E. Le Cons, Ann. of the Lyc. of New York, V, p
Menton petit, ogival, bi-fovéolé sur sa face externe. — Dernier article des palpes maxillaires légèrement sécuriforme. — Labre transversal et échancré en are de cercle. — Tète saïllante, médiocrement rétrécie et prolongée en arrière, dilatée au niveau des antennes; épistome allongé, séparé du front par un sillon arqué très-distinet, gra-
136 TÉNÉBRIONIDES,
duellement rétréci, tronqué et sinué dans son miliou en avant, rebordé de toutes parts. — Yeux distants du prothorax, transversaux, lunulés, munis d’une orbite assez saillante en arrière. — Antennes robustes, à articles 2 court, 3 notablement allongé ; le dernier transversal et acu- : miné, — Prothorax distant des élytres, plus long que large, assez convexe, graduellement rétréci en arrière, tronqué en avant, échancré en arc et rebordé à sa base, muni d’une fine arète latérale. — Ecusson couvrant le pédoncule du mésothorax, arrondi en arrière, no pénétrant pas entre les élytres, — Celles-ci régulièrement oblongo-ovales, sans trace d’épaules, brusquement déclives et atténuces postérieurement, non carénées latéralement; leur repli épipleural remontant au niveau des épaules et y formant une courte saillie redressée. — Pattes assez longues ; jambes antérieures triquètres, plus ou moins tranchantes en dehors, avec lour angle apical externe dilaté en un lobe arrondi chez les mâles. — Angles postérieurs des deux pénultièmes segments abdominaux prolongés en arrière. — Saillie prosternale prolongée en arrière, déprimée et rétrécie à son extrémité. — Mésosternum transversal, évaséret largement échancré en arc antérieurement. — Corps glabre.
Genre très-distinct, composé en ce moment de trois espèces (1) découvertes par M. J. L. Le Conto dans la Californie méridionale et les déserts du Gila et du Colorado. Ce sont des insectes de forme allongée, d’un noir assez brillant et ayant parfois (bicolor) les pattes d’un rouge ferrugineux clair. Deux d’entre eux (concolor, bicolor) ont sur les élytres des rangées régulières de gros points enfoncés; le troisième (costipennis) a ces organes fortement sillonnés, avec les sillons ponctués et leurs intervalles formant des côtes tranchantes, Leur caractère le plus remarquable réside dans leur éeusson, qui est construitssur le même plan que celui des Molurides les plus normaux.
La plus grande de ces trois espèces (concolor) a dix lignes de long ; les autres sont d’un tiers plus petites. Elles ont, comme je l’ai dit plus haut, une ressemblance assez prononcée avec les Nycrennus sous le rapport de la forme générale, du moins pour ce qui concerne la seule (concolor) que j'aie vue. a
CENTRIOPTERA.
Manvenn. Bull. d, Mosc. 1843, p. 279.
