostre penché, pas plus long et plus étroit que la tête, robuste, parallèle, avec ses ptérygies assez fortement divariquées, anguleux, plan en dessus, muni d’un fin sillon transversal au niveau des antennes, faiblement échancré au bout ; scrobes terminales, subponcti= formes. — Antennes antérieures, assez longues et assez grêles ; scape grossissant peu à peu, à peine arqué, empiétant sur le prothorax; funicule à articles obconiques : 4-2 allongés, celui-là plus long et plus gros, 3-7 courts, subégaux ; massue ovale, acuminée, articulée. — Yeux grands, déprimés, oblongs, acuminés inférieurement, transversaux, — Prothorax subtransversal, cylindrique, avec un sillon transversal en avant et à sa base, un peu arrondi sur les côtés, tronqué à ses deux extrémités ; ses lobes oculaires saillants, larges et arrondis. — Ecusson oblong. — Elytres médiocrement allongées, parallèles dans leurs deux tiers antérieurs, plus larges que le prothorax et légèrement échancrées à leur base, avec les épaules obtuses, — Pattes médiocres; cuisses en massue, atténuées à leur base,; jambes droites; tarses assez longs, spongieux en dessous, à articles 4-2 étroits, obco= niques, 4 long ; crochets médiocres. — 2 segment abdominal aussi long que les deux suivants réunis, séparé du 1° par une suture ar= quée ; saillie intercoxale large, arrondie en avant. — Corps écailleux, finement cilié.
Ce genre comprend quelques petites espèces asiatiques (2) ayant le facies des Puyziomius de forme courte, et reproduisant la livrée grisâtre ou d’un vert doré propre à ceux-ci. Mais, comme on le voit par la formule qui précède, leurs caractères sont très-différents.
Note.
Si, comme je le présume, les quatre genres suivants ont les mâchoires recouvertes par le menton, ils appartiennent sans auoun doute à la Tribu actuelle, sans que je puisse dire dans lesquels des groupes
(1) P. inductus, nepalensis, chlorolicus, siamensis, lixabundus, du continent indien; iclericus, de la Sécégambie; arcticollis, des iles Philippines; Schœnh: Cureul. VIL, 1, p. 411.
(2) C. psittacinus, de Sihérie; émmwritus, Sleveni, du Caucase; Schæœnh. Cureul, VI, 1, p. 416. — Aj.: C. sulcirostris, Hochhuth, Bull, Mosc. 1851, 1, p. 84; steppes des Kirguises.
GENRES INCERTÆ SEDIS. 231
qui précèdent ils doivent rentrer. Tous ont été établis postérieurement au travail de Schœnherr. Je les classe d’après leur date de publication.
MANDALOTUS.
Entens. Archiv, 1842, 1, p. 193.
Rostre un peu plus long que la tête, penché, subarqué ; ses ptérygies légèrement saillantes en dehors ; serobes profondes en avant, graduellement évasées en arrière. — Antennes assez courtes; scape droit, dépassant les yeux en arrière, grossissant peu à peu; funicule à articles 1-2 allongés, ohbeoniques, 3-7 courts, transversalement lentioculaires; massue ovale, acuminte ; son 1% article très-grand. — Yeux arrondis, médiocrement saillants. — Prothorax déprimé en dessus, légèrement arrondi au milieu de sa base, anguleux de chaque cùdté, resserré en avant, muni de lobes oculaires courts, arrondis et ciliés,. — Ecusson pelit, en triangle étroit. — Elytres soudées, échancrées à leur base, déprimées en dessus. — Pattes médiocres ; cuisses en massue ; jambes dilatées et mucronées au bout; crochets des tarses simples, divariqués. — Corps aptère. écailleux.
Les espèces sont propres à l'Australie et de petite taille. Erichson en décrit quatre (crudus, rigidus, sterilis, vetulus), dont les deux premières ont le mésosternum muni d’une épine ou d’un tubercule. Il avait placé le genre à côté des TYLODERES ; maïs son prothorax, pourvu de lubes oculaires, ne permet pas, dans la méthode que je suis, de le rapprocher de ces insectes.
