‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 5 sur 121 · GENERA · texte numérisé non relu

GENERA

COLÉOPTÈRES

FAMILLE LXIT (0.

Tôte prolongée en un rostre portant à son extrémité les organes buccaux ; ceux-ci au complet, sauf le labre qui est absent. — Menton logé dans une échancrure du sous-menton ou porté par un pédoncule partant du fond de cette dernière. — Languette cachée par le menton ou découvertes— Mächoires en général à un seul lobe. — Palpes très-courts, coniques où subeylindriques; les labiaux de trois, les maxillaires de quatre articles. — Mandibules courtes, de forme variable. — Antennes insérées sur le rostre, de huit à douze articles, coudées, à partir du 2°, dans la grande majorité des cas et presque toujours terminées par une massue. — Yeux très-variables. — Pronotum confondu avec les flanes du prothorax. — Hanches antérieures contiguës ou non, ayant leurs cavités cotyloïdes fermées en arrière, les autres séparées; tarses en général spongieux en dessous, subpentamères (Dryorarnorus excepté) ; leur 3° article le plus souvent bilobé. — Abdomen composé de cinq, très-rarement de six segments; le 3° et le 4° en général plus courts que les autres.

A partir de cette famille commence une immense série d'espèces qui, dans le système tarsal, constituent la section des Tétramères,

(1) La famille des Monommides, établie hors rang (tome V, p. 736), porte à soixante et une le nombre de celles traitées dans les volumes précédents.

Coléoptères. Tome VI. 1

leurs tarses n'étant composés que de quatre articles, par suito de l’atrophie de celui qui forme l’avant-dernier chez les Pentamères. Rien n’est plus commun cependant que de rencontrer des vestiges plus ou moins apparents de l’article en question, de sorte que ces soi-disant Tétramères ne sont en réalité, dans la majeure partie des cas, que des Pentamèrés imparfaits, De là le nom de Pseudotétramères ou Subpentamères queM. Westwood (1) leur a imposé, et dont le second est devenu d’un usage assez général. Tous, sans exception, vivent exclusivement aux dépens des végétaux, ce qui explique pourquoi leur nombre surpasse de beaucoup celui des espèces créophages ou saprophages. 2

Sous ce rapport, les Cureulionides tiennent le premier rang parmi eux, même en les restreignant comme ils le sont ici, c’est-à-fire en en retranchant les Bruchides, Anthribides, Brenthides et Ulocérides qu'on a généralement coutume de leur associer, mais qui me paraissent appartenir à des types différents. On les trouvera plus loin formant plusieurs familles distinctes (2).

Le rostre, qui constitue le caractère le plus apparent des Curculionides, varieà l'infini. Tandis que chez quelques-uns (BLosynus, Pros- CEPHALADERES, etc.) il est presque aussi large que la tète, très-épais et court au point d’être subtransversal, chez d’autres (par ex. BALANINUS, surtout les Antuanminus mâles) ce n’est plus qu'un filet grêle qui égale ou surpasse le corps en longueur, Entre ces deux formes extrè-

(1) An Introd, to the mod, classif, of Ins. ], p. 44.

(2) Par suite de l'homogénéité de leur régime, les familles des Subpentamères ne sont pas aussi nettement limitées que celles des Pentamères et des Hétéromères qui, souvent, sont elles-mêmes assez faiblement caractérisées. IL ne faut donc pas se montrer trop exigeant à cet égard, D’après cela, la présence du labre chez les Bruchides et les Anthribides me paraît très-suffisante pour les séparer des Curculionides. Je ne connais jusqu'ici aucun caractère isolé aui puisse en faire dire autant des Brenthides; mais ces insectes présentent un tel ensemble de particularités dont la réunion leur est propre, que cela compense ce qui leur fait défaut sous ce rupport. Les Ulocérides ne sont, de toute évidence, que des Brenthides aberrants. On sait qu'Erichson, dans ses dernicrs Comptes-rendus entomologiques, a compris les Scolytides dans la famille aetuelle, Ces insectes sont dans le même cas que les Brenthides.

Du reste, les auteurs les plus récents sont complètement en désaccord sur toutes ces questions. Pour n’en citer que deux exemples, M. L. Redtenbacher (Faun. austr. éd. 2, p. 669) n’admet que trois familles : les Bruchidos (comprenant les Anthribides et les Rhinomacérides), les Gureulionides (comprenant les Brenthides) et les Scolytides (sous le nom de Bostrichides). M. Schaum (Cat, Col. Europ, ed. 2, Berol. 1862, p. 82) admet, comme familles distinctes, les Bruchides, Curculionides, Scolytides, Brenthides, et ne sépare pas les Anthribides des Curculionides. Si les espèces européennes donnent lieu à d'aussi fortes divergences d'opinion, qu'est-ce lorsqu'on se trouve en présence des espèces exotiques?

CURCUXLIONIDES. 3

mes tous les passages existent. Mais constamment il est muni, pour l'insertion des antennes, de deux cavités ou serobes qui affectent Ia forme de fossettes ou de sillons et qui varient également an plus haut degré .Leur origine a lieu tantôt près de la base des mandibules, tantôt plus en arrière et même parfois (RmiNarra, Calandrides) à très-peu de distance de la base du rostre. Dans le premier cas, elles sont souvent visibles d’en haut en avant et détachent, pour ainsi dire, du rostre deux portions latérales, qui seront désignées sous le nom de ptéryges que leur a imposé Schœnherr. Quand ces ptérygies sont développées à un cerlain point (par ex. Otiorhynchides), elles font paraître le rosire comme terminé par deux renflements latéraux. Les modifications des scrobes sont caractéristiques des genres et, dans certains cas, des groupes supérieurs aux genres (1).

Le développement des parties de la bouche est nécessairement en raison de là grosseur du rostre. En ce moment les entomologistes semblent être convenus tacitement entre eux que ces organes ne peuvent être d'aucune utilité (2), et il n’en est pas question dans les classifications les plus récentes de la famille. Les modifications que chacun d'eux, considéré isolément, éprouve dans sa forme, n’ont plus, en effet, la même valeur que dans les familles précédentes. 11 en est même deux, la languette et les palpes (3), qui, à aucun point de vue, ne peuvent servir à rien. Mais il n’en est pas de même du menton, des mâchoires et des mandibules. Ayant pris pour point de départ les rapports qu'a le premier avec les secondes, d’un autre côté lestroisièmes étant caractéristiques de certains groupes, il est névessaire d’entrer dans quelques détails sur ces parties.

(1) ILserait à désirer qu'on possédât une nomenclature qui permit de dési- Bner par un seul mot les différentes formes des scrobes ; Mais elle sera diffcile à établir, à cause des passages. M. Jekel a émis quelques idées à ce sujet, dans les Ann. d. 1: Soc. entom, 1855, Bullet, p. 27.

(2) Tel n’était pas l'avis de Latreille, qui, dans la plupart de ses ouvrages, 4 plus où moins insisté sur le -parti qu'on peut en tirer. Voyez, entre autres, ses « Familles naturelles, » p. 392, et son article Rhynchophores, dans le Dictionnaire classique d'Histoire naturelle. Après lui, Germar et Solier sont les seuls auteurs récents qui aient donné une attention sérieuse à ces organes; mais ils ont dépassé le but en les décrivant où figurant dans tous leurs détails, sans apprécier exactement l'emploi qu’on peut en faire.

