PRISCILLA
J. Taows. Syst. Cerambyc. p. 30.
Les seuls caractères qui séparent ce genre des Coropormea se réduisent aux suivants :
Yeux contigus en dessus, leur lobe inférieur beaucoup plus grand et plus allongé, d'où résulte une diminution dans la longueur des joues. — Prothorax penché, transversal, cylindrique, légèrement atténué en avant, largement arrondi à sa base avec ses anglés postérieurs brièvement et obtusément carénés en dessus. — Elytres courtes, naviculaires, fortement déclives en arrière, carénées latéralement dans leur moitié antérieure avec les épaules très-saillantes et tronquées obliquement, munies chacune d'un léger renflement basilaire et oblong.
Ces caractères différentiels sont de même valeur que ceux des Syx- CaYzopus et, dès lors, comme ces derniers, le genre a des titres suffisants pour être distrait des Cozosoruga. Il ne comprend qu'une espèce de Cayenne-et du Bas-Amazone que M. J. Thomson a nommée Hypsiomoides(2); son facies se rapproche, en effet, un peu de celui des
(1) Delect. anim. art. Brasil. p. 97, f. 10 (Eutr. virens, Dej. Cat. éd. 3, p. 363).
(2) Cet insecte est sans aucun doute la Colobothea dioptica de M, H. W. Bates (Contribut. ete. p. 151), comme ce savant entomologiste était disposé à le croire; il a séparé cet insecte de celui de M. J. Thomson par suile des mots (runneo-selosa» employés par ce dernier dans sa description et qui ne sont Pas exacts; il n’y a aucun vestige de soies redressées sur aucune partie du corps,
Hvyesroma; elle est brune avec d'assez nombreuses petites taches d'un fauve clair; chacune de ses élytres en a une très-grande d’un noir velouté et cerclée de fauve.
COLOBOTHEA.
À. Senv. Ann. d. l. Soc. entom. 1835, p. 69 (1).
Depuis la création de ce genre, ses espèces se sont beaucoup multpliées dans les collections, en présentant des modifications trop graduées pour autoriser la création de genres distincts (2), mais qui rendent en partie inexacte la formule générique publiée par Serville qui doit, par conséquent, être établie d'une façon plus large.
Mûles : Antennes (3) un peu plus ou un peu moins du double aussi longues que le corps, à articles 4 en cône très-allongé , n'empiétant pas ou que peu sur les élytres, égal, ou peu s'en faut, à 3, celui-ci un peu plus grand que 4, 4-11 subégaux ou décroissant à peine. — — Yeux rapprochés en dessus, leur lobe inférieur au moins équilatéral, en général plus haut que large. — Prothorax de longueur variable, tantôt par ex. cassandra, emarginala, annulata, ete.) cylindrique et faiblement atténué de sa base en avant, tantôt (par ex. lignicolor, velulina, ete.) muni de chaque côté, plus ou moins en arrière de son milieu, d’un renflement ou d’un tubercule, toujours pourvu, près de sa base, d’un sillon transversal, droit ou flexueux et ponctué.— Ecusson presque toujours en triangle curviligne. — Elytres de longueur variable, régulièrement convexes ou planes en dessus, carénées latéralement dans la majeure partie de leur longueur (4), peu à peu rétrécies et tronquées au bout avec leur angle externe (plus rarement aussi l’interne) épineux, débordant plus ou moins le prothorax à leur base (5).— Pattes plus ou moins longues, les antérieures jamais allongées; cuisses pédonculées ou subpédonculées à leur base, les postérieures un peu plus courtes que les élytres; tarses antérieurs le plus souvent dilatés et frangés sur leurs bords, les postérieurs à ar-
(1) Syn. Sarenpa Oliv., Dalm., Germ., etc. — Cenampyx De Geer, Oliv.
(2) Voyez à ce sujet les observations de M. H. W. Bates, Contribut. etc. p. 146. c
(3) La règle est qu’elles n'aient en dessous que quelques’ cils très-courts ef très-distants, parfois obsolètes; chez un petit nombre de grandes espèces (par ex. cassandra, annulala), ces cils deviennent assez longs et assez serrés dans la moitié basilaire de ces organes.
(4) Presque toujours sous cette carène il en existe une autre qui la longe de très-près et s'étend plus loin qu’elle en arrière; en avant elle est souvent incomplète. Toutes deux sont droites; chez une seule espèce (10-maculata Bates) qui ne possède que la supérieure, celle-ci est fortement flexueuse.
(5) I y a de grandes différences à cet égard ainsi que dans la forme des épaules; il existe même une espèce (annulata) où la base du prothorax el celle des élytres sont exactement de la même largeur.
COLOBOTHÉIDES, 825
ticle 1 au moins égal à 2-3 réunis. — 5e segment abdominal plus ou moins long, rétréci et en général fortement échancré au bout; pygidium de forme variable. — Saillie mésosternale large, parallèle, déclive. — Saillie prosternale plus étroite, fléchie postérieurement. — Corps uni en dessus, pubescent, sans soies redressées.
Femelles : Elles sont en général moins allongées et de forme moins robuste que les mâles, avec les antennes moins longues, les tarses antérieurs toujours simples et, comme de coutume, leur dernier segment plus long, mais ne formant que très-rarement une tarière dépassant les élytres (1).
A ces caractères il faut ajouter qu’il n’y a jamais d'autre sculpture en dessus que des points enfoncés, en général peu nombreux et peu apparents, qui manquent même parfois complétement; le dessous du corps n’en présente jamais. La livrée est très-variée et consiste rarement sur les élytres en un petit nombre de taches, mais en marbrures formant un dessin plus ou moins nuageüx; il est très-rare que le prothorax soit privé de bandes longitudinales.
M. H. W. Bates a divisé le genre en deux sections naturelles, dont la première, contenant les formes plus ou moins aberrantes, est caractérisée par la simplicité des tarses antérieurs dans les deux sexes et la présence sur les côtés du prothorax de deux tubercules ou renflements (quelquefois très-légers) plus ou moins près de sa base. C'est la moins nombreuse du genre (2).
Dans la seconde, les tarses antérieurs sont dilatés et frangés chez les mâles. Quelques-unes de ses espèces ont le prothorax fait comme dans la section précédente (3); chez les autres, il est peu à peu rétéci, et parfois à peine, à partir de ses angles postérieurs (4); les plus grandes figurent dans cette sous-division.
(1) Parmi les nombreuses espèces que j’ai sous les yeux, je n’en trouve qu’une, la subcincta , qui ait une tarière dépassant assez fortement les élytres. Elle est conico-tubuleuse, comme de coutume, avec sa valve inférieure tronquée au bout et la supérièure en triangle très-allongé et aigu au bout.
(2) Je ne connais de décrites que les espèces mentionnées par M. Bates : €. luctuosa, Pascoe, Traus, of the entom. Soc. Ser, 2, V, p. 53; Haut-Amazone (Ega). — lignicolor, Ega; ligneola, Cayenne; velutina, Amazone et Cayenne; Maculicollis, Venezuela; 10-maculata, Bas-Amazone; flavomaculuta, Ega.
