TRIBU XVII
SCYTHROPIDES.
Sous-menton muni d’un court pédoncule (1). — Mandibules en le: nailles, saillantes et écailleuses chez presque tous. — Tète plus où
(1) Les Seyranopus sont es seuls chez lesquels je n’en trouve aucune trace: La portion de la cavité buccale destinée à loger le menton et les mächoires, est très-petite chez ces insectes. Ce sont les seuls, en même temps, qui aient les mandibules très-courtes, extrêmement épaisses, glabres, et les crochets des tarses soudés. À ces divers tilres, ils pourraient constituer un groupe à par daps la Tribu,
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. moins prolongée en arrière des yeux; rostre court, très-robuste, entier an bout; ses serbes atteignant la commissure de la bouche, linéaires, arquées. — Antennes médiocres, leur funicule de sept articles. — | Yeux distants du prothorax, brièvement ovales et longitudinaux. — | Prothorax sans lobes oculaires ni échancrure aptéro-inférieure, — Jambes inermes au bout; tarses médiucrement larges, spongieux en dessous; leurs crochets très-rarement soudés. — Saillie intercoxale étroite, presque toujours acuminée en avant. — Métasternum médiocrement allongé; épimères du mésosternum beaucoup plus petites que ses épisternums. — Corps ailé. ;
Les quatre genres de cette tribu sont em prantés aux Brachydérides de Schænherr, qui avait parfaitement reconnu les rapports qui les unissent et les avait placés à côté les uns des autres. Si l’on s’en tient au facies et à la généralité des caractères, ils ont, en effet, la plus intime analogie avec les ISCHNOTRACHELUS du groupe des Naupactides, etreprésentent ces insectes dans la section actuelle; mais ils sont phanérognathes et les mâchoires de la plupart d’entre eux sont mème assez robustes. Tous, sauf les SCYTHROFUS , sont remarquables par la forme de leurs mandibules, qui sont assez épaisses, saillantes, droites et inermes au côté interne, et, ce qui est rare dans la famille, écailleuses comme le corps lui-même. Le métasternum n’a qu’un médiocre développement, il est même assez court chez les CATACHÆNUS ; ses épisternums n’ont pris une assez grande largeur que chez les CEcnacTEs ; mais ils sont toujours transversalement dilatés à leur extrémité antérieure. Les épimères mésothoraciques ont conservé la ferme qu'elles affectent dans la section précédente.
La tribu est représentée en Europe par les ScyrHRopus ; ses aulres espèces sont propres à Madagascar ot aux Indes orientales.
I. Crochets des tarses libres; mandibuies saillantes, écailleuses,
a Corbeilles des jambes postér. fortement caverneuses : Cecrucles.
aa —— ouvertes.
Saillie intercoxale ogivalo, aiguë au bout : Catachænus. —— parallèle, tronquée en avant : Eugnathus. Il. Crochets des tarscs soudés; mandibules très-courtes, glabres : Scythropus. + CECRACTES.
Sonoëxu. Curcul., VI, 1, p. 302,
Mandibules saillantes, écailleuses. — Tête ligèrement allongée, canuliculée sur le front, celui-ci étroit; rosire pas plus long qu'elle, penché, très-épais, ua peu élargi au bout, anguleux, terminé par une grande plaque en triangle eurviligne, concave , à bords redressés, ct tonquée en avant; scrobes étroites, profondes, brusquement arquées,
confluentes en dessous. — Antennes médiocres, grèles; scape épaissi
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au bout, empiétant sur les yeux; funicule à articles 1 allongé, obeo. nique, plus gros que les suivants, 2 plus grêle et plus court, 3-7 obconiques, subégaux; massue allongée, acuminée au bout, articulée, — Yeux assez grands et assez saillants. — Prothorax aussi long que large, subcylindrique, un peu rétréci dans son tiers antérieur, arrondi sur les côtés en arrière, tronqué en avant et à sa base, celle-ci rebordée. — Ecusson bien distinct , en triangle allongé. — Elytres médiocrement longues, parallèles, obtusément arrondies en arrière, sensiblement plus larges que le prothorax, et légèrement échancrées dans leur milieu à leur base, avec les épaules calleusos, — Pattes assez longues ; cuisses renflées dans leur milieu ; jambes droites, évasées au bout, les corbeilles des postérieures fortement caverneuses ; tarses longs, spongieux en dessous, à articles 1-2 grèles, allongés, obconiques, 3 large, 4 très-grand ; crochets médiocres, libres, — 2e segment abdominal pas plus grand que les deux suivants réunis ; Séparé du 1°* par une suture très-arquée dans son milieu ; saillie intercoxale ogivale. — Corps oblong, écailleux et très-brièvement hispide.
L'unique espèce {argenteus Schh.) du genre ressemble beaucoup au Scythropus mustela d'Europe pour la taille, la forme générale etlt sculpture des téguments. Les écailles dont elle est uniformément révêtue varient du blanc argenté au cuivreux et même au jaune mat, Elle est de Madagascar.