= Dents latérales du sous-menton larges, trigones. — Menton grand, plan, cordiforme, sinué en avant. — Languette évasée et fortement
(1) C. concolor, bicolor, costipennis, 3. L. Le Conte, loc. cit. Je n'ai à ma disposition qu’un exemplaire du premier, mutilé des antennes et des pattes; de là les lacunes qui existent dans la formule du genre, pour ce qui concerne ces organes,
SCAURIDES, 137
échancrée. — Dernier article des palpes en triangle allongé. — Labre largement arrondi aux angles et sinué en avant. — Tête engagée jusqu'aux yeux exclusivement dans le prothorax, peu prolongée en arrière, convexe sur lo vertex, transversalement impressionnée entre les yeux; épistome non distinct du front, voüté, parabolique sur les côtés, tronqué et sinué en avant. — Yeux médiocres, transversaux, très-déprimés, lunulés. — Antennes assez longues, graduellement élargies et déprimées à lour extrémité, à articles 2 court, 3 aussilong que les deux suivants réunis, obconique, 4-10 décroissant peu à peu, 11 libre, transversalement ovoïde, à demi-spongieux et acuminé. — Prothorax subtransversal, médiocrement convexe, fortement cordiforme, avec ses angles postérieurs rectangulaires, {ronqué, finement : rebordé et contigu aux élytres à sa base, échancré en avant, avec ses angles antérieurs saillants, tranchant sur les côtés. — Ecusson à peine distinct. — Elytres allongées, oblongo-ovales, brusquement déclives en arrière, de la largeur du prothorax, tronquées et marginées à leur base, non carénées latéralement; leur repli épipleural remontant graduellement dux épaules ; celles-Ë un peu saillantes. — Pattes médiocrement robustes; jambes arrondies, âpres; tarses médiocres, glabres, canaliculés et un peu hispides sur leurs bords en dessous ; le 1% article des postérieurs aussi long que le 4°, — Les deux pénultièmes segments abdominaux fortement échancrés en demi-cercle. — Saillie prosternale large, plane, saillante et lancéolée en arrière. — Mésosternum en carré long, faiblement échancré en avant.
Mannerheïm a fondé ce genre Run un grand insecte (1) de Californie, auquel son prothorax cordiforme et sa forme générale donnent un l'acies de Carabique assez prononcé. Depuis, M. J. L. Le Conte en a fait connaître une seconde espèce (2) presque aussi grande, originaire du même pays et très-voisine de la précédente. C’est d’après elle que j'ai rédigé la formule du genre, la première m’étant inconnue.
Ces deux insectes sont d’un noir profond, assez brillant, lisses sur le prothorax, et ont sur les élytres des rangées régulières de points enfoncés, peu marqués et distants; les intervalles entre ces rangées sont occupés par des aspérités, peu sensibles en avant, de plus en plus Saillantes et aiguës en arrière.
Ces insectes ne diffèrent essentiellement des CRYPTOGLOSSA quissuivent, que par le dernier article de leurs antennes et leurs formes moins robustes. Il est très-probable que des espèces intermédiaires obligeront un jour de réunir les deux genres,
(1) C. caraboides, Mannerh. loc. cit. p. 280; figuré dans Guérin-Ménev. Ma- &az. d, Zool. Ins.1843, pl. 126.
(2) C. muricata, S. L. Le Conte, Ann. of the Lyc. of New-York, V, p. 142.
138 TÉNÉBRIONIDES.
CRYPTOGLOSSA.
Sozien, Ann. d.l. Soc. entom. V, p. 680 (1).
Dents latérales du sous-menton larges, subtrigones.— Menton grand, plan, transversalement suborbiculaire, avec un sinus médian, impressionné en avant sur sa face externe. — Palpes et labre des CENTRI0prera. — Tête courte, voûtée, engagée dans le prothorax jusqu'aux yeux inelusivement; épistome largement arrondi et étroitement ironqué dans son milieu, en avant. — Yeux transversaux, étroits, lunulés et déprimés. — Antennes des CEnrnioprerA, avec le dernier article déprimé, tronqué au bout et un peu engagé dans le 10°.— Prothorax subtransversal, fortement cordiforme, voùté en avant, avec ses angles antérieurs rabattus, un peu saillants et aigus, twonqué à sa base ; ses angles postérieurs rectilignes, — Écusson presque nul. — Elytres ovalaires, planes en dessus, verticales en arrière, sans vestige d’épaules, non carénées latéralement ; leur repliépipleural remontant graduellement au niveau des épaules. -— Pattes assez longues et robustes; jambes arrondies, âpres ; tarses épais, cylindriques, un pou plans en dessous, couverts de cils, avec leurs bords latéraux fortement épineux inférieurement et une couronne de cils au sommet des articles ; leurs crochets longs et assez grèles. — Abdomen, saillie prosternale et mésosternum des CeNrrioprera ; celui-ci plus échancré en avant. — Corps glabre. ‘*
Solier a fondé ce genre sur un insecte (2) mutilé des antennes et des pattes, qu’on lui avait communiqué comme originaire du Mexique. J'en ai sous les yeux un exemplaire provenant des frontières du Nouveau Mexique et de la Californie. C’estun bel insecte, d'assez grande taille, d’un noir profond, finement rugueux sur la tête et le prothorax, et dont les élytres sont, couvertes de tubercules aigus, parmi lesquels coux de la 5° rangée sont réunis entre eux et forment une côte basilairo abrégée en arrière.
