‹ Histoire naturelle des mammifères [microforme] (volume 2)Chapitre 59 sur 96 · DENTS DE LA MUSARAIGNE CARUELET · texte numérisé non relu

DENTS DE LA MUSARAIGNE CARUELET

TRIBU pes SOLÉNODONTES

Animaux terrestres ayant le crâne et l'apparence extérieure des Musaraignes, mais à dents plus nombreuses, et dont les incisives supérieures et antérieures sont fortes et tricuspides, On en connaît un genre dans les Antilles, Nous en avons rapproché l'Urotrique, du Japon, qui avait été réuni aux Talpoïdes,

GENRE SOLENODONTE (So/enodon), Une assez grosse espèce d’Insectivores, qui n'est pas une Musaraigne véritable, et que l'on ne peut pas non plus associer aux Desmans dout nous parlerons ensuite, constitue le genre des Solénodontes de M, Brandt, Elle établit un lien entre les Musaraignes dont nous avons parlé et les Desmans proprement @fs, Sem= blable aux premières par sa queue cylindrique; par la forme allongée, mais non aplatie de Son nez; par le manque de palmatures entre ses doigts, et par l’absence d'arcade zygomatique à son crâne; elle a los dents nombreuses des seconds, et leurs grandes incisives supérieures tricuspides, Ses dents sont blanches et au nombro de quarante; des dix paires supérieures, la première est en pyramide triangulaire et sans crochet à la base postérieure , ce qui éloigne le Solénodonte des Musaraignes ; elle est sensiblement conformée comme celle des Desmans, Derrière elle sont neuf dents croissantes, dont les deux premières sont égale. ment insérées dans l'os incisif; les trois dernicres ou les vraies molaires différent moins des avant-molaires que chez les Desmans ou les Musaraignes, Inférieurement, la première paire d'incisives est petite, et la seconde, au contraire, plus élevée que toutes les autres dents est caniniforme, En arrière de celle-ci sont huit dents dont le volume va croissant ; de même que les supérieures, elles ont leurs pointes acérées et indiquent un régime essentiellement insectivore,

Le SOLENODONTE PARADOXAL (Su/enodon paradozum, Brandt) vit dans l'Île de Saint- Domingue ou Haïti et dans celle de Cuba, Il a le pelage gris jaunâtre uniforme ; son corps est

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long de vingt-deux centimètres; sa queue, qui est nue et écailleuse, mesure 0,16.

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SOLÉNODONTE PAkAboxar, 1/4 de grard.

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FAMILLE DES SORICIDÉS. 247

GENRE UROTRIQUE (Urotrichus, Temminek), Il repose sur un petit Animal ayant une trompe assez allongée et mobile; la queue presque aussi longue que le corps et velue; les pieds pentadactyles, les antérieurs étant sensiblement conformes comme ceux des Musaraignes, Le nombre des dents est de trente-six, et la premiére paire supérieure est en pyramide triangulaire comme celle des Solénodontes et des Desmans.

Unornicue rateoïpe, 2/3 de grand,

Cest l'UroTRICHE TaLzpoive (Urotrichus talpoides, Temminck) qui a été découvert au Japon il y a quelques années, Son corps a 85 millimètres et sa queue 45; ses poils sont soyeux, de couleur roux cannelle, avec la base grise, La figure que nous en donnons diffère notablement de celle qu’en a publiée M. Temminck, Cependant elle a.été faite d’après l'exemplaire, dénommé par ce savant naturaliste , que possède le Muséum de Paris,

TRIBU pxs DESMANS

Elle comprend des Soricidés dont les membres sont appropriés à la vie aquatique, et dont la queue, plus ou moins comprimée, constitue une espèce de rame, Ces Animaux ont le crâne pourvu d'une arcade zygomatique ; leurs molaires intermédiaires sont plus nombfeuses que celles des Musaraignes, et ils ont la première paire des incisives supérieures forte et tricuspide, Quoiqu'on puisse en faire deux genres, nous en parlerons sous le seul nom générique de Desmans.