(3) C, pœcila, Germ. Ins. Spec. nov. p. 488; Brésil. — subcincta, Casteln. Hist. nat. d. Col. IT, p. 491; Brésil. — pictilis, pulchella, Bas-Amazoue; lineola, Venezuela; obtusa, Ega; leucophæa, Mexique; Aumerosa, Para; strigosa, Brésil; vidua, Mexique; Schmidtii, Rio-Janeiro; H. W. Bates, loc. cit. p. 152. — I1 est lrès-probable que le Stenocorus varius de Fabricius (Syst, EL. II, p. 311) doit venir ici; il est de Cayenne.
(4 Cer. hirtipes, De Geer, Mém. V, p.116, pl: 14, f. 10 (Sap. hirtimana, Schœnh, Syn. Ins. II, p. 419); Guyane. — Cer. emarginatus, Oliv. Entom. IV, 67, 48, pl, 22, f, 82; Brésil. — Sap. bicuspidata, Latr. in Humb, et Bompl. Observ. d. Zool. II, p. 30, pl. 32, f£. 4; Colombie? — Sup, cassandra, Dalm,
826 LONGICORNESs
Le genre est répandu depuis les Lords de la Plata jusqu'au Mexi-
que inclusivement; nulle part il n’est mieux représenté que dans le ” bassin de l’Amazone. Ses espèces, toutes très-agiles, se trouvent sur les troncs et les branches des arbres; la plupart sont communes.
CATHEXIS.
J. Tuows. Essai, etc. p. 18.
Genre ne différant essentiellement des CoLogormeA, prises dans leur ensemble, que par la forme des pattes chez les mâles. Ces organes sont plus longs et moins robustes que chez aucune de ces dernières, avec les antérieures au moins du double plus graudes que les autres, avec leurs jambes un peu arquées, multituberculées au côté interne, et les deux 1°" articles de leurs tarses élargis et glabres en dessous, sauf à leur sommet; les cuisses sont peu à peu en massue et les postérieures ne dépassent pas ie sommet des élytres.
A ces caractères le même sexe réunit: un scape qui ne dépasse pas la base des élytres; un prothorax aussi long que large, cylindrique, faiblement atténué en avant, brièvement rétréci à sa base; des élytres allongées, presque planes, peu à peu rétrécies et tronquées en arrière avec leur angle externe épineux, débordant assez fortement le prothorax en avant et munies de carènes latérales, normales, le 5° segment abdominal profondément échancré au bout; enfin, un corps allongé. La © est notablement plus courte et a les antennes et les pattes des COLOBOTHEA de son sexe; son 5° segment abdominal est plus long que celui des @ et plus largement échancré.
L'espèce typique (1),originaire du Brésil, est de seconde grandeur
Anal. entom. p. 70 (Sap. leucospila, Germ.; Col. albomaculata, Dej.); Brésil. . — Sap. musiva, Germ. Ins. Spec. nov. p. 488; Brésil, — C. contaminata, A. Sery. Encycl. méth.; Ins. X, p. 337; Cayenne, — smeleagrina, femorosa, fibrosa, scolopacea, Erichs. Archiv, 1847, I, p. 149; Pérou. — Osculatii, Guér.- Ménev. Verhandi. d. Zool.-Bot. Ver. in Wien, V, p. 600; Rio Napo. — lunulata, H. Lucas in Casteln. Voy. d. l’'Amér. d. Sud; Entom. p. 190, pl. 13, £. 5 (Fryi, Pascoe, Trans. of the entom. Soc. Ser. 2, V, p. 52; Haut-Amazone. — distincta, Pascoe, ibid. Ser. 3, V, p. 284; Colombie (Ste-Marthe). — pimplæa, seminalis, paulina, Amazone, Cayenne; mosaica, Venezuela ; propinqua, nœvia, Haut-Amazone; juncea, securifera, Para; sejuncta, bisignata, Ega; latovittata, Amazone; styligera, ohvencia, Haut-Amazone; pura, carneola, Bas- Amazone ; forcipala, nœvigera, lucaria, ga; crassa, Para; ordinata, Ega; subtessellata, Tapajs; octolineata, Para, Ega; geminata, concreta, Bas- Amazone; bilineata, Ega; hebraica, Mexique; fasciata, lateralis, Brésil; H. W. Bates, loc. cit. p. 156.
(1) Colob. longimana, Pascoe, Trans. of the entom. Soc. Ser. 2, V, p.92; M.1. Thomson, après avoir d’abord (loc. cit.) adopté ce nom, l’a plus tard (Syst. Cerambyc. p. 29) changé en celui de serrimana. — La Colobothea grallatriæ du Haut-Amazone, qu'a décrit M. Bates (Contribut. etc. p. 165) est sans aucun doute une seconde espèce du genre,
COLOBOTHÉIDES. 827
pour le groupe actuel; ses élytres, dont le fond est gris et ponctué de noir, présentent chacune, chez le ©, trois grandes taches noires trèsirrégulières et bordées de rouge vif; les couleurs sont plus pâles chez la ® et le dessin de ses élytres est plus confus.
CARTERICA.
(Der.) J. Tuows. Essai, etc. p.19 (1). '
Femelle : Antennes glabres, du double plus longues que le corps, grèles, à articles 4 empiétant assez fortement sur les élytres, plus long que 3, celui-ci et 4-11 décroissant à peine. — Yeux rapprochés en dessus, leur lobe inférieur grand, plus haut que large.—Prothorax transversal, cylindrique, peu à peu atténué en avant, muni de chaque côté d’une saillie obtuse à peu de distance de sa base. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres assez allongées, médiocrement convexes, faiblement élargies et sinueusementtronquées au bout, avec l'angle externe brièvement épineux; leurs carènes latérales prolongées aux 2/3 de leur longueur; leurs épaules fortement carénées et débordant beaucoup le prothorax. — Pattes assez longues, peu robustes; cuisses peu à peu en massue, les postérieures notablement plus courtes que l'abdomen; tarses de la même paire à article À du double plus long que 2-3 réunis. — 8° segment abdominal et pygidium allongés. conico-tubuleux : le 49 tronqué, le 2 obtusément arrondi au bout. — Saillie mésosternale large, parallèle, déclive, — Saillie prosternale plus étroite, fléchie postérieurement. — Corps assez allongé, pubescent, muni de soies redressées en dessus,
Je n'ai pas vu de mâles; selon M. Bates (2), leur segment terminal de l'abdomen serait moins allongé avec le pygidium échaneré au bout.
Le facies de ces insectes est fort différent de celui des Corosorea, ce qui est dû à leur forme générale parallèle, leurs élytres munies de côtes obtuses longitudinales, à leur livrée qui offre un mélange de noir et de jaune, enfin à leur facies qui rappelle celui de certaines AuPmionycnA. L'espèce typique (3) est de taille moyenne et a les
(1) Deux ans auparavant, M. Pascoe (Trans. of the entom, Soc, Ser. 2, IV, p.263) a fait mention du genre, mais sans en exposer les caractères.
(2) Contribut,. etc. p. 144.