Le genre est éminemment distinct des trois qui suivent, par ses scrobes rostrales confluentes en arrière, et les corbeilles caverneuses des jambes postérieures.
CATACHÆNUS.
ScHoENH. Curcul., VI, 1, p. 305.
Mandibules des Cecracres. — Tête peu allongée, convexe; rostre plus court qu’elle et un peu plus étroit, penché, subparallèle , très= épais, enguleux, avec une dépression triangulaire au devant de chaque œil, plan et finement canaliculé en dessus 3 scrobes étroites, brusquement arquées. — Antennes submédianes, courtes, peu rohustes; stape renflé au bout, n’atteignant pas tout-à-fait le bord postérieur des yeux; funieule à articles 4 gros, obconique, 2 un peu plus long? 9-7 transversaux, serrés; massue assez forte, oblongo-ovale, acuminée et articulée. — Yeux assez grands et assez convexes. — Prothorax transversal, cylindrique, légèrement arrondi sur les côtés , t'onqué en avant, faiblement bisinué à sa base. — Ecusson très- petit, à peine distinct. — Elytres assez courtes, subparallèles, plus larges quelle prothorax, et légèrement échancrées dans leur milieu à leur base, avec les épaules coupées obliquement et obtuses. — Pattes médiocres; cuisses en massue ; jambes antérieures légèrement arquées au bout; les corbeilles des postérieures ouvertes ; tarses médiocres, assez larges,
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spongieux en dessous, leurs articles 1-2 pas beaucoup plus longs que larges ; le 4° assez long; crochets médiocres, libres. — Segments abdominaux et saillie intercoxale des Cecractes. — Corps oblong, médiocrement écailleux.
Ce genre ne contient, comme le précédent, qu’une espèce (cëncteltus Schh.). Elle est des îles Philippines et remarquable par sa livrée | d’un beau vert doré uniforme en dessous, formant des bandes longitudioales sur la tête et le prothorax, transversales sur les élytres, qui sont noires. Pour le surplus, elle a complètement le facies du Cecractes argenteus.
EUGNATHUS,
Scuoenu. Curcul., IL, p. 132 (1).
Genre très-voisin du précédent et n’en différant que par les caractères qui suivent :
Funicule antennaire à article 2 sensiblement plus court que 1. — Jambes antérieures plus longues que les autres. — Saillie intercoxale de l'abdomen parallèle et tronquée en avant.
Schœnherr en décrit deux espèces (2) presque de moitié plus petites que celles des deux genres qui précèdent. L'une (viridanus), de Java, est uniformément revêtue d’écailles d'un vert grisâtre ; l'autre (alternans), de Siam, à une livrée analogue à celle du Catachænus cinctellus. La première m'est seule connue.
SCYTHROPUS.
Scuornu. Curcul. Disp, meth., p. 140.
flandibules très-courtes, glabres. — Tète épaisse, régulièrement voûtéo en dessus; rostre beaucoup plus court et à peine plus étroit qu'elle, très-épais, arrondi aux angles, dénudé, déclive et tronqué en üvant, muni, au niveau des antennes, d’une carène transversale arquée et peu saillante ; scrobes courtes, mal limitées et brusquement ärquées. — Antennes subterminales, grêles, plus longues que la tête etle prothorax réunis; scape grossissant peu à peu, dépassant fortement les yeux en arrière ; funicule à articles obconiques : 1-2 allongés, égaux, 3-7 plus courts, décroissant graduellement; massue assez forte, oblongo-ovale, acuminée au bout, articulée. — Yeux très-distants du prothorax, petits, peu saillants. — Prothorax court, cylindrique, un peu arrondi sur les côtés, tronqué en avant et à sa base.
(1) Le nom d'Evevarnvs avait déjà été imposé, par Savigny, avec la dési- Hençe féminine, à un genre d'Arachnides.
(2) Shœænh, Cureul. VI, 1, p. 304. — J'ai dit précédemment (p. 75) que le
CR depressifrons de Schænherr me paraissait devoir rentrer dans ce Cure,
Ecusson assez petit, presque carré. — Elytres oblongues, rétrécies dans leur tiers postérieur, un peu plus larges que le prothorax, et légèrement échancrées en are à leur base, avec les épaules obliquement arrondies. — Pattes assez longues et assez robustes; jambes droites, épaissies au bout; les corbeilles des postérieures ouvertes; tarses assez longs ; leur 4° article médiocre, grèle ; ses crochets petits, soudés, — 2° segment abdominal plus long que les deux suivants réunis, séparé du 1° par une suture arqute; saillie intercoxale assez large, ogivale.— Corps oblong, revêtu d’une fine pubescence couchée, où étailleux.
La forme de la tête et du rostre, combinée aves celle des antennes, des yeux et des crochets des tarses, distingue fortement ce genre des précédents. 11 comprend en ce moment deux espèces européennes (1) de taille médiocre, d’un gris parfois à reflets métalliques et marbrées de brunâtre ; leurs élytres sont finement striées et ponctuées. On les trouve principalement sur les pins.