GENRE DESMAN (Wygale, G. Cuvier), Dans les deux espèces qui composent ce genre, le tronc est médiocrement allongé, et les poils qui le couvrent, ainsi que la tête, sont luisants et légèrement

DENTS DU DESMAN MO3sCOviITE, géand nat

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irisés; le museau est prolongé en une petite trompe aplatie; la queue est longue et plus ou moins comprimée , et les doigts, principalement ceux de derrière, sont palmés et propres à la natation,

DESMAN DES Pyrénées, 1/2 de grand

Ces Animaux vivent, en effet, dans l’eau, où ils vont à la recherche des Insectes, des Mollusques, des Grenouilles et même des Poissons ; ils ont les yeux assez petits et les oreilles tout à fait rudimentaires; leur crâne a une arcade zygomatique , assez grêle , il est vrai, et leurs dents ont une disposition tout à fait particulière, Il y en a quarante-quatre, dont onze paires à chaque mâchoire; la pre nière paire supérieure, qui est seule implantée dans l’os incisif, est grande, en pyramide triangulaire, verticale, avec l'arête antérieure convexe; elle répond à la grande incisive des Musaraignes, mais elle n'a pas le crochet que celle-ci porte à sa base postérieure; après elle viennent sept avant-molaires simples et petites, puis une dent un peu plus compliquée, et enfin trois vraies molaires, Inférieurement, il y à trois vraies molaires : ce sont les trois dernières, et, en avant d'elles, on compte huit dents plus où moins simples, inégales, dont les deux antérieures sont plus hautes que les autres, aplaties, jusqû’à un certain point comparables à des: incisives hu= maines, et en ligne transversale sur le devant de la mâchoire,

Chacune des deux espèces de Desmans que l’on connaît est devenue le type d’un genre à part,

La moins grande, ou le DEsman DES PYRÉNÉES (Mygale pyrenaïca) vit dans les Pyrénées, On la trouve dans les petits cours d'eau, à Tarbes, aux deux Bagnères, à Saint-Bertrand-de-Comminges, ete,, dans le département des Hautes-Pyrénées, Le natu-

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MAN LES PYRÉNÉES ad, nat.

FAMILLE DS SORICIDÉS. 249 ù

description en a été donnée par E

% Gcoffroy, Le Desman des Pyrénées est le type du genre Galemys, Wagler, ou Mygalina, 1s.

Geoffroy, I est long de treize ou quatorze centimètres, depuis le bout de la trompe jusqu’à l'origine de la queue, Son poil est brun fauve et luisant, un peu lavé de gris en dessous; ses ongles sont fortes, et sa

queue , qui n'est pas comprimée dans toute sa longueur, a quatorze centimètres ; elle est écailleuse.

Le Desman des Pyrénées répand

une odeur très-prononcée de muse.

M. Braguier assure que cet Animal se nourritessentiellement de Truites,

Le DESMAN moscovire (Mygale moscovilica) , dont Pallas a fait l'histoire sous le nom de Surex moschalus, est encore plus odorant que celui des Pyrénées, Il est aussi de

DESMAN DES Pynévées, 1,2 de grand. d'après un véhin du Muséum. plus grande dimension, et su queue est plus fortement comprimée dans

toute sa longueur, Le corps a vingt-deux centimètres, et la queue dix-neuf environ, C'est elle qui répand, au moyen de glandes, surtout nombreuses auprès de sa base, l'odeur propre à ces Animaux, Cette odeur se conserve très-bien sur les exemplaires préparés : aussi la queue des Desmans est-elle, à cause de cela, l'objet d'un petit commerce,

SENILLON:

DESMAN Moccovire, 1/3 de grard

ITÉ PARTIE

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Le corps et la tête ont des poils de deux sortes, lesuns en bourre, les autres soyeux, luisants et qui recouvrent les premiers; la couleur, qui est généralement brune aux parties supérieures, devient argentée en dessous, L'odeur de ces Desmans est si forte qu'elle se com munique aux Poissons qui mangent leur chuir,

ESPÈGES FOSSILES, = On connaît encore, mais à l'état fossile seulement, plusieurs espèces d'Insectivores ayant la dentition des Desmans ou une dentition peu différente, I y en a dans les terrains ossifères du département du Gers et en Auvergne, leur description « été donnée dans les ouvrages de Paléontologie, sous les noms de Mygale, Plesiosorer et Mysarachne, On cite aussi des débris de Musaraignes semblables dans les mêmes dépôts,

FAMILLE pes TALPIDÉS

On rapproche de la Taupe et l'on réunit dans la même famille certains Insectivores fouis seurs qui ont avec elle une analogie plus apparente que réelle, leur système dentaire étant très-diversiforme, Ge sont les Talpidés ou Talpoïdes qu'il serait certainement plus convenable de diviser en plusieurs familles, Nous nous bornerons à les diviser en tribus sous les noms de Chrysochlores, Scalopes, Condylures et Taupes, empruntés à leurs différents genres.

