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PREMIÈRE DIVISION

Scape des antennes subeylindrique ou en cône renversé, très-rarement en forme de massuo ovalaire, muni d’une cicatrice terminale.

(1) Rigoureusement parlant, il n’y a que deux genres (CriNüTaRsus, TRAGHE- Loruona), extraits des Tmésisternides, chez lesquels elle se rapproche fortement de celle des Cérambycides.

(2) Sauf dans le genre Cnaspenopnorus déià signalé précédemment, p. 243, note 1.

(3) Quelques exemples où il est tel, ont été cités plus haut, p. 252, note {. Il y en a encore d’autres, sans parler d’assez nombreux passages intermédiaires.

(4) Voyez ce qui en a été dit plus haut, p. 239.

— Hanches antérieures anguleuses on dehors; cavités cotyloïdes intermédiaires ouvertes (Métonides exceptés).

La cicatrice du scape des antennes ne sert pas seulement à caractériser cette division. Ainsi que je l’ai dit plus haut (1), elle est tantôt fermée , tantôt ouverte et peut même s’affaiblir beaucoup, mais elle ne disparaît complétement que dans un seul genre (TRENETICA) qu'il m'a paru impossible de transporter dans la division suivante. Ces modifications, dont on n’a jusqu'à présent tiré aucun parti, jouent un rôle important dans la classification qui va être exposée.

Les genres de cette division sont (non compris ceux qui me sont restés inconnus) au nombre de 118 et forment un peu plus du quart de ceux de la tribu actuelle. Une foule d’entre eux sont tout à fait remarquables par la grande taille ou la beauté de leurs espèces, souvent par ces deux points à la fois. Quelques-unes de ces dernières (BATocErA, APRIONA , CALLOPLOPHORA, etc.) ne le cèdent, sous le premier de ces rapports, qu'aux plus grands Prionides. C’est principalement de la Malaisie que proviennent ces espèces hors ligne.

Cette division correspond aux Mésosites et aux Batocérites de M. J. Thomson (2), aux Mesosinæ, Hypselominæ et Lamiinæ de M. Pascoe (3), moins les genres privés de cicatrice au scape des antennes que ces savants entomologistes ont compris dans ces groupes. Elle débute par quelques espèces qui tiennent de près aux Dorcadionides par leurs caractères et leurs habitudes; les autres sont normales sous ces deux points de vue. Pour plus de brièveté il convient dès lors de les répartir dans deux sections. Æ

SECTION A. me À

Métasternum très-court, an maximum et rarement médiocre. — Front rectangulaire, jamais rétréci en haut; tubercules antennifères divergents. — Yeux plus ou moins fortement granulés, leurs lobes inférieurs médiocres, étroits et obliques (4). — Prothorax jamais inerme latéralement. — Corps très-souvent aptère, avec les élytres soudées.

Les rapports qu'ont ces insectes avec les Dorcadionides ont, pour ce qui concerne les espèces européennes, frappé depuis longtemps les entomologistes (5); quant aux genres exotiques, on verra plus bas que

(2) Syst. Cerambyc. p. 38 (Mésosites), et 71 (Batocérites). Ces deux groupes réunis ne contiennent qu’un très-petit nombre de genres étrangers à la division actuelle.

(3) Longic. Malagan. p.94 (Mesosinæ), 227 (Hypselominæ) et257 (Lamiinæ).

(4) Ces organes sont complétement pareils à ceux des Dorcadionides, qui les ont de grandeur ordinaire; dans la section suivante ils varient beaucoup.

(5) Latrcille, en dernier lieu (Règn. anim. éd. 2, V, p. 125), avait placé ls

MORIMOPSIDES. 289

plusieurs d'entre eux ont été placés momentanément ou d’une manière définitive dans le groupe en question. Ces rapports sont, en effet, si prononcés que ces insectes pourraient très-bien se définir des Dorcadionides dont le scape des antennes est cicatrisé. Lorsque la cicatrice est peu apparente (Morimorsis, TracaysrorA), il est difficile de décider s'ils appartiennent à la tribu précédente ou à celle-ci. Ils constituent donc, au plus haut degré, un groupe de transition.