(3) La languotte est petite, cornée, et ne varie presque pas dans sa forme, qui est carrée ou cordiforme. Presque toujours elle est cachée par le menton et ne révèle sa présence que par la suillie que font ses palpes. Lorsqu'elle est plus ou moins visible, cela parait dépendre des convulsions qui ont eu lieu au moment de la mort, plutôt qu'être sa position normale. Quant aux palpes, ils sont toujours plus ou moins rigides, et la seule modification de quelque importance qu'ils éprouvent, consiste en ce qu’au lieu d’être cylindriques, le 2e et le 3e articles des maxillaires, et le 2e ou les deux 1ers des labiaux, sont subglobuleux,

Comme celui des Ténéhrionides, le sous-menton de ces insectes est toujours entamé par une échancrure plus ou moins profonde, destinée à recevoir le menton et dont le fond est tantôt coupé carrément, tantôt pourvu d’un pédoneule. Ce dernier, qui porte le menton, est d’abord très-peu saillant et très-large chez les espèces brévirostres; il s’allonge chez celles qui sont lougirostres et atteint son maximum de développement chez les Calandrides, où il arrive au niveau du bord antérieur de l’échancrure qu'il égale ainsi en longueur. Dans ce dernier cas, lementon, refoulé en avant, est réduit presque à rien et paraît même parfois manquer complètement. Par la raison inverse, il est d'autant plus développé, que le pédoncule dont il s'agit est plus court ou absent. Quoique assez variées, les formes de cet organe n'ont aucune valeur générique, et il n’en sera pas question dans ce travail. Mais il présente un autre caractère dont Latreille a fait ressortir l’'importance et qui consiste en ce que tantôt il recouvre, sauf parfois à leur base, les mâchoires, tantôt les laisse complètement à découvert. Ce dernier cas a lieu toutes les fois qu'il existe un pédoncule tant soit peu saillant. Après un mûr examen, c’est ce double caractère que j'ai cru devoir prendre pour base de la classification de la famille (1).

A part le point de vue dont il vient d’être question, je me conformerai à l'opinion régnante en ne faisant pas usage des mächoires (2). Elles sont toujours grèles lorsque le menton les recouvre ; dans le cas contraire, elles ont une assez forte tendance à s’épaissir, et dans certains genres (par ex. AmyctERus, LITHINUS, ITHYGERUS, etc.) elles sont remarquables par leur forme robuste. Elles n’ont généralement qu'un lobe qui est même réduit presque à rien chez la plupart des espèces à rostre grêle. Quand ce lobe est bien développé, il est irrégulièrement triangulaire, cultriforme, arqué, etc., et, outre les poils dont il est

(1) Comme il ne s’agit ici que des rapports qui existent entre le menton où le pédoncule et les mâchoires, et non pas de leurs formes, l'examen de ces parties n’exige aucune dissection et ne souffre pas de difficulté. Une loupe suffit dans l'immense majorité des cas, même lorsque le rostre est très-grèle {par ex. Bazaxus), et je n'ai trouvé que les plus petits Arlon qui exigeussent l’emploi du microscope. Il faut seulement, pour les espèces dont les mâchoires sont recouvertes, faire attention que quelquefois, par suite d’une légère déformation du menton, elles sont un peu visibles tantôt d’un côté et pas de l'autre, tantôt des deux côtés à la fois. L'examen de plusieurs individus devient alors nécessaire, afin de ne pas être induit en erreur par ces exemplaires anormaux. Je ne prétends pas, du reste,qu’il n’y ait pas quelques genres qui laissent dans l'incertitude sur la question de savoir à laquelle des deux catégories en ques= tion ils appartiennent, mais ces cas sont rares; et d'ailleurs, si l'on veut, sur= tout dans une famille aussi immense que celle-ci, des caractères nettement tranchés, toute classification devient impossible.

(2) Celles des Amyctérides présentent une déviation remarquable de la forme typique, et quelques particularités insolites qui seront exposées en leur lieu,

CURCULIONIDES. Li)

plus ou moins densément revêtu, son bord interne est très-souvent muni de cils longs et rigides, tantôt peu nombreux et régulièrement espacés, tantôt abondants et serrés, La place du lobe externe, qui manque, est occupée par le palpe qui est ainsi placé bout à bout, ou peu s’en faut, avec le corps de la mâchoire.

Les mandibules sont les seules parties de la bouche dont on peut tirer parti, non au point de vue générique dans la plupart des cas, mais pour caractériser les groupes supérieurs aux genres, et pourvu qu’on n’en abuse pas. Elles affectent en effet des formes variées, Gont les unes ne s’observent que chez les Brachyrbynques, et les autres chez les Mécorhynques de Schœnherr.

Dans près des neuf dixièmes des premiers elles sont courtes, épaisses, arquées et opposent régulièrement, l’une à l’autre, leur bord interne qui est droit et entier ou faiblement denté. Ce sont, en un mot, de véritables fenailles, et je leur donnerai ce nom (4).

(1) C’est exclusivement avec cette forme que coexiste un caractère qui n’a pas été compris jusqu'ici, et qu'à tort on a quelquefois regardé comme spécifique. Dans une multitude de genres qui ont les mandibules ainsi faites, si l’on observe ces organes de face, on aperçoit une grosse et très-courte saillie conique ou cylindrique, largement tronquée, et dont la troncature a souvent cet aspect conchoïde qu'offre la cassure de certains minéraux. On voit en même temps que cette saillie ne forme pas l'extrémité réelle de la mandibule, dont la courbe se prolonge au-delà. D’un autre côté, on sait que dans quelques genres (CNEeonmnus, Srnopmosomus, Bracuyperes, Porvpnosus, Basracres, etc.), il n’est pas très-rare de rencontrer des individus dont l’une ou l’autre des mandibules (plus rarement toutes deux) se prolonge en une tige en général assez longue, grêle et arquée en dedans à son extrémité. Si, à l’aide d’une pince, on détache cette tige, il reste sur la mandibule une saillie absolument pareille à celle dont il vient.d'ètre question. Cette petite expérience, souvent répétée avec un résultat identique, m'avait fait naitre. l’idée que cette saillie n’est que le support d’une tige mandibulaire accessoire qu’une foule de Gureulionides possèdent dañs un moment donné de leur existence, et que presque tous perdent plus tard. Or, comme on sait que les larves de ces insectes ne présentent rien de pareil, l'état de nymphe était le seul pendant lequel l'existence de cette tige était possible. Me trouvant, au mois d’avût 1861, chez M. Ed. Perris, à Mont-de-Marsan, je Gs part de cette conjecture à ce savant entomologiste, et, à ma prière, il voulut bien la vérifier sur sa riche collection de larves et de nymphes. Parmi ces dernières, se trouvait celle Cu Brachyderes pubescens, et j'eus la satisfaction de voir que ses deux mandibules étaient allongées au point d’avoir environ le tiers de la longueur du corps.