(3) C. cinctipennis, Pascoe, loc. cit. (colobotheoïides, 3. Thoms. Joe. cit. p.20; Amazone, Cayenne; suivant M. Gerstæcker (Wiegm. Archiv, 1859, Il, p. 413), cette espèce serait identique avec la Saperda mucrorata d'Olivier (Entom. IV, 68, p. 30, pl. 1, f. 10. — Buquelii, J. Thoms. loc. cit. p. 20; Brésil. — hasalis, J. Thoms. Syst. Cerambyc. p. 545; Guyane intér. — optata, Pascoe, Trans. Of the entom. Soc. Ser. 3, V, p. 284; Colombie (Ste-Marthe). — cincticornis, H, W. Bates, Contribut. ete. p. 144; Haut-Amazone (Ega;; d’après la descrip= lion, elle s’éloigne sensiblement des précédentes et aurait quelques points de contact avec le genre Srara mentionné plus loin.
Coléoptères. Tome IX (2).
TR
élytres traversées dans leur milieu par une large bande jaune; les épaules, les côtés du prothorax, une partie de la tête et des pattes sont de la même couleur. Ces insectes sont propres à l'Amérique du Sud.
SPARNA.
J. Tuous. Syst. Cerambyc. p. 30.
Femelle : Tôte fortement et triangulairement concave entre ses tubercules antennifères, ceux-ci assez saillants. — Antennes à articles 1-3 beaucoup plus robustes que les autres, ceux-ci très-grèles : 4 empiétant assez fortement sur les élytres, plus long que 3, tous deux (surtout 3) longuement et densément frangés en dessous, 4-11 glabres, décroissant peu à peu. — Lobe inférieur des yeux médiocre, un peu transversal, arvondi en dessous. — Prothorax court, brusquement rétréci en avant, brièvement à sa base; ses tubercules latéraux déprimés et triangulaires.— Ecusson concave, en triangle curviligne. — Elytres planes, pas plus larges à leur base que le prothorax, peu à peu élargies et obtusément arrondies en arrière, trauchantes sur les côtés et munies d’épipleures subhorizontales. — Pattes assez longues, peu robustes; cuisses peu à peu en massue; tarses postérieurs assez longs, à article 4 plus grand que 2-3 réunis. — 5° segment abdominal grand, en cône obtus. — Saillie mésosternale étroite, triangulaire. — Saillie prosternale moins large qu'elle. — Corps glabre en dessous, finement pubescent en dessus.
Le remarquable insecte (lycoides 3. Thoms.), type de ce genre, est originaire de Bolivia, de taille moyenne, brunâtre en &essous, d'un noir profond et mat en dessus; ses élytres sent à la fois ponctutes et alutacées ; chacune d'elles est munie de deux côtes longitudinales, entières, qui se réunissent à leur extrémité; leur moitié postérieure, celle de la suture et celle des bords latéraux, sont d’un beau jaune.
APECHTHES.
J. Troms. Essai, etc. p. 362.
Mâle ? : Tête rétractile, ses tubercules antennifères saillants, verticaux, subcontigus, tronqués au bout; front subconvexe, allongé, resserré en haut, assez élargi en bas; joues très-allongées. — Antennes de 1/3 environ plus longues que le corps, hérissées de longs poils fins épars en dessus, plus nombreux en dessous, formant une touffe sur les articles 8-9 : 4 atteignant le tiers postérieur du prothorax, presque égal à 3, les autres moins longs, décroissant peu à peu. — Prothorax un peu plus long que large, cylindrique, muni de deux nodo= sités sur le disque. — Ecusson carré. — Elytres courtes, convexes, naviculaires, carénées presque dans toute leur longueur sur les côtés et sur leurs épipleufes (la carène de ces dernières oblique), tronquées
AGAPANTHHDES. 829
au bout, avec leur angle externe dentiforme, fortement anguleuses aux épaules, munies chacune d’une crête basilaire fasciculée et en arrière de celle-ci de deux carènes parallèles. — Pattes assez longues, subégales; cuisses peu à peu en massue, les postérieures un peu plus courtes que l'abdomen; tarses courts, les antérieurs un peu dilatés, — D° segment abdominal en triangle curviligne assez long. — Saillies mésosternale et prosternale de largeur moyenne. — Corps très-finement pubescent, hérissé de longs poils fins, surtout en dessous. |
Genre ambigu, placé par M. J. Thomson dans le groupe des Onocéphalides, auquel il est tout-à-fait étranger par ses cavités cotyloïdes intermédiaires fermées et ses hanches antérieures globuleuses et à peine anguleuses en dehors. À part ses tarses, je lui trouve toute l'organisation des Colobothéides avec une sculpture des élytres rappelant celle qui existe chez les Poconocaerus. Je le regarde comme une forme aberrante du groupe actuel.
Son unique espèce (meæicanus J. Thoms.) est de taille médiocre et d'un bronzé assez clair, saufsur les élytres; ces dernières sontsaupoudrées de quelques atomes blanes; les poils de ses antennes et des crétes basilaires de ses élytres sont noirs.
Groure LXVII. Agapanthides.
Cavités cot. interm. ouvertes. — Crochets divergents. — Jambes int. simples.
Tête subrétractile; front rectangulaire, plus haut que large.— Antennes de 12 art., grêles, villeuses en dessous, plus longues que le corps dans les deux sexes, très-grañdes chez les 5 leur scape en cône renversé, long. — Yeux finement granulés, échancrés. — Prothorax inerme latéralement. — Elytres le débordant à leur base. — Hanches antér. anguleuses en dehors; tarses assez longs.—Les 4 4ers segments abdominaux décroissant peu à peu, parfois subégaux. — Epislernums métathor. de largeur au plus médiocre, peu à peu atténués en arrière, — Saillies sternales lamelliformes, inermes. — Corps allongé, hérissé de poils fins.
Ne comprend que le genre Acapanrma de Serville, dont quelques auteurs font un groupe à part des Saperdides établi sur des caractres sans importance réelle, Le seul qui le distingue parfaitement de
ces insectes n'a pas été aperçu et réside dans la divergence des crochets.
AGAPANTHIA.
A. SERV. Ann. d. l. Soc. entom. 1835, p. 25 (1).
Mûles : Tête au plus médiocrement convexe entre ses tubereules
(1) Syn. Ceramnyx Linné, De Géer, etc.—Sarerna Fab. Oliv., Herbst, etc, — Lama Latr,
antennifères, ceux-ci courts, rapprochés à leur base; front plus haut que large; joues très-allongées. — Antennes médiocrement robustes, très-finement pubescentes, plus ou moins ciliées en dessous, de 1/3 au moins plus longues que le corps, à articles 1 en cène renversé, atteignart au moins le tiers basilaire du prothorax, plus court que 3, 4-12 moigs longs que ce dernier, décroissant peu à peu. — Yeux médiocres; leurs lobes inférieurs assez allongés, rarement (par ex. suturalis) transversaux. — Prothorax transversal, cylindrique , légèrement renflé sur les côtés, traversé en avant et à sa base par-deux faibles sillons souvent peu distincts. — Ecusson semi-circulaire. — Elytres de longueur moyenne, médiocrement et régulièrement convexes, parallèles, rétrécies etobtusément arrondies en arrière.—Pattes longues; cuisses sublinéaires, les postérieures dépassant un peu le 2 segment abdominal; tarses longs, à articles 1 égal à 2-3 réunis, 4 long. — 3° segment abdominal assez allongé, peu rétréci et subsinué au bout. — Saillie mésosternale de largeur variable, la prosternale plus étroite qu’elle. — Corps allongé, en général assez robuste, densémeut hérissé de poils fins.