Leurs genres sont peu homogènes au point de vue du facies et peuvent se répartir dans trois groupes distincts. Ceux placés en tête ont plus ou moins la physionomie des Dorcadionides ; les derniers ressemblent complétement à des Monohammides.

I. Elytres pas plus larges en avant que la base du prothorax. Morimorsipes. II. — débordant plus ou moins fortement — Cicatrice du scape très-étroite, non ou à peine oblique. Purissompes.

— grande, oblique (1). Lampes vraies.

GROUPE I. Morimopsides.

Cicatrice du scape des antennes très-étroite, complétement terminale. — Elÿtres soudées, pas plus larges en avant que la base du prothorax. — Tarses allongés, à article 4 au moins égal à 2-3 réunis, — Métasternum très-court. — Corps aptère.

Le genre unique que contient ce groupe est placé sur l'extrême limite de la tribu actuelle et de celle des Dorcadionides (2) où il serait peut-être mieux à sa place. Cependant, quand on examine la troncature du scape de ses antennes, on voit que ses bords sont épaissis eten même temps un peu dilatés au côté interne, ce qui ne se voit jamais chez les Dorcadionides. C’est ce caractère qui m'a engagé à le classer dans la section actuelle.

Lamia textor, tristis, funesta d'Europe immédiatement à côté des Doncanion etdes PanMENA, en signalant les analogies que ces insectes ont entre eux. Pour les mêmes espèces, voyez, parmi les auteurs récents, L. Fairm. Gener. d. Col. d'Europ.; Longie. p. 161. ï

(1) Sauf dans le genre VELLEDA, qui par là se rapproche des Phryssomides; mais il en diffère tellement par la petite taille et les téguments sans aspé— rités de son unique espèce, que je ne puis me décider à le classer dans ce groupe.

@) M. J. Thomson, son fondateur, l'avait mis d’abord immédiatement à la Suite des Monmus; en dernier lieu (Syst. Cerambyc."p. 41), il l'a classé dans les Dorcadionides, entre {es Hopzonorus et les MicROCLEPTES.

Coléoptères. Tome IX. 19

MORIMOPSIS.

J. Tuoms. Archiv. entom. I, p. 182.

Mâle : Mandibules médiocres, robustes. — Tête assez saillante, 16gèrement rétrécie en arrière, fortement et assez largement concaye entre ses tubereules antennifères, ceux-ci saillants; front transversal ; joues médiocres. — Antennes assez robustes, densément et très-finement pubescentes, non ciliées, de 1/3 environ plus longues que les élytres, à articles 1 médiocre, robuste, en cône renversé, 3 noueux au bout, beaucoup plus grand que 4, celui-ci un peu plus que 5, les suivants décroissant peu à peu. — Prothorax plus long que large, rétréci en arrière, muni d'un sillon bien marqué à quelque distance de sa base et de son bord antérieur, faiblement tri-tuberculé sur le disque, armé de chaque côté d’une épine aiguë, située au-delà de son milieu, — Ecusson en triangle rectiligne. — Elytres assez convexes, oblongoovalaires, pas plus larges que le prothorax en avant, avec les épaules obliques. — Pattes longues ; cuisses peu à peu épaissies, les postérieures un peu plus longues que les élytres. — 5° segment abdominal transversal, rétréci et tronqué en arrière. — Saillie mésosternale médiocrement large, la prosternale plus étroite. — Corps oblong, revêtu d’une sorte d’enduit.

M. J. Thomson ne décrit qu'une espèce (lacrymans) de ce genre remarquable qui est propre aux Indes orientales, sans que son habilat soit plus exactement connu. Elle est de la taille du Dorcadion fuluum, d'un gris fauve avec les élytres ornées de taches irrégulières brunes et blanches formant un dessin nuageux; ces organes sont ponctués et un peu àpres sur leurs bords latéraux ainsi qu'à leur base ; la tête et le prothorax sont densément mais peu fortement rugueux; le second présente quelques granulations éparses.