Cette observation, toute isolée qu’elle est, suflit pour qu’on soit autorisé à en conclure que tous les Gureulionides chez lesquels il existe, à l’état parfait, une saillie tronquée en avant des mandibules, ont, à l’état de nymphe, ces organes allongés, comme il vient d’être dit. Elle prouve aussi que les tiges mandibulaires des insectes parfaits n'ont aucune valeur spécifique, leur conservation n'étaut qu'un simple accident qui se produit plus fréquemment chez certaines espèces que chez d’autres. Si elles subsistent d’une manière permanente chez

Quelquefois (Amyctérides, Cyclomides, etc.), ces tenailles s’amineissent, se voûtent et deviennent en même temps ohliques, de façon à ce que leur bord inférieur se dirige en avant; ou bien (la plupart des Byrsopsides), elles sont déprimées au point de former des pinces horizontales, minces, arquées ou non à leur extrémité et plus ou moins dentées au côté interne.

Il n’est guère de mandibules de Brachyrhynques qui ne rentrent dans l’une de ces trois formes. La première s’observe aussi assez fréquemment chez les Mécorhynques, mais ils en possèdent en outre deux qui ue se rencontrent pas ailleurs.

Dans l’une qui est très-fréquente chez les espèces dont le rostre est grêle, les mandibules sont triquètres, saillantes et dirigées en avant. Dans l’autre (plusieurs Cholides et Calandrides), le corps de ces organes est extrêmement court et épais et envoie en dehors une forte saillie tantôt simple, tantôt échancrée sur ses bords et perpendiculaire au rosire, qui paraît ainsi terminé par deux oreillettes.

Les nombreux passages qui ont lieu entre ces diverses formes leur enlèvent une partie de leur importance; mais elles n’en sont pas moins très-utiles dans beaucoup de cas.

Le point d’insertion des antennes est en général déterminé par celui où s'arrêtent les scrobes rostrales en avant, mais pas toujours à beaucoup près, et il est très-commun, parmi les espèces brévirostres, qué les scrobes se prolongent au-delà du point en œuestion (1). La division primaire de la famille en Orthocères et Gonatocères, selon que ces

le Prostomus scutellaris et les Psanium, cela tient évidemment à ce que chéz ces insectes, elles sont beaucoup plus robustes que de coutume. I! est très-probable, en effet, que les insectes parfaits les brisent en les employant à sortir de la coque ou du sein de la terre dans lesquelles ils ont subi leur métamorphose. On les regarde généralement comme propres aux mâles, mais c'est une erreur, elles existent dans les deux sexes; seulement elles sont en général moins développées et se conservent moins souvent chez les femelles.

On peut voir quelle fausse idée on s’est quelquefois formé de ces organes transitoires, en lisant une note dans laquelle P. W, 3. Müller (in Germar, Mag. IL, p. 424), après avoir signalé comme un fait très- rare, leur existence chez quelques Pozvprosus, termine en se dernandant sérieusement si ces individus n’appartiendraient pas à un troisième sexe analogue aux neutres des Abeilles.

(4) Un des principaux caractères qu'à l'exemple de Schænherr on met en avant pour distinguer les Brachyrhynyques des Mécorhynques, est que chez les premiers les antennes sont insérées près de l'ouverture buccale, tandis que chez les seconds elles le sont plus en arrière. Or, la première de ces assertions est tout-à-fair fausse; chez une foule de Brachyrhynques, ces organes sont insérés à une médiocre ou faible distance du milieu du rostre. Pour être dans le vrai, il failait dire que ce sont les scrobes qui, chez ces insectes, se prolongent jusqu’à la commissure de la bouche, et ces expressions sont celles dont je me servirai.

Pour plus de brièveté, j'indiquerai la situation des antennes sur le rostre, en

GURCULIONIDES. T

organes sont droits ou coudés, ne me paraît pas naturelle, et, quoique généralement adoptée (1), je n’ai pas cru devoir l’admettre (2).

Le nombre normal des articles qui composent ces organes est de: douze, dont le dernier, qui est constamment très-petit et en même temps très-sujet à disparaitre, peut, à volonté, être considéré comme partie essentielle de ces organes ou comme un faux-article analogue à celui qui existe si souvent chez les Elatérides, les Longicornes, les Chrysomélides, etc. (3). On a généralement coutume de décrire les antennes comme celles des autres Coléoptères, c’est-à-dire dans leur totalité; mais, pour plus de clarté et d’exactitude, il est préférable de mentionner successivement Jes trois parties dont elles se composent et qui sont : ‘

4° Le scape ou l'article basilaire. Il se raccourcit en général beau-

disant qu’elles sont basilaires, médianes, submédianes, terminales ou sublerminales, mots qui n’ont pas besoin d'explication.

(1) Parmi les auteurs récents, M. C. G. Thomson (Skandin. Coleopt. E, p. 127) est le seul qui l'ait rejetée, en faisant des Orthocères européens trois familles (Bruchides, Anthribides, Attélabides), à chacune desquelles il donne une valeur équivalente à celle des Curculionides.

(2) Elle donne lieu à des incertitudes assez fréquentes pour que, dans l’origine, Schœnherr (Cureul. Disp. meth, p. 50 sq.) ait compris parmi les Orthocères pas moins de douze genres (Læmosaccus, MaGpALINUS, CHLOROPHANUS, Mecasris, Pacuycenus, RuocyLius, Lacunæus, Nenruops, Oxvops, STEN0cO- RYNUS, Cnyprors (Bynsops), Bracuycenus) qu'il a reportés plus tard dans les Gonatocères. Toutefois, ce ne sont pas ces transitions qui seraient suffisantes pour faire rejeter cette base de la classification de la famille. La véritable raison est d’abord quevsiles Orthocères européens forment un ensemble déjà médiocrement naturel, cet ensemble devient tout-à-fait monstrueux lorsqu'ony fait entrer les espècesexotiques. Ce n’est plus en effet qu'un mélange confus d’espèces brévirostres et longirostres. En second lieu, sauf les Emsus et les Maicrocenus, tous les Orthocères de Schœnherr, appartenant à la famille actuelle, ont les mächoires découvertes et doivent dès-lors prendre place parmi les autres groupes qui sont dans le mème cas. Dans un arrangement naturel, ces insectes ne peuvent pas même rester à côté les uns des autres, car ils sont les représentants pourvus d'antennes droites de groupes ou de genres à antennes coudées. Ils doivent par conséquent être disséminés, en partie du moins, dans le voisinage de ces derniers.

(3) C’est sous ce second point de vue que Latreille l'a plus ou moins explicilement considéré dans tous ses ouvrages. Il lui est mêmo arrivé, dans le plus exact d’entre eux (Gener. Crust. et Ins., LI, p. 241), de n’en pas parler et de r’assigner, au maximum, que onze articles aux antennes. Les entomologistes de nos jours attachent à la question de savoir si ces organes 6nt onze ou douze articles, une importance que je ne comprends pas bien. Outre qu'ilest à pou près impossible de décider si le 12° manque réellement ou s’il s'est intimement soudé à l’anticle qui le précède, je me demande quelle si grande valeur peut avoir la disparition d’une pièce aussi petite ou celle d’une suture qui est pres= que toujours très-fine.

coup lorsque les antennes sont droites, et quelquefois même (par ex. Episus), il n’est guère plus grand que le 4® article du funicule. Dans le cas contraire, il atteint au moins, ou peu s’en faut, le bord antérieur des yeux, et il y a des groupes entiers (par ex. Otiorhynchides) où, à quelques exceptions près, il dépasse plus ou moins fortement ces organes en arrière. Dans quelques genres même (par ex. MacrosrxLus, Mrroprorus), il arrive à la moitié de la longueur des élytres et même au-delà.

