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10 STAPHYLINIENS. he
Sous-Trisu I. Staphylinides vrais.
Antennes insérées aux extrémités du bord antérieur de l'épistofné. — Stigmates prothoraciques le plus souvent visibles, parfois recouverts par une plaque cornée libre.
Cette sous-tribu est plus riche en-espèces et en genres que la Orne dente, et certains caractères, communs dans celle-ci, s’y présentent plus rarement. Ainsi, la tête est presque toujours suborbiculaire; les antennes sont très-rarement géniculées, ét, à part le seul genre Tainornus, les élytres ne sont jamais imbriquées.
Un certain nombre de larves de ce groupe ont déjà été décrites. Celle dé l'Ocypus olens (1), la mieux connue de toutes, peut servir de Lype pour ce genre et les SrapnyLinus (2).
Elle a, au premier coup-d'œil, la plus grande ressemblance avec celle des Dyriscus. Sa tête, très-grande, est orbiculaire, denticulée sur son
“bord antérieur, et munie d’un col assez étroit en arrière, comme celle
de l'insecte parfait, et porte de chaque côté quatre ocelles disposés sur deux rangs, et deux très-courtes antennes de quatre articles, dont le 2° égale en longueur les trois autres réunis. La bouche se compose de deux longues mandibules falciformes, très-aiguës et inermes ; deux mâchoires allongées, cornées et terminées par un petit lobe ; un menton corné trèscourt, suivi d'une pièce cornée portant la languette qui est membraneusé, petite et acuminée en avant; de quatre palpes filiformes dont les maxillaires composés de quatre, les labiaux très-petils, de deux articles ; le labre manque. Les trois segménts thoraciques sont cornés en dessus : le 4er est en carré long, les deux autres en carré équilatéral. Les neuf segments de l'abdomen sont membraneux, sauf le 1°", et rugueux; ils se rétrécissent peu à peu, et les appendices styliformes du dernier sont longs, subulés, velus et composés de deux articles. Les pattes sont remarquables par lagrandeur dE leurs hanches, mais n’offrent, du reste, rien de particulier.
Celte larve creuse dans la farré un trou d'un pied et plus de profondeur, qu’elle ferme, quand Ie moment de sa métamorphose approche, Elle Fe d’une voracité extrême et dévore avec avidité les petits animaux
(1) La meilleure description est celle qu’en à donnée .Hcer, Observ. ent. p.16, Tab. UL, fig. 1-IL, aÿéc beaucoup de détails. — Voyÿez aussi Blanchard, Mag. ‘a. Zool. ns. 1836, pl: Da f. 12. = Ratzeburg, Die Fortins. I, p. 30! pl L, £. 14, — Brullé, Hist. nat. à. Ins. VIL, pl. 3, f. 4.
(2) Deux larves de ce genre ont été décrites, mais pas avec assez de détails : St. maæillosus, Westwood, Introd. to the mod. class. of Îns. I, p. 168, £. 16, nos 1-8 (l’auteur hésite quent à la détermination de l'espèce, et.dit que cette
larve est peut-être celle de l'Ocypus olens) ; St. murinus, Slræm, Nogle Insectenlarves med deres Forwandl, p. 375.
STAPRYLINIDES, ù 71
qui tombent dans son trou ou qu 'elle saisit quand ils passent à sa portée. Elle sort aussi de sa retraite pendant la nuit pour leur faire la chasse, Ces mœurs, qui rappellent celles des larves des Cicindélides, semblent jusqu'ici lui être particulières.
Les larves des Parconruus, d'après Bouché (1), avec dés caractères en grande partie identiques, auraient des antennes de cinq articles, un labre court et membraneux, des palpes maxillaires de cinq aflicles (?), des cuisses garnies en dessous de deux rangées d'épines, et des appendices styliformes triarticulés. Celle du Ph. æneus, d'après lequel cet auteur a fait sa description, vit dans le fumier et fait une chasse active aux larves des Diptères et autres insectes.
On connaît aussi trois larves des Quenrus (2); comme les insectes parfaits de ce genre, elles ont le corps très-étroit et la tête en carré long, mais, à part cela, présentent tous les caractères essentiels des précédentes; seulement les auteurs qui les ont décrites, ne sont pas d'accord sur plusieurs points importants,
Des 17 genres qui rentrent dans ce groupe, la moitié environ sont exclusivement exotiques.
fs 1. Stigmates prothoraciques à découvert (3).