Groupe II. Phrissomides.

Cicatrice du scape des anteunes petite, parfois peu distincte. — Elytres débordant en avant la base du prothorax. — Tarses courts, à article 1 moins long que 2-3 réunis. — Métasternum tantôt très-court, tantôt médiocre. — Corps aptère ou non.

Les deux genres qui composent ce groupe ont également fait hésiter sur la place qui doit leur être assignée, le petit nombre d'auteurs qui en ont parlé. Les espèces de tous deux sont d'assez grande taille et ont un facies qui n’est ni celui des Dorcadionides, ni celui des Lamiides vraies qui suivent; elles sont en outre remarquables par les tubercules dont leurs élytres sont munies. L'un d'eux est propre à l'Afrique, l’autre aux Indes orientales.

PHRISSOMIDES. 291 I. Môétasternum très-court; corps aptère : Phrissoma. Il. — médiocre; — ailé : Trachystola.

PHRISSOMA.

(Dex.) De Casrezn, Hist. nat. d. Col. II, p. 483 (1).

Mâles : Mandibules très-courtes, assez robustes, — Tôte assez fortement et étroitement concave entre ses tubercules antennifèresz ceux-ci un peu saillants; front subconvexe, transversal; joues allongées.— Antonnes robustes, plus ou moins densément pubescentes, non ciliées, au maximum un peu plus longues que le corps, à articles 4 cylindricoconique, échancré à sa base en dessous; sa cicatrice bien distincte, fermée, 3 notablement plus long que les suivants, ceux-ci graduellement plus courts, — Prothorax transversal ou non, cylindrique, transversalement sillonné à sa base et en avant, muni de trois à quatre tubercules, parfois (Reichei) subobsolètes sur le disque, et d'un fort tubereule conique de chaque côté. — Ecusson en triangle curviligne. — Elytres médiocrement allongées, convexes, un peu déprimées sur le disque, verticalement ou obliquement déclives et arrondies en arrière, très-fortement tuberculeuses ou inégales en dessus. — Pattes assez courtes; cuisses peu à peu épaissies, les postérieures beaucoup plus courtes que l'abdomen. — 5° segment abdominal assez long, transversal, subtronqué en arrière. — Saillies mésosternale et prosternale de largeur médiocre. — Corps robuste, revêtu d'une sorte d’enduit.

Femelles : Antennes plus courtes que les élytres. — Chez quelques espèces (par ex. crispum) l'abdomen est muni à son extrémité d'une assez grande dépression.

Insectes propres à l'Afrique australe et d’un facies tranché. L'espèce d'enduit qui revêt uniformément toutes les parties de leur corps varie du gris au brun terreux; outre les inégalités du prothorax, chacune de leurs élytres est parcourue par trois ou quatre côtes longitudinales, munies de tubercules régulièrement espacés ou contigus et qui les font paraître dentées en scie ; sur l'épaule et au milieu de la base, deux de cos tubercules sont ordinairement plus saillants que les autres et crochus. Les espèces connues s'élèvent en ce moment à cinq (2).

(1) Syn. Lamia Fab. (nec Oliv.).

(2) Lam. crispa, Fab. Syst. EI. II, p. 229; Casteln. loc, cit, — P. umbrinum, terrenumn, À. White, Ann. a. Mag, of nat. Hist, Sen. 3, 11, p. 265. — lerricolum , Reichei, J. Thoms. Syst, Cerambyc. p. 547, et Physis, I, p. 33.

Parfois chez ces insectes (par ex. umbrinum), du moins dans les exemplaires que jai sous les yeux, l’épistome est très-court et rétracté sous le front. C’est ce qui me porte à croire qu'il en est de mème chez les Pnanrasis. Dans ce cas, un épistome soudé au front serait exclusivement propre aux Monéilémides et aux DoncapION:

M. J. Thomson (1) a placé ces insectes parmi les Dorcadionides, en

en faisant le type d’un groupe particulier.