2° Le funicule ou la partie intermédiaire entre le scape et la massue. Il se compose, au minimum, de cinq articles (Cionides), et ce cas est très-rare, souvent de six et plus souvent encore de sept; dans un très-petit nombre de genres exotiques (AMPHIBOLOGORYNUS, CTENO- MERUS, ANCHONUS), il en compte jusqu’à huit. IL n’est pas toujours facile de préciser ses limites en avant, à cause de la tendance qu'a fréquemment son dernier article à s’'annexer à la massue. Quelquefois même (plusieurs Cléonides), il s'épaissit si graduellement, qu'il est impossible de déterminer rigoureusement où il se termine.

3° La massue. Il résulte de ce qui précède, qu’il y a antagonisme entre elle et le funicule, auquel elle peut emprunter ou céder un article. Abstraction faite de ces cas exceptionnels, le nombre normal de ceux qui la coustituent est de quatre, cinq ou trois. Mais il n’est pas rare que les sutures qui les séparent s’effacent, et alors ce n’est que par analogie que leur nombre peut se déterminer. Il est aussi assez fréquent (Enisus, Microcenus, Bracaycerus, Dinomorpnus, les Calandrides, ete.) que le 1 article soit seul développé, et que les autres, très-réduits et d'apparence spongieuse, soient plus ou moins confondus ensemble. La massue, comme on le voit, peut donner lieu à plus d’une difficulté.

Les variations que subit la forme des yeux sont nombreuses et leur valeur n’a pas été jusqu'ici convenablement appréciée (1). On n’a pas suffisamment remarqué le rapport qui existe entre cette forme et les lobes du prothorax dont il va ètre question. En effet, lorsque ces lobes n'existent pas, ou sont très-faibles, les yeux sont arrondis ou brièvement ovales; ils s’allongent et deviennent de plus en plus transvèrsaux, à mesure que les lobes se développent. Les exceptions à cette règle sont peu nombreuses. Ces organes peuvent s’agrandir au point d’envahir la majeure partie de la tête (Zycops, Prazurus, Cop-

(1) Ces organes sont souvent mal décrits, notamment par Schænherr, {1 lui arrive à chaque instant de les indiquer comme arrondis ou subarrondis, lorsqu'ils sont manifestement ovales ou même oblongo-ovales. C'est surtout chez les espèces dont les yeux sont cachés, par suite de la rétraction de la tête dans le prothorax, qu’il commet ces erreurs, Il n’a pas remarqué non plus une forme très-commune, chez ses Brachydérides entre autres, et qui consiste en ce que les yeux sont longitudinaux, c’est-à-dire allongés dans le sens de l'axe de la tête. .

rurus, ete.); il est assez rare, au contraire, qu'ils soient très-petils (par ex. Srrornosomus), et encore davantage (TROGLORHYNCUUS) qu'il n'y en ait aucune trace.

Les genres OxycoRYNUS, ANCHYLORHYNCHUS et Hypomorpaus sont les seuls, à ma connaissance, chez lesquels le pronotum du protherax ne soit pas confondu avec ses flancs; une arète vive sépare ces parties. 11 en existe une également chez quelques genres (Corxcenus, Poro- RHYNCHUS) du groupe des Promécopides, mais seulement en arrière. Très-souvent, le prothorax est muni de chaque côté, sur son bord antérieur, de lobes qu’en raison de leurs rapports avec les yeux je nommerai lobes oculaires (1). Leur grandeur varie depuis celle d’un léger feston à peine distinct jusqu à celle d’une saillie très-prononcée. Chez les espèces qui en sont priv ées ou qui n’en ont que de très-petits, le prothorax est parfois muni, de chaque côté, d’un faisceau aplati de cils rigides, plus longs que ceux qui bordent ordinairement son ouverture antérieure et qui sont situés exactement à la même place que les lobes eux-mêmes (2). Je les désignerai sous le nom de vibrésses (moustaches). Ils existent principalement dans la tribu des Brachydérides, et un groupe considérable de ces insectes, celui des Tanymécides, est établi exclusivement sur ce caractère. Hors de là, on ne les rencontre que très-rarement, dans des genres isolés (par ex. Hypxanrus) ou appartenant au même groupe (plusieurs Cléonides).

Le bord antérieur du prosternum est ordinairement entier quand les lobes oculaires sont absents, et souvent échancré lorsqu'ils existent. Dans un assez grand nombre de genres (BRACHYCERUS, DINOMORrHUS, la plupart des Byrsopsides et des Cléonides, Bacous, ete.), cette partie du corps présente une excavation large, superficielle ou médiocrement profonde et limitée en arrière par les hanches antérieures qui sont contiguës. Cette excavation, dans un des plus vastes groupes de la famille, celui des Cryptorhgnehides, se convertit en un profond canal qui s'étend au-delà des hanches en question et envahit souvent le mésosternum. On connait même un genre (PanoLeus) où il atteint l'extrémité de l'abdomen. Le rostre se loge, au repos, plus ou moins complètement dans ce canal; quand il n'existe qu'une simple excavation, il s'appuie sur les hanches antérieures.

(1) Ce sont encore des parties dont la valeur n'a pas été, à mon sens, conveuablement appréciée, Schœnberr a confondu pêle-mêie les genres qui possèdent ces lobes avec ceux qui en sont privés, et son exemple a été suivi par tous les auteurs qui lui ont succédé.

(2) La raison en est simple. Les lobes oculaires, surtout lorsqu'ils sont grands, ont souvent leur face interne garnie de cils pareils à ceux dont il s’agit. Chez les espèces pourvues de vibrisses, les lobes ont disparu et ces cils ont persisté. Ces vibrisses ne sont pas restées inconnues à Schœnberr; il les mentionne assez souvent dans ses formules génériques par ces mots : « Thorax pone oculos ciliatus, » mais il n’en a pas saisi la valeur.

40 CUROULIONIDES.

Sauf chez quelques Calandrides où il n’est même que médiocre, l'écusson des Curoulionides est peu développé et souvent très-petit ou nul, surtout chez les espèces énigées. Les élytres de ces insectes sont généralement amples et, en outre de leur forme générale, elles fournissent souvent de bons caractères, selon qu’elles débordent ou non le prothorax à leur base, que leurs épaules sont saïllantes ou nulles, ete. L'absence des ailes inférieures est à peu près constante chez les espèces épigées, et la soudure des élytres en est souvent la conséquence. Celles qui vivent sur les végétaux en sont pour la plupart pourvues. I! est fréquent, du reste, de réncontrer dans les genres un peu nombreux, des espèces qui sont ailées, d’autres qui sont aptères, ou des individus chez qui ces organes se sont en partie atrophiés. Leur absence ou leur présence a peut-être encore moins d'importance ici, au point de vue systématique, que dans les autres familles des Coléoptères.