OXYOPHTHALMUS.
Hocunvru, Bullet. d. Mosc., 1847, I, p. 500.
Rostre presque de moitié plus long que la tête, plus étroit qu'elle, subquadrangulaire, un peu élargi au bout, finement canaliculé en dessus ; serobes apicales, courtes, caverneuses. — Antennes longues, assez robustes ; scape presque droit, grossissant peu à peu, atteignant le prothorax ; funicule à articles 1-2 ur peu allongés, 3-7 plus courts, obconiques ; massue oblongo-ovale, presque acuminée à ses deux extrémités, — Yeux transversaux, aeuminés inférieurement, subdéprimés, — Prothorax subeylindrique, bisinué à sa base, largement échancré sur son bord antéro-inférieur, lobé au niveau des yeux. — Ecusson en ovale arrondi. — Elytres oblongo-ovales, de moitié plus larges et'trois fois plus longues que le prothorax, anguleuses aux épaules, conjointement arrondies en arrière, médiocrement convexes. — Corps écailleux.
L'espèce typique (Stevensi) est un petit insecte du Caucase qui, au premier aspect, ressemble complètement, selon M. Hochhuth, au Piochus porcellus de Schœnherr,
"yes
O0pPS, GenMar, Linn, entom., II, 1848, p. 219.
Rostre court, anguleux, plan et canaliculé en dessus, profondément échancré au hout; serobes apicales, oblongues, caverneuses et droites. — Antennes assez courtes et assez robustes, à peine plus longues que le prothorax ; scape arrivant au milieu des yeux3 funicule à articles 1-2 allongés, celui-là plus gros, 3-7 courts, tronqués au bout ; massue oblongo-ovale. — Yeux ovales, plans. — Prothorax large, échancré sur son bord antéro-inférieur, lubé au niveau des yeux, tronqué à sa base. — Ecusson nul. — Elvytres tronquées et aussi larges à leur base que le prothorax, avec les épaules rectangulaires, élargies dans leur milieu, déclives etaigument arrondies à leur extrémité. — Pattes assez longues ; cuisses médiocrement en massue, mutiques ; jambes droites, tronquées au bout, les antérieures sinuées et denticulées en dedans; tarses larges, spongieux en dessous.
Germar n’en décrit qu'une espèce (pésior) de l'Australie qu'il dit avoir presque le f'acies d’un BaryNorus.
CALLIRHOPALUS. - Hocunuru, Bullet, d. Mosc., 1851, I, p. 54.
Rostre plus long et plus étroit que la tête, subquadrangulaire, longitudinalement impressionné en dessus ; scrobes commençant vers le milieu du rostre, presque droites et atteignant les yeux. — Antennes assez longues et assez robustes ; scape droit, grossissant peu à peu et dépassant à peine le bord postérieur des yeux ; funicule à articles 1-2 un peu allongés, celui-là plus gros, 3-7 courts, noueux au bout; massue brièvement ovale, très-acuminée en avant. — Yeux ovales, peu convexes. — Prothorax court, un peu rétréci en avant, faiblement arrondi sur les côtés, tronqué à sa base et en avant. — Ecusson nul. — Elytres subglobuleuses, arrondies aux épaules. — Pattes médiocres ; cuisses renflées près de leur milieu ; jambes droites, dilatées et spatuliformes à leur extrémité; tarses assez courts, tomenteux et hispides en dessous, à 3° article fendu jusqu’à sa base, 4° suboylindrique : crochets courts, libres. — Corps ovale, convexe, écailleux.
Ce genre ne comprend qu’une espèce (Sedakovii) de Sibérie, que M. Hochhuth dit ressembler tellement au Peritelus familiaris, qu'au premier coup-d’œil on peut à peine l’en distinguer.