Femelles : Antennes plus courtes, dépassant plus ou moins le sommet des élytres. — 5° segment de l’abdomen moins long. — Corps plus parallèle.
Les espèces de ce genré habitent toute l'Europe, le nord de l’Afrique et la plus grande partie de l'Asie, mais sont peu nombreuses dans le nord. Ce sont des insectes assez élégants, mais dont la livrée varie du bronzé plus ou moins obscur au bleu; ce fond , le plus souvent uniforme, est parfois relevé par une bande suturale ou des mouchetures sur les élytres; ces dernières sont toujours finement chagrinées, le prothorax l’est également ou simplement pointillé. On en connait une quinzaine d'espèces (1).
(1) La liste suivante, y compris la synonymie, est emgruntée à M. L. Fairmaire, Gener, d. Col. d’Eur.; Cérambyc. p. 246. — Esp. européennes : Sap. irrorata, Fab. Syst. AL. IL, p. 319; Eur. mér., Algérie. — Sap. Kirbyi, Gyllenh. in Schœnh, Syn. lus. III, Append. p. 186; Espagne, — Sap. cynaræ, Germ. Reis. n. Dalmat. ed. 2, p. 222 (var. À. latipennis, Muls.); Eur. mér., Algéric, — Lam. asphodeli, Latr. Hist. nat. d. Grust. et d. Ios. XI, p. 282 (Sap. Spencei Schœnh.; var. À. acuiipenris Muls.); France mér. —4. umbellatarum, Walti, Reis. n. Span. p. 350; Espagne mér.— À. pyren@a, Ch. Briss. d. Bürnev. in Gren. Cat, d. Col. d. France; Pyrénées. — Cer. lineatocollis, Marsh. Eutom. brit. p. 331 (Cer. villosu-viridescens De Geer; Sap. cardui Fab., Oliv. etc.); Europe. — Sap. .anguslicollis, Gyllenh. in Schœænh. loc. cit, p. 189; Europe. — Sap. maculicollis, Gyleah. id p. 189; Allemagne, Hongrie. — Sap. annularis, Oliv. Eutom, IV, 68, p. 11, pl. 4, Ê 46; Espagne. —,4. ose lis, Reicbe, Aon. d. 1, Soc. entom. 1898, p. 19; Turquie. — A. Lais, Reiche, ibid. p. 21; Grèce. — Sap. suluralis, Fab. Mant. ins. [, p. 149 (Cer. cardui Linné; Sap. cœrulescens, Petagn. var. 4. nigroænea L. Duf.; 4. Peragalli Muis.); Eur. mér., Algéric. — 4. consobrina, Chevrol. Rev. et Mag. d, Zool.
SAPERDIDES. 891
Groupe LXVIII Saperdides.
Cavités cot. interméd. largement ouvertes. — Crochets des tarses divariqués. — Jambes interm. sans sillon ni sinus dorsal.
Tète rarement rétractile; front rectangulaire. — Antennes de longueur variable, leur scape em cône renversé. — Yeux finement granulés, échancrés.— Prothorax presque toujours inerme latéralement.— Elytres le débordant plus ou moins fortement à leur base.— Hanches antérieures plus où moins saillantes, anguleuses en dehors: 4° article des tarsès en général débordant peu ou à peine les lobes du 3°.—Episternums métathoraciques larges en avant, graduellement atténués en arrière. — Saillies mésosternale et prosternale lamelliformes, inermes. — Corps de forme variable.
Quel que soit le nombre des groupes primaires qu'ils admettent parmi les Lamiides, les eutomologistes sont d'accord, depuis Latreille, pour considérer le genre Saperva de Fabricius comme étant le type de l'un d’eux (1). Il me paraît, au contraire, n'être qu'un des nombreux sous-types des Lamiides proprement dites, et cela est tellement vrai, qu'il m'a été impossible de découvrir quelque caractère qui le distinguât nettement de ceux d'entre eux qui ont, comme lui, les cav. cot. interm. ouvertes, les crochets des tarses divariqués ctles jambes interm. sans sillon. Il y a, par ex., chez les Phrynétides qui réunissent ces trois conditions, des genres (EuRysops, INEsIDa, Purynera) qui ont les épisternums méthathorac. faits exactement comme ils le sont ici, et quant à la brièveté du 4° art. des tarses, elle n'existe pas dans l'un (SINGaz1a) des genres qui suivent. Ges exceptiens mises de côté, ces deux particularités sont les plus caractéristiques des Saperdides.
Une partie seulement de ces insectes reproduisent les formes des
1840, p. 17; Espagne. —Sap. violacea, Fab. Syst. Entom. p. 187 (Sap. micans Panz.; Sap. cœrulea Schœnh.); Europe — Sap. leucaspis, Stes. in Schœnh. loc. cit. p. 184; Hongrie, Russie mér.
Aj. A. smaragdina, chalybæa, Falderm. Faun. entom. Tranec. IL, p. 301, pl. 10, £. 6, 7; Russie mér.
(1) Voyez plus haut (p.241, note) à cet égard les opinions de MM. Pascoc, H. W. Bates et J. Thomson. — M. Mulsant (ed. 2, p. 239) n'admet dans lu sous-fan, actuelle qne deux groupes primaires, les Lamiens et les Saperdius, en quoi il a ét6 suivi par M. G. Thomson (Skandin. Col. VI, p. 78 et 57). Pour M. L. Fairmaire (Gener. d. Col. d'Eur. p. 159) les Lamiides se partagent en 11 groupes dont les Sapordites forment l'avaut-dernier, Les ANÆSTHENS, les Acaranruia ét les PnyrŒcia en soit exclus et constituent les types d'autant de groupes distincts. Le 2e de ces savants entomologistes fournit un exemnle frappant de la facilité avec laquelle, ainsi que je l'ai dit précédemment (p.241), les Lamiides se prêtent à tout ce qu’on veut en faire. ILcomprend dans son groupe des Saperdina les genres Monouammus, Lanta et MESoss,
espèces européennes. Les autres, tous propres aux Indes orientales ou à l'Afrique, en ont de toutes différentes. À la riguear même, ils devraient former plusieurs groupes distincts faciles à caractériser (4); mais cette mesure n'étant pas absolument nécessaire, j'ai cru devoir m'en abstenir. Le groupe correspond, à quelques exceptions près, aux «Saperditæ veræ » de M. J. Thomson (2) et aux « Saperdinæ » de M. Pascoe (3). |
I. Antennes au maximum un peu plus longues que le corps; leur 3e art. non épaissi.
a Corps plus où moins allongé, élytres planes, leur déclivité postér. nulle ou très-faible.
Prothorax inerme latéralement.