Ï n’y à aucune exception connue à la fermeture en arrière des cavités cotyloïdes des hanches antérieures, ni à l'absence des trochantins à toutes les pattes; mais les hanches varient sous plusieurs rapports. Ainsi, les antérieures sont tantôt contiguës, tantôt séparées, et de subgiobuleuses qu'elles sont ordinairement, deviennent cylindriques ou coniques lorsque les pattes auxquelles elles servent de support s'allongent. Il y a des genres (par ex. SIDERODACTYLUS, HADRO- MERUS, MaGROPrERUS) où elles sont, par cette raison, très-grandes et très-robustes (1). Les intermédiaires sont plus constantes que les autres; elles restent toujours séparées et arrondies. Quant aux postérieures, leur forme dépend de celle de la saillie intercoxale de l'abdomen qui s’interpose entre elles et qui les refoule d’autant plus en dehors qu’elle est plus lar.e.

Les cuisses affectent des formes très-variées, mais la plus commune est celle d’une massue qui est en général plus où moins brusquement formée, et même parfois (par ex. Hetzipus) pédonculée à sa base. Il est très-commun qu’elles soient dentées en dessous. Les espèces qui jouissent de la faculté saïtaloire sont très-peu nombreuses (RamPrus, Orcaesres) et ont des cuisses qui se rapprochent de celles des Alticides.

Les jambes sont tantôt inermes à leur extrémité, tantôt armées, dans ce point, d’un éperon dont la position, la forme et la longueur sont le plus souvent caractéristiques des genres. Elles seront dites : mucronées, quand cet éperon ou mucro est situé à leur angie interne et perpendiculaire à leur axe; onguiculées, lorsqu'il part de leur angle externe ou de son voisinage, auquel cas il se recourbe brusquement au côté interne ou reste plus ou moins redressé; souvont alors il

(1) Parconséquent, dire que les pattes antérieures sont allongées, c’est dire par cela même que leurs hanches le sont également. Dès-lors, il est inutile de meutiouner la forme de ces dernières dans les formules génériques.

affecte la forme d’une griffe. Quelquefois ce mucro n’est que la continuation d’une lame qui garnit, dans toute son étendue, le sommet de la jambe et qui, en général, se recourbe un peu en dedans; cette lame sera appelée lame mucronale. Elle n’est pas commune et n’existe guère que chez les Molytides, les Hvzogius, Heiripus, et genres voisins.

Les jambes postérieures fournissent un autre caractère signalé par M. Suffrian (1) et dont l'application n’a pas été faite jusqu'ici. En examicant leur extrémité, on voit qu’elle présente une troncature de forme et de grandeur très-variables, mais en général très-oblique, presque toujours lisse (2) et dont une partie est occupée par la cavité cotyloïde du 1° article des tarses postérieurs. Pour plus de brièveté, je désignerai ces troncatures sous le nom de corbeilles. Habituellement, leur bord terminal externe est tranchant; maïs souvent aussi, il se recourbe intérieurement en formant avec la jambe un angle droit ou obtus et convertit la troncature en question en une cavité plus ou moins profonde. J’appellerai caverneuses, les corbeiïlles ainsi faites, et découvertes, celles qui ont conservé leur forme normale (3). Ï est remarquable que les corbeilles caverneuses soient excessivement rares chez les Mécorhynques de Schœnherr, tandis qu’elles sont trèscommunes chez ses Brachyrhynques.

Les Dryoraronus sont les seuls, de toute la famille, qui soient pentamères, par suite du développement du 4° article de leurs tarses; mais il reste presque toujours quelque vestige de cet article. La plupart des Bracrycerus peuvent être cités comme un exemple de sa disparition complète. Des tarses filiformes et ciliés, ou épineux en dessous, se rencontrent principalement chez les espèces épigées (Ept- Sus, Microcenus, Bracaycenus, Byrsopsides, etc.); hors de là, il n’en existe guère d'analogues que chez celles qui vivent sur les plantes aquatiques (HyproNomus, Bacous, quelques Paxromius). Quand les

(1) Stettin. entom. Zeit. 1848, p, 54, Il est singulier que personne n'ait fait attention à cette importante découverte de M. Suffrian. Réunie aux vibrisses du prothorax, dont il a été question plus haut, elle rend comparativement facile la classification de certains groupes pour l’arrangement desquels on manquait de bases réellement scientifiques, celui des Brachydérides de Schœænherr, par exemple.

(2) Dans quelques genres (Denmarones, Cowpsus, Bracuyomus, Arripus, ete.), de Brachydérides, les Episomides, etc., elle est écailleuse comme la jambe elle-même.

(3) Les corbeilles des jambes antérieures et intermédiaires n’ont pas la même importance que celles des postérieures; presque toujours elles sont découvertes. Ce n’est que çà et là qu’on rencontre quelques genres (par ex. DINomorPuus) où elles sont caverneuses. Cela vient peut-être de ce que, pendant la marche, les quatre jambes antérieures ne jouent pas le mème rôle que les postérieures qui servent moins à la progression que de point d'appui au corps,

tarses sont normaux, c’est-à-dire plus ou moins larges et spongieux en dessous, leur forme varie encore beaucoup, surtout celle de leur 3® article qui west pas toujours bilobé, Dans un groupe entier, par exemple, celui des Calandrides, il est presque toujours d’une seule pièce et reçoit simplement le 4° dans un sillon ou une fossette de sa face supérieure. Ce dernier, qui dépasse en général fortement les lobes du 3°, est quelquefois (Bracaypus, BRACHONYX, TANYSPHYRUS, STRON- GILORHINUS, ete.) complètement enfoui entre eux ; il peut mème manquer entièrement (AxorLus et quelques espèces inédites). Ses crochets sont le plus souvent libres, mais il est fréquent qu'ils soient soudés, et, dans ce cas, ils sont toujours très-petits. Une autre forme, beaucoup plus rare et qui consiste en ce qu'ils sont appendiculés (1) ou bifides, ne se voit que chez les Balaninides et quelques Cryptorhynchides, la plupart inédits. à

Je ne connais chez les espèces dont le pygidium est invisible que deux exceptions (Iraycenus, DicHorRACHELUS) au nombre normal des segments abdominaux, qui est de cinq. Il y en a six dans ces deux genres et, autant que j'en puis juger par les exemplaires que j'en ai vus, dans les deux sexes. Le même nombre existe lorsque le pygidium est à la fois découvert et plus ou moins saillant (par ex. quelques Maparus, beaucoup de Barinius exotiques, MEcarrocrus, parmi les Calandrides). La grandeur relative des trois segments intermédiaires de l’abdomen, la forme de leur bord postérieur, selon qu’il est droit (ce qui est la règle générale) ou prolongé en arrière à ses extrémités (par ex. Payropius, Bariius, etc.), celle de la suture qui sépare le 2° du 1°, enfin celle de la saillie intercoxale que celui-ci envoie entre les hanches postérieures, sont autant de particularités peu employées jusqu'ici (2), mais dont il est nécessaire de tenir un compte rigoureux si l’on veut arriver à un arrangement satisfaisant de la famille.