A Antennes droites, a Les quatre tarses postérieurs déprimés.
4e art, des palpes max. acuminé : Hæmatodes, Cordylaspis.
— non acuminé : Scgriphœus, Palestrinus, Caranistes.
aa Les quatre tarses postérieurs filiformes.
b Elytres imbriquées : Thinopinus.
db — non imbriquées. à k 8 4e art. des palpes max. fon SUbulé : Séaphylinus, Ocypus, Bélonuchus, Philonthus.
Le même subulé : Heterothops.
(1) Ph. œneus, Bouché, loc. cit. p, 179, pl. 7, £. 29: —M. Wéstwood a aussi décrit (Zool. Journ. I, p. 56), mais avec doute, celle du Ph. politus,
(2) Q. fulgidus, Bouché, loc. cit. p. 180, pl. VIN, £. 1-8; Bouché lui assigne des antennes de six ar ticles, des palpes maxillaires de cing, et des palpés labiaux de deux.—M. Waterhouse, qui a décrit celle du Quedius tristis sous le nom d} Q@. fuliginosus (Trans. of the ent. Soc. I, p: 32, pl. 3, f.2), dit que les antènnés ont quatre articles, les palpes maxillaires quatre;-et les labiaux trois, — Une troisième espèce, celle du @. dilatatus, à été décrite par M. Henslow dans le « Zoologist » de M. Newman, p. 2585 ; mais je n’ai pas cet ouvrage à ma disposition.
(3) Un très-petit nombre de Srapnyanus (muninus, nebulosus) font seuls ex-
ception à cet égard, et ont ces organes recQEeR comme dans la seconde sec= tion, “ ‘
72 STAPHYLANIENS.
Antennes géniculées : Acylophorus.
. Stigmates prothoraciques recouverts d’une plaque cornée Îbre. € Dernier article de tous les palpes semblable, Filiforme : Quedius, Sécuriforme : Astrapœus.
cc Dernier article des palpes max. filiforme. Celui des labiaux sécuriforme : Euwryporus.
— semi-lunaire : Oxyporus,
HÆMATODES.
De Casteun. Etud. ent. p.113 (1).
Menton très-court. — Languette assez saillante, arrondie et légèrement sinuée en avant; ses paraglosses.plus longues qu'elle, divergentes, acuminées au bout et fortement ciliées en dedans: — Palpes courts et robustes : le4er des labiaux très-pelit, le 2 gros et obconique, pas plus long que le 3e, celui-ci subovalaire ; les articles 2-3 des maxillaires obconiques, subégaux, le 4° un peu plus long, subacuminè. — Lobe interne dès mâchoires coriace, cilié en dedans; l’externe beaucoup plus long, étroit, corné, cilié à son extrémité. — Mandibules assez robustes, falciformes , dentées dans leur milieu au côté interne. — Labre corné, bilobé, avec ses bords membraneux et ciliés. — Tête suborbiculaire, à peine rétrécie en arrière et enfoncée dans le prothorax, assez convexe. — Yeux petits, obliques, planes. — Antennes courtes, très-robustes, à articles 4 court, obconique, 2-10 formant une massue fusiforme, très-serrés, 11 échancré au bout. — Prothorax de Ja largeur desélytres, transversal, fortement arrondi à sa base, droit sur les côtés Lronqué en ayant, avec ses angles antérieurs assez aigus ct déprimés. — Elytres tronquées obliquement en arrière. — Abdomen médiocre, rélréei postérieurement. — Pattes courtes, robustes, les intermédiaires médiocrement distantes à leur base; cuisses et jambes fortement comprimées, celles-ci munies sur leur tranche externe de nombreuses épines,; tarses courts, déprimés, de cinq articles; les quatre premiers des antérieurs assez dilatés , fasciculés de chaque côté en dessous. — Corps médiocrement allongé, large, assez convexe, ailé,
La seule espèce connue (2) est de grande taille, de forme robuste, hérissée partout de longs poils et noire, avec la tête, le prothorax, les élytres et l'extrémité de l'abdomen d'un beau rouge fauve. Elle est répandue depuis le Brésil moyen jusqu'à Buenos-Ayres, où elle n'est
(4) Syn. Pzaryexeuus, Nordm. Symbol. p. 113, — Praryrowa, Dej. Cat. éd. 3, p. 67.