© Antennesà art. 3-4 beaucoup plus courts que 5-11 réunis. d Tubercules antennif. distants.
Cuisses assez robustes, peu à peu en massue : Saperda. — grêles, pédonculées à leur base : Singalia. dd Tubercules antennif. rapprochés; front étroit, très-haut : Tanylecta.
ce Antennes à art. 3-4 aussi longs que 5-11 réunis : Zosne. bb Prothorax fortement tuberculé sur les côtés : Thermistis. aa Corps plus ou moins court et massif; élytres en général convexes et fortement déclives en arrière, e Yeux non divisés.
f Elytres non carénées latéralemont, ff — carénées latéralement : Neoxantha.
Point de sillon aux jambes interméd. Lobe supérieur des yeux égal ou subégal à l’inférieur: Entelopes. —— plus petit que — : Seriæia.
ee Yeux divisés: Bachisa.
IT. Antennes plusieurs fois aussi longues que le cerps, à art. 3 épaissi : Xyaste.
Aj. Mycernus, etc.
SAPERDA.
Far. Syst. Entom. p.184 (4).
Mâles : Mandibules de longueur variable, en général assez sail-
(1) Ces groupes seraient au nombre de 6, représentés par les genres suivants: 1 SarenpA, Anoesraeris; 2 TaNYLEGTA, CaGosiMa, ZOsne; 3 SiNGALIA; 4 THERMISms; 5 Crantesrues; 6 Enrecopes, SErixtA, NeoxANTIA, MaLLODERMA.
(2) Syst. Cerambyc. p. 114.
(3) Longic. Malayan. p. 327.
(4) Syn. Compsinia, Muls. Col. d. France; Longic. éd. 1, p. 182. — ANOEREA, Muls. ibid. p. 184. — Amicia, Muls, ibid, éd: 2, p. 376:—Ançazra, Muls: ibid.
SAPERDIDES, 833
Jantes et peu épaisses. — Tôte plane entre ses tubercules antennifères; ceux-ci très-courts, déprimés, distants; front ample, : subéquilatéral, plan; joues au plus médiocres. — Antennes finement pubescentes, faiblement ou à peine ciliées en dessous, au maximum un peu plus longues que le corps, à articles 4 en cône renversé, empiétant un pou sur le prothorax, plus court que 3, 4-11 moins longs que ce dernier, décroissant peu à peu. — Lobes inférieurs des yeux assez grands, plus hauts que larges. — Prothorax transversal, régulièrement cylindrique. — Ecusson arrondi en arrière. — Elytres plus ou moins allongées, planes ou très-peu convexes, parallèles où peu à peu atténuées en arrière, débordant fortement le prothorax à leur base. — Pattes assez longues; cuisses sublinéaires, les postérieures égales aux quatre 1° segments abdominaux; tarses médiocres, les postérieurs à article 4 de longueur variable, le 4° de tous dépassant peu les lobes du 3° (1). — Abdomen à segments 1-4 égaux; le 5°en général plus long, de forme variable; son pygidium souvent en partie à découvert. — Saillie mésosternale assez, la prosternale trèsétroites. — Corps allongé, pubescent, plus ou moins hérissé de poils fins. .
Femelles : Antennes moins longues, parfois un peu plus courtes que le corps. — Pygidium et 5° segment abdominal autrement faits que chez les mâles, variables.
Réduit aux espèces conformes à cette formule , l’ancien genre SapERDA des auteurs est médiocrement nombreux et ne paraît pas exis- (er en dehors des régions tempérées et froides de l'hémisphère boréal dans les deux continents. Comme on le voit par la synonymie, M. Mulsant l’a divisé en plusieurs, en se basant uniquement sur les espèces européennes et d'après des caractères dont les plus sérieux sont empruntés à la largeur relative des épisternums métathoraciques et à la forme des élytres.
LaS. carcharias (2), la plus grande de celles que possède l'Europe, constitue à elle seule celui qu'il a nommé Anogres. Ses élytres moins aplaties que chez les suivantes, atténuées et acuminées en arrière,
p. 381; simple sous-genre des Sapenpa, établi sur les espèces à antennes non annelées (tremulæ, punctata\.— CompsipEa et STENOSTOLA Haldem.—CEranByx Linné, De Geer, etc.
(1) Suivant M. J. L. Le Conte (Journ. of the Acad, of Philad. Ser. 2, I, p. 161), chez les mâles des espèces des Etats-Unis, les crochets antérieurs sont munis d’une forte dent basilaire. de la trouve, en elfet, chez la plupart de ceux que J'ai sous Les yeux, mais elie n’est qu’un plus grand développement de cette sorte de feston qui existe chez une foule de Longicornes et ne rend pas les crochets en question appendiculés. À ma connaissance elle n’existe pas chez les espèces de l’ancien continent.
() Cer. id. Linné, Syst. nat. IL, p. 631; Oliv. Entom. IV, 68, pl. 2, 1. 2 (Cer. punctatus De Geer).
ses formes robustes et ses épisternums métathoraciques fort larges, forment ses caractères essentiels.
Il réserve le nom de SÂperra aux espèces (1) de seconde grandeur, à élytres également atténuées postérieurement, mais planes et arroudies ou subtronquées au bout, dont le facies est moins robuste et les épisternums un peu moins larges.
Ses Compsipra comprennent quelques petites espèces (2) de forme
. plus svelte, et dont le caractère essentiel réside dans les élytres légè-
rement convexes et parallèles. Entre elles et les Sarerpa, le passage a lieu par les Amicra (3).
Quelques-unes des espèces de l'Amérique du Nord (4)rentrent assez bien dans ces genres, les autres en exigcraient de nouveaux.
La livrée des Saperpa est très-variée et parfois (scalaris, tremulæ, Punciata, ete.) remarquable.
SINGALIA.
Mâle ? : Tête assez fortement distante des hanches antérieures, faiblement concave entre ses tubercules antennifères; front étroit, plus
(1) Cer. scalaris, Linné, loc. cit. p. 632 (var.? Cer. hieroglyphicus, Pallas, Reise, II, p. 723 et Icon. ins. pl. F, f. 17).— Cer. perforatus, Pallas, Reise, Il, p. 723 (Sap. Seydlii Fab.; S. punctata Payk.; S. Rudolphii Cederh.); Europe bor. etor. — S. tremulæ, Fab. Syst. El. JE, p. 327. — Cer. punctatus, Linné, Syst. nat, Il; Suppl. p. 1067.
(2) Cer. popuineus, Linné, Syst. nat. IL, p. 632, — Sap. quercus, Charpent. Hor. entom. p. 224; Hongrie.
(3) Sap. phoca, Frœlich, Naturforsch. XX VIE, p. 139 (S. similis Laichart).
(4) La liste suivante est empruntée à M. J. L. Le Ccnte, Journ. of the Acad. of Philad. II, p. 162. 11 les divise en trois sections.
A. Elytres aiguës et divergentes à leur extrémité, S. obliqua, Say, Journ. of the Acad. of Philad. V, p. 274; Pennsylvanie.
B. Elytres arrondies au bout avec la suture épineuse. S.calcarata, Say, loc. cit. TE, p. 408. — adspersa, d. L. Le Conte in Agass. Lake Super, p. 234 lac Huron.