TRIBU nes CHRYSOCHLORES

GENRE CHRYSOCHLORE (Chrysocloris, G. Cuvier), Il comprend certaines espèces africaines qui se font remarquer extérieurement par le luxe des reflets irisés de leur pelage, Ce caractère, fort rare chez les Mammifères, et que les Desmans ne présentent qu'à un faible degré, est ici fort prononcé ; il est joint à diverses autres particularités qui font des Chrysochores des Animaux fort singuliers.,

Leur museau est tronqué, un peu relevé, et plutôt en forme de petit soc transversal qu'en véritable boutoir; les yeux sont forts petits; ils n’y a aucune trace des oreilles externes, et leur corps, qui est trapu et ramassé, n’a en arrière qu’un faible rudiment de queue; les pattes sont courtes ci essentiellement disposées pour fouir, surtout les antérieures, dont les trois seuls doigts ont des ongles falciformes très-puissants, surtout l'externe; elles ne sont pas en pelle comme celles des Taupes et des Scalopes; les postérieures ont cinq doigts, elles différent beaucoup moins de la forme ordinaire que celles de devant, Les dents de ces Animaux sont au nombre de quarante, en dix paires pour chaque mâchoire : la première paire d'en haut est en pyramide. assez semblable à celle des Desmans, mais un peu moins forte ; en arrière sont cinq petites dents jont le volume croît successivement, puis cinq paires de molaires proprement dites, de forme CRANE DE CHR\sOCILORr, DENTS b£ CURYSO HLORE, transversale, et dont la dernière grond. nat 2/1. de grand. est moindre quo les autres. Des dix paires inférieures, les deux premières, qui sont des incisives, sont dirigées en avant, encore comme celles des Desmans; les trois suivantes ressemblent à des fausses molaires, et il y a ensuite cinq molaires proprement dites, Toutes ces dents ont la disposition qui

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HLORE,

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FAMILLE DES TALPIDÉS, 261 L

convient à un régime essentiellement iusectivore, et elles font des Chrysochlores un groupe intermédiaire à ceux des Desmans ot des Taupes, mais dont le genre de vie est bien différent de colui des premiers, Lo nombre plus grand des vraies molaires (+) que chez les autres genres s'expliquerait si l'on admettait que ces dents, d'ailleurs simples, tandis que celles des autres Insectivores sont à deux collines , ne sont que le dédoublement de ces dernières , opinion que leur examen avait déjà suggérée à M, de Blainville, Dans ce cas, les quatre vraies molaires qui sont antérieures chez les Chrysochlores répondraient à la pénultième et à l'antépénultième des autres Talpoïdes ou des Desmans qui resteraient dédoublées, par suite du défaut de coulescence dc leurs deux moitiés composantes ; la dernière ne serait elle-même qu'une partie de sa correspondante chez les autres genres,

CunyxsocuLone, 2/5 de grand

Les Chrysochlores sont des Animaux essentiellement fouisseurs, qui passent presque entictement leur existence sous terre, remuant le sol avec autant ou plus de facilité que les Taupes de nos pays, Leur squelette montre plusieurs particularités en rapport avec ces habitudes. \insi leur crâne est pour ainsi dire en coin , ayant Sa partie occipitale ample, ses os zygomatiques plus forts que ceux d'aucune autre espèce du même ordre, sa partie antérieure trèssolide et dépassant les premières incisives ; enfin sa mâchoire inférieure courte, avec l'apophyse angulaire considérable et la partie coronoide ne dépassant pas la hauteur de l'articulation, Le développement de la caisse du tympan et de l'oreille interne doit faire admettre une grande délicatesse dans l’ouie de ces Insectivores; leurs vertèbres manquent des ossifications , en forme de sésamoïdes , que l’on voit chez les Taupes, au bord articulaire des corps des mêmes os sur les dernières dorsales et aux lombaires ; l’omoplate est plus large que celle de la Taupe et la terminaison acromiale de son épine s’avance au delà de l'insertion de la clavicule, Celle-ci, au lieu de ressembler, comme dans les Taupes, au corps d'une vertébre de Poisson , est grêle et allongée comme chez le Hérisson, L'humérus n'est pas moins singulier que celui de la Taupe, mais il a une toute autre apparence; c’est une sorte de croissant irrégulier, dont une extrémité sorait formée par la tèle supérieure ot Pautra