De même que chez les Ténébrionides, le métasternum est tantôt court, tantôt allongé, et, quoique ce caractère ne soit pas aussi tranché

(1) Je crois devoir rappeler que cette expression dont je me suis servi le premier (Mon. d. Col. Phytoph., I, p. XXVHII) signifie que les crochets se composent de deux parties : une basilaire, en carré régulier ou non, et ure terminale, en forme de griffe, qui est attachée à l'angle antérieur et supérieur de la précédente. Lorsque l'angle inférieur de celle-ci s’allonge, les crochets deviennent plus ou moins dentés.

(2) M. Gerstæcker, dans un travail sur quelques genres nouveaux de la famille (Stettin. entom. Zeit., 1860, p. 376), et M. C. G. Thomson, dans ses «Skandinaviens Coleoptera, » sont les seuls auteurs qui en aient fait usage. Je ne suis pas tout-à-fait d'accord avec le premier de ces savants entomologistes, lorsqu'il dit que la grandeur relative des segments intermédiaires de l'abdomen ne peut servir qu’à diviser les genres en sections. Cela est vrai quelquefois ; mais en général, dans les genres purs de tout alliage étranger, ces segments ne varient pas et, dès-lors, ils ont une valeur générique.

que dans la famille en queslion, on peut en tirer un assez grand parti. Les épisternums métathoraciques affectent une forme qui n’a pas encore été signalée, mais qui souffre d'assez nombreuses exceptions. Leur extrémité antérieure est obliquement tronquée et en même temps dilatée transversalement ; les deux saillies qui en résultent sont égales entre elles, ou l’une est plus prononcée que l’autre (1). Ces épisternums sont parallèles ou graduellement atténués d'avant en arrière et généralement d’une largeur médiocre. Ils sont très-étroits et ont une forte tendance à se confondre avec le métasternum chez beaucoup d'espèces épigées (BRACHYCERUS, DINOMORPHUS, Amyctérides, Hipporminus, ANCHONUS, ete.). Ce n’est que dans quelques genres de Calandrides (Raynenopnonus, CYRTOTRACHELUS , PROTOCERIUS) qu'ils deviennent très-larges. Ce groupe est également le seul où les épimères métathoraciques acquièrent de grandes dimensions. Partout ailleurs, elles sont très-petites ou nulles, et il est souvent difficile de s'assurer de leur existence par suite des écailles qui les recouvrent.

Dans l'immense majorité des cas, la saillie que le mésosternum envoie entre les hanches intermédiaires est médiocrement large où étroite, et inclinée en arrière. Les modifications les plus importantes qu’elle subit s’observent dans les derniers groupes de la famille où elle devient quelquefois (par ex. Sirormizus, Cossinus) horizontale et se place au niveau du prosternum et du métasternum. Il ya, en outre, des cas (plusieurs Maparus, BARIDIUS, CENtTRNUS, etc.) où elle est recouverte en partie par un large prolongement du prosternum.

Les épisternums et les épimères mésothoraciques sont en antagonisme sous le rapport de leur grandeur relative, qui est subordonnée au plus ou moins de développement des épisternums métathoraciques. Lorsque ceux-ci sont très-étroits, les secondes sont petites et situées à l'angle postérieur et externe des premiers qui sont, par suite, largement en rapport avec les élytres. Elles s’agrandissent à mesure que les épisternums métathoraciques deviennent plus larges et, remontant entre leurs épisternums et les élytres, s’interposent entre ces parties. Il résulte de là que les Calandrides, qui ont été indiqués plus haut comme possédant les épisternums métathoraciques les plus larges de la famille, sont aussi ceux qui ont les plus grandes épimères mésothoraciques. Quelquefois (par ex. Balaninides), ces pièces remontent entre le prothorax et les élytres, el deviennent légèrement visibles d’en haut.

A part la taille plus forte et la forme plus massive des femelles, les différences sexuelles sont en général peu prononcées et souvent même nulles chez les Curculionides. Quand elles existent, elles portent prin-

(1) La saillie externe pénètre ordinairement dans une échancrure du bord inférieur de l'élytre correspondante. J'ai cru un moment que cette particularité avait quelque importance ; mais il n’en est rien. Il n’en sera pas question dans les formules des genres.

cipalement sur le rostre, qui est plus court chez les mâles et autrement fait que chez les femelles, l'insertion de leurs antennes qui est moins antérieure, leurs pattes plus longues, surtout les antérieures, les éperons terminaux de leurs jambes qui sont plus développés, ete. Il est très-rare (Psaztpura) qu’ils soient munis, à l'extrémité de l'abdomen, d’appendices qui manquent ou sont rudimentaires chez les femelles.

La famille contient une multitude d’espèces remarquables par la richesse de leurs couleurs. Mais, modeste ou éclatante, cette livrée est le plus souvent due aux écailles ou aux poils dont les téguments sont revêtus, et qui sont plus ou moins caducs. La grandeur et la forme des écailles ne sont pas indifférentes et viennent fréquemment à l'appui des caractères génériques. Chez beaucoup d'espèces épigées (par ex. Episus, Microcerus, les Byrsopsides, etc.), elles se décomposent, en quelque sorte, et forment une espèce d’enduit où l'œil ne dise tingue plus de forme précise. Dans un groupe entier, celui des Calandrides, elles sont remplacées, chez la plupart des espèces, par une substance adhérente aux téguments et de même nature que celle qui existe chez les Zopxenus, de la famille des Ténébrionides, Dans d’autres groupes, notamment dans celui des Cléonides, il s'opère une sécrétion plus ou moins abondante, d’une nature pollineuse et qui, pendant la vie, se renouvelle après avoir été enlevée.

A l’état parfait, les Curculionides peuvent être regardés, pour la plupart, comme à peu près inoffensifs; dans leur premier âge, ils figurent, au contraire, parmi les insectes les plus nuisibles. Ainsi que l’a dit M. Ed. Perris (1), il n’est pas une seule partie des végétaux, bourgeons, feuilles, fleurs, fruits, tige, écorce, bois, moelle, racines, qui soit affranchie de leurs atteintes et ne puisse nourrir une de leurs larves. Cette diversité de nourriture a naturellement nécessité des habitudes très-variées chez ces larves, mais leur organisation n’en a pas été très-sensiblement modifiée. Elles diffèrent en effet fort peu et présentent les caractères généraux que voici (2) :

Leur corps, charnu et revêtu de téguments plus ou moins résistants, est un peu atténué et recourbé en arrière dans l'immense majorité des cas, plus grêle, cylindrique et droit chez les espèces mineuses (par ex. Oncuusres, BracHoNyx), très rarement (la plupart des Calandrides) flexueux. La tête, arrondie et cornée, est pourvue d’un épistome bien distinct et quadrangulaire. La’ bouche est dirigée en bas

(1) Ann. d. 1. Soc. entom, 1856, p. 438. On trouvera dans ce travail une £lassilication sommaire des larves de la famille, basée sur les parties des végétaux qu’elles attaquent.