C. Elytres arrondies en arrière avec la suture inerme. S$. mutica, Say, loc. cit. [I p. 409. — cundida, Fab. Syst. EI. II, p. 319 (bivittata, Say, loc. cit. UE, p. 409). — vestita, Say ïh Long’s Exped. IL, p. 290. — pullala, Haïdem. Trans. of the Amer. Phil. Soc. X, p. 55; Alabama? —concolor, J. L. Le Conte, Jour. of the Acad. of Philad. loc. cit. p. 163; Santafé. — meæsta, J. L. Le Conte in Agass. loc. cit. p. 234; lac Supérieur. — fuscipes, Say, Journ. of the Acad. of Philad. V, p. 273. -— discoidea, Fab. Syst. EL. I, p. 322. — puncticollis, Say, loc. cit. LIT, p.406 (trigeminata, Randall. Boston Journ. of nat. Hist. IL, p. 43). — lateralis, Fab. Syst. El. II, p. 323. — vridentata, Oliv. Entom. IV, 68, p. 30, pl. 4, £. 48. — picea, Fab. Syst. I. IL, p. 332. — Cana, New. The Éntomol. p. 12; Floride. —cretata, Newm. The entom. Mag. V, p. 396. — inornata, Say, loc. cit. IL, p. 407 (concolor d'?); Missouri. —marginala, Fab. Syst. EI. II, p. 331,
SAPERDIDES. 835
haut que large; joues très-courtes. — Antennes grôles, filiformes, faiblement ciliées en dessous, atteignant le quart postérieur des élytres, à articles 1 cylindrique, arqué, de moitié plus court que 3, celui-ci du double plus long que les suivants, 5-11 subégaux.— Yeux très-gros, convexes, faiblement échancrés à leur sommet interne, — Prothorax plus long que large, régulièrement cylindrique, muni à sa partie antérieure d’une élévation comprimée en triangle obtus. — Ecusson parallèle, arrondi en arrière. — Elytres planes, très-allongées, parallèles, sans épipleures, sauf à leur base, laissant le pygidium à découvert, isolément acurminées au bout en une épine aiguë. — Pattes longues, surtout les postérieures, grèles ; hanches antérieures et intermédiaires couchées, convergentes; les re contiguës"à leur sommet. -— Cuisses longuement pédonculées, puis en massue fusiforme; les postérieures égales aux quatre 1° segments abdominaux; tarses médiocres, à article 4 assez allongé. — Abdomen mou,tylinérique, à segments égaux, le 5e sinué au bout. — Episternums métathoraciques très-larges. — Saillie mésosternale étroite, parallèle. —
Corps très-allongé, svelte, presque glabre en dessus, à peine, pubescent.
Je possède depuis longtemps le type (1) de ce genre singulier et qui ne ressemble à aucune Saperdide décrite jusqu'ici. Le peu de solidité de l’abdomen et la forme des quatre hanches antérieures rappellent ce qui existe chez les Cérambycides du groupe des OEmides.
TANYLECTA.
Pascor, Proceed. of the Zool. Soc. 1866, p. 263.
Mâle : Tête assez distante des hanches antérieures, étroitement et médiocrement concave entre ses tubercules antennifères; ceux-ci courts, verticaux, séparés; front du double plus haut que large, étroit, élargi sous les yeux; joues allongées, — Antennes pubescentes, ciliées en dessous à leur base, atteignant le tiers postérieur des élylres, à articles 1 en cône renversé, égal à 3, celui-ci un peu plus long que 4, 3-11 plus courts, subégaux.— Lobes inférieurs des yeux très-grands, subéquilatéraux. — Prothorax plus long que large, cylindrico-ovalaire. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres très-allongées, planes, carénées latéralement, avec leurs épipleures verticales et ellesmêmes carénées dans toute leurglongueur; peu à peu rétrécies 6t tronquées en arrière, leurs angles externes prolongés en une saillie épineuse. — Pattes longues, surtout les postérieures; hanches anté-
(1) S. spinipennis. Subtus cum pedibus antennisque flava, capite obscuriori fascia frontali brunnea; prothorace elytrisque brunneis; illo antice subtiliter asperato, his dense punetulatis, fasciis duabus valde arcuatis (alter pone
basin, alterà media) apiceque late flavo-testaceis. Long. 16 mil, Hab. ins. Taprobanà.
rieures saïllantes; jambes de la même paire en ellipse allongée, les autres faiblement épaissies, les postérieures un peu plus courtes que l'abdomen ; tarses antérieurs un peu dilatés, les postérieurs longs, à article 4 plus grand que 2-3 réunis. — Pygidium long, découvert, cylindrique, fortement et triangulairement échancré; valve génitale supérieure visible, arrondie au bout, fissile dans toute sa longueur; — 5° segment abdominal très-long, cylindrique, profondément canaliculé dans sa moitié postérieure; les lèvres du canal villeuses.—Saillie mésosternale de largeur moyenne; la prosternale très-étroite. — Corps très-allongé, robuste, partiellement pubescent. — Femelle inconnue,
Suivant M. Pascoe, les crochets des tarses sont simples également dans cè dernier sexe. Dès lors, je suis obligé de mettre ce genre parmi les Saperdides, malgré ses rapports évidents avec les GLENEA. Il ne comprend qu'une grande et belle espèce (1) de Poulo-Pinang, d’un noir assez brillant, avec cinq bandes longitudinales sur le prothorax et de nombreuses petites taehes irrégulières sur les élytres, d'un blanc sale; ces derniers organes sont très-fortement ponctués à leur base et sur leurs bords latéraux; le dessous du corps est orné de deux raies blanches de chaque côté.
ZOSNE.
PascoE, Proceed. of the Zool. Soc. 1866, p. 263.
Femelle : Tête assez distante des hanches antérieures, plane entre ses tubercules antennifères; ceux-ci très-distants, presque nuls; front équilatéra!; joues allongées. — Antennes pubescentes, densément ciliées en dessous, atteignant à peine le milieu des élytres, à articles 4 cylindrique, caréné sur son bord interne, 3-4 réunis aussi longs que 5-11 pris ensemble; 3 très-grand. — Lobes inférieurs des yeux médiocres, subéquilatéraux. — Prothorax subtransversal, cylindrique. — Elytres assez allongées, planes sur le disque, peu à peu rétrécies et obliquement tronquées en arrière; leurs épipleures verticales. — — Pattes médiocres; cuisses peu à peu et faiblement én massue, les postérieures égales aux quatre 1*'° segments de l'abdomen; tarses courts, leurs crochets mumis d'une petite dent obtuse à leur base. — 5° segment de l'abdomen plus grand que 4, conique, tomenteux au bout. — Saillie mésosternale triangulaire, déclive; la prosternale étroite. — Corps allongé , robusteM@pubescent.
On voit reparaître dans ce genre cette forme des antennes si commune chez les Niphonides etles Apomécynides. Son unique espèce (2) est assez grande et voisine de celle de la Tanylecta Lambii. Elle est partout variée de blanc et de noir; la première de ces couleurs do-
(1) L. Lambii, Pascoe, loc. cit. pl. 28, £. 9. (2) Z. cincticornis, Pascoe, loc. cit. p. 264, pl. 18, f. 6; Poulo-Pinang.