@) H. bicolor, Gasteln. loc. cit, pl. 3, f. 6 (Plat. lateritius Nordm.).
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SYAPHYLINIDES. 73
pas rare; je l'y ai prisé assez souvent au vol ou sous les cadavres. Le mâle se reconnaît à son sixième segment abdominal légèrement échancré en dessous, . *
CORDYLASPIS.
Nonpw. Symbol. p. 17 (1).
Menton, languette, mâchoires et labre des Hxmaronss. — Palpes de grosseur normale ; le dernier article de tous de moitié plus court que le précédent et acuminé au bout, — Mandibules étroites, légèrement arquées, très-aiguës, inermes au côté interne. — Tête plus étroite que le prothorax, transversalement suborbiculaire, rétrécie postérieurement en un col très-grêle. — Antennes courtes, comprimées, un peu atténuées à leur extrémité, à articles 4 et 3 plus longs que les autres, 11 échancré au bout, — Prothorax transversal, aussi large que les élytres, arrondi à sa base; ses angles postérieurs oblus, les antérieurs assez distincts. — Elytres tronquées obliquement en arrière, avec leurs angles externes coupés obliquement. — Abdomen assez court, rétréci poslérieurement. — Pattes courtes, les intermédiaires contiguës à leur base; cuisses et jambes comprimées, les premières canaliculées en dessous pour recevoir les secondes, celles-ci épineuses en dehors; tarses déprimés, de cinq articles très-serrés, les quatre premiers des antérieurs légèrement dilatés, squammuleux et pubescents de chaque côté en dessous; le 19° de tous les tarses un peu allongé. — Corps oblong, large, atténué à ses deux extrémités, ailé,
Ce genre présente un mélange des caractères des Hæmaronss et de ceux des SrapnyLinus; mais il est plys voisin des premiers. Il ne comprend qu'une assez grande espèce (C. pilosus F.), répandue dans la plus grande partie des régions chaudes de l'Amérique du Sud, d'un noir-bleuâtre, et remarquable par les longs poils qui garnissent les côtés de son protliorax et de ses élytres. Erichson n'a conou que des femelles, el tous les exemplaires que j'ai eu occasion d'observer appartenaient également à ce sexe.
SCARIPHÆUS.
Enicus, Gen. et Spec. Staphyl. p. 342 (2).!
Menton, languette, mâchoires et labre des Hæmaropes ; le lobe externe des troisièmes seulement un peu moins allongé. — Palpes labiaux filiformes; leurs articles croissant graduellement, le dernier tronqué au bout; les maxillaires courts; leurs trois derniers articles subégaux, de
(1) Syn. Suirax, De Casten. Etud, ent. p. 116; nom plus ancien que celui de M. Nordmann, mais déjà appliqué par Linné à un genre de plantes, (2) Syn. Veurerus, Runde, Brachel, agri Hal. p. 1, note.
T4 ; STAPHYLINIENS,
même grosseur, le dernier tronqué. — Mandibules faiblement arquées, canaliculées en dehors, subdentées au côté interne dans leur milieu, — Tête transversalement suborbiculaire, rétrécie postérieurement en un col très-grêle. — Antennes courtes, à articles 4 légèrement allongé, obconique, ainsi que 2-3 qui sont Subégaux, 4-10 transversaux, subperfoliés, le dernier fortement échancré au bout. — Prothorax de la largeur des élytres, transversal, arrondi à sa base, avec ses angles postérieurs nuls, les antérieurs distincts et abaissés, muni d’un rebord déprimé en arrière et sur les côtés. — Elytres tronquées en arrière, avec leurs angles externes coupés obliquement. — Abdomen légèrement rétréci en arrière. — Pattes courtes, robustes, les intermédiaires rapprochées à leur base; cuisses fortement canaliculées en dessous pour recevoir les jambes ; celles-ci épineuses en dehors ; tarses des ConpyLaspis; les antérieurs tomenteux en dessous. — Corps-oblong, ailé, assez large.
La structure des palpes, la faible dent que possèdent les mandibules et la forme des antennes distinguent ce genre du précédent, avec lequel il a, pour tout le reste, les plus grands rapports. Erichson n’y comprend qu'une espèce (S. luridipennis Runde) assez grande, du Brésil. Le mâle a son sixième segment abdominal triangulairément échancré à l'éxtrémilé.