Je réunis à ce genre celui que M. J. L. Lo Conte a fondé sous le nom d’Assozus, et dont je dois le type (3) à l’amitié de ce savant entomologiste. Cet insecte est très-voisin de celui décrit par Solier, et n’en dif-
(1) Syn. Asrozus, J. L. Le Conte, Ann. of the Lyc. of New-York, V, p: 129.
(2) C. bicostata, Solier, loc. cit. p. 681, pl. 24, f. 13.
(3) À. verrucosus, lœvis, J.L. Le Conte, loc. cit.; des déserts du Rio-Colorado, — Depuis (Proceod. of the Acad. of Philad. VIL, p.84), M. Le Conte à placé, avec doute, dans ce genre Assozus, un insecte du Texas (infœustus) qui a Je menton impressionné en ayant, comme l'espèce décrite par Solier, et qui, par sa forme générale ct la sculpture de ses élytres, semble faire le passage du genre actuel aux CENTRIOPTERA qui précèdent.
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BLAPTIDES, 139
fère que por les dents latérales du sous-menton, qui sont coupées carrément, son menton presque sans impression sur sa face externe, et son épistome qui est sinué de chaque côté en avant, caractères tous purement spécifiques.
Solier a placé ce genre près des Axis, à cause de la forme du menton, M. J, L. Le Conte parmi les Asidides, par suite de la structure du dernier article des antennes, Mais la forme de sa tête l’exelut absolument de ce dernier groupe et le rattache aux Scaurides de la manière la plus évidente,
TRIBU XVII
BLAPTIDES. :
Sous-menton muni d’un pédoncule de largeur médiocre. — Lan- : guette légèrement saillante, faiblement échancrée ou tronquée en avant; ses palpes insérés sur sa face externe au-dessous de ses angles antérieurs. — Mâchoires découvertes, leur lobe interne muni dun crochet corné. — Dernier article des palpes maxillaires sécuriforme. — Tête très rarement engagée dans le prothorax, rélrécie en arrière, rhomboïdale ; épistome trapéziforme, assez saillant, cachant les mandibules sur les côtés et laissant le labre en entier à découvert. — Antennes de onze articles : les trois ou quatre derniers globuleux, perfoliés, le 3° très-long. — Elytres embrassant médiocrement le corps chez la plupart ; leurs épipleures munies d’un repli en général très-large à sa base, manquant rarement. — Hanches postérieures fortement séparées, oyalaires; éperons des jambes assez grands et assez robustes ; larses glabres, canaliculés et pauci-épineux sur leurs bords en dessous. — Saillie intercoxale large, quadrangulaire. — Episternums métathoraciques étroits, un peu arrondis au côté interne; leurs épimères distinctes. — Epimères mésothoraciques assez larges, postérieures et obliques.
Le groupo des Blaptides, tel qu’on l'entend à l’heure qu'il est, a plus que tout autre de la famille, besoin d’une réforme radicale. Latreille, qui l'a fondé (1), y comprenait tous les Ténébrionides aptères dont le dernier article des palpes maxillaires est sécuriforme. Solier (2), après
(1) Règne anim. éd. 2, V, p. 15.