SAPERDIDES. 837
mine en dessous et sur les pattes, forme des bandes longitudinales sur le prothorax et une foule de marbrures sur les élytres; ces dernières sont grossièrement ponctuées à leur base et sur les côtés, les antennes sont d’un blanc jaunâtre avec le 4° et le 5° articles noirs.
THERMISTIS.
Pascor, Longic. Malayan. p.438, note.
Mâle? : Tète subrétractile, médiocrement concave entre ses tubercules antennifères ; ceux-ci courts; front plan, plus haut que large; joues courtes. — Antennes assez robustes, sétacées, non cylindracées, faiblement ciliées en dessous, un peu plus longues que le corps; à articles 4 robuste, en cône renversé, moins long que 3, celui-ci et 4 subégaux, 3-11 plus courts, décroissant lentement. — Lobes inférieurs des yeux grands, plus hauts que larges. — Prothorax transversal, cylindrique, muni de chaque côté d’un fort tubercule conique. — Ecusson arrondi en arrière. — Elytres médiocrement allongées, peu convexes, légèrement déclives, peu à peu rétrécies et obliquement tronquées en arrière, débordant fortement le prothorax en avant. — Pattes assez longues, robustes, subégales; cuisses sublinéaires; les postérieures égales aux quatre 4°" segments abdominaux; tarses médiocres, les antérieurs un peu dilatés; crochets simples, munis d'une dent subobsolète à leur base. — 5° segment abdominal en cône assez court. — Saillie mésosternale de largeur médiocre, parallèle; la prosternale très-étroite. — Corps médiocrement allongé, robuste, pubescent. avec quelques poils fins redressés.
M. Pascoe a compris ce genre dans les Phytæciides, en le regardant comme allié de près aux GLENEA. Je lui trouve tous les caractères essentiels des Saperdides vrais dont il semble, au premier coup-d'œil, très-différent par suite de la forte armature de son prothorax.
Il cest établi sur une assez grande et belle espèce du continent indien, décrite depuis longtemps par M. Saunders sous le nom de Lamia croceocincta (1). Elle est d’un jaune serin en dessous, d’un noir velouté en dessus, mat sur les antennes et les pattes, avec le front, les côtés antérieurs du prothorax, deux bandes transversales sur les élytres (l'une transversale , voisine de la base; l’autre en chevron après leur milieu) et la facaginférieure des cuisses du mème jaune que le dessous du corps; sauf quelques assez gros points enfoncés près de leurs bords latéraux, les élytres sont lisses.
(1) Trans, of the entom. Soc. Il, p. 178, pl. 16, £. 6.
ENTELOPES.
(Des.) J, Tuoms. Essai, etc. p. 345 (1).
Mâle ? : Mandibules assez longues, minces. — Tête subrétractile, large, renflée sur le vertex, plane entre ses tubercules antennifères ; ceux-ci très-courts, distants ; front subéquilatéral; joues allongées. — — Antennes assez robustes, lâchement ciliées en dessous, plus courtes que le corps, à articles 1 peu à peu en massue, un peu plus long que la tête, 3 beaucoup plus grand que lui et que 4, 5-11 plus courts, décroissant peu à peu. — Yeux médiocres; leurs lobes inférieur et supérieur subégaux, transversaux. — Prothorax très-court, cylindrique, traversé par deux sillons fortement marqués. — Ecusson assez grand, arrondi en arrière, — Elytres courtes, convexes, parallèles dans leurs 2/3 antérieurs, déclives, rétrécies, arrondies, et chacune münies d'une épine en arrière, débordant très-fortement le pruthorax à leur base. — Pattes médiocres, robustes, les postérieures plus longues; cuisses peu à peu en massue, les postérieures de la longueur des élytres; tarses courts et larges, leur article 4 dépassant à peine les lobes du 32. — Abdomen à segments 1-4 courts, égaux , 3 beaucoup plus long, convexe, curviligne, sillonné sur la ligne médiane, — — Suillies sternales étroites, arquées suc leurs faces opposées. — Corps très-court, très-massif, presque glabre ou revêtu d'une fine pubescence.
Geure remarquable, mais contenant en ce moment des éléments étrangers, si l’on s'en tient rigoureusement aux crochets des tarses (2). Provisoirement je n’y comprends que l'espèce typique (3), très-joli insecte des archipels indiens, d'un beau jaune, avec une tache brune (parfois obsolète) derrière chaque œil et trois grandes d'un noir bleuâtre sur chaque élytre : deux à la base sur la même ligne, une après leur milieu; ces organes sont densément ponctués à leur
(1) M. Guérin-Méneville (Icon.; Ins. p. 245) a, le presnier, dit quelques mots du genre, en le caractérisant très-sommairement.
(2) Sur les cinq espèces décrites, je n’en connais que deux, la glauca qui en constitue le type, et la Wallacei Pascoe. La première a les crochets divariqués et simples, comme le dit M. Guérin-Méneville; ceux de la seconde sont divergents et biñdes au bout. À part cela @leur livrée qui est différente, cos deux insectes présentent exactement les mèmes caractères génériques. Mais: dans la méthode que je suis, les crochets des tarses jouent un trop grand rôle pour que ces deux espèces restent dans le même genre. M. Pascoe ne parle pas de ces organes,
(3) £. glauca, Guér.-Ménev. loc. cit. (brevicollis, Dej. Cat. éd. 3, p. 373); rien absolument ne justilie le premier de ces noms spécifiques; le second est beaucoup plus convenable, inaïs inédit. Cet insecte habite Java, Malacca et Borneo.
SAPERDIDES, 839
base, lisses en arrière. Les autres espèces (1) ont une livrée différente.
SERIXIA.
Pascoë, Trans. of the entom. Soc. Ser. 2, IV, p. 45 (2).
Genre voisin des EnreLopes dont il se distingue par les caractères suivants : ‘
Tête de grosseur variable, mais débordant toujours le prothorax. — Antennes de grandeur variable, mais toujours notablement plus longues que le corps, surtout chez les S' : leurs articles 5-11 décroissant plus lentement. — Lobes supérieurs des yeux plus petits que les. inférieurs. —Prothorax muni sur la ligne médiane, près de son bord postérieur, d'une élévation aplatie en forme de triangle renversé, souvent remplacée par une simple carène. — Elytres de longueur variable, peu convexes ou déprimées sur le disque, parallèles ou élargies en arrière, munies chacune, dans le voisinage de la suture, d'une petite épine parfois absente. — Corps beaucoup moius massif.
M. Pascoe avait fait primitivement deux genres de ces insectes : l'un, du nom de Serixia (types: apicalis, modesla), composé d'espèces assez allongées, à antennes finement ciliées en dessous, à élytres déprimées et élargies en arrière; l’autre nommé Iocea (types : prolata, longicornis, etc.), comprenant des espèces plus petites, non déprimées, parallèles et à antennes glabres en dessous. Des formes intermédiaires l'ont engagé, depuis (3), à réunir ces deux coupes génériques, mesure que je ne puis qu'adopter, n'ayant vu qu'un très-petit nombre de ces insectes. s
Dans cet état le genre est assez nombreux (4), mais variable sous le rapport de la livrée qui cependant, en général, se rapproche de celle des EnréLores tels que M. Pascoe les à établis.