252 ORDRE par une énorme tubérosité (épitrochlée) de la partie inférieure ; celle-ci est percée d'un trou, comme dans beaucoup d’autres espèces, La tubérosité inférieure externe du même os ou l'épicondyle est bien moindre que l'interne ; le radius et le cubitus différent moins que l'humérus de ceux de la Taupe , mais la patte offre la singulière particularité de porter un os pisiforme beaucoup plus développé que celui des autres Mammifères et remontant le S long de l'avant-bras jusqu'à l'hu- Srenxus ve Cunysocuionr, mérus, avec la saillie interne UE

duquel il est même en connexion, C’est une disposition tout à fait spéciale aux Ghrysochlores et qui peut servir à appuyer l'opinion que le pisiforme, qui est plus ou moins rudimentaire chez les autres Animaux, est un os de l’avant-bras et non une partie du carpe, comme on le dit ordinairement. Le bassin manque de symphyse pubienne, Cette disposition est commune aux Clrysochlores et à plusieurs genres de Talpoïdes; elle était commandée par le volume considérable et bien supérieur à celui du détroit pelvien, que les petits ont déjà lorsqu'ils viennent au monde.

Les Chrysochlores étaient nommées Taupés dorées et l'aupes rouges d'Amérique où d'Asie par les naturalistes du dernier siècle; on ignorait alors qu'elles sont exclusivement africaines, Cuvier, au lieu de les associer génériquement aux Taupes, comme l'avaient fait Brisson et Linné, les a réunies pendant quelque temps aux Musaraignes, mais il en a fait plus tard un genre distinct que tous les naturalistes ont adoptés,

I y à plusieurs espèces de Chrysochlores ; leur taille est à peu près la même que celle de la Taupe, mais leur corps est moins long, et chez toutes le pelage à des reflets métalliques irisés qui le rend très-singulier en même temps que trèés-Clégant, Les caractères qui séparent ces especes les unes des autres ne sont pas toujours très-évidents.

L'espèce la plus répandue dans les collections est la Cur YSOCHLORE DORÉE (Chrysochloris aurea) où la Taupe dorée de Buffon et des naturalistes de la même époque, qu'on à aussi appelée Chrysochloris capensis ; elle habite, en effet, les parties australes de l'Afrique,

M. Smith en distingue les Chrysochloris villosa et hotlentota; M, O'Gilby le Chrysochloris damarensis, et M, Peters le Chrysochloris obtustrostris.

MEMBRE ANTÉRIEUR DE ChnysOCHLOR?, 2/1 de grand,

Tête de profil, en Cessus et en dessous du CunyYsocuLonts opresinostThe, grand nul,

Gette dernière espèce est de la côte mozambique ; les trois autres sont, comme lespéce Es commune, propres aux parties sud dt même continent,

FAMILLE DES TALPIDÉS.

TRIBU pes SCALOPES :

Animaux talpiformes joignant à la plupart des caracteres extérieurs de la Taupe une dentition qui rappelle, dans son ensemble, celle des Soricidés, et, en particulier, celles des Desmans, Un seul genre : l

GENRE SCALOPE (Scalops, G. Guvicer), Apparence extérieure fort semblable à celle de la Taupe, queue un peu moindre, nue, dentition assez différente, telle est, comme on vient de le voir, la définition abrégée du genre Scalope, C’est donc principalement sur la disposition de son système dentaire que nous devons insister,

On lui compte en tout trente-six dents, savoir : dix paires supérieures et huit inférieures; celles-là consistent en une première paire de dents, encore en pyramide triangulaire, comme chez les Solenodontes, les Desmans et les Ghrysochlores ; deux petites presque aciculaires, quatre un peul plus fortes croissant en volume, et trois grosses paires de molaires biparties; inférieurement, il y a en avant deux paires d'incisives proclives, dont la première est moins forte que la seconde, trois dents gemmiformes et trois véritables molaires biparties, comme celles de la plupart des autres Animaux de cet ordre et même plus larges qu'elles ne le sont habituellement,

Le SGALOPE DU CANADA (Scalops canadensis), appelé aussi Taupe de Virginie, et même Musaraigne aquatique par quelques auteurs, est l'espèce type de ce genre, C'est un

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