(2) In Baudi e Truqui, Studi entom. p. 155, Des 32 genres qu'il a réunis dans ses Blapsites, il n’y en a, à mon sens, que sept qui doivent y rester, En étudiant Ce travail, on voit que Solier sentait le terrain se dérober sous ses pas et qu'il ne savait plus où il allait, Ce résultat, du reste, est inévitable quad on prend Pour point de départ de la classification de la famille, l'absence ou la présence
des ailes inférieures et qu’on divise les espèces aptères d’après la forme de leurs palpes maxillaires.
140 TÉNÉBRIONIDRS.
avoir commencé à l’épurer, en en retranchant les Asidides et les Pédinides, a fini par en faire un assemblage monstrueux de formes disparates en y entassant une foule de genres que Dejean, moins mal inspiré, avait disséminés dans ses Taxicornes, Ténébrionites et Hélopiens.
Réduits à leurs éléments naturels, c’est-à-dire aux espèces dont l’organisation se rapproche de celle des Bars, les Blaptides forment un groupe parfaitement naturel et aussi tranché que cela est possible dans la famille actuelle. Ils sont surtout tellement voisins des Akisides, qu'il suffrait de modifier légèrement la forme de leur tête, de leurs palpes maxillaires et de leur prothorax, pour les faire rentrer dans ce groupe. Ils ne peuvent pas néanmoins être mis immédiatement à côté de ce dernier, attendu qu'ils interrompraient, selon qu’ils seraient placés avant ou après lui, les rapports manifestes qu'il à, d’une part, avec les Elénophorides, et d'autre part, avec les Scaurides.
Sauf un genre américain (Eusarnion) dont les espèces sont des plus singulières par leur forme géntrale, sans présenter des caractères suffisants pour constituer une tribu particulière, les Blaptides sont trèshomogènes. La plupart sont de grandemtaille et tous sont d’un noir profond, parfaitement glabres, lucifuges et lents dans leur démarche. à l’exception de quelques Ezrovss et Nyerernus, dont les élytres sont sillonnées ou munies de points enfoncés, disposés en rangées régulières, leurs téguments ne présentent que de fines rugosités pour toute sculpture. Ë
Plusieurs larves de ce groupe, appartenant toutes au genre BLars, sont aujourd’hui connues (1). Leurs habitudes sont complètement les mêmes que celles des larves des Axis et des Ecexopnonus. Le caractère le plus apparent qui les distingue de ces dernières, réside dans leur dernier segment abdominai, qui est ogival ou subconique, déprimé ou un peu concave et muni d’une seule épine redressée, au lieu de deux. Son bord postérieur est plus ou moins spinosule et présente d’une à trois rangées de petites épines, selon les espèces. Le mamelon de sa face inférieure, servant à la progression, est peu apparent, simple ot faiblement protractile. Les poils qui revôtent le corps des larves des Axis manquent ici à peu près complètement. Les minimes différences que présentent la tête et les organes buccaux, sont plutôt spécifiques que génériques.
Les Blaptides sont plus particulièrement propres à l'hémisphère boréal
(1) B. mortisaga, Haliday, Trans. of the entom. Soc. Il, p. 100, pl. 11, £. 1a-ÿ; figure copiée dans Westwood, an Introd. etc. I, p.321, n° 39, f. 11.— fatidica, Letzner, Arbeit. d. Schless. Gesellsch. 1843, p.43 Perris, Ann. d. 1. Soc. entom. X, p. 609, pl. 15, f. 20-21. — producta, Perris, ibid. p. 606, pl. 15, f. 13-18. — MM. Chapuis et Candèze ont en outre figuré, sans la décrire, la larve du B. oblusa, dans les Mém. d: 1. Soc. de Se. de Liège, VII, pl. 6, f.5a.
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dans les deux continents. Dans l'hémisphère opposé, ils sont peu nombreux et n'existent qu'aw Bengale, au Cap, au Chili et au Pérou.
Le genre Empapgion, que j'ai cité plus haut, est tellement différent des autres, qu’il rend nécessaire de diviser la tribu en deux groupes.