NEOXANTHA.
Pascor, Trans. of the entom. Soc. Ser. 2, IV, p. 45.
Mèmes caractères que les Enreopes, sauf les différences suivantes :
Tête plus petite, pas plus large que la tête dans les deux sexes. —
(1) E. Wallacei, Pascoe, Trans. of the entom, Soc. Ser.2, IV p. 46. — ioptera, Pascoe, ibid, p. 108, pl. 23, f. 8.— amoœna, Pascoe, Longic. Malayan.p. 335, pl. 15, £. 8. Tous de Bornco, — similis, Pascoe, Procéed. of the Zool. Soc. 1866, p. 255; Poulo-Pinang.
() Syn. loue, Pascoe, ibid. p. 254, et plus tard (Longic. Malayan. p. 335), ToLEa, par correction.
(3) The Journ, of Entom. I, p. 354.
(4) S. apicalis, Malacca; modesta, Borneo, Pascoe, loc. cit.; avec une figure de
Antennes de la longueur du corps (@) ou un peu plus courtes (Q}=—= Lobes supérieurs des yeux beaucoup plus petits que les inférieurs. — Prothorax moins transversal, muni de chaque côté d’un assez gros renflement arrondi. — Elytres obtusément carénées sur les côtés depuis les épaules jusqu’au milieu de leur longueur, inermes en arrière. — 5° segment abdominal fortement transversal, largement arrondi au bout. — Corps revêtu d'une fine pubescence lanugineuse et de poils fins redressés.
Les crochets sont simples comme ceux de l'Entelopes glauca, ce qui différencie fortement le genre des Serix1A dont M. Pascoe l’a regardé comme voisin, Il ne comprend qu'une belle et assez grande espèce (1) du nord de la Chine, d'un beau jaune clair et assez brillant, avec trois points noirs (un discoïdal, deux latéraux) sur le prothorax, et une grande tache brunâtre sur chaque élytre avant son milieu.
BACCHISA.
Pasro, Longic. Malayan. p. 342.
h Je n'ai pas vu ce genre, établi sur un seul exemplaire qui, sans aucun doute, était un mâle, Suivant M. Pascoe, il ne diffère des Sx- RIXIA que par les trois caractères suivants :
Tète très-large et concave entre ses tubercules antennifères, portant entre ces derniers une protubérance carrée, verticale, légèrement bilobée au bout; ces lobes terminés chacun par un pinceau de poils, ainsi que les tubereules aptennifères ; tête parcourue dans toute sa longueur par une ligne Saillante. — Antennes plus robustes. — Yeux divisés.
Ce dernier caractère suffit pour démontrer que, même en ne tenant pas compte de la forme singulière de la tête, son unique espèce (2) découverte par M. Wallace dans l’île de Flores, est très-distinete des SerixrA. Elle est longue de 10 millim. et d’un jaune rougeâtre avec les antennes et les élytres d’un bleu d’acier très-foncé.
la 4re pl. 16, f.3.— Jo]. prolata, Borneo; longicornis, Malacca; literata, Macassar, Pascoe, ibid. p. 254. — Ser, ornala, cephalotes, Batchian; sedala, Siam; Pascoe, The Journ, of Entom. I, p. 353. — S, marginata, Batchian; amulenta, Borneo; optabilis, Ceram ; lychnura, Borneo; prœusta, Mysol; quadrina, Morty; fulvida, Batchian; Pascoe, Lorgic. Malayau. p. 337.— S, varians, busalis, prasinata, Pascoe, Procced, of the Zool. Sèc. 1866, p. 256 ; Poulo-Pinang.
(1) N. amicla, Pascoe, loc. cit. pl. 16, f. 4; Shangai.
(2) B. coronata, Pascoe, loc. cit. pl. 15, f. 11.
GLÉNÉIDES. Si
XYASTE.
Pascor, Procced. of the Zool. Soc. 1866, p. 257 (1).
Je n’ai à ma disposition qu'un exemplaire mâle, collé sur du papier, d’une espèce (semiusla) de ce genre voisin de SerixIA du type des lozra. Il ne diffère de ces dernières que par les points suivants : x
Antennes capillaires, très-longues, à articles 1 peu robuste, en cône renversé et arqué, atteignant presque la base du prothorax, 3 beaucoup plus grand que 4, épaissi dans toute sa longueur et presque toujours hérissé de cils courts. — Elytres déprimées sur le disque, parallèles, arrondies et inermes en arrière, — Corps moins robuste, oblong. ,
La structure des antennes constitue évidemment le principal caractère du genre; M. Pascoe ne disant pas que l’épaississement de leur 3 article est propre aux mâles, il faut en conclure qu'il existe dans les deux sexes. Ces insectes sont plus petits que les Serixia et leur taille paraît peu varier (6-8 mill.); ils ont, du reste, une livrée analogue à celle du genre en question (2).
Groupe LXIX. Glénéides.
Cavités cot. ihterméd. largement ouvertes. — Crochets des tarses divariqués, parfois munis d'un feston à leur base. — Un sillon aux jambes intermédiaires.
Les 3 segm. int. de l'abdom. plus courts que les autres.
Les autres caractères ne diffèrent pas de ceux des Saperdides, si ce n’est que dans l’immense majorité des espèces les élytres sont carénées latéralement, mais comme ce caractère n'est pas absolument étranger aux Saperdides, il s'ensuit que ces insectes ne diffèrent rigoureusement de ces dernières que par la présence d'un sillon aux jambes interméd. Ce sillon est en général très-faible, et même bien près de disparaitre chez certaines GLENEA, mais comme j'en trouve au moins des vestiges chez toutes les espèces que j'ai sous les yeux, je ne peux que regarder ces insectes comme constituant un type particulier distinct des Saperdides.
(1) Syn. SerixiA (pars) Pascoe, olim.
(21 M. Pascue les divise en deux sections : A. Art. 3 des antennes plus long que le scape : X. semtusta, Sumatra; paradoæa, Singapore; invidn, torrida, Borneo; subminiacea, Singapore; finila, Kavia ; palliata, Saylie; cupida, Batchian; trigonalis, Morty; Pascoe, Longic. Malayan. p. 343. B. Art. 3 des antennes plus court que le scape : Ser. nigripes, Pascoe, Trans. of the entom. Soc. Ser. 2, IV, p. 255; Poulo-Pinang, Singapore. — X. fumosa, Pascoe, Longic. Malayan. p. 347; Borneo.
M. J. Thomson (Syst. Cerambyc. p.123) a également un groupe des Glénéites, mais sur les trois genres qui le composent, un seul (GLenrA) lui appartient réellement. Quant à M. Pascoe (L. M. p. 363), à qui l'on doit la création de 5 des 6 genres qui suivent, il a compris ces insectes dans les Phytæciides. Tous sont propres aux Indes or.