+ PALÆSTRINUS.
Erntcus, Gen. et Spec. Staphyl. p. 343.
Menton et languette inconnus. — Mächoïires des Hxmwarones, — Dernierarticle des palpes labiaux plus long que le précédent, cylindrique et tronqué au bout ; les articles 2-3 des maxillaires obconiques ; le dernier plus court que le 3°, subglobuleux et tronqué à son extrémité, — Mandibules robustes, munies intérieurement! de deux fortes dents. — Labre transversal, bilobé, cilié en avant, corné, sans bordure membraneuse, — Tête oblongue, convexe en dessus, rétrécie postérieurement en un col très-étroit. — Yeux petits, non saillants. == Antennes médiocres, filiformes, à articles 1 médiocrement long, 2 de moitié plus court, 4-10 brièvement obconiques, 11 obliquement échancré. — Prothorax de moilié plus étroit que les élytres, oblong, très-convexe. — Elytres tronquées en arrière, avec leurs angles externes arrondis. — Abdomen assez long, subeylindrique, finement rebordé latéralement. — Pattes assez grêles; jambes antérieures épaissies au bout, lisses en dehors, tomenteuses en dedans ; les autres épineuses ; tarses antérieurs très-pelits, légèrement dilatés, garnis de longs poils en dessous ; les autres médiocres, déprimés ; leurs quatre premiers articles décroissant graduellement. — Corps allongé, linéaire, ailé.
Ce genre ne m'est pas connu en nature. D’après les caractères qui précèdent, diéoit se rapprocher beaucoup des Xantnozmus sous le
STAPHYLINIDES. 75
rapport de la forme générale. Erichson en décrit deux espèces des Indes orientales (1). Les#taractères sexuels sont comme dans le genre précédent. Ê : .:
CARANISTES.
Enons. Gen. et Spec. Slaphyl. p. 925.
Genre intermédiaire entre les Pazæsrrinus et les SrAPHYLINUS qui suivent. A la forme all , linéaire, et à la plupart des caractères des premiers, il réuriit les. différences suivantes :
Lobe externe des mâchoires court, cilié au bout. — Dernier article de tous les palpes plus long que le précédent, cylindrique, un peu comprimé et tronqué au bout. — Tête beaucoup plus large que le prothorax, épaisse, presque droite sur les côtés, échancrée en arrière et munie d’un col très-étroit. — Yeux situés sur les côtés externes du front, petits, obliques, ovales et peu saillants. — Elytres arrondies en arrière. — Toutes les jambes épineuses, les antérieures non épaissies au bout ; tarses de la même paire dilatés, plus larges qu’elles, les posté= rieurs déprimés.
L'espèce unique (C. Westermanni) que décrit Erichson, est également originaire du Bengale, et sa taille égale celle des PALÆSTRINUS.
THINOPINUS.
J. L. Le Conte, Ann, of the Lyc. of New-York, N, p. 215.
D'après M. J. Le Conte, ce genre appartient à la sous-tribu actuelle des Staphylinides vrais, et présente les caractères suivants :
Languette échancrée à son extrémité. — Palpes maxillaires filiformes. — Lobe externe des mâchoires allongé. — Labre très-court, largement échancré et très-longuement cilié en avant. — Yeux plus petits que chez les Srapayzinus. — Elytres très-courtes, arrondies en arrière, leur suture imbriquée ; point d’ailes inférieures. — Abdomen plus large que celui des Srapnyxzinus. — Pattes intermédiaires contiguës ; jambes de la même paire courtes, épaisses, les antérieures comprimées, dilatées en triangle, toutes garnies d'épines serrées ; larses postérieurs non déprimés.
Ces caractères sont très-tranchés et, sans l'opinion explicite de M. J. Le Conte, qui place ce genre dans la sous-tribu actuelle, la suture des élytres imbriquées m'’eût fait croire qu'ilappartenait à celle des Xantholinides. 11 ne contient qu'une espèce (T. pêctus) découverte par ce sa-
(1) P. Sykesii, loc. cit. — mutillarius, p. 924. — Erichson rapporte égale= ment au genre, mais avec doute, le Staphylinus aureus de Fabricius, dont là patrie est Siam,