TRACHYSTOLA.

(Des) Pascos, The Journ. of Entom. 1, p. 350.

Mandibules médiocres, peu épaisses à leur base, — Tôte des Prnissoma, avec le front subéquilatéral. — Antennes peu robustes, non ciliées en dessous, dépassant un peu le milieu des élytres, à articles 1 un peu plus court que 3, en cône arqué, sa cicatrice plus ou moins ouverte (2), 3 du double au moins plus grand que 4, celui-ci et 3-11 décroissant peu à peu. — Prothorax légèrement transversal, cylindrique, muni sur le disque de quatre tubercules (les deux antérieurs plus gros que les autres) et sur les côtés de deux médiocres, coniques et obtus au bout. — Elytres oblongues, planes et parallèles dans les 3/4 de leur longueur, fortement déclives et arrondies en arrière, munies chacune à leur base d’une saillie médiane dirigée en avant, — Pattes assez longues ; cuisses linéaires; tarses médiocres, les postérieurs à article 1 un peu plus grand que 2. — 5° segment de l'abdomen transversal, largement tronqué au bout, muni d’une grande dépression transversale, — Métasternum un peu allongé ; ses épisternums trèsétroits, sauf en avant. — Saillies mésosternale et prosternale étroites; la 1° triangulaire, déclive, tuberculeuse en avant ; la 2° arquée en arrière. — Corps ailé, oblong, massif; sa pubescence formant une sorte d’enduit.

Les exemplaires que j'ai sous les yeux, quoique un peu différents sous le rapport de la taille, sont tous, à part cela, conformes à cette formule ; j'ignore à quel sexe ils appartiennent.

Par suite de la forme du métasternum, le genre est plus ambigu que les ParissomA près desquels je crois qu'est sa place naturelle (3).

On en connaît deux espèces (4) des Archipels indiens, très-voisines l'une de l’autre. Elles sont un peu plus petites que la Lamia textor, d’un roux brunâtre et couvertes sur les élytres de tubercules et de courtes crètes disposés en rangées régalières très-serrées qui s’oblitèrent plus ou moins dans le voisinage de la suture.

(4) Syst. Cerambye. p. 42.

(2) Elle varie selon les individus ; il y en a où sa côrène est presque obsolète; j'en ai même un sous Jes yeux, chez qui elle n’est pas semblable des deux côtés.

(3) M. Pascoe (loc. cit.) après l'avoir mis sans hésitation parmi les Dorcadio- Lides, 0e lui a, plus tard (Longic. Malayan. p. 225), conservé cette place que provisoirement. M. J, Thomson (Syst. Cerambyc. p. 63) le classe dans les Mésosides, entre les Anerpas etles ANAMERA.

(4) T. scabripennis, (Dej.) J. Thoms. Syst. Cerambyc, p. 63; Java. — gra-

nulata, Pascoe, The Journ. of the entom. I, p. 351 (granulosa, Pascoe, Longic. Malayan, p. 226); Bornéo, Poulo-Pinang.

LAMIIDES VRAIES. 293

GROUPE III. Lamiides vraies,

Cicatrice du scape grande (Veczepa excepté), oblique, fermée, — Elytres débordant en avant la base du prothorax. — Tarses plus ou moins courts, à article 1 moins long que 2-3 réunis. — Métasternum très-court (LamrA excepté). — Corps (sauf chez VELLEDA) aptère, avec les élytres soudées.

Les six genres qui composent ce groupe sont également partagés entre l'Afrique et l'Europe. Il est assez remarquable que ce soit celles propres à cette dernière qui aient, sous le rapport de la taille, une très-forte prééminence. Celles de l'Afrique sont toutes petites et n’ont rien de commun entre elles sous le rapport du facies, tandis que les autres sont très-homogènes à ce point de vue. Celles-ci ayant la plus grande ressemblance avec celles mises en tête de la section suivante, doivent évidemment être placées à la fin du groupe actuel (1).

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