(2) Pour une formulé générale et détaillée de ces larves, mais comprenant celles des Anthribides, Brenthides et Sçolylides, voyez Erichson, dans ses Archiv, 4842, I, p. 273. Elle a été reproduite par MM, Chapuis et Candèze (Mém, d. 1. Soc. d. Sc. d. Liège, VIII, p. 534), qui en ont seulement retranché les Scolytides.

et se compose : de deux mandibules robustes, courtes, souvent 6btusément dentées au hout ; deux mâchoires presque contiguës à la languette et formées, outre la pièce cardinaie, d'un mando cilié, prolongé intérieurement en un court lobe anguleux portant un petit palpe de deux ou trois articles; enfin d’un menton gros et charnu, peu distinct de la languette et muni-de deux très-courts palpes biarticulés. Les stemmates manquent le plus souvent el sont très-peu nombreux, quand ils existent (1). Les antennes ne sont représentées que par deux petites saillies situées à la base des mandibules et surmontées d’une soie : rarement elles sont biarticulées. Les segments thoraciques plus développés que ceux de l’abdomen et parfois mamelonnés comme eux, ne portent point de pattes; ces organes sont tout au plus représentés par des callosités ou des tubercules que couronnent des soies rigides. Le nombre des segments abdominaux est de neuf, dont le dernier est dépourvu de pseudopode. Les Calandrides sont les seules jusqu'ici chez lesquelles on l'ait trouvé terminé par une pointe cornée ou (Rain) par deux papilles molles et obtuses. Les neuf paires de stigmates sont situées latéralement : la première presque toujours sur le prothorax (2), les autres sur les huit premiers segments abdominaux.

Ces larves ne diffèrent en rien d’essentiel de celles des Scolytides et ne s’éloignent de celles des Authribides qu’en ce que celles-ci sont sujettes à avoir des pattes bien développées. Celles des Brenthides sont encore trop peu connues pour qu'on puisse rien préciser à cet égard. Les larves des autres families avec leSquelles elles ont le plus de rapports sont celles des Lamellicornes et des Ptiniores; mais ces dernières ont dés pattes de grandeur normale, et celles des Lamellicornes possèdent en sus des antennes.

Bien qu'affectionnant en général une espèce de plante, la plupart des larves dont il.s’agit attaquent des végétaux d'espèces et même de familles différentes. Beaucoup d’entre elles, après avoir achevé leur croissance, terminent leur métamorphose dans le sein de la terre ; les autres ne quittent pas le végétal aux dépens duquel elles ont vécu. Ces dernières, avant de se transformer en nymphe, construisent, pour la plupart, une coque. Les nymphes elles-mêmes ne présentent rien de particulier, sauf, dans un grand nombre de cas, cet allongement des mandibules dont il a été question plus haut.

Cette famille est la plus vaste qui existe non-soulement dans la classe des Insectes, maïs dans le Règne animal (3). Quant à sa distri-

(1) Le nombre le plus élevé qu’on connaisse jusqu'ici, est trois de chaque côté (Rlynchites betulæ) ; parfois il y en a deux (Phylonomus viciæ), le plus souvent un seul (Cronus, Anchonus cristatus, Rhynchophorus Zimmermann).

(2) Quand elle n’oceupe pas celte place, ce qui est très-rare, elle est situéo à la partie antérieure du mésothorax (Apoderus coryli, Phytonomus viciæ, Rhina nigra).

(3) L'un des cntomologistes de notre époque qui la connait le mieux,,

16 GURCULIONIDES.

bution géographique, tout ce qu’on en peut dire en ce moment, c’est que sa prépondérance sur les autres familles des Coléoptères augmente à mesure qu'on se rapproche de l'équateur, et que le nouveau continent l'emporte notablement à cet égard sur l’ancien (1). L'Amérique du Sud, en particulier, est une mine inépuisable de ces insectes.

Il serait fort long d'exposer en détail les vicissitudes qu'a subies la classification de la famille telle qu’elle est restreinte ici. Je me bornerai à dire que, dès l’origine, la distinction a été faite entre les espèces àantennes droites ou les Orthocères, et celles à antennes coudées ou les Gonatocères. Les premières furent réparties dans un certain nombre de genres (2), les secondes recurent en commun le nom de Cureuzio. La division de celles-ci en Brévirostres et Longirostres remonte jusqu’à Linné (3), et Schœnherr qui l’a adoptée n'a fait que 4raduire ces mots en les changeant en ceux de Brachyrhynques et de Mécorhynques. Plusieurs genres en furent successivement détachés (4)

M. Jekel, estime (Fabric. entom. I, 1,2) que le nombre de ses espèces existant, à Yheure qu’il est, dans les collections, ne s'élève pas à moins de 20 à 25,000, Même on retranchant de cette évaluation les Bruchides, Anthribides et Brenthides, qui y sont compris, et en la supposant exagérée, ce qui est dit dans le texte n’en resterait pas moins vrai. Abstraction faite des mêmes groupes, Schœnherr en a décrit 6,335 espèces.

(1) Schœnherr (Cureul. VIE, 2) à pris la peine de rédiger de nombreux tableaux synoptiques dans lesquels est exposée, dans le plus grand détail, la répartition géographique des espèces à lui connues. D’après ce travail, les grandes régions du globe se classeraient, au point de vue de leur richesse en Curculionides, dans l’ordre suivant : l'Amérique, l’Europe, l'Afrique, l'Asie et l’Australie, y compris la Polynésie. Le rang élevé que l’Europe occupe dans cette série, suffit pour montrer que la science n’est pas encore en état de résoudre cette question. La supériorité de l'Afrique sur l'Asie ne sera probablement pas non plus confirmée ; mais l'Amérique conservera, sans aucun doute, la sienne sur le reste du globe.

(2) À partir de Linné et Geoffroy jusqu’à Olivier, qui clôt la série des anciens entomologistes, les genres établis parmi ces Orthocères sont : Rmnomacer Geoffroy, Arrecapus Linné, Bracnycerus Olivier, Ruvncutres et Arron Herbst, Pamonus Clairville. Mais il y à, dans la manière dont ces auteurs entendaient et composaient ces genres, de grandes différences qu’il me parait parfaitement inutile d'exposer.

(3) Gette division, basée sur la forme du rostre, n'avait pas été, à beaucoup près, acceptée par les anciens auteurs. Geoffroy, Scopoli, Herbst, Clairville la rejetaient et en ont proposé d’autres, mais qui valaient encore moins. Herbst, en particulier (Die Kiefer, VE, p. 37), a insisté sur l'impossibilité d'établir des limites entre les espèces brévirostres et les longirostres.

(4) Claivville (Entom. Helvét. I, p. 56), le premier, en sépara les Cossonus, Cazanpra (nom changé par Herbst en celui de Rayncopnonus), Cronus et RuyncuæÆNus. Fabricius (Syst. El. II, p. 498) établit ensuite le genre Laxus, et déiournant de leur signification les Ruynowænus de Clairville, en fit un vaste

GURCULIONIDES, 17

mais ils étaient peu nombreux et mal composés, lorsque Germar entreprit à lu fois de les réformer et d’en augmenter le nombre (1). ILa été ainsi le précurseur immédiat de Schænherr, dont les travaux ont mis la famille dans l’état où elle se trouve en ce moment (2). Depuis cette époque elle a été l’ubjet d’une foule de travaux partiels qui ont considérablement accru le nombre de ses genres (3). Les seuls qu’il

magasin comprenant les Cureuliones longirostres de Linné. Latreille (Hist, nat. d. Crust, et d. Ins, XI, p. 101) y ajouta bientôt le genre Ruina, et imposa aux Cuneuzio de Fabricius le nom de BrACHYRHINE. Illiger, peu de temps après (Magaz. VI, p. 324), créa celui d'Onenestes, correspondant aux RuyNcaæNus de Clairville. Enfin Olivier (Entom. V, 83, p. 73) proposa le nom de Lirarus pour les espèces dont le rostre est intermédiaire entre celui des Brévirostres et des Longirostres. Ainsi, en 1808, neuf genres seulement avaient été établis parmi les Gonatocères.

(1) Son premier travail intitulé : « Versuch einer Eintheilung der Horde der Rüsselkæfer in mehrere Gattungen, » a paru en 1818 dans les Neue Annal, d. Wetter. Gesellsch. I, p. 116, Il ne comprend que 21 genres, la plupart déjà connus. — Le second a pour titre : « Gencra quædam Curculionidum preposita et spociebus observatis illustrata, » et a paru en 1821, dans son Magaz. d. Entom. IV, p. 291. — Le troisième, le plus important de tous, forme près de la moitié de sesi« Insectorum Species novæ, » publiés en 1824. À partir de ce moment, Germar ne s’est plus occupé spécialement de l'étude des Curculionides.

(2) Ces travaux sont dans l'ordre des dates : Curculionidum dispositio methodica cum generum characteribus descriptionibus atque observationibus varis; in-80, Lipsiæ, 1826. Un prodrome de cet ouvrage, comprenant les Brachyrhynques et une très-petite partie des Mécorhynques, avait été publié antérieurement par Schœnherr dans « l'Isis, » 1823, p. 1132. — Genera et Species Cureulionidum ; 8 vol, in-80, Parisiis, 1833-1845 ; la 2e partie du dernier volume contient (p. 342) un supplément où mantissa; les descriptions des espèces, modèles d’exactitude, sont en grande partie dues à M. Boheman, puis à Gyllenhall; quelques-unes à MM. Fabrœus et Rosenschœld, — Mantissa secunda familiæ Curculionidum, seu descriptiones noyorum quorumdam generum Curculionidum; in-8v, 86 p., Holmiæ, 1847. Les 52 genres nouveaux établis dans cet opuscule, le sont presque tous sur des espèces inédites et que Schœnherr ne décrit pas.

M. Imholf, avec le concours du peintre Labram, avait entrepris, en 1838, d'illustrer tous les genres mentionnés par Schænherr, dans un travail iconographique intitulé : « Singulorum generum Curculionidum unam alteramve speciem, additis iconibus a David Labram ad paturam delineatis, illustravit L. Imhoff; in-8v, Basileæ. » La mort de Labram a arrèté cet utile ouvrage à Ja 19€ livraison, qui a paru en 1852.

Parmi les observations critiques auxquelles le grand ouvrage de Schænherr a donné lieu, il faut mettre au premier rang celles publiées par M. Suffrian dans la Gazette entomologique de Stettin, en 1840 (p. 6, 44 et 98), 1845 (p. 98), 1847 (p.157, 165, 202 et 290) et 1848 (p. 52).

(3) Geux mentionnés par Schœnherr s tenant aux Bruchides, Anthribides et Brenthides. On en à proposé, depuis lors, 202, ce qui porte à 843 le nombre total de ceux existant à l'heure qu'il

Coléoptéres. Tome VI. 2

’élèvent à 641, non compris 64 appar-

soit nécessaire de mentionner ici sont ceux de MM. L. Redtenbacher(1) et Jacquelin-Duval (2).

La division primaire de la famille en Orthocères et Gonatocères me paraissant contraire à la nature, celle des Gonatocères en Brachyrhynques et Mécorhynques se refusant invinciblement à toute définition précise, d’un autre côté, l'ouvrage monumental de Schœnherr étant très-peu satisfaisant au point de vue systématique (3), j'ai dû rechercher s’il ne serait pas possible d’asseoir la classification de la famille sur d’autres bases que celles généralement admises en ce moment. Latreille, ainsi que je l'ai dit plus haut, a insisté, à plusieurs reprises, sur les rapports qui existent entre le menton et les mâchoires. Ce caractère, soumis à un examen approfondi, m'a paru supérieur à celui emprunté aux antennes, et je l'ai pris pour point de départ. Il partage la famille en deux grandes légions : -

Les CuRCULIONIDES ADÉLOGNATEES, dont les mächoires sont en totalité ou en majeure partie cachées par le menton ;

Et les CURCULIONIDES PHANÉROGNATHES, Chez lesquels ces organes sont

complètement à découvert.

est, et les collections contiennent une foule d’espèces qui ne peuvent rentrer dans aucun d’entre eux. Afn de simplifier la synonymie, j'en ai retranché la citation des anciens genres Gurcuro et RHYNGHÆNUS qui reviennent à chaque instant, ainsi que celles de ces noms de tollections qui figurent dans le Catalogue de Dahl et dans la 1re édition de celui de Dejean. On les trouvera dans Schœnherr, qui les a cités avec beaucoup de soin.

(1) Fauna Austriæ, ed, d, p. 365, et ed. 2, p. 679.

(2) Gener. d. Col. d'Europ.; Curculionides, in-4°, Paris, 1855. On trouvera dans cet ouvrage de nombreuses indications sur les végétaux que recherchent les diverses espèces européennes de la famille. Ces détails n'étant qu'accessoires pour le but que j'ai à atteindre, je les ai supprimés faute de place.

(3) Le défaut radical de ce travail consiste en ce que les groupes supérieurs aux genres ne sont pas caractérisés du tout, ou le sont très-vaguement. Cela vient, pour ce qui concerne les Brachyrhynques, de la malheureuse idée qu'a eue Schœnberr de prendre le rostre, c'est-à-dire tout ce qu’il y a de plus variable, pour point de départ de la répartition de ces insectes en divisions ou tribus, puis de sous-diviser ces dernières d’après des caractères presque insignifiants, tels que la présence ou l'absence des ailes inférieures (Cléonides, Molytides), la forme générale du corps (Brachydérides), etc. L’arrangement des Mécorhynques est plus satisfaisant, tout en laissant encore beaucoup à désirer. Quant aux genres, ils sont en général placés pêle-mêle dans leurs groupes respectifs, et très-souvent à des distonces immenses de leurs véritables analogues. Il serait de toute impossibilité d’en dresser un tableau synoptique. Une des principales causes de l'imperfection de cette classification vient du grand nombre de caractères que Schœnherr a négligés ou dont il n’a pas apprécié convenablement Ja valeur. 11 me répugne, du reste, de critiquer plus longtemps ce grand ouvrage qui, tel qu'il est, n’en a pas moins rendu un inappréciable service à la science.

CURCÜLIONIDRS. 19

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